4ème Dimanche de Temps de Pâques
Publié le 26 Avril 2026
« Écouter sa voix, entrer par la Porte : un chemin vers la communion divine »
En présence de Dieu, riche en miséricorde et en compassion, il devient plus facile de reconnaître en vérité où nous en sommes intérieurement. Certains, éloignés de Dieu, pourraient nous faire sentir cette distance et la difficulté de Le connaître. Mais les amis de Dieu, eux, nous révèlent combien Il est proche, plus intime à nous-mêmes que nous-mêmes, si nous apprenons à écouter Sa voix dans le silence, au cœur même des bruits et des agitations du monde (cf. 1 R 19,12).
Dans cette chaleur de la présence divine, nous sommes appelés à nous contempler nous-mêmes ainsi que toute la création, non pas avec un regard de jugement, d’utilité ou d’intérêt personnel, mais avec un regard spirituel, éclairé par une vision divine. Nous découvrons alors l’humanité dans sa vocation profonde : image du Créateur (cf. Gn 1,27), appelée à devenir lieu de révélation de Dieu. Toute la création devient ainsi un langage divin, et notre vie elle-même est appelée à se mettre au service du salut du monde (cf. Rm 8,19-21).
Ce que nous appelons le « déploiement du divin » se réalise précisément lorsque nous reconnaissons cette présence de Dieu, d’abord en nous, puis en chaque personne rencontrée. Si nous apprenons à voir le monde avec le regard du Créateur, alors chaque rencontre humaine devient une rencontre divine (cf. Mt 25,40), chaque réalité une révélation, chaque événement un appel, une mission confiée par Dieu.
En ce dimanche, l’Évangile nous offre une image particulièrement riche : celle de la Porte. Le Christ nous dit : « Je suis la porte des brebis » (Jn 10,7). Il est à la fois le chemin qui nous conduit vers la vie (cf. Jn 14,6) et la Porte elle-même par laquelle nous entrons dès maintenant dans la communion avec Dieu. Il est aussi le Bon Pasteur (cf. Jn 10,11), qui nous protège, nous guide et nous conduit vers la vie en abondance (cf. Jn 10,10).
Comme le rappelle le Catéchisme de l’Église catholique : « Le Christ est le centre de toute la vie chrétienne » (CEC 426). En Lui, nous trouvons non seulement la vérité à croire, mais aussi le chemin à suivre et la vie à recevoir.
Sur ce chemin, Il nous libère du péché et de ses séductions, pour nous faire entrer dans une véritable liberté (cf. Ga 5,1). Il respecte notre rythme, nous accompagne patiemment et nous fait grandir jusqu’à la plénitude de la vie (cf. Ep 4,13). Il devient Lui-même notre chemin, nous invitant à marcher sur Ses traces, jusqu’à la communion avec le Père dans l’Esprit Saint.
Saint Anthony Mary Claret exprimait profondément cette dynamique missionnaire lorsqu’il disait :
« L’amour du Christ nous presse » (cf. 2 Co 5,14), et encore :
« Un fils du Cœur de Marie est un homme embrasé de charité, qui brûle partout où il passe et cherche par tous les moyens à enflammer le monde de l’amour de Dieu. »
Aujourd’hui, l’Évangile attire aussi notre attention sur un projet divin concret, une pédagogie spirituelle progressive : « les brebis écoutent sa voix », « elles la reconnaissent » et « elles le suivent » (cf. Jn 10,3-4). Ce chemin est essentiel, car si la nature divine demeure immuable, notre manière d’y entrer se déploie jour après jour, selon les besoins du monde et l’action de l’Esprit.
Tout commence par une capacité humaine simple : entendre. Mais cette audition devient écoute — une attention intérieure, active et aimante, qui discerne la voix du Bien-Aimé au milieu de tant d’autres voix (cf. Is 30,21). Cette reconnaissance engage notre intelligence, mais elle est aussi œuvre de l’Esprit Saint (cf. Jn 16,13).
Puis vient le fait de suivre : un chemin de pèlerinage, vécu dans le quotidien, qui nous conduit peu à peu vers la sainteté. Ce chemin devient communion mystique, car suivre le Christ nous conduit au Père, dans l’unité de la Trinité, source de la joie parfaite (cf. Jn 17,21).
Ainsi, ce projet divin nous transforme progressivement. Il fait de nous, à notre tour, des pasteurs selon le cœur de Dieu (cf. Jr 3,15), des témoins vivants, et même des « portes » ouvertes pour nos frères et sœurs, afin qu’ils puissent rencontrer le Christ à travers notre vie.
Comme le disait Saint Augustine of Hippo :
« Deviens ce que tu contemples. »
Et encore, selon Saint Teresa of Avila :
« Le Christ n’a pas d’autre corps maintenant que le tien, pas d’autres mains que les tiennes. »
Que le Seigneur nous accorde la grâce d’écouter Sa voix, de la reconnaître et de Le suivre fidèlement, afin que notre vie devienne un signe vivant de Sa miséricorde et de Sa présence dans le monde.
Amen.