29ème Dimanche Ordinaire
Publié le 21 Octobre 2024
Quel plus grand désir un homme peut-il avoir que de s'asseoir près de Jésus ? Bien que ce désir semble saint, lorsqu'il est poursuivi pour la gloire, il risque de se transformer en orgueil et en quête d'honneur. C'est précisément pour cela que, dans la célébration de l'Eucharistie, il y a plusieurs moments où, en tant que prêtres, nous demandons pardon et purification au Seigneur. Le désir d’être proche de Jésus avec la sainteté qu’Il désire est authentique, et il est offert aux prêtres, ainsi qu’à tous ceux qui le cherchent, malgré nos faiblesses.
Pour obtenir cette proximité spirituelle, Jésus propose deux conditions : boire à Sa coupe et participer à Son baptême. Si nous le faisons, Il promet que la décision finale revient à Dieu, car ce n’est pas par mérite humain que l’on se rapproche de Lui, mais par notre ouverture et notre humilité. Par la grâce de Dieu, nous nous approchons de Lui. Pourtant, cette grâce n'est pas accordée pour une gloire personnelle, mais pour accomplir la mission de servir le salut de l'humanité.
Toute grâce que nous recevons — que ce soit à travers la contemplation profonde ou des occasions d’être plus charitable — vient souvent avec l'« expérience du Calvaire », qui peut être spirituelle ou humaine. Cependant, pendant ces épreuves, il se peut que le monde, même nos proches, ne soit pas aussi charitable envers nous. L’indignation des disciples dans l'Évangile d’aujourd'hui reflète notre nature humaine. Jésus appelle cependant Ses disciples, et nous-mêmes, à aller au-delà et à embrasser la nature divine, en consacrant toute notre énergie au service de l’humanité, de la création et de Dieu. Comme nous le rappelle l'Évangile, Jésus est venu non pour être servi, mais pour donner Sa vie en rançon pour la multitude.
C’est par le service, avec humilité et ouverture, que la révélation divine est rendue accessible à l’humanité. Les grands leaders spirituels de l'histoire, et même dans notre monde contemporain, ont traversé leur propre "expérience du Calvaire", en ressortant purifiés par la grâce de Dieu. C'est à la fois un chemin magnifique et douloureux, une offrande spéciale de Dieu à ceux qu'Il aime.
Le Calvaire de Jésus apporte une profonde consolation à ceux qui traversent de telles souffrances. Être abandonné, condamné injustement, isolé pour les péchés des autres — voici quelques-unes des « coupes » et « baptêmes » que les grands mystiques comme sainte Thérèse d'Avila et saint Jean de la Croix ont vécus, trouvant réconfort dans la Croix du Christ. Personnellement, je peux attester que cette Croix m’a apporté une profonde consolation et la joie de partager la passion du Christ dans des moments difficiles de ma propre vie. Nous avons tous vécu des épreuves, mais peu d'entre nous les ont pleinement associées à la Croix de Jésus et les ont chéries comme une grâce de Dieu.
Ceux qui ont vécu de telles expériences les mentionnent rarement. Ils ne saisissent pas pleinement la profondeur des dons qu'ils ont reçus, ni ne perçoivent leurs souffrances comme exceptionnelles face à la Croix du Christ. C'est en effet de cette Croix que toutes nos actions de service puisent leur source. Ce service a un caractère salvifique, car il révèle Dieu à la fois à celui qui sert et à celui qui est servi. Ainsi, notre service devient une prière – une contemplation en action.
Bien que le souhait des disciples de s'asseoir à la droite et à la gauche de Jésus n'ait peut-être pas été exaucé de la manière attendue, c'est par un service humble que nous sommes appelés à vivre dans le Seigneur, par le Seigneur et pour le Seigneur. C’est à travers cette expérience que nous pouvons ressentir pleinement la présence divine dans notre vie quotidienne.
Amen.
Fr. Terry, Cmf.