4ème Dimanche de Temps de Pâques
Publié le 11 Mai 2025
Homélie
La beauté de la vie chrétienne réside dans la paix intérieure et la joie profonde que nous recevons gratuitement du Père, dans l’amour. Ce ne sont ni nos talents ni nos réussites qui en sont la source, mais la conscience que le Seigneur marche avec nous et demeure en nous. Même si l’intelligence ou les capacités nous manquent, si nous mettons ce que nous sommes au service de la foi, cette paix et cette joie intérieures portent du fruit, de multiples manières. Notre simple présence dans la société devient lumière dans l’obscurité. Chaque baptisé est unique, irremplaçable, et appelé à illuminer son entourage.
Jésus dit : « Mes brebis écoutent ma voix ». Mais où l’entendons-nous ? D’abord, au plus profond de nous-mêmes, dans cette voix intérieure qui suscite émotions, élans, et désirs spirituels. Dieu nous parle par des signes et des symboles, à travers les événements, les personnes, et même la nature. Contempler le soleil et les étoiles nous rappelle que tout est harmonie, voulu et ordonné par le Père. La nature est comme le premier langage de Dieu, une voix visible de sa paix parfaite. Elle nous inspire à espérer et à faire confiance éternellement au Seigneur. Chacun de nous a une mission unique, à accomplir en communion avec la création.
Dans l’Évangile, Jésus poursuit avec cette affirmation essentielle : « Je les connais. » Même si nous ne comprenons pas toujours ses voies, Lui nous connaît parfaitement. Et c’est notre espérance : « Seigneur, tu me connais entièrement, et je te fais confiance. » Comme Pierre, qui répond trois fois : « Seigneur, tu sais que je t’aime », nous sommes appelés à une remise totale de nous-mêmes à Dieu. Avant même notre naissance, Dieu avait déjà tracé un chemin pour chacun. Ce chemin n’est pas fait de perfection, mais de fidélité vécue dans notre réalité, avec nos forces et nos limites. Rien de ce que nous sommes ne dépasse sa volonté divine. Même l’apprentissage de l’espagnol aujourd’hui – je ne sais pas pourquoi, mais je suis sûr que le Seigneur le sait. Et c’est dans cette confiance que je m’abandonne à sa volonté. C’est l’offrande la plus précieuse que je puisse Lui faire.
Quelle que soit notre vocation — mariage, célibat, vie consacrée —, l’écoute de la voix intérieure est la première étape pour discerner la volonté divine et s’y abandonner pleinement.
Nous marchons ainsi dans la foi et la confiance, comme les disciples d’Emmaüs. Le Seigneur est à nos côtés, nous enseignant, nous guidant. Parfois, le cœur brûle en nous sans que nous en ayons encore conscience. Le chemin n’est pas toujours droit ni facile, mais notre soif de connaître et faire la volonté du Père, notre courage à prendre un sentier inconnu, sont les signes que nous marchons véritablement sur les pas du Christ. Si ce chemin est vécu sans rancune, dans le pardon, le don de soi, et la paix intérieure, même sans attente de retour — pas même de Dieu — alors nous pouvons dire avec certitude : nous marchons sur le chemin voulu par le Christ, et comme Il veut que nous marchions.
Ce chemin nous unit à Jésus, et par Lui, au Père. Comme le dit saint Paul : « L’espérance ne déçoit pas » (Rm 5,5). Nous sommes en Christ. Et Jésus affirme que nul ne peut nous arracher de sa main, sauf si nous choisissons nous-mêmes de nous éloigner. Nos œuvres, si elles sont inspirées par l’Esprit, sont protégées par Lui. Après la Résurrection, Jésus rassure sans cesse ses disciples : « N’ayez pas peur, c’est moi. » Il connaît nos faiblesses et nos doutes. Cela nous donne la force de porter chaque jour notre croix, non comme un chemin de mort, mais comme un chemin de résurrection, de vie en Esprit et en Vérité. Le Calvaire est la porte vers la vie éternelle, une expérience d’amour profond.
Nous avons vécu le Conclave avec intensité spirituelle. L’élection de notre Saint-Père Léon XIV nous révèle combien le Seigneur prépare ses pasteurs pour chaque époque. Il n’était ni médiatisé ni attendu. Et pourtant, il a été choisi par Dieu. Supérieur général, né aux États-Unis, missionnaire au Pérou, évêque pendant dix ans, puis préfet du Dicastère pour les évêques — un chemin façonné par la main de Dieu. Le Seigneur connaît ses brebis et choisit le berger dont elles ont besoin. À travers le successeur de Pierre, le Seigneur continue de nous guider avec amour. Écoutons-le attentivement.
P. Terry Cmf.