19ᵉ Dimanche du Temps Ordinaire – Année C

Publié le 9 Août 2025

Homélie

« Sois sans crainte, petit troupeau, car votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume » (Luc 12, 32). L’Évangile de ce jour est une douce assurance de Jésus : le Royaume de Dieu est un don, offert gratuitement, d’une valeur inestimable, et qui demeure sûr tant que nous ne le rejetons pas ou ne le négligeons pas. Ce Royaume est un trésor que personne ne peut nous enlever (Matthieu 6, 20), à moins que nous ne le considérions comme sans valeur ou que nous ne l’utilisions pas pour la gloire de Dieu.

 

Au cœur de ce Royaume se trouve la foi—la clé essentielle qui oriente toute notre vie (Hébreux 11, 1). Par la foi, nous reconnaissons l’action de Dieu, même lorsque nous ne comprenons pas comment elle se réalise. Dans toute l’histoire du salut, Dieu a accompli des merveilles—l’Exode (Exode 14, 13-31) nous montre que Dieu a offert sa présence salvatrice non seulement au peuple élu, mais à tous ceux qui la désiraient et se confiaient à Lui.

 

Ce don entraîne pour nous une responsabilité plus grande : « À qui l’on a beaucoup donné, on demandera beaucoup » (Luc 12, 48). Nous sommes appelés à être des intendants fidèles de la mission confiée (1 Corinthiens 4, 1-2), à l’accomplir avec gratitude et joie, et à en remettre les fruits à Dieu, évitant toute recherche de gloire personnelle (Matthieu 6, 1). Dieu accomplit de grandes œuvres à travers nous, même dans notre faiblesse (2 Corinthiens 12, 9), souvent de façon cachée. Celui qui accueille les petits, les pauvres et les oubliés accueille le Christ Lui-même (Matthieu 25, 40).

 

Cependant, le danger est réel : lorsque nous nous éloignons du Seigneur—surtout lorsque sa présence n’est pas visiblement perceptible—nous risquons de réaliser beaucoup aux yeux du monde, mais de passer à côté de la volonté divine. L’orgueil et la recherche de reconnaissance humaine peuvent progressivement écarter les valeurs du Royaume et les remplacer par les standards du monde (1 Jean 2, 15-17). L’égoïsme, le consumérisme, et certaines dérives sociales peuvent nous voler l’esprit de l’Évangile. Même les institutions sacrées comme le mariage ou la vie consacrée se fragilisent lorsque Dieu est écarté.

 

Nous sommes comptables devant Dieu du sort des pauvres, des marginalisés et des opprimés (Isaïe 1, 17 ; Amos 5, 24). Au jour du jugement (Matthieu 25, 31-46), la séparation des justes et des injustes révélera si nous avons vécu selon sa volonté. Mais la justice de Dieu ne consiste pas à dominer ou punir—elle consiste à restaurer la dignité humaine, ici et maintenant, par notre action, en rendant sa miséricorde tangible (Michée 6, 8).

 

Dieu veille sur nous à chaque instant—nous n’avons donc aucune raison de craindre (Psaume 23, 1). Nous pouvons tomber, mais Il nous invite à nous relever (Proverbes 24, 16). Nous pouvons être blessés, mais Il nous appelle à répondre par la miséricorde et la compassion (Luc 6, 36). Saint Augustin nous avertit : « Prenons garde à ne pas nous séparer de l’amour de Dieu » (cf. Romains 8, 39).

 

Restons donc fidèles à la mission confiée, accomplissant chaque jour ce que Dieu attend de nous, sans attendre un « meilleur moment ». L’appel est pour maintenant : vivre dans l’attente du retour du Maître, entrer dans sa joie et partager à jamais son abondance divine. Amen.

P. Terry Cmf.

Rédigé par JONHBOSCO

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