6ᵉ Dimanche du Temps Ordinaire
Publié le 15 Février 2026
Homélie – 6ᵉ Dimanche du Temps Ordinaire
« Vous avez appris qu’il a été dit… Eh bien moi, je vous dis… » : telle est la parole centrale de l’Évangile de ce jour. Dans ce « Moi, je vous dis », se révèle le cœur même de l’enseignement de Jésus. Il nous invite à entrer dans son intimité, à demeurer en Lui, dans le Père, et à orienter toute notre vie vers l’accomplissement de la volonté divine.
Jésus ne se contente pas de rappeler des commandements extérieurs. Il nous conduit plus loin, vers une justice intérieure, vers une conversion du cœur. Comme Il le dit Lui-même : « Ma nourriture est de faire la volonté de Celui qui m’a envoyé » (Jn 4,34). Toute sa joie venait de cette fidélité au Père.
Ainsi, notre vie chrétienne ne peut se réduire à l’observance rigide de règles : « Tu ne tueras pas », « Tu ne commettras pas d’adultère », « Ne fais pas de faux serment ». Ces commandements sont nécessaires, mais ils ne suffisent pas. Jésus nous appelle à chercher d’abord la volonté de Dieu, à l’aimer et à l’accomplir avec sincérité et générosité.
La parabole du riche et du pauvre Lazare nous rappelle que l’on peut observer certaines prescriptions et pourtant passer à côté du Royaume de Dieu, faute d’amour et de compassion. Comme le rappelait souvent Pape François, « la foi authentique nous rend toujours plus sensibles aux souffrances des autres ».
Cependant, nous savons tous que cette fidélité intérieure est plus facile à dire qu’à vivre. Dans les moments d’épreuve, je regarde Jésus à Gethsémani. Lui aussi a connu l’angoisse : « Père, s’il est possible, que cette coupe passe loin de moi… pourtant, non pas comme moi je veux, mais comme toi tu veux » (Mt 26,39). Voilà le grand paradoxe de notre vie : vouloir aimer Dieu de tout notre cœur, et découvrir nos faiblesses.
Nous désirons prier, nous recueillir, demeurer dans la présence du Seigneur, et pourtant, bien souvent, nos pensées s’égarent. Nous voulons le bien, mais nous faisons parfois le contraire. Cette lutte fait partie du chemin de la foi. Comme l’écrivait Saint Augustin : « Seigneur, donne-moi ce que tu commandes, et commande ce que tu veux. » Dieu ne se décourage pas de nos chutes. Il nous relève sans cesse. Notre chemin spirituel est fait de fragilités et de recommencements, et c’est précisément là que sa grâce agit.
Saint Paul nous rappelle aujourd’hui : « Ce que l’œil n’a pas vu, ce que l’oreille n’a pas entendu, ce qui n’est pas monté au cœur de l’homme, voilà ce que Dieu a préparé pour ceux qui l’aiment » (1 Co 2,9). Cette sagesse, Dieu l’a déjà déposée au plus profond de notre âme. Elle nous attend dans le silence, dans la prière, dans l’écoute de sa Parole. Les Écritures, l’enseignement de l’Église, le témoignage des saints, tout nous conduit vers ce sanctuaire intérieur où Dieu demeure. Sainte Thérèse de Lisieux nous rappelle avec simplicité : « Ma vocation, c’est l’amour. » Voilà le cœur de toute loi chrétienne.
Jésus nous révèle cette sagesse suprême par sa vie et par sa Croix : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés » (Jn 13,34). Et au sommet de son offrande, Il prie encore : « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font » (Lc 23,34). Cet amour et ce pardon sont gravés dans nos cœurs par l’Esprit Saint.
Aujourd’hui, Jésus nous dit : « Celui qui observera ces commandements et les enseignera sera déclaré grand dans le Royaume des cieux » (Mt 5,19). Il ne s’agit pas seulement de connaître la loi, mais de la vivre dans la charité.
Cherchons donc, dans notre intériorité, cette sagesse divine. Accueillons les inspirations de l’Esprit. Discernons avec intelligence et humilité. Répondons concrètement aux besoins de nos frères et sœurs, surtout des plus pauvres, de ceux qui sont à notre porte, comme les Lazare de notre temps.
Alors, peu à peu, notre « oui » deviendra un vrai oui, et notre « non » un vrai non. Notre vie sera un témoignage crédible. Nous deviendrons de véritables disciples du Christ, bâtissant le Royaume par l’amour, la fidélité et le service. Demandons cette grâce au Seigneur.
Amen.