Solennité de l’Assomption

Publié le 14 Août 2026

 

Patronne Principale de la France

Texte de l'Évangile (Lc 1,39-56)

 

 

« Marie : vivre la plénitude de notre humanité dans la communion avec Dieu »

 

 

Marie est l’une de ces grandes figures du Nouveau Testament que je désire imiter, après Jésus-Christ, comme saint Antoine-Marie Claret me l’a enseigné. Je suis avant tout Fils du Cœur Immaculé de Marie. C’est pourquoi chaque fête mariale, et même chaque mémoire de la Vierge Marie, est pour moi la fête de ma Mère, que je désire célébrer avec toute la dignité et toute la joie qu’elle mérite.

 

L’imitation du Christ n’est jamais facile. Sa divinité dépasse notre compréhension humaine, même si, par son Incarnation, Jésus a rendu la vie divine accessible à l’humanité. Mais, pour moi, l’imitation de Marie devient en quelque sorte un chemin plus court vers le Christ, parce que, dans son humanité, elle nous enseigne comment devenir de véritables et authentiques disciples de Jésus.

 

Marie est la Mère qui a accompagné Jésus dans son humanité. Elle fut également sa première disciple. Elle l’a accueilli, écouté, accompagné et a appris de lui. Et puisque Jésus a choisi Marie comme sa Mère et a accepté sa présence et ses soins maternels durant sa vie humaine, elle peut aussi devenir pour nous une mère et une éducatrice, nous apprenant comment être disciples du Christ et, à travers notre propre vie de disciples, comment devenir une présence maternelle pour le monde.

 

Aujourd’hui, en cette solennité de l’Assomption, nous célébrons l’accomplissement de l’humanité de Marie en Dieu. Le Père a reçu de l’humanité, à travers Marie, le premier et essentiel fruit du salut : Jésus-Christ. Et, à travers Jésus, Marie devient elle-même un signe et une promesse de ce que Dieu désire accomplir dans toute l’humanité. Son Assomption n’est donc pas simplement un privilège accordé à Marie ; elle révèle aussi la destinée à laquelle toute l’humanité est appelée.

 

L’humanité que Marie a reçue du Père est celle que Jésus a reçue de Marie ; et cette même humanité, rachetée et glorifiée dans le Christ, est celle que nous avons reçue du Père. Ce que Marie vit aujourd’hui dans la plénitude de la communion avec la Trinité n’est donc pas quelque chose qui nous serait totalement étranger. Dans le Christ, cette destinée a déjà été offerte à l’humanité. Marie nous enseigne ainsi comment vivre pleinement notre humanité : en la vivant dans la communion avec Dieu.

 

Mais la communion de Marie avec Dieu ne devient jamais une fuite hors de l’humanité. Au contraire, elle la conduit encore plus profondément au service de l’humanité. Nous le découvrons immédiatement dans la Visitation.

 

Lorsque Marie rend visite à Élisabeth, ce n’est pas seulement Marie qui entre dans la maison de Zacharie : le Christ entre avec elle. La présence de Marie devient ainsi porteuse de la présence du Christ. Et quelque chose de divin se déploie au cœur d’une rencontre humaine ordinaire. Jean-Baptiste tressaille de joie ; Élisabeth est remplie de l’Esprit Saint ; et Marie devient porteuse de la présence invisible du Christ.

 

C’est aussi notre vocation. Nous sommes appelés à porter la présence invisible du Christ dans nos rencontres humaines ordinaires. Lorsque nous nous mettons au service des autres, lorsque nous écoutons, accompagnons, encourageons et servons, nous pouvons devenir le lieu où la présence de Dieu se révèle et où son action divine se déploie.

 

Élisabeth reconnaît quelque chose que Marie porte déjà en elle : « Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. » À travers Élisabeth, Marie reçoit la confirmation de ce que Dieu accomplit en elle. Et c’est de cette rencontre que jaillit le Magnificat.

 

Le Magnificat naît du plus profond du cœur de Marie. Son âme chante de joie parce qu’elle reconnaît ce que Dieu accomplit. Elle ne s’attribue pas la grandeur ; elle reconnaît la grandeur de Dieu à l’œuvre en elle : « Le Puissant fit pour moi des merveilles. »

 

Voilà le cœur du disciple-vie de disciple (discipleship) de Marie : écouter la Parole, lui dire oui et permettre à cette Parole de devenir vie. Jésus lui-même affirmera que la véritable béatitude appartient à ceux qui écoutent la Parole de Dieu et la mettent en pratique. Marie exprimera cette même attitude à Cana lorsqu’elle dira aux serviteurs : « Tout ce qu’il vous dira, faites-le. »

 

Le « oui » de Marie n’a pas été seulement un moment vécu à Nazareth. Il est devenu une manière de vivre. Elle a écouté, elle a agi et, lorsqu’elle ne comprenait pas tout, elle continuait à contempler et à garder les événements dans son cœur.

 

C’est peut-être l’un des aspects les plus beaux de la spiritualité de Marie. Elle a vécu toute son existence comme une découverte permanente du déploiement du dessein de Dieu. Chaque moment devenait pour elle une occasion de rechercher la volonté du Père. Parfois, cette volonté lui était révélée à travers Joseph, parfois à travers Élisabeth, parfois à travers les paroles et les actes de son Fils, et parfois à travers des événements qu’elle ne pouvait pas immédiatement comprendre.

 

Marie ne résistait pas aux différentes manières dont Dieu se révélait à elle, parce qu’elle savait que tout venait du Père. Ainsi, lorsqu’elle proclame : « Le Puissant fit pour moi des merveilles », elle ne parle pas seulement d’un événement extraordinaire. Elle contemple toute son existence comme une histoire de l’action de Dieu. C’est aussi l’invitation que nous adresse la solennité d’aujourd’hui.

 

Comme Marie, nous sommes appelés à vivre pleinement notre humanité en la vivant dans la communion avec la Trinité. Nous sommes appelés à écouter la Parole de Dieu, à rechercher sa volonté, à reconnaître sa présence dans nos rencontres humaines ordinaires et à permettre que son dessein se déploie à travers notre vie. Marie nous enseigne que la sainteté ne consiste pas à fuir la vie ordinaire. Elle consiste à découvrir Dieu au cœur même de cette vie ordinaire.

 

Que cette solennité de l’Assomption nous enseigne, à travers Marie, à vivre pleinement notre humanité : dans la communion avec la Trinité, à l’écoute du Père, dans l’accomplissement de sa volonté, en découvrant sa présence dans les moments ordinaires de notre existence et en devenant des instruments à travers lesquels il continue de se glorifier et d’œuvrer pour le salut de l’humanité. Amen.

P. Terry Cmf.

Rédigé par JONHBOSCO

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article