27ème Dimanche Ordinaire
Publié le 5 Octobre 2025
Comment vivent les serviteurs du Seigneur
La douleur et l’agonie des innocents se prolongeront jusqu’à ce que leur désir le plus profond trouve son accomplissement en Dieu. Pourtant, ceux qui mettent leur confiance dans le Seigneur de miséricorde et de compassion découvrent qu’Il ne les abandonne jamais. Il marche à leurs côtés, leur rappelant sans cesse sa présence fidèle. Comme le psalmiste le dit : « Le Seigneur est proche du cœur brisé, il sauve l’esprit abattu » (Ps 34,19). Cette proximité leur donne le courage de garder vive l’espérance, même si leur cri pour la justice et la liberté continue de monter vers le ciel, à l’image d’Israël en Égypte (Ex 3,7).
Au cœur de la souffrance, ils découvrent Dieu comme leur rocher et leur salut, celui promis depuis l’histoire du salut. Sa paix et sa joie emplissent leur cœur—à la fois profondément divines et intimement humaines. Même dans leur fragilité, ils crient vers Lui avec espérance, à l’image de saint Paul qui, depuis sa prison, pouvait écrire : « Réjouissez-vous sans cesse dans le Seigneur… Le Seigneur est proche » (Ph 4,4-5). Leurs âmes aspirent à Dieu pour l’éternité, attendant le jour où « Il essuiera toute larme de leurs yeux » (Ap 21,4).
Leur vie, faite de roses et d’épines, devient un témoignage vivant de la joie intérieure que donne la foi. Même dépouillés de tout, ils rayonnent de générosité et de don de soi, car leur force ne vient pas d’un succès humain, mais de la grâce du baptême. Saint Augustin nous enseigne : « La foi, c’est croire ce que tu ne vois pas encore ; la récompense de la foi, c’est de voir ce que tu crois. »
La foi et le serviteur de Dieu
La foi n’est pas une simple connaissance ni une appartenance extérieure à une communauté religieuse. Elle est une relation vivante et dynamique avec le Dieu vivant. Jésus nous le rappelle : « Heureux ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la gardent » (Lc 11,28). Croire, ce n’est pas seulement savoir quelque chose de Dieu, mais vivre en communion avec Lui.
Le Catéchisme l’affirme clairement : « La foi est d’abord une adhésion personnelle de l’homme à Dieu » (CEC §150). Si elle n’est pas vécue, elle devient stérile, comme le serviteur de la parabole qui a enfoui son talent (Mt 25,14-30). La vraie foi est féconde ; elle se manifeste par l’amour, le pardon et les actes de justice. Comme le dit saint Jacques : « La foi, si elle n’a pas les œuvres, est bel et bien morte » (Jc 2,17).
Ainsi, le serviteur de Dieu vit la foi comme un “oui” constant au Seigneur—en écoutant, en faisant confiance et en agissant par amour.
La relation entre le serviteur et le Maître
Cette foi transforme radicalement la relation entre le Maître et le serviteur. En Christ, le Maître est Celui qui se penche pour laver les pieds de ses disciples (Jn 13,14). Il ne meurt pas seulement pour ses serviteurs, mais les élève en les faisant fils et héritiers du Royaume : « Je ne vous appelle plus serviteurs… je vous appelle mes amis » (Jn 15,15).
Quelle joie de servir un tel Maître—un Maître qui se réjouit des petites offrandes de ses enfants, comme les deux pièces de la veuve (Mc 12,42-44). Dans cette relation, le service n’est plus un devoir mais une joie, non plus une servitude mais une liberté dans l’amour. Saint Ignace de Loyola priait : « Pour donner et ne pas compter, pour travailler et ne pas chercher de repos, sinon celui de savoir que je fais ta sainte volonté. »
À l’exemple d’Abraham, qui accueillit les trois mystérieux visiteurs et connut la joie de servir le Seigneur (Gn 18,1-8), nous aussi sommes invités à accueillir le Christ dans l’étranger, le pauvre et le souffrant.
La foi en action comme service
La foi vécue devient amour, et l’amour devient service. Comme le rappelle sainte Teresa de Calcutta : « La foi en action, c’est l’amour ; et l’amour en action, c’est le service. » Lorsque nous servons avec amour, nous participons à la fois à la joie et à la souffrance de Dieu lui-même.
Le service chrétien n’est pas une tâche ajoutée à la vie ; il est la vie elle-même transformée par la grâce. Chaque geste de bonté, chaque acte de miséricorde, chaque pardon offert devient une participation à la mission du Christ. En servant les autres, nous servons le Seigneur lui-même : « Tout ce que vous avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25,40).
Restons donc fermes dans la foi, en la vivant chaque jour avec courage et joie. Soyons ces serviteurs qui découvrent, dans chaque acte de service, la joie éternelle d’être proches du Seigneur et pouvoir vivre en sa présence, Amen.
P. Terry Cmf.