8e Semaine : Dimanche
Publié le 2 Mars 2025
L’Évangile d’aujourd’hui nous offre deux messages essentiels pour discerner et vivre notre vocation chrétienne. En tant qu’enfants de Dieu, Jésus devient également notre Maître. Il nous enseigne non seulement par ses paroles, mais surtout par sa vie, et plus encore à travers ses moments de souffrance ici sur terre : sa passion, sa mort et sa résurrection. L’imitation du Christ et une vie qui reflète notre Maître sont en elles-mêmes un grand accomplissement pour nous. C’est dans cette imitation et cette manière de vivre que « devenir Christ » devient une réalité pour nous.
Cependant, ce processus de devenir ne vient pas naturellement. Nous devons être formés et comment ? Nos échecs et nos chutes sont des moyens qui nous ramènent à la vie normale — une vie totalement dépendante de Dieu, en Dieu, par Dieu et pour Dieu. Dans les moments de ténèbres et de désolation, nous avons la meilleure occasion de mesurer la profondeur de notre foi et la qualité de notre relation avec Dieu. Ces moments nous appellent à ne pas nous concentrer sur ce qui se passe extérieurement, sur les opportunités que nous avons manquées, sur ce que les autres nous ont fait ou ont omis de faire, ni à assumer immédiatement le rôle de guide ou d’accompagnateur, risquant de devenir un « gâteau à moitié cuit ».
Nous voyons cette tendance dans la vie des disciples après avoir été témoins de miracles. Ils étaient impatients de profiter de ces expériences extérieures sans prendre le temps de contempler leur signification plus profonde. En conséquence, ils n’ont pas vu en Christ le Maître divin. Les événements qui ont suivi ont révélé la faiblesse de leur foi et de leur confiance en Lui.
Jésus ne voulait pas que Ses disciples deviennent de vrais disciples uniquement par un acte divin, mais par la coopération humaine. Ils ont été invités à venir et à rester avec Lui — à être présents parmi les gens et les événements, en tant qu’observateurs et témoins, pour découvrir comment le divin agit dans les situations qui se déroulent. La manière dont Jésus a réagi à ces événements est devenue le meilleur guide pour eux à imiter, à apprendre et finalement à vivre leur propre disciple. Ce processus d’apprentissage est le chemin vers le devenir. Lorsque la foi ancre cet apprentissage, nous devenons reconnaissants envers Dieu — non seulement pour les bons moments de la vie, mais surtout pour les moments de désolation.
Ainsi, notre vie missionnaire ne se limite pas à prêcher ou à enseigner ; elle consiste à vivre une vie de témoignage. À travers ce témoignage, nous cherchons continuellement la volonté de Dieu et nous efforçons de faire de notre mieux, surtout dans les moments de ténèbres, de défis et de questionnement. Sans nous en rendre compte, nous finissons par faire ce que Dieu veut que nous fassions. Avec le recul, nous comprendrons que ces moments difficiles de la vie, nos échecs et notre fidélité étaient des moments de transformation — des moments de devenir.
Dans ce cheminement vers le devenir, nous arrivons finalement à l’être. Cet état d’être s’étend de la disciple à la filiation divine — devenir fils et filles de Dieu, héritiers légitimes par l’adoption divine. En cela, Dieu rétablit en nous ce qui a été perdu à cause de la désobéissance humaine. La mort et la résurrection du Christ se vivent quotidiennement dans nos moments de désolation. Tomber et se relever font partie du même processus de devenir, qui nous conduit à l’être. Un bon arbre, même s’il a du mal à porter des fruits, finira par en produire de bons — il ne peut en être autrement.
Les lectures d’aujourd’hui nous invitent à redécouvrir notre identité divine et à enlever les « éclats » de nos yeux afin que nous puissions vivre pleinement et dignement. Que ceux qui nous entourent découvrent, à travers notre filiation divine, notre être comme disciple du Seigneur et notre vie de témoignage, la présence de Dieu et à quel point Dieu les aime. Cette semaine marque un moment important dans notre cheminement chrétien, alors que nous nous préparons à l’événement pascal. Que cette saison, en particulier l’Année jubilaire, nous aide à renouveler notre relation avec Dieu et à continuer de porter de bons fruits pour le salut de l’humanité. Amen.
P. Terry Cmf.