Dimanche des Rameaux
Publié le 12 Avril 2025
Dimanche des Rameaux – Homélie
Aujourd’hui, c’est le jour tant attendu du Seigneur. Depuis quarante jours, nous nous sommes préparés, et maintenant, alors que nous entrons dans la célébration de ce grand mystère, je vous invite à faire une pause pour contempler ce qui s’est réellement passé ce jour-là.
Tandis que les chefs religieux complotaient contre Jésus, préparant fausses accusations et faux témoins, les disciples, eux, vivaient une journée ordinaire, suivant fidèlement les instructions de leur Maître. Jésus, au cœur de l’événement, était plongé dans une prière profonde, pleinement conscient de ce qui allait arriver : l’institution de l’Eucharistie, le Chemin de Croix, la mort et la Résurrection.
Le peuple, ignorant encore ces événements cachés, acclame Jésus à son entrée à Jérusalem. Il voit en Lui le Libérateur, le Roi, le Fils de David. Ce qui est frappant, c’est que nous ne savons pas qui a été le premier à lancer ce mouvement. Pourtant, il a suffi d’une seule personne, inspirée par Dieu, pour initier cette célébration. Une foi sans preuve, mais pleine d’espérance. Et cette étincelle a embrasé les cœurs.
À partir de ce moment, le salut de Dieu se révèle au grand jour. Dans la simplicité des gestes humains, l’extraordinaire surgit. Jésus avance comme un témoin silencieux, comme si tout cela ne le concernait pas – alors qu’en réalité, tout est pour Lui, par Lui, avec Lui et en Lui.
Les disciples ont obéi. Ils ont trouvé l’ânon, répondu aux questions, et participé à un moment de grâce et de joie. L’histoire du salut est remplie de figures, d’Abraham à Mère Teresa, qui ont simplement fait ce que Dieu leur demandait. Si Dieu me demandait aujourd’hui de réclamer une seule grâce, je demanderais celle-ci : faire en tout Sa volonté – penser, parler et agir selon Ses désirs. Car c’est dans cette fidélité que le Royaume devient visible.
Si l’humanité écoutait cette voix intérieure – celle du Christ, celle du Cœur de Marie – tant de souffrances seraient apaisées. Mais lorsque la volonté divine est ignorée, on entend encore le cri du Crucifié dans la bouche de ceux qui souffrent aujourd’hui : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » Ce cri résonne chaque fois que nous n’utilisons pas les dons que Dieu nous a confiés pour soulager les autres.
Nous avons tous reçu des dons : certains matériels, d’autres spirituels. La vraie richesse se trouve dans le partage, même si cela nous appauvrit. Si la foule avait élevé la voix pour défendre Jésus, peut-être qu’une vie innocente aurait été sauvée. Aujourd’hui, c’est à nous de dénoncer l’injustice.
Montons, nous aussi, sur le mont des Oliviers avec Jésus. Soyons cette voix qui initie un mouvement – proclamant avec foi : « Jésus est notre Roi et notre Sauveur. » Votre voix peut réveiller le courage de celui qui n’ose pas encore parler. Cette singularité dans la majorité est essentielle aujourd’hui.
L’Église doit rester cette voix prophétique : en criant pour la justice, pour les migrants, les victimes de guerre, les oubliés. Durant le Carême, nous luttons contre le péché, mais oublions trop souvent les péchés d’omission – lorsque nous ne faisons pas ce que nous pourrions faire. Et ces omissions peuvent être plus graves que nos actions fautives.
Cette fête nous appelle, toi et moi, à être cette voix courageuse, à nous lever, à proclamer de tout cœur : « Hosanna au Roi ! » Amen.
P. Terry Cmf.