Le 2 Novembre
Publié le 1 Novembre 2021
Texte de l'Évangile
(Lc 23,33.39-43):
Lorsqu'ils furent arrivés au lieu appelé Crâne, ils le crucifièrent là, ainsi que les deux malfaiteurs, l'un à droite, l'autre à gauche. L'un des malfaiteurs crucifiés l'injuriait, disant: «N'es-tu pas le Christ? Sauve-toi toi-même, et sauve-nous!». Mais l'autre le reprenait, et disait: «Ne crains-tu pas Dieu, toi qui subis la même condamnation? Pour nous, c'est justice, car nous recevons ce qu'ont mérité nos crimes; mais celui-ci n'a rien fait de mal». Et il dit à Jésus: «Souviens-toi de moi, quand tu viendras dans ton règne». Jésus lui répondit: «Je te le dis en vérité, aujourd'hui tu seras avec moi dans le paradis».
L’Application
Avec plusieurs lectures en option, je voudrais vous inviter à prier pour nos frères et sœurs défunts, qui ont besoin de notre prière. Nous ne prions pas en disant qu'ils étaient bons ou qu'ils ont fait le bien, nous prions plutôt pour que tu sois venu mourir pour lui ou elle, lorsqu'il ou elle te verra face à face, afin qu'il ou elle te découvre comme le Seigneur de l'amour et de la miséricorde.
Nous prions pour les morts, car nous croyons en la résurrection. Le Seigneur nous dit qu'ils sont vivants au ciel, les saints et les martyrs du Seigneur, comme les anges. Les autres attendent leur jour d'espérance. Notre prière trouve ici une raison solide et concrète.
En ce jour, nous disons merci au Seigneur, merci pour ses merveilles, les merveilles qu'il a faites à travers les hommes et les femmes de notre histoire, aussi faibles soient-ils. C'est dans cette action de grâce que nous reconnaissons la miséricorde de Dieu et que nous offrons nos prières pour nos frères et sœurs défunts, dans sa bonté et sa générosité. Seigneur, que nos frères défunts, dans ta miséricorde, reposent en paix.
«Souviens-toi de moi, quand tu viendras dans ton règne»
Abbé Agustí BOADAS Llavat OFM
(Barcelona, Espagne)
Aujourd'hui, l'Évangile remémore l'événement le plus remarquable du monde chrétien: la mort et la résurrection de Jésus. Faisons donc nôtre, aujourd'hui, la prière du Bon Larron: «Jésus, souviens-toi de moi» (Lc 23,42). «L'Église ne prie pour les saints comme elle le fait pour les défunts, qui dorment dans le Seigneur, mais elle se recommande aux prières des ceux-là et prie pour ceux-ci», disait saint Augustin dans un Sermon.
Une fois par an, au moins, les chrétiens nous demandons sur le sens de notre vie et sur celui de notre mort et résurrection. C'est le jour de la commémoration de tous les fidèles défunts, sur laquelle saint Augustin nous a montré sa différenciation par rapport a la fête de la Toussaint.
Les souffrances de l'Humanité sont les mêmes que celles de l'Église et, sans doute, elles ont en commun que toute souffrance humaine renferme en quelque sorte une privation de la vie. C'est pour cela que la mort d'un être bien-aimé peut constituer une douleur si indicible que, même la foi, ne peut pas l'apaiser. Ainsi donc, les hommes ont toujours voulu vénérer les défunts.
La mémoire, en effet, c'est en peu comme si les absents pussent être présents, en perpétuant sa vie parmi nous. Mais les mécanismes psychologiques et sociaux des hommes, avec le temps, amortissent les souvenirs. Et si cela peut humainement mener vers l'angoisse, pour nous, chrétiens, grâce à la résurrection, nous amène la paix. L'avantage d'y croire c'est qu'elle nous permet de confier que, malgré l'oubli, nous allons les retrouver dans l'autre vie.
Un deuxième avantage d'y croire c'est que, en remémorant nos défunts, nous prions par eux. Nous le faisons profondément, en intimité avec Dieu, chaque fois que nous prions ensemble dans l'Eucharistie: nous ne sommes pas seuls devant le mystère de la mort et la vie, car nous le partageons comme membres du Corps du Christ. Mieux encore: en repérant la croix, suspendue entre le Ciel et la Terre, nous savons qu'on établit une communion entre nous et nos défunts. C'est pour cette raison que saint François d'Assis a proclamé reconnaissant: «Loué sois-tu, mon Seigneur, pour notre sœur la Mort corporelle».