Homélie pour le 23ème Dimanche du Temps Ordinaire – Année B

Publié le 7 Septembre 2024


Lorsque Jésus s’approche des gens et que nous nous approchons de Lui, quelque chose de profond se produit. Il y a une rencontre, et de cette rencontre naît un miracle : le miracle de la vie nouvelle. Dans notre expérience quotidienne, 2 + 2 égale 4. Mais dans la rencontre avec le divin, ou même avec une autre personne, quelque chose d’extraordinaire se produit : la vie se multiplie, et il y a un ajout à notre être. Cette multiplication est le fruit de la foi. Sans la foi, cette expérience demeure inaccessible ; elle ne peut être vécue ni comprise. Ce don de vie est une grâce pure, qui vient de Dieu, généreusement et continuellement.


Dans notre ignorance, nous appelons souvent le Seigneur sans nous rendre compte qu’Il est déjà au milieu de nous. Ce qui nous reste à faire, c’est de sortir et de Le rencontrer. Il pourrait entrer dans nos maisons, mais Il ne le fait que lorsqu’Il voit que nous ne pouvons pas faire ce pas par nous-mêmes. Dans ces moments, Dieu fait un pas de plus, se rapprochant encore, mais respectant toujours notre liberté d’ouvrir la porte. Il ne forcera jamais l’entrée. Personnellement, je vois cette ouverture comme profondément subjective, un espace où Dieu participe volontiers, éveillant en nous le désir de sortir et de Le rencontrer. Mais ce n’est qu’en écoutant cette voix intérieure que nous oserons prendre le risque de sortir et de nous ouvrir aux autres.


Notre cheminement personnel de foi est beau en ce qu’il nous permet aussi de reconnaître ceux qui cheminent avec nous. Nous les intégrons dans notre chemin, tout comme Jésus a appelé Philippe, et Philippe a appelé Nathanaël. Chacun de nous doit suivre son propre chemin, comme Philippe et Nathanaël, mais ensemble, nous partageons un voyage commun. L’expérience personnelle qui nous est offerte devient collective, car elle sert finalement au salut de toute l’humanité, en commençant par notre propre salut.


Bien que Dieu appelle tous, Il nous appelle individuellement, nous invitant à une relation unique avec Lui. Il nous éloigne du bruit et des habitudes de notre vie quotidienne, parfois même dans la désolation et les ténèbres. Si notre foi est forte, nous persévérerons dans ces moments sombres, remerciant Dieu même pour ces expériences désagréables, sachant qu’elles font partie de Sa grâce et de Son plan pour nous. Entrer dans ces moments de ténèbres avec joie n’est possible que si notre vie de prière est solide, car la véritable prière est d’écouter Dieu.


Ce n’est que lorsque nous acceptons volontairement le processus de désolation que nous faisons l’expérience du “Ephatha !” — l’appel à “s’ouvrir”. Bien que l’Église et la communauté autour de nous puissent offrir du soutien et créer des opportunités de rencontre (initiées par Dieu), si nous ne faisons pas l’effort de nous tourner vers les autres, nous n’entendrons pas l’appel à l’ouverture. Les bonnes intentions ne suffisent pas ; elles doivent être suivies d’actions concrètes.


« Il a bien fait toutes choses. Il fait entendre les sourds et parler les muets. » N’oublions pas que c’est notre rencontre personnelle avec le Christ qui permet à la communauté de faire profession de foi. Cette rencontre devient réelle seulement si nous entendons l’appel à « être ouvert » et que nous agissons en conséquence. Dans le monde d’aujourd’hui, nous avons besoin de telles personnes — celles qui, même dans leur propre souffrance et dans leurs moments sombres, deviennent une source d’espoir pour les autres. Par leur propre fragilité, elles offrent de la force à notre monde fragile et montrent le chemin vers une vie meilleure. Nous sommes l’espoir de l’Église et de la nation. À travers notre cheminement personnel de foi, nous guidons la communauté vers la plénitude de la sainteté que Jésus promet.


Cette "ouverture", ce premier moment d’écoute, se produit souvent inconsciemment et spirituellement, tandis que le second moment est physique et pleinement conscient. L’homme dans l'Évangile d’aujourd’hui a vécu cette ouverture lorsqu’il a d’abord ouvert la porte aux autres — aux étrangers, aux amis, et à tous ceux qui souhaitaient avoir une rencontre personnelle avec lui. Ce qui semblait être une ouverture physique était en vérité profondément spirituelle, lui permettant de s’ouvrir à Dieu et aux grandes grâces qui l’attendaient. Puisse ce dimanche et les jours à venir être une occasion pour vous d’expérimenter votre propre ouverture, afin qu’un jour, vous puissiez entendre directement la voix du Seigneur dire : « Ephatha ! » Amen.


P. Terry, Cmf.

Rédigé par JONHBOSCO

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