Jeudi Saint

Publié le 17 Avril 2025

 

« Faites ceci en mémoire de moi. »


Cette parole m’a profondément touché aujourd’hui, m’invitant à la prière et à la contemplation. Pourtant, en lisant l’Évangile du jour, j’ai remarqué son absence. Et c’est précisément à partir de ce manque que jaillit cette méditation, comme une porte ouverte vers le mystère que nous sommes invités à vivre durant ces jours saints.

 

Cette parole du Christ ne nous conduit pas uniquement au Cénacle, mais bien au cœur de notre histoire de salut, jusqu’au premier événement pascal vécu par le peuple de Dieu. Elle nous ramène à Joseph en Égypte : trahi, vendu, oublié, puis élevé comme pierre angulaire du salut. De fils aimé à esclave, puis sauveur, son parcours est une prophétie vivante que nous sommes appelés à expérimenter intérieurement. Ce n’est pas seulement une histoire, c’est une voie de transformation.

 

De cette histoire naît une tradition. De cette tradition découle une réduction spirituelle, un condensé de sens, pour que nous puissions vraiment saisir ce qui s’est passé au Cénacle. « Faites ceci en mémoire de moi » contient déjà la mémoire d’une histoire, d’une tradition, et d’un mystère.

 

Alors nous nous interrogeons : que voulait vraiment dire Jésus ? Était-ce un appel au service, après le lavement des pieds ? Un changement de culte, une alliance nouvelle remplaçant l’ancienne ? Était-ce un rappel du passé, ou une ouverture vers un avenir encore à venir ?

 

Pour les disciples, fidèles à la tradition juive, le repas pascal était un acte sacré. Mais Jésus bouleverse les habitudes : Il s’abaisse pour laver les pieds. Il rompt le pain, se donne lui-même. Ce geste est nouveau, chargé d’émotion. Ce n’est que plus tard qu’ils comprendront la profondeur de ce qu’ils ont vécu.

 

Faire mémoire, ce n’est pas répéter. C’est revivre. C’est s’asseoir à la table avec le Christ, descendre avec Lui du mont de la grâce vers la vallée de la souffrance, et rester avec Lui jusque dans le silence de la croix.

 

Mais ce souvenir ne s’arrête pas au Calvaire. L’Eucharistie est aussi promesse de vie. Le Christ, en montant vers le Père, a promis son retour. Cette mémoire sacrée est donc invitation à l’espérance, à l’attente active de son avènement.

 

Faire mémoire, c’est entrer dans le temps de Dieu, où passé, présent et avenir se rejoignent. C’est vivre, ici et maintenant, une part d’éternité. C’est devenir un avec le Christ, non seulement en pensée ou en action, mais dans l’être même.

 

Notre marche de Carême, sous le signe de la synodalité et pèlerins de l’espérance, nous conduit à cette chambre haute, lieu de communion et d’envoi. Par l’Eucharistie, nous devenons Église universelle, dans sa diversité, dans sa richesse, dans sa mission.

 

Cette transformation est réelle, vécue, incarnée. Elle nous pousse au service, à la présence, au don. Elle est vie du Christ en nous, et notre vie donnée pour le monde.

 

Aujourd’hui, que cette célébration ravive en vous l’appel divin à l’immersion totale en Dieu. Non pas seulement sentir que Dieu est en vous, mais vous savoir en Dieu. Que la Trinité vous enveloppe, vous anime et vous transforme.

 

Je vous demande, en ce jour, de prier pour moi et pour tous les prêtres : que nous puissions penser ce que Dieu pense, faire ce qu’Il veut, dire ce qui Le glorifie et sauve les âmes. Amen.

 

P. Terry Cmf.

 

Rédigé par JONHBOSCO

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article