31ème Dimanche Ordinaire
Publié le 2 Novembre 2024
Homélie
Notre vie chrétienne est simple : c’est une vie entièrement entre les mains de Dieu. Dieu, plein d’amour et de compassion, désire que chaque baptisé reflète Son amour et Sa compassion divins. Lorsque nous permettons à nos vies d’être façonnées par des systèmes humains qui ignorent la volonté créatrice de Dieu, nous ajoutons, dans notre ignorance, des règles et des conventions pour justifier nos actions sous couvert du bien commun. Ce faisant, nous multiplions les lois et finissons par nous y perdre. Heureux celui qui se tourne à nouveau vers Dieu pour trouver conseil. Dieu, qui sait ce qui est le mieux pour l’humanité, nous renvoie vers les autres pour les servir, nous demandant de refléter Sa miséricorde et Sa compassion. En servant fidèlement les autres selon cette alliance divine, nous prouvons notre amour et notre service à Dieu.
Le Seigneur dit : « Écoute, Israël ! Le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force. » Et Jésus ajoute immédiatement : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même, » montrant que le second commandement aide à accomplir le premier.
Quelle profondeur dans cette réponse au scribe ! L’amour que l’on a pour soi-même est le premier pas vers l’amour des autres. C’est à partir de là que nous pouvons aimer Dieu. Comment aimer Dieu ? Jésus nous dit de commencer par notre cœur : connaître Dieu intimement, partager Ses joies et Ses peines. Cet amour intime n’est possible que si nous connaissons véritablement Dieu. Nous apprenons à connaître Dieu par la raison, par des convictions intellectuelles et des certitudes, en analysant l’histoire du salut transmise à travers les générations et en l’expérimentant comme la nôtre. De cette compréhension de Dieu avec le cœur et l’esprit, l’âme trouve la paix. Lorsque l’esprit, le cœur et l’âme connaissent Dieu, nous commençons à aimer Dieu de toute notre force. Cet amour n’est pas passif ; il est actif, cherchant constamment le bien-être des autres.
Puisque Dieu nous est rendu visible à travers les autres, connaître et aimer Dieu s’étend naturellement à l’amour des autres. Le Dieu qui habite dans une autre personne reflète Son amour vers nous. À travers les autres, nous rencontrons Dieu, et à travers eux, Dieu nous atteint. Sans l’autre, il est impossible pour un être humain de connaître et d’aimer Dieu.
L’enseignement principal de l’Évangile d’aujourd’hui se trouve dans les dernières paroles de Jésus au scribe : « Tu n’es pas loin du Royaume de Dieu. » Cette phrase suggère que la proximité avec la connaissance de Dieu ne garantit pas automatiquement l’entrée dans le cœur de Jésus. Nous devons accomplir la volonté du Père. La connaissance nous mène à l’amour, et l’amour nous pousse à l’action. Cette action nous ramène à Dieu, et connaître Sa volonté nous guide pour continuer à agir. Ce cycle de vie doit se perpétuer, sinon, il devient linéaire et déconnecté de Dieu.
C’est en accomplissant la volonté divine—par l’amour et le service—que nous découvrons que nous faisons partie du Royaume de Dieu, car Jésus est le Royaume, et Il vit en nous. Chaque baptisé est un membre du corps du Christ, et ensemble, nous formons Son corps. Cet amour n’est pas seulement un commandement que Jésus a enseigné, mais une manière de vivre. Jésus a donné à Ses disciples un commandement nouveau : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. » Jamais dans l’histoire Dieu n’a choisi de mourir pour l’humanité. Jamais auparavant Dieu n’a choisi de s’offrir à travers l’Eucharistie pour la rémission de nos péchés. Jamais un sacrifice parfait, capable de plaire à Dieu, n’a été donné à l’humanité. Dieu a établi une alliance éternelle : Dieu avec l’homme en Jésus, et l’homme en Jésus avec Dieu. Cette alliance ne sera jamais remplacée par une autre.
Ce dimanche, Jésus nous invite à être participants de cette alliance et à l’exécuter à travers nos relations d’amour avec les autres. Prions pour que tous les baptisés reconnaissent cette vérité et vivent dignement, comme Abraham et Moïse l’ont fait dans l’Ancien Testament, et comme Marie, notre mère, l’a vécu et nous l’a transmis dans le Nouveau Testament. Amen.
P. Terry, Cmf.