2nd Dimanche de l’Avent (C)
Publié le 6 Décembre 2025
Homélie
Cette saison de l’Avent nous invite à marcher sous le signe de l’« Étoile Montante », l’image qui éclaire notre méditation et éveille notre vigilance spirituelle. Nous cherchons cette étoile pour que nos vies soient illuminées durant ce temps sacré. Aujourd’hui, Jean-Baptiste apparaît comme cette étoile, envoyée par Dieu pour nous aider à reconnaître la vraie Lumière, Jésus Christ, déjà présent au milieu de nous (Jn 1,6-9).
Jean ne brille pas de sa propre lumière ; il reflète Celui qui est « la lumière du monde » (Jn 8,12). Son message demeure clair : la conversion, un appel à la repentance, à la préparation intérieure, et à l’ouverture à la grâce du renouveau. Comme le rappelle le Catéchisme de l’Église catholique, « la conversion est un retour à Dieu… une purification du cœur » (CEC 1430-1431).
1. La conversion : porte de la rencontre
La conversion annoncée par Jean n’est pas seulement une réforme morale ; elle ouvre à une rencontre personnelle et intime avec le Christ. Saint Augustin nous rappelle : « Celui qui t’a créé sans toi ne te sauvera pas sans toi. »
La conversion transforme aussi notre regard sur les personnes et les événements. C’est un passage de nos anciens schémas à une vision nouvelle, éclairée par Dieu : « Transformez-vous par le renouvellement de votre esprit » (Rm 12,2).
Nous sommes bénis, car nous ne cherchons plus le Messie parmi les puissants. Il est Emmanuel—Dieu-avec-nous—habitant le sanctuaire humble de nos cœurs (Mt 1,23). Le Sauveur est proche, silencieux et fragile comme le Verbe fait chair dans la crèche.
Mais voici le paradoxe de l’Avent : avant que le Christ nous sauve, nous sommes appelés à “sauver” le Sauveur, c’est-à-dire protéger sa présence fragile dans les pauvres, les menacés, les sans-voix—là où le Verbe incarné est en danger sous la pression du monde.
2. Une rencontre qui devient mission
La conversion de l’Avent ne se limite pas au passage du péché à la sainteté. Elle nous conduit vers les périphéries, comme le rappelle le pape François (cf. Evangelii Gaudium 20).
C’est le passage de la « table du festin » au « seuil de la compassion », où Lazare attend (Lc 16,19-31) et où le fils aîné aspire à la réconciliation (Lc 15,25-32).
L’un a faim de notre générosité matérielle, l’autre a besoin de notre humanité.
Même si nous possédons peu, nous pouvons offrir une tasse de café ou de thé, ou un temps d’écoute patient et compatissant. Sainte Teresa de Calcutta disait : « La plus grande pauvreté est le manque d’amour. »
Notre humanité est fragile, mais la grâce peut la rendre féconde.
3. Nous ne marchons pas seuls
L’Évangile montre que dans notre recherche du Sauveur, nous ne sommes pas seuls. « Toute Jérusalem » se rendait au Jourdain (Mt 3,5). Des communautés spirituelles invisibles aux yeux humains, mais connues de Dieu, marchent silencieusement avec nous.
Si une foule s’est assemblée au Jourdain, c’est parce que quelqu’un—ordinaire, comme vous et moi—avait annoncé qu’une étoile montante se levait : un prophète proclamant le baptême de conversion.
Les portes jubilaire de nos cathédrales sont pour nous des étoiles montantes, nous invitant à passer des ténèbres à la lumière. Et aujourd’hui nous aussi sommes appelés à être une étoile montante pour nos frères et sœurs.
4. Intelligence artificielle, synodalité, et discernement de la vraie lumière
À l’heure de l’intelligence artificielle, de l’abondance d’informations et de la synodalité, nous devons discerner la vraie lumière, recevoir une orientation authentique. La conversion, dans l’Évangile, n’est pas la fin : elle est le moyen de rencontrer personnellement le Seigneur.
Jean annonçait que Jésus baptiserait « dans l’Esprit Saint et le feu » (Mt 3,11). Ce feu n’est pas visible extérieurement : c’est l’Esprit brûlant au cœur du croyant.
Mais l’habitude des choses sacrées peut parfois nous aveugler. L’aveugle de Jéricho vit le Christ mieux que ceux qui le suivaient (Lc 18,35-43). Marie-Madeleine prit le Ressuscité pour un jardinier (Jn 20,15).
Même si nous nous trompons de direction, le Seigneur sait nous rejoindre—comme Il rejoignit Saul (Ac 9,1-9), Marie-Madeleine (Jn 20,16), et tant de saints.
5. Baptisés dans le feu, formés dans l’humilité
« Il vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu » (Mt 3,11). Jean confesse humblement son indignité. Saint Grégoire le Grand affirme :
« Nul ne peut prêcher dignement s’il n’a d’abord vécu humblement. »
L’Avent nous invite à préparer ce baptême du feu :
• dans l’humilité,
• dans l’ouverture,
• dans le cœur de Marie,
• à travers les épreuves,
• accompagnés par les saints et les anges dans l’exercice des vertus.
Veillons attentivement l’étoile montante de nos vies,
et devenons à notre tour une lumière montante pour nos frères et sœurs.
Amen.
P. Terry Cmf.