Temps du Carême – 1er Dimanche
Publié le 22 Février 2026
« Conduit par l’Esprit » (cf. Luc 4,1)
« Jésus, rempli de l’Esprit Saint, fut conduit par l’Esprit au désert » (Lc 4,1). Ces paroles constituent le fondement de notre cheminement de Carême. Le Carême n’est pas d’abord un temps d’efforts ou d’austérités, mais un temps pour nous laisser conduire par l’Esprit. Une vie « menée par l’Esprit » est le chemin que Dieu désire pour chacun de nous.
Jésus entre au désert — lieu vide et silencieux — pour être seul avec le Père. Le désert n’est pas seulement un lieu géographique ; il est une réalité spirituelle. Il symbolise le passage du bruit au silence, de l’autosuffisance à la communion, de l’agitation extérieure à l’écoute intérieure. Comme l’enseigne le Catéchisme de l’Église catholique : « La tentation de Jésus manifeste la manière dont le Fils de Dieu est Messie » (CEC 539). Sa victoire révèle que la confiance filiale dans le Père est plus forte que toute tentation.
La tentation ne survient pas seulement dans la faiblesse, mais souvent lorsque nous luttons pour rester fidèles. Ce qui nous soutient n’est pas notre force personnelle, mais la grâce de Dieu. Saint Paul nous rassure : « Dieu est fidèle : il ne permettra pas que vous soyez tentés au-delà de vos forces » (1 Co 10,13). C’est dans cette communion invisible avec le Père que la vie chrétienne trouve sa solidité.
Le désert est ainsi un passage volontaire — particulièrement en Carême — de la foule à la solitude, du bruit extérieur au silence intérieur. Le pape François nous invite à « revenir au cœur » (cf. Jl 2,12). C’est un temps privilégié pour laisser le Seigneur nous purifier et nous transformer. Comme l’argile dans la main du potier (cf. Jr 18,6), nous Lui demandons de nous façonner pour Sa gloire et pour le salut du monde.
Beaucoup vivent des « déserts » à travers des épreuves imprévues. Pourtant, ceux qui s’abandonnent à la Providence en ces moments en sortent non pas brisés, mais fortifiés. Saint Pierre affirme que la foi éprouvée par le feu devient plus précieuse que l’or (cf. 1 P 1,7). Même si la transformation n’est pas immédiatement visible, elle porte du fruit.
L’Évangile présente trois tentations.
La première concerne les besoins matériels. Jésus refuse d’utiliser son pouvoir pour Lui-même : « L’homme ne vit pas seulement de pain » (Lc 4,4). La tentation est d’utiliser les dons de Dieu pour notre gloire personnelle. L’Église rappelle que la vraie liberté se vit dans la vérité et la responsabilité (Gaudium et Spes, 17).
La deuxième tentation touche à l’identité : « Si tu es le Fils de Dieu… » (Lc 4,3). Dans les moments sombres, notre identité d’enfants bien-aimés peut vaciller. Pourtant, par le baptême, nous sommes marqués du sceau de l’Esprit (CEC 1272). Jésus refuse de se prouver par des signes spectaculaires ; Il fait confiance au Père. Marie est le modèle de cette confiance. Son « Oui » est resté fidèle, même sans comprendre pleinement les événements.
La troisième tentation est celle de l’orgueil et de la gloire personnelle. Jésus répond : « Tu adoreras le Seigneur ton Dieu » (Lc 4,8). La véritable liberté se trouve dans l’adoration et le don de soi. « L’homme ne se trouve pleinement que par le don sincère de lui-même » (Gaudium et Spes, 24).
Les luttes et les tentations sont des lieux de purification. Laissons le Roi de gloire entrer dans nos déserts et nous transformer. Amen.
P. Terry Cmf.