3ème Dimanche de Carême

Publié le 22 Mars 2025

Comprendre la Patience et la Miséricorde de Dieu

Les paraboles d’aujourd’hui nous aident à comprendre la nature divine—un Dieu de patience et de miséricorde, qui va au-delà de ce qui est attendu pour nous venir en aide, contrairement à ce que pensaient les contemporains de Jésus, qui voyaient Dieu principalement comme une figure de justice, punissant les pécheurs.

 

En réfléchissant à notre histoire de salut, en particulier à la traversée de l’Exode, nous voyons un Dieu fidèle, marchant avec son peuple. Ce n'est pas seulement Pharaon qui a oublié Joseph et les Israélites, le peuple lui-même a oublié Dieu vivant, surtout au cours de ce même voyage d’Exode. Il est important de se souvenir de cette partie de l'histoire.

 

Dieu, qui a accompagné son peuple à travers l'histoire, a choisi un moment précis, lorsque le soleil était haut et que Moïse était fatigué, pour révéler son amour et sa compassion. Le feu qui a éveillé la curiosité de Moïse l'a conduit à gravir la montagne pour une rencontre avec Dieu. Parfois, ce feu brûle de loin, mais pour beaucoup, il brûle de l'intérieur, nous poussant à chercher des solutions. Dieu n’a pas seulement préparé Moïse pour ce moment, il a aussi estimé que le bon moment était venu. C’est à ce moment-là que Dieu a appelé Moïse, répondant aux cris du peuple pour la miséricorde et la compassion, et lui a révélé son projet divin.

Quand nous rejetons le projet de Dieu, nous craignons souvent la punition, pensant que la désobéissance entraîne la mort.  Inconscientement dans la pensée, Dieu a provoqué une peur dans le cœur du peuple. Moïse lui-même a caché son visage, craignant qu'une rencontre avec Dieu ne le conduise à la mort. Pourtant, le Seigneur compatissant a révélé sa voix et donné à Moïse la Parole qui libérerait son peuple. Même à Jérusalem, à l’époque de Jésus, les gens percevaient Dieu comme un juge sévère. Bien que Jésus ait corrigé cette perception, beaucoup portent encore aujourd'hui la peur de la punition divine, accomplissant de bonnes actions par peur. Quelle tragique incompréhension d’un Dieu compatissant ! Il est difficile de comprendre comment des dirigeants religieux peuvent perpétuer une telle idée erronée et comment des gens peuvent croire en ces prétendus « hommes de Dieu ».

 

Nous pensons peut-être que la parabole est centrée sur le « figuier » qui ne porte pas de fruit. Beaucoup d'entre nous, en particulier les prédicateurs, insistent sur la conversion et la réconciliation en invoquant la peur de la punition, déracinant l’existence même. Mais la parabole ne concerne pas le figuier. Elle parle de la relation d'amour entre le Maître et son serviteur—une relation qui sauve les pécheurs qui ne produisent pas de fruit. Il s'agit de la patience divine envers une génération pécheresse. Dieu fait tout pour guider nos esprits loin du péché, taillant nos vies quand cela est nécessaire pour assurer la croissance.

 

Nous appelons souvent ces moments de taille des « nuits sombres de l'âme », des moments de désolation et de douleur. Dans notre ignorance et notre frustration, certains d'entre nous se détournent de la grâce divine, rejetant l'opportunité de conversion. Chaque chrétien baptisé est ce serviteur envoyé par Dieu dans le monde pour créer une atmosphère d'amour et de compassion, garantissant que même les figuiers qui ne produisent pas les fruits—les bien-aimés de Dieu—soient sauvés, apportant de la joie au Père.

 

Nous cherchons tous des moyens de plaire à Dieu. L'Évangile d'aujourd'hui nous en montre un—non pas en abattant le figuier, mais en le soutenant, en le nourrissant et en l’aidant à se réformer à travers notre témoignage. Le serviteur non seulement travaille avec l’arbre qui porte du fruit, mais il souffre aussi avec lui. Dieu vous appelle, vous et moi, à être ce serviteur. Beaucoup d'entre nous profitent des fruits du figuier sans contribuer à sa croissance. Ne devrions-nous pas changer cet état d'esprit et adopter le rôle du serviteur, en investissant l’énergie nécessaire pour sauver l'arbre ? Dieu, qui nous nourrit, souhaite que nous devenions tous des serviteurs—serviteurs du figuier et du Maître, source de vie.

P. Terry Cmf.

 

Rédigé par JONHBOSCO

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