Dimanche de la Divine Miséricorde
Publié le 27 Avril 2025
Homélie
Aujourd'hui, nous célébrons le Dimanche de la Divine Miséricorde avec des sentiments mêlés de tristesse et d'espérance. Nous portons le chagrin profond du départ de notre Saint-Père, mais nous sommes également rappelés à l’infinie miséricorde de Dieu, spécialement dans nos moments de désolations. Aux yeux de Dieu, l'échec n'est jamais une fin, mais toujours un commencement — une invitation à une conversion de notre chemin. Chaque chute révèle une orientation nouvelle. Toutefois, pour Dieu, il n'y a pas de véritable échec : Il connaît déjà notre route et celle vers laquelle Il veut nous conduire. À travers nos défis et nos erreurs, Dieu continue de nous guider, de nous réveiller et, si nécessaire, de nous corriger.
La porte close dont parle l'Évangile d’aujourd'hui symbolise la difficulté des disciples à croire en la Résurrection. Cette porte est restée fermée jusqu’à la Pentecôte. Pourtant, ces moments de retrait derrière des portes closes deviendront pour eux des souvenirs précieux, comme celui du dernier repas dans la chambre haute. Nous aussi, nous connaissons ces « expériences de porte close », où nous nous replions pour nous protéger ou défendre notre dignité. Mais l’amour de Dieu ne connaît aucune barrière : Il vient jusqu'à nous, même derrière nos murs les plus épais, pour nous assurer que Son amour et Sa miséricorde n'ont pas de limites.
Le doute de Thomas n’est pas un refus de croire, mais l’expression humaine de son incapacité à dépasser les limites de son intelligence. Son besoin de certitude personnelle, même face au témoignage de ses compagnons, montre un cœur en quête de vérité. Jésus n'accable pas Thomas pour sa quête de certitude ; au contraire, Il le rejoint avec une tendresse infinie. Dieu dépasse nos logiques humaines : Il vient à notre rencontre, même au cœur de nos doutes et de nos obscurités. Sa plénitude ne repose pas sur des preuves extérieures, mais sur une foi intérieure, enracinée dans la confiance.
L'Évangile d'aujourd'hui nous ouvre aussi à l'expérience de la Pentecôte, sans laquelle aucune foi véritable ne peut naître. L'Écriture nous enseigne que même le baptême est incomplet sans l'Esprit Saint. Que ce soit pour un Conclave ou tout grand discernement, c’est l'Esprit qui doit guider — comme Il a guidé ceux qui nous ont donné le pape François. Nous sommes une Église animée par l'Esprit. Prions pour que chaque parole, chaque pensée, chaque geste de notre vie soit inspiré et guidé par l'Esprit Saint.
Comment savoir si nous sommes remplis de l'Esprit ? La première communauté chrétienne nous donne quelques repères : au-delà des sept dons traditionnels, trois signes ressortent. Le premier est une foi vivante, qui nous pousse à sortir de nous-mêmes pour vivre en communion. Le Dimanche de la Divine Miséricorde nous appelle à entrer dans une communion plus profonde — communion avec la Trinité. Notre communion humaine trouve son modèle dans celle du Père, du Fils et de l'Esprit, telle que présentée dans l'Évangile selon saint Jean (chapitre 15), à l’image du cep et des sarments. Cette communion débouche naturellement sur la mission : une vie témoignage, remplie de miséricorde et de compassion.
Prions donc pour que chaque chrétien vive cette communion profonde avec le Christ. Que nos vies soient le reflet de la miséricorde reçue, pour la gloire de Dieu et le salut des âmes. Amen.
P. Terry Cmf.