21e Dimanche du Temps Ordinaire (Année C)

Publié le 23 Août 2025

Homélie

La beauté de notre vie chrétienne est que nous avons un Dieu qui nous connaît pleinement et qui nous accompagne à chaque instant, sans jamais imposer sa présence ni effacer notre unicité (cf. Ps 138,1–3). Connaître ce Dieu est un chemin de grâce, car Il se révèle continuellement à ceux qui désirent le connaître et l’aimer (cf. Jr 29,13).

Notre vie chrétienne embrasse toutes les dimensions de notre être. Elle est intellectuelle, car nous marchons dans la vérité de la Parole (cf. Jn 8,32). Elle est émotionnelle, car l’amour de Dieu est répandu dans nos cœurs (cf. Rm 5,5). Elle est physique, puisque notre corps est le temple de l’Esprit Saint (cf. 1 Co 6,19). Et surtout, elle est mystique, car Dieu Lui-même est le protagoniste de ce chemin : Il vit en nous et agit à travers nous d’une manière mystérieuse (cf. Ga 2,20).

Vécue pleinement, la vie chrétienne devient sacramentelle, source de grâce non seulement pour celui qui la vit, mais aussi pour tous ceux qui le rencontrent (cf. Mt 5,16). Elle est salvifique, car elle sauve et elle assure la joie de la vie en Dieu (cf. Jn 10,10). L’Évangile de ce dimanche (Lc 13,22–30) nous invite à découvrir ce chemin à travers la “porte étroite.”


Beaucoup s’interrogent sur cette parole de Jésus : « Seigneur, n’y a-t-il que peu de gens qui seront sauvés ? » (Lc 13,23). Il n’est pas facile d’y répondre clairement. Dieu veut que tous soient sauvés (cf. 1 Tm 2,4), et par la mort et la résurrection de Son Fils (cf. Jn 3,16), Il a ouvert le salut à tous. Pourtant, Jésus nous oriente vers la “porte étroite” qui demande effort, fidélité et abandon.

Ce qui peut sembler large et facile pour moi peut être difficile pour un autre, et ce qui est étroit pour les autres peut m’être plus aisé. Ainsi, chacun doit discerner pour soi-même quelle est cette porte étroite qui conduit au Royaume de Dieu.

Pour Jésus, la porte étroite consistait à vivre pleinement son humanité sans renoncer à sa divinité. Bien qu’Il soit le Fils de Dieu, Il a choisi de vivre dans les limites humaines, discernant la volonté du Père dans la prière et l’obéissance (cf. Ph 2,6–8 ; He 5,7–8). Son témoignage nous apprend à passer par la porte étroite : vivre pleinement notre humanité en restant ouverts au divin.


Pour moi personnellement, cette “porte étroite” est de vivre une vie équilibrée : en Dieu, par Dieu et pour Dieu, tout en goûtant les joies simples de l’existence comme des dons (cf. 1 Th 5,16–18). C’est mettre toute mon humanité—pensée, cœur, corps—au service du discernement de la volonté de Dieu, même dans ma vulnérabilité, sachant qu’Il achèvera ce qu’Il a commencé en moi (cf. Ph 1,6). Pour cela, je tourne vers le Seigneur. 

Jésus parcourait villes et villages (cf. Lc 13,22), et moi aussi je suis appelé à sortir de mes sécurités pour aller vers les autres, là où le Christ veut entrer. Ma porte étroite, c’est d’apporter la présence de Dieu à mes frères et sœurs par l’amour, la compassion, la justice et la réconciliation (cf. Mt 25,40 ; 2 Co 5,18). Même mon travail d’écriture et de méditation fait partie de cette porte étroite—ce n’est pas toujours facile, mais c’est ma réponse au Christ.


À la fin de ma vie, lorsque je me tiendrai devant le Seigneur, je ne me présenterai pas comme un serviteur parfait, mais comme un serviteur fidèle (cf. Mt 25,21). Conscient de ma faiblesse et de mon péché, je m’appuierai totalement sur Sa miséricorde (cf. Ps 50,1 ; Lc 18,13). Mon espérance est que, par le sang du Christ versé pour moi, je sois accueilli dans Son amour.

Au ciel comme sur la terre, je désire la dernière place (cf. Lc 14,10), heureux que le meilleur soit donné à ceux que le Seigneur Lui-même choisit. Mon désir le plus profond est de reposer en Sa présence, d’être touché par Sa paix et de laisser mon âme trouver en Lui sa joie éternelle (cf. Ps 61,2).

Aujourd’hui, voici ma prière sincère : Toi, Seigneur Jésus, qui es la Porte des brebis (cf. Jn 10,7.9), le vrai Chemin qui conduit au Royaume de Dieu (cf. Jn 14,6), accorde-moi d’être configuré à Toi—devenir, par ta grâce, une porte grande ouverte dans l’amour et la compassion. Que je reflète ton Cœur, afin que tous ceux qui me rencontrent, et pour qui je prie chaque jour, découvrent en moi la tendresse de ta présence.

Dans l’esprit de l’Église, appelée à être « le sacrement universel du salut » (Lumen Gentium, 48), fais de ma vie un témoignage vivant de communion, un passage par lequel d’autres puissent entrer dans ta paix et ta joie. Fortifiés par ta grâce, que ceux qui me sont confiés apprennent à vivre en Toi, à mourir comme Toi et à ressusciter avec Toi dans la vie éternelle (cf. Rm 6,8 ; CEC 1026). Amen.

. Terry Cmf.

 

Rédigé par JONHBOSCO

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