7ème Dimanche de Pâques
Publié le 1 Juin 2025
Homélie
La vie chrétienne est avant tout une vie de foi, qui s’exprime pleinement dans l’espérance et la joie que l’Esprit fait habiter en nous. Cette vie trouve son modèle dans la communion trinitaire : le Père est tourné vers le Fils, le Fils vers le Père, et l’Esprit Saint procède du Père et du Fils. Dans cette relation divine, il y a à la fois une diversité de personnes et une unité parfaite. Si nous accueillons profondément ce mystère de la Trinité, nous comprendrons plus aisément l’exigence de la vie chrétienne.
À l’image d’un fil tissé dans la trame d’un tissu, chacun et chacune de nous participe à la construction de l’Église du Seigneur—un corps vivant, appelé à s’élargir sans fin, dans l’amour et la communion. La qualité de nos relations les uns avec les autres révèle la profondeur de notre amour pour Dieu. Une vie façonnée par l’amour, pour l’amour, devient témoignage du mystère révélé sur la Croix.
Saint Jean nous aide à percer ce mystère lorsqu’il écrit : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, non pas pour juger le monde, mais pour que, par Lui, le monde soit sauvé » (Jn 3,16–17). Ce même amour se fait commandement du Seigneur : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés » (Jn 13,34). Là se trouve le cœur de notre foi.
Mais aimer en vérité nous conduit à devenir témoins. Le Seigneur nous invite à vivre une vie qui témoigne de Son amour. Non pas par de grands discours, mais par une existence transfigurée, une vie qui, par sa cohérence et sa bonté, devient signe du Dieu vivant. Lorsque le monde perd ses repères, il est invité à tourner les yeux vers l’Église, et plus encore, vers la vie intérieure de chaque baptisé, reflet discret de la Trinité.
Notre vie, alors, devient repère pour nos frères et sœurs, pour ceux qui vivent sous notre toit, comme pour ceux que nous croisons. Chacun et chacune de nous est appelé à manifester, dans sa propre personne, cette unité divine, cette diversité féconde, et cet amour trinitaire. Cela se révèle dans nos relations, dans notre façon d’aimer, de pardonner, de nous engager.
Ce que nous donnons, nous ne le possédons pas. Nous le transmettons, comme nous l’avons reçu. Jésus a reçu tout de Son Père, et nous, à notre tour, le partageons avec nos frères et sœurs. Ainsi, la mission initiée par le Christ se poursuit à travers nous. Mais cela exige humilité et lucidité : nous sommes souvent fragiles dans notre connaissance de Dieu, et encore plus dans notre expérience personnelle de Sa présence en nous.
Saint Augustin nous le rappelle : « Pour connaître Dieu, il faut L’aimer, et pour L’aimer, il faut Le connaître. » Mais comment aimer un Dieu que nous ne connaissons pas ? Et comment Le connaître sans L’aimer ? Ce paradoxe nous pousse à chercher, à prier, à demeurer.
C’est pourquoi, en ce temps pascal, l’Église nous offre les récits des apparitions du Ressuscité : elles ne sont pas seulement le témoignage d’un événement passé, mais une école pour notre foi. À travers elles, nous découvrons l’amour divin incarné dans le Christ, et comment les premières communautés chrétiennes ont accueilli cet amour dans leur vie quotidienne, avec ses luttes, ses joies et ses transformations.
Rien de cela ne vient de nous. Tout est grâce. Tout est don reçu et partagé. L’Esprit Saint agit en silence, discrètement mais avec puissance, pour que la transmission divine se fasse en nous. Il habite nos gestes les plus simples, nos choix les plus humbles. Il fait de notre vie ordinaire un lieu de la révélation extraordinaire de Dieu.
Alors, faisons-lui confiance. Laissons-nous transformer, habiter, guider. Marchons ensemble, en Église, peuple de Dieu en marche, communauté des bienheureux appelés à refléter l’amour du Père, du Fils et de l’Esprit. Amen. Bon Dimanche !
P. Terry Cmf.