Temps du Carême – 4ème Dimanche
Publié le 14 Mars 2026
« Je suis la lumière du monde »
L’Évangile nous présente une rencontre profonde et bouleversante. Dieu offre cette rencontre encore et encore à chacun de nous, tout comme Il l’a offerte à l’aveugle de naissance. Cet homme cherche à comprendre la source de sa guérison. Il sait seulement qu’un homme appelé Jésus l’a touché, et maintenant il voit. Mais derrière ce simple fait se cache un mystère bien plus grand. Il n’a pas seulement été guéri physiquement : la lumière a commencé à pénétrer aussi son cœur.
Jésus déclare : « Je suis la lumière du monde. Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie » (Jean 8,12). La guérison de l’aveugle en Jean 9,1–41 n’est donc pas seulement un miracle de la vue, mais un signe qui révèle la gloire de Dieu. Cet homme fait l’expérience d’une double guérison : celle de ses yeux et celle de sa foi.
Cet Évangile nous rappelle que nous sommes appelés, nous aussi, à refléter cette lumière divine. Saint Paul nous dit : « Autrefois vous étiez ténèbres, maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur ; conduisez-vous comme des enfants de lumière » (Éphésiens 5,8). Par le baptême, nous avons reçu la lumière du Christ et nous sommes envoyés dans le monde pour en être témoins. Le Concile Vatican II affirme : « Le Christ est la lumière des peuples ; et l’Église a pour mission de refléter cette lumière dans le monde » (Lumen Gentium, 1).
Cependant, l’action de Dieu dans notre vie se déploie souvent à travers les événements ordinaires. Pour comprendre cette œuvre divine, nous devons entrer dans notre intériorité, comme l’aveugle guéri qui découvre peu à peu ce qui lui est arrivé. Notre histoire personnelle, avec ses joies et ses souffrances, devient le lieu où Dieu se révèle.
Peu à peu, cet homme comprend la signification de sa rencontre avec Jésus. D’abord il dit simplement : « L’homme qu’on appelle Jésus a fait de la boue et m’a ouvert les yeux » (Jean 9,11). Ensuite il reconnaît en lui un prophète (Jean 9,17). Finalement, lorsqu’il rencontre Jésus à nouveau, il confesse sa foi : « Seigneur, je crois » (Jean 9,38). Ainsi la foi grandit progressivement.
Le moment décisif survient lorsqu’il est rejeté par les autorités religieuses. C’est dans ce moment de solitude et d’humiliation que Jésus vient à sa rencontre. Souvent, dans nos propres vies, les moments de souffrance ou de rejet deviennent le lieu d’une rencontre plus profonde avec Dieu. Le psalmiste l’exprime ainsi : « Le Seigneur est proche des cœurs brisés » (Psaume 34,19).
Cette dynamique apparaît aussi dans la première lecture avec l’onction de David (1 Samuel 16,1–13). Dieu rappelle à Samuel : « L’homme regarde l’apparence, mais le Seigneur regarde le cœur » (1 Samuel 16,7). David, le jeune berger, est choisi par Dieu et préparé dans la simplicité de sa vie quotidienne avant de devenir roi. Plus tard, David chantera avec confiance : « Le Seigneur est mon berger, je ne manque de rien » (Psaume 23,1).
Comme David et l’aveugle guéri, nous découvrons souvent l’action de Dieu progressivement. Nos joies, nos épreuves et même nos échecs font partie de cet accompagnement divin. Le Catéchisme de l’Église catholique rappelle que « le désir de Dieu est inscrit dans le cœur de l’homme » (CEC 27). Ainsi, ce qui compte pour Dieu n’est pas l’apparence extérieure, mais la vérité de notre cœur.
Les rencontres avec Dieu ne produisent pas toujours un changement immédiat et spectaculaire. Souvent, elles mûrissent lentement. Le témoignage le plus puissant de l’Évangile n’est pas un discours brillant, mais une vie transformée par une rencontre personnelle avec le Christ. Comme le rappelle le pape François : « Tout chrétien est missionnaire dans la mesure où il a rencontré l’amour de Dieu en Jésus-Christ » (Evangelii Gaudium, 120).
Dieu voit le cœur. Même Jessé, le père de David, n’avait pas reconnu la grandeur de son fils. Le monde peut ne pas comprendre notre vie intérieure, mais Dieu nous connaît parfaitement.
Alors, ne perdons jamais l’espérance. À travers nos épreuves et nos rejets, Dieu continue de nous former. Durant ce temps du Carême, gardons vivante cette espérance : le Christ, lumière du monde, continue d’illuminer notre vie. Que le Roi de gloire entre, Amen.
P. Terry Cmf.