25ème Dimanche du Temps Ordinaire

Publié le 21 Septembre 2025

 


Méditation

Le cœur de l’Évangile de ce jour (Lc 16, 1-13) se situe dans la rencontre entre Dieu et l’humanité. Dans la figure du riche, nous reconnaissons le mystère de Dieu, et dans l’intendant, nous reconnaissons notre propre condition : fragile, limitée, parfois infidèle, mais toujours capable de bien. Ces images nous invitent non seulement à discerner ce qu’il y a de bon en l’homme et ce que Dieu apprécie même chez l’intendant infidèle, mais encore à contempler la profondeur de la miséricorde divine, qui continue de voir en chacun de nous la possibilité du bien. Comme le rappelle le Livre de la Genèse, c’est dans cette bonté que Dieu a créé le monde et a voulu qu’il subsiste (Gn 1,31).

Chaque moment de notre vie est une occasion de regarder en nous-mêmes, de discerner et de reconnaître la ressemblance de la bonté divine qui habite en nous. Le Concile Vatican II affirme : « La dignité de l’homme exige avant tout qu’il soit en relation avec Dieu » (Gaudium et Spes, 19). Dieu ne cesse de nous attirer à Lui, même à travers nos fragilités et nos chutes.

Dans cette recherche, nous sommes invités à pratiquer le discernement. Le pape François décrit le discernement comme « un instrument de lutte pour mieux suivre le Seigneur » (Gaudete et Exsultate, 169). Le discernement nous permet de lire les mouvements de la vie — événements, choix, rencontres — à la lumière de l’Esprit, et de reconnaître ce qui nous rapproche de Dieu et ce qui nous en éloigne. L’intendant, malgré son infidélité, découvre, à un moment décisif, qu’il doit agir. Ses motivations sont peut-être intéressées, mais son choix ouvre une nouvelle perspective. Dieu, dans sa bonté infinie, valorise même ce petit pas.

Qu’apprécie donc le Maître chez son intendant ? Cela commence par la connaissance de soi : il reconnaît ses forces et ses limites. Cette connaissance de soi est le fondement de tout discernement. Saint Augustin disait : « Retourne à ton cœur, là examine ce que tu peux faire, et de là élève-toi vers Dieu » (Sermon 4,1). L’intendant utilise les moyens encore à sa disposition non pas pour accumuler des richesses pour lui-même, mais pour restaurer des relations par des gestes de justice et de miséricorde.

Nous découvrons ici une vérité plus profonde : ce que Dieu désire, ce n’est pas la recherche des richesses, mais la crédibilité et la dignité de la personne humaine. Comme l’écrivait Benoît XVI : « La nature la plus profonde de l’Église s’exprime dans sa triple mission : annoncer la Parole de Dieu, célébrer les sacrements et exercer le service de la charité » (Deus Caritas Est, 25). L’intendant, même avec des intentions imparfaites, manifeste quelque chose de cette charité lorsqu’il agit pour les autres.

Même si ses méthodes sont imparfaites, l’intendant nous rappelle que l’accumulation de la bonté — des actes de justice, de miséricorde et de compassion — est ce qui compte vraiment. La Providence transforme nos petits efforts imparfaits en instruments pour son Royaume. Comme le rappelle le pape François : « Le Seigneur ne se lasse jamais de nous pardonner ; c’est nous qui nous lassons de demander sa miséricorde » (Evangelii Gaudium, 3).

La conclusion de l’Évangile de ce jour est étonnamment pratique. Jésus ne nous appelle pas d’abord à des exploits extraordinaires, mais à la fidélité dans les petites choses du quotidien : « Celui qui est fidèle dans les petites choses l’est aussi dans les grandes » (Lc 16,10). Dans chaque geste ordinaire — la manière dont nous utilisons nos ressources, la manière dont nous traitons les autres, la fidélité à la mission confiée — nous sommes appelés à incarner l’amour et la bonté de Dieu.

Chacun de nous est ainsi invité à centrer sa vie sur le Christ, à L’imiter dans le soin des autres, en partageant leurs souffrances et en faisant preuve de compassion. Comme l’enseignait saint Jean-Paul II : « L’homme ne peut pleinement se trouver que par le don sincère de lui-même » (Gaudium et Spes, 24 ; Redemptor Hominis, 10). La pureté de notre humanité, vécue comme un don dans le Christ, devient alors la plus belle expression de la bonté divine.

 

P. Terry Cmf.

 

Rédigé par JONHBOSCO

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