Dimanche des Rameaux
Publié le 28 Mars 2026
Méditation
Nous entrons maintenant au cœur de notre préparation pascale. Durant ce temps de Carême, nous avons été guidés par cette invitation : « Qu’il entre, le Roi de gloire » (cf. Ps 24,7). Aujourd’hui, je vous invite à faire un dernier pas—une entrée plus profonde en vous-mêmes—pour offrir votre « oui » définitif à Dieu, comme Marie : « Que tout m’advienne selon ta parole » (Lc 1,38). C’est dans cet abandon que le Roi de gloire peut réellement entrer en nous, y demeurer et nous transformer intérieurement (cf. Rm 12,2). Alors, tout ce qui jaillit de notre vie devient marqué par le divin et porteur de salut.
C’est cela la véritable imitation du Christ : non seulement extérieure, dans nos actions, mais intérieure, en laissant le même Esprit habiter en nous (cf. Ph 2,5). En ce jour, nous contemplons Jésus vivant à la fois la joie et la souffrance : la joie d’accomplir la volonté du Père (cf. Jn 4,34) et la douleur de pressentir sa Passion (cf. Jn 13,21). Son cœur porte déjà la blessure de Judas, qu’il aime jusqu’au bout (cf. Jn 13,1).
Le Dimanche des Rameaux nous invite à relire le chemin de ces quarante jours. Comme lors de la Transfiguration, Jésus monte vers Jérusalem (cf. Lc 9,28.51), pleinement conscient de ce qui l’attend. Il avance librement, dans l’obéissance au Père. Nous sommes invités à faire de même : regarder notre Carême, reconnaître ce que Dieu a accompli en nous, et achever ce qui reste encore à offrir.
La liturgie nous fait parcourir toute l’histoire du salut, d’Abraham jusqu’au Christ entrant à Jérusalem. L’Évangile nous conduit au mystère de la Passion, depuis l’entrée solennelle (cf. Mt 21,1-11) jusqu’à la Cène (cf. Lc 22,14-20). Tout est préparé : le lieu, le repas, les disciples. Eux préparent la fête, tandis que Jésus se prépare à la Passion. Joie et souffrance sont inséparables. L’Esprit agit pour accomplir la volonté du Père.
Au Cénacle, Jésus nous donne l’Eucharistie—mémoire vivante de sa Passion (Catéchisme de l’Église catholique, 1323). Elle est à la fois consolation et mission, communion à son humanité et à sa divinité. Pour nous, la Passion commence là, dans cette mémoire vivante (Sacrosanctum Concilium, 47). Elle nous appelle à la réconciliation— avec Dieu, avec nous-mêmes et avec les autres (cf. 2 Co 5,18).
Jésus avance avec amour, sachant que la foule changera (cf. Lc 23,21). Et il nous invite à marcher avec lui jusqu’à Gethsémani (cf. Mt 26,36-46), où nous découvrons notre faiblesse.
Comme les disciples, nous pouvons nous endormir. Comme Pierre, nous pouvons tomber. Mais comme Pierre, nous pouvons aussi revenir, soutenus par le regard miséricordieux du Christ (cf. Lc 22,61-62). Contrairement à Judas, qui se ferme dans le désespoir (cf. Mt 27,3-5), Pierre s’ouvre à la miséricorde.
C’est notre chemin. Entrons dans cette Semaine Sainte avec le cœur de Pierre, en marchant avec Jean et Marie (cf. Jn 19,25-27), jusqu’à la Croix. Abandonnons-nous au Seigneur, confiants en sa miséricorde. Que l’Eucharistie nous nourrisse. Que Gethsémani nous révèle nos faiblesses. Que notre faiblesse devienne grâce. Et que, même dans nos blessures, nous rencontrions le Christ vivant, pour participer à la joie de sa Résurrection. Amen.
P. Terry CMF.