3e DIMANCHE DE L’AVENT (ANNÉE A)
Publié le 13 Décembre 2025
La beauté de la vie chrétienne se cache souvent dans ces moments d’attente joyeuse, où nous apprenons à vivre pleinement en faisant confiance aux promesses de Dieu et en utilisant humblement les moyens qui sont à notre disposition. Celui qui vit dans la foi sait reconnaître, même dans ce qui semble petit et insuffisant, la plénitude de la grâce divine à l’œuvre (cf. 2 Co 12,9).
Cependant, la vie comporte aussi des moments où nous nous sentons acculés et isolés—des temps marqués par l’incompréhension, les fausses accusations et les jugements sévères. Ces épreuves peuvent venir de l’extérieur, mais bien souvent elles naissent à l’intérieur, nous plongeant dans la tristesse, la confusion et une profonde fragilité intérieure. Nous appelons ces expériences des « moments obscurs » ou des moments de désolation. C’est précisément dans ces instants, lorsque toute issue semble absente, que la foi vient à notre secours—non pour accuser ou condamner, même pas nous-mêmes, mais pour nous soutenir dans l’espérance. La foi nous aide alors à unir ces moments à la Passion du Christ, dans l’attente, patience et confiance de la résurrection (cf. Rm 8,17–18).
La vie de Jean-Baptiste illustre puissamment cette réalité. Aux yeux humains, sa fin paraît brutale et injuste. Mais aux yeux de Dieu, sa mission est pleinement accomplie. Pourtant, Jean—qui avait reconnu Jésus dès le sein de sa mère (cf. Lc 1,41)—se retrouve troublé dans sa prison. Privé de signes visibles, il envoie ses disciples demander à Jésus : « Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? » (Mt 11,3).
Jésus ne le réprimande pas. Il l’invite à lire les signes de l’action de Dieu : « Les aveugles retrouvent la vue, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, et la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres » (Mt 11,5 ; cf. Is 35,5–6 ; 61,1). Jean, le plus grand parmi les prophètes (cf. Mt 11,11), n’était pas pleinement conscient de sa propre grandeur. Mais Jésus l’assure que le Royaume se réalise bel et bien, pour ceux qui croient.
Dimanche dernier, Jean-Baptiste était présenté comme l’étoile montante. Aujourd’hui, ce sont les signes qui lui sont donnés qui deviennent l’étoile. Nous sommes invités à observer le monde—intérieur et extérieur—afin de discerner les transformations déjà opérées par Dieu. Notre propre chemin de vie peut devenir une étoile pour nous-mêmes et pour les autres, car Dieu agit d’abord au cœur de la personne humaine (cf. Lc 17,21).
Jean est invité à dépasser ses attentes et à reconnaître la présence de Dieu dans les événements concrets entourant Jésus. Pour la personne de foi, le monde est rempli de signes de la présence divine. Elle reconnaît Dieu dans le soleil levant et Lui fait confiance même dans la nuit obscure. Et lorsque la lumière semble disparaître, elle espère son retour (cf. Ps 30,6 ; Is 60,1).
La nature elle-même nous enseigne l’espérance. Les saisons passent, la nuit cède à la lumière, et la vie se renouvelle silencieusement. Lorsque nous demeurons attentifs aux moments ordinaires de l’existence, nous découvrons comment l’œuvre de Dieu s’y déploie (cf. Rm 8,22–23). Les moments d’obscurité nous façonnent intérieurement ; les moments de joie nous rendent capables de donner. En accueillant ces temps obscurs comme des lieux de transformation, nous découvrons que Dieu peut faire jaillir la lumière à travers eux pour les autres—comme ce fut le cas pour sainte Thérèse d’Avila, saint Jean de la Croix, saint François d’Assise, et tant d’autres saints.
En ce dimanche, nous sommes invités à entrer profondément dans notre intériorité afin de reconnaître l’œuvre merveilleuse que Dieu accomplit en nous. Comme le rappelle le pape François : « En ce dimanche, l’Église nous appelle à la joie. C’est pourquoi on l’appelle le dimanche Gaudete. La joie de Noël est une joie sereine et durable qui accompagne le chrétien même dans les moments difficiles. Un vrai chrétien ne perd jamais la paix. »
En avançant vers Noël, nous sommes appelés non seulement à attendre cette joie, mais à la vivre dès maintenant—personnellement et spirituellement—afin que les ténèbres bien réelles qui nous éprouvent perdent leur pouvoir et deviennent un passage vers la lumière éternelle du Christ (cf. Jn 1,5).
P. Terry Cmf.