5ème Dimanche de Temps de Pâques

Publié le 3 Mai 2026

 

 

 

Quelle beauté profonde prend la vie lorsque toi et moi demeurons véritablement avec Dieu—lorsque notre être devient Sa demeure. Ce n’est pas un idéal lointain, mais une réalité vivante promise par le Christ Lui-même : « Nous viendrons à lui et nous ferons chez lui notre demeure » (Jean 14,23). Le Père, le Fils et l’Esprit Saint désirent habiter en nous, transformant notre intériorité en un sanctuaire vivant.

 

C’est pourquoi je chéris la proximité de la chapelle. Là, devant le Saint-Sacrement, je fais l’expérience concrète de la présence de Dieu. L’Eucharistie—« source et sommet de la vie chrétienne » (Lumen Gentium, 11)—rend notre vie non seulement belle, mais profondément pleine de sens. S’asseoir en adoration silencieuse, c’est déjà goûter au ciel sur la terre. Comme le disait le saint Curé d’Ars : « Il est là : je le regarde et il me regarde. »

 

Lorsque cette demeure divine est préparée par Dieu Lui-même, par pur amour et grâce, elle devient un don à accueillir dans la gratitude. Dans sa prière sacerdotale, Jésus supplie le Père : « qu’ils soient un… comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi » (Jean 17,21). Ce désir de Dieu de demeurer en nous rejoint le désir le plus profond de notre cœur. Comme l’écrit saint Augustin : « Tu nous as faits pour toi, Seigneur, et notre cœur est sans repos tant qu’il ne repose en toi. »

 

Pour nous faire comprendre ce mystère de la « demeure divine », Jésus utilise de nombreuses images : Il est le Pain de Vie (Jean 6,35), l’Eau vive (Jean 4,14), le Bon Pasteur (Jean 10,11), la Vigne véritable (Jean 15,5). Tout cela révèle que notre vie trouve sa plénitude en Lui seul. Il est le Verbe fait chair, le « JE SUIS » révélé au Sinaï (Exode 3,14), devenu pour nous, dans notre vie quotidienne, « le chemin, la vérité et la vie » (Jean 14,6).

 

Suivre Jésus, c’est Le laisser nous guider vers le Père. En marchant avec Lui, nous découvrons peu à peu le dessein de Dieu pour nous. Ce chemin n’est pas seulement une imitation, mais une transformation : devenir le Christ, devenir Eucharistie pour le monde. Comme le disait sainte Teresa de Calcutta : « Soyez entièrement à Jésus par Marie. »

 

C’est pourquoi l’Eucharistie de la Table ne peut être séparée de l’Eucharistie du Tablier (cf. Jean 13,1–15). Après avoir lavé les pieds de ses disciples, Jésus dit : « Je vous ai donné l’exemple » (Jean 13,15). La vie de l’Église est ce rythme : contemplation et service, adoration et don de soi. Pourtant, devenir serviteur n’est pas facile—cela exige humilité, abandon et amour.

 

Face aux difficultés, nous sommes appelés à agir comme la première communauté chrétienne (Actes 6,1–6). Les Apôtres se réunissent, prient, exercent leur autorité et instituent le diaconat. Ils affirment leur mission première : la prière et le service de la Parole, tandis que d’autres prennent en charge le service de la charité. Ainsi naît la triple dimension de la vie de l’Église : service de la Parole, de l’Eucharistie et de la charité (CEC 1324, 2447).

 

Bien que nous partagions une même foi, son expression est diverse, et dans cette diversité se manifeste l’unité. Comme le dit saint Paul : « Il y a diversité de dons, mais le même Esprit » (1 Corinthiens 12,4). La manière dont nous affrontons les défis devient un témoignage que nous sommes le peuple de Dieu.

 

Aujourd’hui encore, nous faisons face à des divisions et à des priorités mal ordonnées. Mais la réponse demeure : communion, discernement, prière et ouverture à l’Esprit Saint. La sagesse des Apôtres vient de leur expérience de la Pentecôte (Actes 2,1–4). C’est l’Esprit qui nous conduit vers la vérité tout entière (Jean 16,13) et nous introduit dans la vie trinitaire. La protagoniste est toujours l’Esprit Saint.

 

Nous sommes appelés à cette même effusion de l’Esprit. Ainsi, le Christ devient pour nous le Chemin, la Vérité et la Vie—and à notre tour, nous sommes appelés à l’être pour nos frères et sœurs. Comme l’écrit saint Pierre : « Vous êtes une race choisie, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple acquis » (1 Pierre 2,9).

 

Quelle merveilleuse identité ! Vivons-la, chérissons-la et incarnons-la chaque jour. Amen.

P. Terry Cmf.

Rédigé par JONHBOSCO

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