Temps ordinaire – 13ème  Semaine Dimanche

Publié le 27 Juin 2026

 

« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu… et ton prochain comme toi-même. »
(Dt 6, 4-5 ; Mc 12, 28-34)

 

L’Évangile d’aujourd’hui nous conduit au cœur même de la vie chrétienne. Lorsque le scribe demande à Jésus quel est le plus grand commandement, Jésus n’invente rien de nouveau. Il rappelle d’abord la grande profession de foi d’Israël : « Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force » (Mc 12, 29-30 ; cf. Dt 6, 4-5). Puis Il y ajoute immédiatement un second commandement : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Lv 19, 18 ; Mc 12, 31). Plus tard, au soir de la dernière Cène, Jésus portera ce commandement à sa perfection en disant : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés » (Jn 13, 34).

 

Ce n’est pas seulement un enseignement moral ; c’est le fondement même de notre existence chrétienne. Tout commence en Dieu, car « tout don excellent et tout cadeau parfait viennent d’en haut ; ils descendent du Père des lumières » (Jc 1, 17). Dieu est le Créateur, la source de tout bien, le premier Donateur. Nous sommes ses enfants bien-aimés, appelés à refléter sa manière d’aimer. Aimer Dieu, c’est laisser sa propre vie circuler en nous. Nous devenons de véritables disciples lorsque nous imitons Celui qui ne cesse de se donner. Comme le rappelle Jésus : « Vous avez reçu gratuitement ; donnez gratuitement » (Mt 10, 8).

 

Ce commandement ne nous demande pas de choisir Dieu contre notre famille, nos amis ou notre prochain. Au contraire, il nous invite à les aimer en Dieu et par Dieu, en reconnaissant qu’ils sont des dons précieux de son amour. Saint Augustin résume admirablement cette vérité : « Aime, et fais ce que tu veux. » Lorsque Dieu occupe la première place dans notre cœur, toutes nos relations trouvent leur juste équilibre et sont purifiées par son amour.

 

Le second commandement découle naturellement du premier. Si nous aimons véritablement le Donateur, nous accueillerons aussi avec reconnaissance tous les dons qui viennent de Lui. Or, le plus grand de ces dons est la personne humaine, créée à l’image et à la ressemblance de Dieu (Gn 1, 27). Aimer son prochain, c’est donc honorer Dieu lui-même. Sainte Teresa de Calcutta disait souvent : « Chacun est Jésus sous un déguisement. »

 

Cet amour ne peut rester une belle idée ou un noble sentiment. Il doit devenir justice, compassion, pardon et don de soi dans les gestes les plus simples de notre quotidien. L’amour chrétien est profondément concret. Il nous apprend à rechercher le bien de l’autre avant notre propre intérêt. Il nous enseigne aussi que le Donateur est toujours plus précieux que le don. Lorsque nous nous attachons uniquement à ce que nous recevons, nous risquons d’oublier Celui qui en est la source. C’est comme abandonner une source d’eau vive pour se contenter d’une eau stagnante. Le prophète Jérémie dénonçait déjà cette illusion : « Ils m’ont abandonné, moi la source d’eau vive, pour se creuser des citernes lézardées qui ne retiennent pas l’eau » (Jr 2, 13).

 

Cette perspective éclaire également les défis de notre époque. Le pape Léon XIV nous rappelle que les progrès technologiques, en particulier l’intelligence artificielle, doivent toujours demeurer au service de la personne humaine et ne jamais porter atteinte à sa dignité. La technologie est un don, mais elle ne doit jamais devenir notre maître. Tout ce que l’humanité crée est appelé à servir le bien de l’homme, et l’humanité elle-même est appelée à servir Dieu. Lorsque cet ordre est inversé, nous perdons de vue notre véritable vocation.

 

L’Évangile nous invite aussi à faire fructifier tous les dons que Dieu nous a confiés. La parabole des talents (Mt 25, 14-30) nous enseigne que nos capacités, nos biens et nos possibilités ne sont pas faits pour être enfouis, mais pour être développés et mis au service du Royaume. Recevoir un cadeau sans jamais l’utiliser attristerait certainement celui qui l’a offert. De même, Dieu se réjouit lorsque nous faisons fructifier les talents reçus et les mettons généreusement au service de nos frères et sœurs. Saint Jean-Paul II nous exhortait : « N’ayez pas peur ! Ouvrez toutes grandes les portes au Christ. » Lorsque le Christ habite notre vie, chacun de nos dons trouve sa véritable finalité.

 

Donner n’est donc pas une manière d’obtenir une récompense. C’est la réponse reconnaissante de celui qui sait qu’il a déjà tout reçu de Dieu. En servant nos frères et sœurs, nous rendons au Père ce qu’Il nous a confié. Notre vie devient une action de grâce. Saint François d’Assise l’a merveilleusement exprimé : « C’est en donnant que nous recevons. » Plus nous nous donnons dans l’amour, plus Dieu se donne Lui-même à nous, jusqu’à faire de notre cœur sa demeure (Jn 14, 23).

 

Ainsi, l’Évangile d’aujourd’hui nous invite à vivre pleinement notre existence. Reconnaissons les nombreux dons que Dieu a déposés en chacun de nous. Faisons-les grandir avec fidélité, mettons-les généreusement au service des autres et offrons-les au Père dans un esprit de gratitude. Nous participerons alors à son œuvre de création et de rédemption.

 

Que notre cœur demeure toujours attaché au Donateur plus qu’à ses dons. Alors notre vie deviendra une véritable Eucharistie, une action de grâce permanente, remplie de joie, de paix et de charité. Et, selon la promesse du Christ, le Père viendra avec son Fils faire en nous sa demeure (Jn 14, 23). Amen.

P. Terry Cmf.

Rédigé par JONHBOSCO

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article