« La Nouvelle Étoile Montante »
Publié le 29 Novembre 2025
Méditation
Au commencement d’une nouvelle année liturgique, il est dans mon habitude d’offrir un message qui nous guide à travers la saison—un point de méditation inspiré par l’Évangile du premier dimanche de l’Avent. Cette année, le thème qui habite mon cœur est celui de « la nouvelle étoile montante », un signe d’espérance qui apparaît dans l’Église, en particulier dans l’Église d’Europe. Si le Concile Vatican II fut une ouverture audacieuse des fenêtres de l’Église sur le monde (Gaudium et Spes, 4), nous vivons aujourd’hui quelque chose de tout aussi profond : l’entrée solennelle du Peuple de Dieu dans la vie et la mission de l’Église à travers le chemin synodal.
La synodalité est une redécouverte de la manière de marcher ensemble de l’Église primitive (Ac 2, 42-47). Elle proclame une vérité simple et exigeante : tous les baptisés sont égaux en dignité, bien que différents dans leur mission (Lumen Gentium, 32). La participation de chacun est essentielle pour l’annonce de l’Évangile.
1. Lire les signes des temps
L’Évangile de ce dimanche (Mt 24, 32–44) nous présente trois images :
– le figuier qui annonce l’été (24, 32–35),
– les jours de Noé (24, 36–41),
– et le maître de maison qui veille pour que le voleur n’entre pas (24, 42–44).
Ces images nous invitent à la vigilance, au discernement et à l’attention au moment présent. Certains responsables ecclésiaux ont résisté à cette “nouvelle saison”, hésitant devant la prise de décision en commun, animée par l’Esprit. Pourtant, le Synode sur la synodalité est, à bien des égards, un retour à la maison, semblable à celui du fils prodigue (Lc 15, 11–32) : un retour joyeux aux racines de l’Église—écoute, humilité, participation, communion et mission.
Le pape François affirme que la synodalité est « le chemin que Dieu attend de l’Église au troisième millénaire ». Elle nous demande de lire les signes des temps avec un regard contemplatif (Evangelii Gaudium, 51).
De ce renouveau surgit aussi l’option préférentielle pour les pauvres (Evangelii Gaudium, 198) : elle n’est plus seulement un devoir, mais une manière de vivre notre foi, comme l’ont fait les premières communautés (Ac 4, 32–35), affirme notre saint Père dans son première Exhortation Apostolique.
Saint Jean Chrysostome nous rappelle : « Si tu ne trouves pas le Christ dans le pauvre à la porte de l’Église, tu ne le trouveras pas dans le calice. »
2. Noé et la voix des humbles
Le récit du déluge révèle deux réalités opposées : Dieu parle à Noé, mais le peuple rejette le message transmis par un simple compagnon. Le Seigneur nous parle souvent à travers des témoins discrets dont la vie rayonne une fidélité radicale à l’Évangile.
Sainte Teresa de Calcutta disait : « Dieu parle dans le silence du cœur, et le cœur écoute à travers les humbles. »
Être vigilant, c’est reconnaître le message divin dans les événements ordinaires et dans la vie de ceux que la société ignore (1 Co 1, 27).
3. La vraie vigilance : faire la volonté du Père
La vigilance n’est pas la peur : c’est la recherche joyeuse de la volonté de Dieu, comme Jésus l’a vécue sur la terre (Jn 4, 34). Elle donne une joie profonde et une grande liberté intérieure. Elle nous aide à discerner le voleur qui détruit (Jn 10, 10) et le Pasteur qui sauve.
Le monde numérique et l’intelligence artificielle sont aussi des « signes des temps » : des réalités qui demandent discernement, sagesse et prière.
4. Un printemps nouveau dans l’Église
Nous voyons apparaître dans la jeune génération un nouveau printemps. Beaucoup de catéchumènes, de jeunes familles et de convertis frappent à la porte de l’Église. Leur ferveur varie—certains suivent le Christ avec radicalité, d’autres plus modestement—mais les deux révèlent l’œuvre de l’Esprit. Saint Jean-Paul II parlait déjà de ce printemps (Redemptoris Missio, 86), et nous avons la grâce d’en être témoins.
Personnellement, ce renouvellement et mes moments de désolations m’ont conduit à exprimer plus clairement mon identité sacerdotale, en portant plus souvent l’habit clérical. Certains y adhèrent, d’autres moins, mais l’essentiel est de vivre authentiquement devant Dieu.
Aujourd’hui, la soif d’adoration eucharistique, de contemplation, de direction spirituelle et de partage de la Parole ne cesse de croître. Comme la première communauté chrétienne, nous contemplons une nouveauté de l’Esprit.
Quand l’Eucharistie devient le centre de notre vie, elle transforme notre conscience et nous rend collaborateurs du dessein salvifique de Dieu (Jn 6, 57 ; Ecclesia de Eucharistia, 20).
Le figuier, le déluge et le voleur sont aussi les signes de notre temps. Nous devons en discerner le sens personnellement et collectivement.
En ce début de l’Avent, prions le Seigneur pour la grâce d’une vigilance nouvelle—
afin que nous puissions accueillir l’étoile montante de notre époque
et, si Dieu le veut, en devenir nous-mêmes un éclat dans la société.
Amen.
P. Terry Cmf.