Temps ordinaire – 14ème Semaine : Dimanche

Publié le 4 Juillet 2026

Connus de Dieu avant même de Le connaître

Il est des moments où mon cœur déborde de joie lorsque je pense au plus grand don que j'ai reçu : le don de la foi. Bien avant que je ne choisisse Dieu, c'est Lui qui m'a choisi. Par le baptême, Il m'a fait entrer dans sa famille. Par ma famille, mes proches, mes amis, mes éducateurs et la communauté chrétienne, Il m'a progressivement conduit jusqu'à Lui. En regardant le chemin parcouru, je ne peux que reprendre les paroles du psalmiste : « Le Seigneur a fait pour nous des merveilles ; nous étions dans la joie » (Ps 125,3).

 

Tout au long de ma vie, je découvre la présence discrète mais constante de Dieu. Dans les événements ordinaires comme dans les rencontres quotidiennes, je perçois sa main qui me guide. Plus encore, c'est dans les moments de souffrance que cette présence est devenue la plus tangible. Comme les disciples pris dans la tempête, j'ai souvent crié : « Seigneur, sauve-nous ! » (Mt 8,25). Le Seigneur m'a toujours répondu. Il n'a pas toujours supprimé l'épreuve, mais Il m'a donné la force de la traverser. C'est pourquoi, avec la Vierge Marie, je peux chanter chaque jour : « Le Puissant fit pour moi des merveilles » (Lc 1,49).

 

Et pourtant, si quelqu'un me demandait : « Qui est Dieu ? », ma réponse resterait humble : « Je ne Le connais pas pleinement. » Je sais qu'Il existe. Je sais qu'Il m'aime. Je sais qu'Il marche avec moi. Mais son mystère dépasse infiniment mon intelligence.

 

Cela ne devrait pas nous étonner. Dieu n'est pas un objet que l'on peut posséder par la connaissance. Il est le Dieu vivant, toujours plus grand que ce que notre esprit peut comprendre. Le prophète Isaïe nous le rappelle : « Mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos chemins ne sont pas mes chemins » (Is 55,8). Saint Augustin exprimait cette vérité avec profondeur : « Si tu crois avoir compris Dieu, ce que tu as compris n'est pas Dieu. »

 

Le Concile Vatican II l'enseigne admirablement dans Dei Verbum : Dieu a voulu se révéler par amour afin d'introduire l'humanité dans une communion avec Lui. La Révélation n'est donc pas d'abord une transmission de connaissances, mais l'invitation à entrer dans une relation vivante avec le Père, par le Christ, dans l'Esprit Saint.

 

C'est pourquoi je me reconnais si facilement dans les disciples d'Emmaüs (Lc 24,13-35). Ils ne reconnaissent pas Jésus tout de suite, mais Jésus, Lui, les connaît et marche avec eux. Il les accompagne avant même qu'ils ne découvrent sa présence. Je crois que mon histoire ressemble beaucoup à la leur. Souvent, j'ai le sentiment que le Seigneur a choisi de marcher avec moi bien avant que je ne sois capable de Le reconnaître pleinement. Cette certitude me suffit. Savoir qu'Il me connaît mieux que je ne Le connais remplit mon cœur d'une profonde paix.

 

Le cardinal saint John Henry Newman écrivait : « Dieu m'a créé pour une mission particulière que nul autre ne peut accomplir à ma place. » Cette conviction nourrit ma confiance. Je ne comprends pas toujours les chemins du Seigneur, mais je crois qu'Il me conduit avec sagesse vers la mission qu'Il a préparée pour moi.

 

Parmi les plus beaux cadeaux qu'Il m'a accordés, il y a celui d'écrire ces méditations quotidiennes. Chaque fois que je me mets à l'écoute de la Parole de Dieu, je fais l'expérience d'une inspiration intérieure qui dépasse mes propres capacités. Je sens que ces pensées ne m'appartiennent pas totalement ; elles sont un don reçu pour être partagé. Elles me rappellent la question de saint Paul : « Qu'as-tu que tu n'aies reçu ? » (1 Co 4,7). Tout ce qui est source de salut vient de Dieu. Nous ne sommes que des instruments entre ses mains.

 

Ainsi, je ne ressens plus le besoin de rechercher des expériences spirituelles extraordinaires. Si Dieu désire se révéler davantage, Il le fera au moment qu'Il aura choisi. Pour aujourd'hui, il me suffit de sentir sa présence fidèle à mes côtés. Comme l'écrivait le pape Benoît XVI dans Deus Caritas Est, la foi chrétienne ne commence pas par une idée ou une morale, mais par la rencontre d'une Personne qui donne un nouvel horizon à notre existence.

 

Comment alors chercher Dieu chaque jour ?

 

J'ai découvert un chemin très simple, peut-être même le plus court : aimer mes frères et mes sœurs. Jésus Lui-même nous indique cette route : « Chaque fois que vous l'avez fait à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait » (Mt 25,40). Chaque acte de charité devient une rencontre avec le Christ. Chaque pardon offert devient une prière. Chaque service rendu devient une manière d'aimer Dieu.

 

La Vierge Marie nous montre ce même chemin. Elle n'a jamais recherché les honneurs ; elle s'est simplement rendue disponible à la volonté du Père. Saint Joseph, dans son silence, a vécu la même fidélité. Leur grandeur ne réside pas dans des œuvres extraordinaires, mais dans leur humble disponibilité à laisser Dieu agir.

 

C'est aussi le sens de cette parole de Jésus : « Mon joug est facile à porter, et mon fardeau léger » (Mt 11,30). La Croix, pourtant, n'était ni légère ni facile. Elle fut douloureuse, lourde et humiliante. Mais Jésus l'a portée dans un amour total pour son Père, soutenu par l'Esprit Saint. L'amour a transformé le poids de la Croix en source de salut.

 

Il en est de même pour nous. Les relations brisées, les trahisons, les incompréhensions, les jugements, la pauvreté ou la solitude demeurent des fardeaux bien réels. Rien de tout cela n'est facile. Pour Marie, accueillir une maternité incomprise n'était pas facile. Pour Joseph, recevoir Marie comme épouse malgré les apparences ne l'était pas davantage. Pour les Apôtres, quitter leurs filets afin de suivre le Christ représentait un véritable renoncement.

 

Pourtant, lorsque ces fardeaux sont portés dans l'amour de Dieu, ils deviennent plus légers. Non parce qu'ils disparaissent, mais parce que nous ne les portons plus seuls. Le Père nous soutient, le Fils marche avec nous et l'Esprit Saint nous fortifie. Comme nous le rappelle souvent le pape François, l'espérance chrétienne ne naît pas de l'absence de souffrance, mais de la certitude que le Christ partage notre chemin.

 

Voilà pourquoi ma mission demeure toute simple : annoncer un Dieu que je ne peux pas pleinement comprendre, mais dont je fais profondément l'expérience. Je ne proclame pas une théorie ; je témoigne d'une présence. J'annonce le Dieu qui m'a pris par la main, qui ne m'a jamais abandonné et qui continue de marcher avec moi.

 

Que nous apprenions, chaque jour, à déposer tous nos fardeaux au pied de la Croix. Là, notre faiblesse rencontre sa force, notre pauvreté rencontre sa richesse, et notre cœur découvre cette vérité merveilleuse : avant même de connaître Dieu, nous étions déjà connus, aimés et accompagnés par Lui. Amen.

P. Terry, Cmf.

 

Rédigé par JONHBOSCO

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