La libération à travers du désert
Publié le 13 Février 2024
La période du Carême représente l'une des phases les plus enrichissantes du pèlerinage chrétien, ouvrant la voie à des entreprises spirituelles audacieuses. Elle nous invite à entrer dans l'expérience du désert, une métaphore d'Israël se dirigeant vers la terre promise, une expérience également vécue par le Christ. Alors que nous imitons l'expérience désertique de Jésus, nous sommes conscients des dangers et des tentations imminents, guidés par l'ombre du Saint-Esprit et nourris par l'espoir des anges servant ultimement le Seigneur.
Il est crucial de préciser que cette expérience désertique ne reflète pas systématiquement nos vies quotidiennes douloureuses et tragiques, bien qu'elles fassent partie intégrante de ce processus. Il s'agit plutôt d'un moment où nous nous retrouvons seuls avec le Seigneur, plongeant dans notre propre intériorité, conscients de la présence de notre âme : moi, mon âme et mon Dieu, en parfaite communion. Être seul avec le Seigneur ne signifie pas être isolé, mais être aux pieds du Seigneur, tout comme Marie, la sœur de Marthe, écoutant ce que le Seigneur à dire.
Bien que cette expérience désertique soit proposée à chacun de nous, il est essentiel de reconnaître que nous n'y entrons pas seul. Malgré les apparences extérieures suggérant une souffrance solitaire et un sentiment de jugement ou de punition, c'est précisément dans ces moments difficiles que nous ressentons le besoin de l'Esprit – le même Esprit qui a accompagné Jésus dans le désert. Ce sentiment, bien que respecté par Dieu, n'est pas un signe d'abandon, mais une invitation à subir un processus similaire à celui de Son bien-aimé fils.
La vie chrétienne est intrinsèquement aventureuse, naviguant à travers des terrains inconnus avec l'assurance de la compagnie du Seigneur. Cependant, il faut volontairement s'engager dans ce voyage, car une vie désertique sans Dieu est spirituellement périlleuse. Personne ne devrait embrasser la souffrance et le désert volontairement sans reconnaître la présence divine et l'accompagnement. Entrer dans ce domaine sans l'Esprit et une prise de conscience de la volonté de Dieu pourrait conduire à une rupture complète, sans possibilité de réconciliation.
Chaque expérience devient fructueuse lorsqu'elle est voulue et acceptée. Comment pouvons-nous la vouloir lorsque nous sommes incertains du résultat ? La réponse réside dans notre certitude non pas sur le résultat, mais sur la Personne qui nous a demandé de vivre cette expérience – un Dieu qui nous aime et qui a donné Son Fils unique. Notre vie désertique n'est pas orientée vers un résultat défini de l'intérieur ou de l'extérieur, mais pour une découverte d'un processus personnel de vivre notre propre vie dans sa plénitude, simplement animés par l'Esprit, là où Il souhaite nous conduire. En Jésus, l'expérience désertique devient un résultat déjà acquis, fournissant la force nécessaire pour affronter courageusement l'expérience du Calvaire. Malgré sa difficulté, Jésus a marché avec la Croix, tout seul, pour chacun de nous.
Si le résultat est une merveilleuse ressource pour faire face à nos expériences du Calvaire, comment pouvons-nous la vouloir et la réaliser ? Nous suivons l'exemple de Jésus. Il a sollicité l'aide de Son Père pour l'aider et à Ses disciples, leur demandant de prier pour Lui. Même lorsqu'ils dormaient dans l'ignorance, Il les a rappelés. Avec humilité, nous sollicitons l'aide et les prières des autres, sachant qu'ils peuvent nous décevoir, et nous les leur rappelons humblement. Ainsi, notre expérience désertique devient un engagement communautaire. Que ce soit avec ou sans l'aide des autres, nous nous abandonnons à Dieu, priant la prière de Jésus : "Que Ta volonté soit faite, et non la mienne."
Cet abandon à la volonté divine n'est pas une obligation ou un impératif ; nous sommes libres d'accepter ou de refuser. Il découle de notre confiance en la bonté divine et de notre amour pour le Seigneur. Comme des branches éternellement reliées à la vigne, c'est dans l'union avec le Père, l'assurance du salut promis par le Christ sur la Croix et la sanctification du Saint-Esprit que nous pouvons nous abandonner à la volonté divine. Cette union avec le Père nous oblige impérativement à accepter la diversité, la communion et le mode de vie conduit par l'Esprit. Je vous souhaite un très bon moment de Carême.
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