Je suis assoiffé
Publié le 18 Avril 2025
Une méditation pour le Vendredi Saint
Le Vendredi Saint marque la fin visible de la vie terrestre de Jésus—cette vie humaine qui incarne pleinement ce que Dieu avait voulu dès le commencement de la création. Le monde, qui aspire à une humanité parfaite, est resté silencieux lorsqu’un homme sans péché, rempli de bonté, a été mis en procès. Quel paradoxe saisissant : nous avons rejeté ce que nous désirions tant ! Nous sommes appelés à contempler cette humanité—celle qui a choisi la Passion comme expression suprême de l’amour : l’amour pour le Père, et donc pour toute la création. C’est par cette Passion assumée que Jésus libère un monde brisé.
De la chambre haute au jardin de Gethsémani, de Jérusalem au Calvaire – un court trajet en apparence, mais long de souffrance. Accompagné de soldats, moqué par des inconnus, abandonné par ses amis, trahi par les siens… Jésus continue pourtant, pour moi.
Il rencontre quelques consolations – sa Mère, les femmes de Jérusalem, Simon de Cyrène – mais moi, je n’étais pas là. Qu’ai-je fait pour que Tu fasses cela pour moi ?
Je pénètre dans ce mystère avec gratitude et humilité. Sa Passion est essentielle à ma vie. J’entre dans ce pèlerinage spirituel avec l’espérance et la certitude que Son cri – “J’ai soif” – est aussi pour moi. Que signifie cette soif ? Puis-je l’apaiser, même un peu ?
La soif de l’humanité
Ce cri exprime l’abandon total. Jésus, au plus profond de la douleur, ne ressent plus la présence du Père. Comme nous parfois, Il se sent seul. Mais Il espère. Il a appris avec Marie à avancer seul avec foi.
Il représente la communité souffrante, celle qui accusent Dieu de silence. Sa soif est pour moi – pour ma présence et mes actes. L’Église aujourd’hui, dans un monde de guerre, porte cette soif divine. Soyons le signe de la présence de Dieu dans le silence.
La soif de miséricorde
Ces paroles sont à la fois divines et profondément humaines. Jésus, innocent et souffrant, refuse la vengeance. Il implore le pardon. Sa soif est pour une humanité capable de pardonner et de donner espoir.
Notre Carême ne mène pas à une fin, mais à un commencement. Le véritable but est l’union avec Dieu, la Terre Promise. Jésus a soif de notre conversion, pour que nous devenions des témoins d’espérance.
La soif de rédemption
À ce criminel crucifié, Jésus offre l’espérance. Nous savons que nous ne méritons pas la miséricorde, mais Sa soif dépasse la justice.
Comme le Père qui cherche Adam dans le jardin d’Éden, Jésus nous appelle à revenir. Sa soif est pour le cœur réveillé qui dit : « Je me lèverai et j’irai vers mon Père. » Même les indignes sont invités à la joie de Son étreinte.
La soif de communion
Toute rencontre humaine porte un potentiel divin. Au pied de la Croix, Marie et Jean sont unis dans la douleur et l’amour.
En souffrance, Jésus voit encore la souffrance des autres. Il nous unit dans la vulnérabilité. Sa soif est pour une humanité ouverte à l’autre, capable d’accueillir et d’être accueillie.
La soif accomplie
La mission est accomplie, mais la soif demeure en nous. Comme Saint Augustin l’a dit, notre cœur est inquiet jusqu’à ce qu’il repose en Dieu. Jésus a ouvert la voie – à nous de la suivre.
« J’ai soif » – ce cri résonne encore. Chez les Sœurs de la Charité, il est visible dans chaque chapelle. Il est leur mission.
Cette soif nous conduit à travers les lieux de la Passion : le palais, le jardin, la chambre haute… chaque lieu, un mystère à vivre. Jésus a soif : que nous soyons unis au Père, comme Lui-même l’est.
Seigneur, ta Croix est une bénédiction que mon humanité ne mérite pas. Pourtant, en te voyant souffrir, je découvre un sourire de pardon.
Ton contentement dans la douleur me donne le courage de porter ma propre croix. Ta joie d’accomplir la volonté du Père m’inspire à Lui abandonner ma vie. Conduis-moi, Seigneur, jusqu’au Calvaire… et à la Résurrection. Amen.
P. Terry Cmf.