16e Dimanche du Temps Ordinaire – Année C (Luc 10, 38–42)
Publié le 19 Juillet 2025
Marthe et Marie représentent deux dimensions fondamentales de la vie chrétienne : l’action et la contemplation. Une vie équilibrée a besoin des deux. En tant qu’êtres humains, nous savons qu’un bon accueil sans repas partagé perd de sa chaleur. L’hospitalité sans le service est incomplète.
L’Évangile de ce jour (Luc 10, 38–42) pourrait nous faire croire que Jésus privilégie la contemplation sur l’action. Mais une lecture plus profonde révèle un appel au discernement. Jésus dit que « Marie a choisi la meilleure part » (v. 42), non pas pour condamner Marthe, mais pour l’inviter à se recentrer. Ce que Marie vit dans l’écoute du Seigneur ne diminue pas le service de Marthe ; et ce que Marthe fait par amour du Seigneur ne doit pas être rejeté par Marie.
L’action offerte dans l’amour, par la grâce de Dieu, est élevée jusqu’à la contemplation. Comme le dit saint Paul : « Tout ce que vous faites, faites-le de bon cœur, comme pour le Seigneur et non pour plaire aux hommes » (Colossiens 3, 23). Ceux qui contemplent profondément, comme Moïse sur le Sinaï (Exode 24) ou les disciples lors de la Transfiguration (Luc 9, 28–36), sont toujours renvoyés en mission. La vraie contemplation mène toujours à l’action. Inversement, l’action sans prière risque de glorifier l’homme plutôt que Dieu.
Quelle est donc la véritable leçon de cet Évangile ? Il ne s’agit pas de choisir entre Marie ou Marthe, mais de découvrir le visage de Dieu, qui nous accompagne dans chaque étape de notre vie. Dieu ne force pas nos choix, mais Il désire les orienter vers le bien. Jésus ne condamne pas Marthe ; Il l’invite à servir avec un cœur reposé en Lui.
Il lui dit : « Tu te donnes du souci et tu t’agites pour bien des choses. Une seule est nécessaire » (Luc 10, 41–42). Cette « seule chose » est la communion avec Dieu—demeurer en Lui comme le sarment attaché à la vigne (Jean 15, 4–5). Lorsque nos relations, nos décisions et nos gestes reposent sur cette communion, nous trouvons la paix véritable, celle qui dépasse toute intelligence (Philippiens 4, 7). Marthe, au fil de son chemin, vivra cette communion. Elle reconnaîtra le Christ non seulement dans son travail mais aussi à ses pieds, en Le voyant apprécier le repas préparé avec amour.
Si, comme Marthe, nous approchons nos frères et sœurs par la présence de Dieu, et si nous devenons instruments de Sa miséricorde, nous expérimenterons déjà ici-bas la joie du Ciel. À l’image de Marie qui oint Jésus de parfum (Jean 12, 3), notre service devient une offrande sainte.
Dans chaque foyer chrétien, si la volonté divine oriente nos relations et nos décisions, la volonté humaine n’est pas rejetée, mais transformée et élevée. C’est alors que la paix s’installe. Comme les disciples d’Emmaüs ont invité Jésus à rester avec eux (Luc 24, 29), ou comme la famille de Cana L’a accueilli avec Marie (Jean 2), accueillons Jésus dans nos maisons et dans nos cœurs. Invitons Jésus, Marie, et les disciples à notre table. Et alors, nous connaîtrons la paix, la joie et l’harmonie que nous cherchons tant. Amen.
P. Terry Cmf.