Vivons-en Synodalité

Publié le 5 Mars 2025

 

Nous vivons dans un monde marqué par l'individualisme, le consumérisme et surtout l'ère numérique, où l'intelligence artificielle (IA) prend de plus en plus le pas sur l'intelligence humaine au nom de l'amélioration de la vie humaine. Les groupes armés défient les gouvernements établis, les gouvernements élus flattent les sentiments majoritaires, et les systèmes économiques succombent aux idéologies capitalistes. Voilà les gros titres de notre époque. Dans nos métropoles, nous assistons à l'érosion des valeurs sociales et humaines de base, qui s'infiltrent lentement dans les villes moyennes, modifiant l'état d'esprit de nombreuses populations instruites et actives, les poussant vers le matérialisme. Les catastrophes naturelles, le changement climatique, les erreurs humaines provoquant des accidents destructeurs, le commerce des armes alimentant les guerres, et la demande de légalisation des drogues ne sont que quelques-uns des fils sociaux qui déchirent le tissu de notre monde, faisant de nous tous des victimes. Sans prétendre avoir toutes les réponses, l'Église Mère a proposé la « synodalité » comme la meilleure voie pour répondre à ces questions pressantes de la vie humaine.

 

À travers la synodalité, l'Église cherche à guider ses enfants sur le bon chemin pour qu'ils vivent dans la paix. Elle vise à créer une nouvelle société où chacun aurait un espace pour respirer librement et vivre en communion, non pas dans une structure pyramidale, mais autour d'une table ronde. Le Carême est un pur don de Dieu pour cette génération en quête de réponses, nous invitant à renouveler nos esprits et à proposer de manière créative de nouvelles façons de transformer le monde. Ce temps nous invite à ne pas regarder à l'extérieur mais à l'intérieur, car la libération de la société, la nouveauté de la vie, commence par la libération de chaque individu. Un aveugle ne peut pas guider un autre aveugle. Nous ne pouvons pas nous engager dans la libération du monde avant de nous libérer nous-mêmes. La liberté humaine est la gloire de Dieu, car dans cette liberté humaine, Dieu peut agir pleinement pour sauver le monde.

 

Notre quête de libération naît de l'espérance. En cette année jubilaire, nous sommes appelés à être des pèlerins d'espérance, portant cette espérance en nous-mêmes sur le chemin, chantant des chants joyeux en atteignant la porte de la miséricorde. L'espérance ne vient pas de forces extérieures ; elle est le fruit de notre foi, révélée dans l'Histoire du Salut. Notre chant joyeux rempli d'espérance n'est pas nécessairement pour les merveilles que chacun de nous aurait reçues ici et maintenant. Il est enraciné dans la certitude que Dieu marche avec nous dans notre histoire personnelle. Notre joie puise sa force dans le Magnificat de Marie, son chant de joie et de gratitude pour ce que le Seigneur a accompli dans l'histoire du salut. Posséder ce Dieu fidèle de salut est la raison pour laquelle nous chantons avec espérance.

 

Notre pèlerinage consiste à cultiver cette espérance de manière durable, plutôt que passagère. Tout le monde peut ressentir une espérance temporaire, car Dieu habite en nous. Mais posséder une espérance permanente est plus difficile, car nous sommes constamment appelés à sortir et à revenir. Ce mouvement—sortir de la présence intérieure de Dieu en nous et entrer dans sa présence extérieure au cœur de l'humanité—est l'essence même du pèlerinage, dansant avec la présence divine à l'intérieur comme à l'extérieur. Ce mode de vie nous appelle à la communion—communion intérieure et extérieure. Notre Dieu nous appelle à aller à la rencontre de son peuple. La communion naît de ce principe : ce n'est plus « mon Dieu », mais « notre Dieu ». Ce changement définit notre manière de vivre en chrétien—la vie synodale.

 

La vie synodale est une vie animée par l'Esprit. L'Esprit agit en nous et nous invite à réfléchir profondément, nous conduisant à une conversion véritable. Nous continuons de poser des questions et de chercher, et bien que les réponses viennent parfois au hasard, nous n'avons pas peur de prendre des risques. Nous vivons dans la fidélité à la mission qui nous est confiée, restant la lumière du monde. Notre recherche de sens, la révision de nos positions, et notre conversion nous conduisent sur un terrain inconnu. Dans cet endroit inexploré, comme les Israélites dans le désert, nous n'avons pas de modèles à suivre. Pourtant, vivant avec espérance et joie, en regardant vers le Christ, nous devenons des pèlerins d'espérance. Dans ce monde en mutation et en défi, nous sommes appelés à être des signes d'une vie authentique, comme les saints de notre temps et du passé, imitant les premières communautés chrétiennes—petites, fragiles, mais puissantes à l'image des Apôtres, et devenant une source de vie pour le monde.

 

Je vous souhaite à tous un Carême très significatif. Seigneur, pendant cette saison, puissé-je Te voir dans mes frères et sœurs, T’aimer et Te servir à travers eux, marcher avec eux inconditionnellement. Amen.

P. Terry Cmf.

 

Rédigé par JONHBOSCO

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