La Solennité de l’Assomption

Publié le 14 Août 2025

Homélie

La Solennité de l’Assomption nous révèle une vérité que Dieu avait déjà manifestée dans la vie de Melchisédech et d’Élie : ceux qui vivent pleinement en Dieu ne connaissent aucune interruption dans leur communion avec Lui (cf. He 7,1-3 ; 2 R 2,11). Ils passent de la vie terrestre à la plénitude de la présence divine sans rupture, car ils vivent déjà dans la communion trinitaire. Cette union avec le Père, le Fils et l’Esprit Saint est offerte aujourd’hui à chacun de nous, si nous choisissons de marcher comme Marie a marché dans sa vie quotidienne.

Pour comprendre cette expérience mystique, je présente Marie plutôt que Jésus, car en Jésus la divinité était pleinement présente. Marie, quant à elle, a vécu cette communion dans la totalité de son humanité, dans son âme et son esprit, mais soutenue et transformée par la grâce (cf. Lc 1,28). En la contemplant, nous voyons que la pure humanité—lorsqu’elle est ouverte à Dieu—suffit pour entrer dans ce mystère.

Le Magnificat (Lc 1,46-55) révèle le monde intérieur de Marie—son cœur en parfaite communion avec Dieu. Ce n’est pas l’Annonciation ni la Nativité, pourtant riches en interventions divines, qui manifestent le plus clairement son intériorité, mais cette prière de louange et de confiance. Elle y montre son union avec Dieu « en esprit et en vérité » (cf. Jn 4,24), déjà en communion avec le Père avant même de concevoir son Fils. La communion commence dans l’âme, s’exprime par l’esprit, puis se manifeste dans le monde visible—dans son cas, par la conception et la naissance de Jésus.

Cette communion avec le Père a permis à Marie de voir son histoire personnelle à la lumière de l’histoire du salut. D’Adam à Abraham, de Moïse à David, et de David au Messie (cf. Mt 1,1-17), elle a reconnu la fidélité de Dieu comme son propre héritage. Face aux épreuves—comme porter un enfant dans des circonstances extraordinaires—elle s’est appuyée sur les promesses divines, à la différence d’Ève qui n’a pas su faire confiance et a introduit la désobéissance dans le monde (cf. Gn 3). Même lorsqu’elle ne comprenait pas tout, « elle gardait toutes ces choses et les méditait dans son cœur » (Lc 2,19).

Sa communion avec le Père a porté du fruit dans le service. Immédiatement après l’Annonciation, elle partit « en hâte » visiter Élisabeth (Lc 1,39), non pour proclamer sa propre gloire, mais pour servir. Elle nous enseigne ainsi que la grâce divine frappe à notre porte seulement si nous sommes prêts à l’ouvrir et à sortir au service des autres (cf. Ap 3,20). L’homme riche n’a pas ouvert sa porte à Lazare (Lc 16,19-31) ; Marie a ouvert la sienne.

Au salut d’Élisabeth, l’humanité a reconnu pour la première fois en elle « la mère de mon Seigneur » (Lc 1,43). Cette maternité divine—confirmée au Calvaire lorsque Jésus la confia au disciple bien-aimé (Jn 19,26-27)—est un don pour toute l’Église. Nous aussi, nous pouvons vivre cette maternité spirituellement, en tant que temples de l’Esprit Saint (1 Co 6,19).

Le retour de Marie chez elle après la visite à Élisabeth (Lc 1,56) n’est pas un simple détail géographique : il signifie son retour à la communion intérieure, prête à repartir dès que Dieu l’appellerait. Son « oui » (Lc 1,38) est resté constant, une ouverture durable au Dieu de la promesse. Cette fidélité lui a permis de témoigner de la fidélité de Dieu tout au long de sa vie.

Comme enfants de cette Mère bien-aimée, demandons son intercession—confiants qu’aujourd’hui encore, comme à Cana (Jn 2,1-11), elle présente nos besoins à son Fils. Que son Assomption fortifie notre espérance en ce Dieu fidèle et nous invite à vivre, dès maintenant, dans la communion ininterrompue de la Trinité.

Amen. Bonne fête ! N’oubliez pas de me porter dans votre prière.

P. Terry Cmf.

Rédigé par JONHBOSCO

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