15ème Dimanche Ordinaire

Publié le 12 Juillet 2025

« Va, et toi aussi, fais de même » – Un appel à la compassion dans un monde blessé

L’Évangile de ce jour nous conduit au cœur de la vie chrétienne : aimer Dieu et son prochain (Luc 10, 27). Un docteur de la Loi demande à Jésus : « Que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? » Jésus ne le repousse pas, mais le renvoie à la Parole qu’il connaît déjà. Pourtant, Il l’invite à aller plus loin : si tu ne rencontres pas Dieu là où tu es, regarde ailleurs… dans ton prochain.

Dans l’Évangile selon saint Jean, Jésus définit la vie éternelle comme « connaître le Père, le seul vrai Dieu, et celui qu’Il a envoyé, Jésus-Christ » (Jean 17, 3). Ce connaître n’est pas intellectuel, mais intime et vécu. Ce n’est pas un privilège réservé aux mystiques, mais un appel adressé à tous les cœurs ouverts.

La parabole du Bon Samaritain n’exalte pas une simple bonté humaine, mais un renversement profond : ton prochain n’est pas seulement ton semblable, mais celui qui souffre, celui que tu ne reconnais pas, celui que tu évites. Paradoxalement, pour entrer en soi, il faut sortir de soi. Quitter nos faux-semblants. Et c’est dans la vulnérabilité de l’autre que Dieu se manifeste.

Le chemin de Jérusalem à Jéricho (Luc 10, 30) est symbolique : Jérusalem, la cité de Dieu ; Jéricho, la vie quotidienne. Le chemin est risqué. Nous le parcourons tous – prêtres, lévites, laïcs. Certains détournent le regard. Un seul s’arrête : le Samaritain. Ému de compassion (splagchnizomai, Luc 10, 33), il descend, il soigne, il porte, il confie, il promet.

Nous pensons souvent être appelés à être ce Samaritain. Et c’est vrai, par grâce. Mais parfois, nous sommes le blessé au bord du chemin. Parfois aussi, nous sommes l’aubergiste à qui le Christ confie un frère ou une sœur en souffrance. Il nous dit simplement : « Prends soin de lui » (Luc 10, 35). Telle est notre vocation : être les intendants fidèles de la compassion de Dieu.

Et Jésus conclut : « Va, et toi aussi, fais de même » (Luc 10, 37). Que nous soyons celui qui s’arrête, celui qui soigne, ou celui qui continue l’œuvre commencée par le Christ, chacun de nous fait partie de cette chaîne de miséricorde.

Prions pour recevoir la grâce :

  • De nous arrêter sur notre route.
  • De voir et ressentir les blessures de nos frères et sœurs.
  • De servir sans attendre, dans la confiance du retour du Seigneur.

Que, comme le Samaritain ou l’aubergiste, nous sachions aimer dans la fragilité – pour la gloire de Dieu et le salut des hommes. Amen.

 

P. Terry, Cmf.

 

Rédigé par JONHBOSCO

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