Publié le 10 Février 2016

"C'est la miséricorde que je veux, et non les sacrifices" (Mt 9,13).
Les œuvres de miséricorde dans le parcours jubilai
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1. Marie, icône d’une Église qui évangélise parce qu’elle a été évangélisée

Dans la Bulle d’indiction du Jubilé, j’ai invité à faire en sorte que « le Carême de cette Année Jubilaire [soit] vécu plus intensément comme un temps fort pour célébrer et expérimenter la miséricorde de Dieu » (Misericordiae vultus, n. 17). Par le rappel de l’écoute de la Parole de Dieu et l’initiative « 24 heures pour le Seigneur », j’ai voulu souligner la primauté de l’écoute priante de la Parole, plus particulièrement de la Parole prophétique. La miséricorde de Dieu est certes une annonce faite au monde : cependant chaque chrétien est appelé à en faire l’expérience personnellement. C’est pourquoi, en ce temps de Carême, j’enverrai les Missionnaires de la Miséricorde afin qu’ils soient pour tous un signe concret de la proximité et du pardon de Dieu.

Parce qu’elle a accueilli la Bonne Nouvelle annoncée par l’archange Gabriel, Marie chante prophétiquement dans son Magnificat la miséricorde par laquelle Dieu l’a choisie. La Vierge de Nazareth, promise comme épouse à Joseph, devient ainsi l’icône parfaite de l’Église qui évangélise car elle a été et demeure constamment évangélisée par l’œuvre de l’Esprit Saint qui a fécondé son sein virginal. Dans la tradition prophétique – et déjà au niveau étymologique – la miséricorde est étroitement liée aux entrailles maternelles (rahamim) et à une bonté généreuse, fidèle et compatissante (hesed) qui s’exerce dans les relations conjugales et parentales.

2. L’alliance de Dieu avec les hommes : une histoire de miséricorde

Le mystère de la miséricorde divine se dévoile au cours de l’histoire de l’alliance entre Dieu et son peuple Israël. Dieu, en effet, se montre toujours riche en miséricorde, prêt à reverser sur lui en toutes circonstances une tendresse et une compassion viscérales, particulièrement dans les moments les plus dramatiques, lorsque l’infidélité brise le lien du pacte et que l’alliance requiert d’être ratifiée de façon plus stable dans la justice et dans la vérité. Nous nous trouvons ici face à un véritable drame d’amour où Dieu joue le rôle du père et du mari trompé, et Israël celui du fils ou de la fille, et de l’épouse infidèles. Ce sont les images familières, comme nous le voyons avec Osée (cf. Os 1-2), qui expriment jusqu’à quel point Dieu veut se lier à son peuple.

Ce drame d’amour atteint son point culminant dans le Fils qui s’est fait homme. Dieu répand en lui sa miséricorde sans limites, au point d’en faire la « Miséricorde incarnée » (Misericordiae Vultus, n. 8). En tant qu’homme, Jésus de Nazareth est fils d’Israël dans le plein sens du terme. Il l’est au point d’incarner cette écoute parfaite de Dieu demandée à tout Juif par le Shemà qui constitue, aujourd’hui encore, le cœur de l’alliance de Dieu avec Israël : « Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est le seul Seigneur. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toutes tes forces » (Dt 6, 4-5). Le Fils de Dieu est l’Époux qui met tout en œuvre pour conquérir l’amour de son Épouse. Il lui est lié par son amour inconditionnel qui se manifeste dans les noces éternelles avec elle.

Ceci constitue le cœur vibrant du kérygme apostolique où la miséricorde divine tient une place centrale et fondamentale. Il est « la beauté de l’amour salvifique de Dieu manifesté en Jésus-Christ, mort et ressuscité » (Exhort. apost. Evangelii gaudium, n. 36), cette première annonce « que l’on doit toujours écouter de nouveau de différentes façons, et que l’on doit toujours annoncer de nouveau durant la catéchèse » (Ibid., n. 164).La miséricorde alors « illustre le comportement de Dieu envers le pécheur, lui offrant une nouvelle possibilité de se repentir, de se convertir et de croire » (Misericordiae Vultus, n. 21), restaurant vraiment ainsi la relation avec Lui. En Jésus Crucifié, Dieu veut rejoindre l’homme pécheur jusque dans son éloignement le plus extrême, précisément là où il s’est égaré et éloigné de Lui. Et ceci, il le fait dans l’espoir de réussir finalement à toucher le cœur endurci de son Épouse.

3. Les œuvres de miséricorde

La miséricorde de Dieu transforme le cœur de l’homme et lui fait expérimenter un amour fidèle qui le rend capable d’être, à son tour, miséricordieux. C’est à chaque fois un miracle que la miséricorde divine puisse se répandre dans la vie de chacun de nous, en nous incitant à l’amour du prochain et en suscitant ce que la tradition de l’Église nomme les œuvres de miséricorde corporelles et spirituelles. Elles nous rappellent que notre foi se traduit par des actes concrets et quotidiens, destinés à aider notre prochain corporellement et spirituellement, et sur lesquels nous serons jugés : le nourrir, le visiter, le réconforter, l’éduquer. C’est pourquoi j’ai souhaité que « le peuple chrétien réfléchisse durant le Jubilé sur les œuvres de miséricorde corporelles et spirituelles. Ce sera une façon de réveiller notre conscience souvent endormie face au drame de la pauvreté, et de pénétrer toujours davantage le cœur de l’Évangile, où les pauvres sont les destinataires privilégiés de la miséricorde divine » (Ibid., n. 15). Dans la personne du pauvre, en effet, la chair du Christ « devient de nouveau visible en tant que corps torturé, blessé, flagellé, affamé, égaré… pour être reconnu par nous, touché et assisté avec soin » (Ibid.). Inouï et scandaleux mystère qui prolonge dans l’Histoire la souffrance de l’Agneau innocent, buisson ardent brûlant d’un amour gratuit, et devant lequel nous ne pouvons, à la suite de Moïse, qu’ôter nos sandales (cf. Ex 3,5) ; et ceci plus encore quand ce pauvre est notre frère ou notre sœur en Christ qui souffre à cause de sa foi.

Face à cet amour, fort comme la mort (cf. Ct 8,6), le pauvre le plus misérable est celui qui n’accepte pas de se reconnaître comme tel. Il croit être riche mais, en réalité, il est le plus pauvre des pauvres. Et s’il est tel, c’est parce qu’il est esclave du péché qui le pousse à user de la richesse et du pouvoir non pas pour servir Dieu et les autres, mais pour étouffer en lui l’intime conviction de n’être, lui aussi, rien d’autre qu’un pauvre mendiant. D’autant plus grands sont le pouvoir et les richesses dont il dispose, d’autant plus grand est le risque que cet aveuglement devienne mensonger. Il en vient à ne même plus vouloir voir le pauvre Lazare qui mendie à la porte de sa maison (cf. Lc 16, 20-21), figure du Christ qui, dans les pauvres, mendie notre conversion. Lazare est cette opportunité de nous convertir que Dieu nous offre et que peut-être nous ne voyons pas. Cet aveuglement est accompagné d’un délire orgueilleux de toute-puissance, dans lequel résonne, de manière sinistre, ce démoniaque « vous serez comme des dieux » (Gn 3,5), qui est à la racine de tout péché. Un tel délire peut également devenir un phénomène social et politique, comme l’ont montré les totalitarismes du XXe siècle, et comme le montrent actuellement les idéologies de la pensée unique et celles de la technoscience qui prétendent réduire Dieu à l’insignifiance et les hommes à des masses qu’on peut manipuler. Ceci, de nos jours, peut être également illustré par les structures de péché liées à un modèle erroné de développement fondé sur l’idolâtrie de l’argent qui rend indifférentes au destin des pauvres les personnes et les sociétés les plus riches, qui leur ferment les portes, refusant même de les voir.

Pour tous, le Carême de cette Année jubilaire est donc un temps favorable qui permet finalement de sortir de notre aliénation existentielle grâce à l’écoute de la Parole et aux œuvres de miséricorde. Si à travers les œuvres corporelles nous touchons la chair du Christ dans nos frères et nos sœurs qui ont besoin d’être nourris, vêtus, hébergés, visités, les œuvres spirituelles, quant à elles, - conseiller, enseigner, pardonner, avertir, prier - touchent plus directement notre condition de pécheurs. C’est pourquoi les œuvres corporelles et les œuvres spirituelles ne doivent jamais être séparées. En effet, c’est justement en touchant la chair de Jésus Crucifié dans le plus nécessiteux que le pécheur peut recevoir en don la conscience de ne se savoir lui-même rien d’autre qu’un pauvre mendiant. Grâce à cette voie, "les hommes au cœur superbe", "les puissants" et "les riches", dont parle le Magnificat ont la possibilité de reconnaître qu’ils sont, eux aussi, aimés de façon imméritée par le Christ Crucifié, mort et ressuscité également pour eux. Cet amour constitue la seule réponse à cette soif de bonheur et d’amour infinis que l’homme croit à tort pouvoir combler au moyen des idoles du savoir, du pouvoir et de l’avoir. Mais il existe toujours le danger qu’à cause d’une fermeture toujours plus hermétique à l’égard du Christ, qui dans la personne du pauvre continue à frapper à la porte de leur cœur, les hommes au cœur superbe, les riches et les puissants finissent par se condamner eux-mêmes à sombrer dans cet abîme éternel de solitude qu’est l’enfer. C’est alors que résonnent à nouveau, pour eux comme pour nous tous, les paroles ardentes d’Abraham : « Ils ont Moïse et les Prophètes, qu’ils les écoutent ! » (Lc 16,29). Cette écoute agissante nous préparera le mieux à fêter la victoire définitive sur le péché et sur la mort de l’Epoux qui est désormais ressuscité, et qui désire purifier sa future Épouse dans l’attente de son retour.

Ne laissons pas passer en vain ce temps de Carême favorable à la conversion ! Nous le demandons par l’intercession maternelle de la Vierge Marie, qui, la première, face à la grandeur de la miséricorde divine dont elle a bénéficié gratuitement, a reconnu sa propre petitesse (cf. Lc 1,48) en se reconnaissant comme l’humble Servante du Seigneur (cf. Lc 1,38).

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Rédigé par JOHNBOSCO

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Publié le 9 Février 2016

Évangile de Jésus Christ selon

saint Matthieu 6,1-6.16-18.


En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Ce que vous faites pour devenir des justes, évitez de l’accomplir devant les hommes pour vous faire remarquer. Sinon, il n’y a pas de récompense pour vous auprès de votre Père qui est aux cieux.
Ainsi, quand tu fais l’aumône, ne fais pas sonner la trompette devant toi, comme les hypocrites qui se donnent en spectacle dans les synagogues et dans les rues, pour obtenir la gloire qui vient des hommes. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense.
Mais toi, quand tu fais l’aumône, que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite,
afin que ton aumône reste dans le secret ; ton Père qui voit dans le secret te le rendra.
Et quand vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites : ils aiment à se tenir debout dans les synagogues et aux carrefours pour bien se montrer aux hommes quand ils prient. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense.
Mais toi, quand tu pries, retire-toi dans ta pièce la plus retirée, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père qui voit dans le secret te le rendra.
Et quand vous jeûnez, ne prenez pas un air abattu, comme les hypocrites : ils prennent une mine défaite pour bien montrer aux hommes qu’ils jeûnent. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense.
Mais toi, quand tu jeûnes, parfume-toi la tête et lave-toi le visage ;
ainsi, ton jeûne ne sera pas connu des hommes, mais seulement de ton Père qui est présent au plus secret ; ton Père qui voit au plus secret te le rendra. »

Commentaire du jour


Saint Jean-Paul II (1920-2005), pape
Homélie du Mercredi des cendres 16/02/1983

Dans le secret du cœur

Le carême marque le moment où il nous faut rentrer en nous-mêmes. C'est un temps d'intimité particulière avec Dieu dans le secret du cœur et de la conscience. C'est dans cette intimité intérieure avec Dieu que s'accomplit l'œuvre essentielle du carême : le travail de conversion.

Et dans ce secret intérieur, dans cette intimité avec Dieu dans la pleine vérité du cœur et de la conscience, résonnent des mots comme ceux du psaume de la liturgie d'aujourd'hui, l'une des confessions les plus profondes que l'homme ait jamais faite devant Dieu : « Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour, / dans ta grande miséricorde, efface mes torts. / Lave-moi tout entier de ma faute, / et de mon péché, purifie-moi. / Oui, je reconnais mes torts, / j'ai toujours mon péché devant moi, / Contre toi, et toi seul, j'ai péché, / ce qui est mal à tes yeux, je l'ai fait » (Ps 50,1-6).

Ce sont des mots qui purifient, des mots qui transforment. Ils transforment l'homme de l'intérieur. Récitons-les souvent pendant le carême. Et surtout, essayons de renouveler cet esprit qui les anime, ce souffle intérieur qui a justement donné à ces mots une force de conversion. Car le carême est essentiellement une invitation à la conversion. Les œuvres de piété dont parle l'Évangile d'aujourd'hui ouvrent la route à cette conversion. Exerçons-les autant qu'il est possible. Mais en premier lieu, cherchons à rencontrer Dieu intérieurement dans toute notre vie, dans tout ce dont elle est faite, pour arriver à cette conversion en profondeur dont est plein le psaume pénitentiel de la liturgie d'aujourd'hui.

In English

Gospel Reading: Matthew 6:1-6, 16-18

1 "Beware of practicing your piety before men in order to be seen by them; for then you will have no reward from your Father who is in heaven. 2 "Thus, when you give alms, sound no trumpet before you, as the hypocrites do in the synagogues and in the streets, that they may be praised by men. Truly, I say to you, they have received their reward. 3 But when you give alms, do not let your left hand know what your right hand is doing, 4 so that your alms may be in secret; and your Father who sees in secret will reward you. 5 "And when you pray, you must not be like the hypocrites; for they love to stand and pray in the synagogues and at the street corners, that they may be seen by men. Truly, I say to you, they have received their reward. 6 But when you pray, go into your room and shut the door and pray to your Father who is in secret; and your Father who sees in secret will reward you. 16 "And when you fast, do not look dismal, like the hypocrites, for they disfigure their faces that their fasting may be seen by men. Truly, I say to you, they have received their reward. 17 But when you fast, anoint your head and wash your face, 18 that your fasting may not be seen by men but by your Father who is in secret; and your Father who sees in secret will reward you.

Commentary of the day


Saint John-Paul II, Pope from 1978 to 2005
Homily for Ash Wednesday 1983 - Copyright © Libreria Editrice Vaticana

In the secret of the heart

Lent is the time to come back to our self. It is a time of particular intimacy with God, in the secret of the heart and of the conscience. It is in this private intimacy with God that the essential work of Lent is accomplished: the work of conversion.

And in this inner secret, in this intimacy with God in the full truth of the heart and of the conscience, words like those of the psalms of today's liturgy resound as one of the most profound confessions that man has ever done to God: “Have mercy on me, God, in your goodness; in your abundant compassion blot out my offense. Wash away all my guilt; from my sin cleanse me. For I know my offense; my sin is always before me. Against you alone have I sinned; I have done such evil in your sight that you are just in your sentence, blameless when you condemn” (Ps 50,1-6).

These are words that purify, words that transform. They transform man from the inside. Let us recite them often during Lent. And above all, let us strive to renovate the spirit that leads them, the inspiration that has rightly so given these words a force of conversion. For Lent is essentially an invitation to conversion. The works of alms of which the Gospel speaks about today open the way to this conversion. Let us practice them as much as we can. But first of all, let us try to meet God interiorly in our whole life, in all it is made of, so as to reach this conversion in deepness, of which the penitential psalm of today's liturgy is filled.

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Publié le 9 Février 2016

Lenten Message

Today is the beginning of the Lenten season and we begin it with the Ash Wednesday. Though putting ash on our body was a Jewish Old Testament tradition of expression of remorse, by mourning, by repentance, which reminds us of our mortality, the shortness of life, its insecurity, there is need to beyond these visible entities towards the invisble truth and discover the necessity to know the God of life, through the fragility of our own existence and learn to love and serve Him.

The Holy Church proposes forty days of preparation, recalling its own history, the history of the people of God, the history of salvation, the desert experience, the years of exile, the privileged years and days oriented towards God, etc. Forty certainly calls this pilgrim people towards the perfection, from slavery to liberation, from sinfulness to holiness, etc. Forty days of preparation will certainly help us to begin the ways towards this perfection, ‘be perfect as the Heavenly Father is perfect’, and for those who desire it is sufficient to begin towards ‘The dark Night of the Soul’ for repentance, penance, purification and reconciliation. On this jubilee year of divine mercy, it is important that we give the just place that the divine mercy should have in us as a visible face of God, which can be a right medium to express our sincere desire to build a just and peaceful world for us and for the future generation.

What will be our priorities for these forty days? First of all we will enter into a desert experience generously and gladly being aware of the difficulties rise from our own personal likings and dislikes, knowing well the necessary commitments and dedication which is required from us and the surprises that are waiting for us. In this desert life we will accept the consequences of the spiritual pilgrimage that we wilfully under take, not only externally to a holy place, but very importantly our inner journey, from what we are today, from what we have become, towards what God desires that we should be, entering into our own identity received from our baptism as children of God. This journey which is intern and very much invisible, will help us to inherit the visible face of the God of mercy, to us for our own good and through us towards the humanity. God of mercy and compassion becomes reachable to the humanity through us.

There are many means available to us. The first and the best means is the Holy Scripture. Many of us do read the Holy Bible every day. Just like a dress we change every day, let us dress up with the different face of God, which we have received from the daily readings. Let us try to listen and receive the message daily and apply this in our daily activities. Let us read the Holy Bible to dress us with the divine message revealed to us through our daily meditation of the Word of God. It is like giving a new colour to our being daily, according to the will of the Father, revealed by the Holy Spirit, and demonstrated by Jesus in His life. Our life will be totally and de facto configured in Christ and we will become truly Christian.

The second means is the mother of Jesus and learn from her how to say YES to the Father. Her silence before the cross do help us to keep silence when we don’t understand the events before us. She might have looked at the soldiers and all those have condemned her beloved Son to death with the same look of her son; “Forgive them for they don’t know what they do.” She saw already Saul in the immediate with the same outlook. How we look at the persecutors of the Church of God. Do we forgive them easily? Saul became Paul because of the pardon that the Lord had accorded to Him. It is by the grace that I am what I am today. Mary’s capacity to stand before the cross, will be ours when our brothers and sisters suffer and we stand there with them. Mary’s journey to visit Elizabeth, should be our journey of the day. Searching others who are in need of us and before they call SOS, we should be there to respond to them.

The third means is, to be the witness of divine mercy by being merciful to our brothers and sisters. Let us try to transform all the human encounters as divine encounter. Every person whom we meet will be the Christ suffering for us on the Cross, the chosen and loved of the Father, is send to us by the Father, so that this person may receive through us the divine mercy and we may grow in faith and grace. It is important that our life become the witness of the divine mercy that we have received from God. Let us share our past, though it may be a failed event, this failed event will transformed by the Father that in turn will give the other a hope of divine mercy. Paul is the best example for us. He never hid his past. Thus his weakness have become for him his strength.

Dear readers, I wish you all the best and may this Lenten season become an occasion to receive forty days of grace. It is important in these troubled time we hope for the better and prepare us for the Pascal mystery of the Lord. Let us welcome the Lenten Season with open heart and ready for the transformation that the Lord is going to propose to us. Let us abandon ourselves to the Lord and let Him take us in grace and bless us. May God bless you all.

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Publié le 8 Février 2016

Évangile de Jésus Christ

selon saint Marc 7,1-13.


En ce temps-là, les pharisiens et quelques scribes, venus de Jérusalem, se réunissent auprès de Jésus,
et voient quelques-uns de ses disciples prendre leur repas avec des mains impures, c’est-à-dire non lavées.
– Les pharisiens en effet, comme tous les Juifs, se lavent toujours soigneusement les mains avant de manger, par attachement à la tradition des anciens ;
et au retour du marché, ils ne mangent pas avant de s’être aspergés d’eau, et ils sont attachés encore par tradition à beaucoup d’autres pratiques : lavage de coupes, de carafes et de plats.
Alors les pharisiens et les scribes demandèrent à Jésus : « Pourquoi tes disciples ne suivent-ils pas la tradition des anciens ? Ils prennent leurs repas avec des mains impures. »
Jésus leur répondit : « Isaïe a bien prophétisé à votre sujet, hypocrites, ainsi qu’il est écrit : Ce peuple m’honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi.
C’est en vain qu’ils me rendent un culte ; les doctrines qu’ils enseignent ne sont que des préceptes humains.
Vous aussi, vous laissez de côté le commandement de Dieu, pour vous attacher à la tradition des hommes. »
Il leur disait encore : « Vous rejetez bel et bien le commandement de Dieu pour établir votre tradition.
En effet, Moïse a dit : Honore ton père et ta mère. Et encore : Celui qui maudit son père ou sa mère sera mis à mort.
Mais vous, vous dites : Supposons qu’un homme déclare à son père ou à sa mère : “Les ressources qui m’auraient permis de t’aider sont korbane, c’est-à-dire don réservé à Dieu”,
alors vous ne l’autorisez plus à faire quoi que ce soit pour son père ou sa mère ;
vous annulez ainsi la parole de Dieu par la tradition que vous transmettez. Et vous faites beaucoup de choses du même genre. »

Commentaire du jour


Bienheureuse Teresa de Calcutta (1910-1997), fondatrice des Sœurs Missionnaires de la Charité
Prayer : Seeking the Heart of God, with Bro. Roger (trad. La prière, fraîcheur d'une source)

« Son cœur est loin de moi »

Laisser l'amour de Dieu prendre entière et absolue possession d'un cœur ; que cela devienne pour ce cœur comme une seconde nature ; que ce cœur ne laisse rien entrer en lui qui lui soit contraire ; qu'il s'applique continuellement à accroître cet amour de Dieu en cherchant à lui plaire en tout et en ne lui refusant rien de ce qu'il demande ; qu'il accepte comme venant de la main de Dieu tout ce qui lui arrive.

La connaissance de Dieu produit l'amour, et la connaissance de soi produit l'humilité. L'humilité n'est rien d'autre que la vérité. « Qu'avons-nous que nous n'ayons reçu ? » demande saint Paul (1Co 4,7). Si j'ai tout reçu, quel bien ai-je par moi-même ? Si nous en sommes convaincus, nous ne relèverons jamais la tête avec orgueil. Si vous êtes humble, rien ne vous touchera, ni louange ni opprobre, car vous savez ce que vous êtes. Si l'on vous blâme, vous n'en serez pas découragé. Si l'on vous proclame saint, vous ne vous placerez pas sur un piédestal. La connaissance de nous-mêmes nous met à genoux.

In English

Scripture: Mark 7:1-13

1 Now when the Pharisees gathered together to him, with some of the scribes, who had come from Jerusalem, 2 they saw that some of his disciples ate with hands defiled, that is, unwashed. 3 (For the Pharisees, and all the Jews, do not eat unless they wash their hands, observing the tradition of the elders; 4 and when they come from the market place, they do not eat unless they purify themselves; and there are many other traditions which they observe, the washing of cups and pots and vessels of bronze.) 5 And the Pharisees and the scribes asked him, "Why do your disciples not live according to the tradition of the elders, but eat with hands defiled?" 6 And he said to them, "Well did Isaiah prophesy of you hypocrites, as it is written, `This people honors me with their lips, but their heart is far from me; 7 in vain do they worship me, teaching as doctrines the precepts of men.' 8 You leave the commandment of God, and hold fast the tradition of men." 9 And he said to them, "You have a fine way of rejecting the commandment of God, in order to keep your tradition! 10 For Moses said, `Honor your father and your mother'; and, `He who speaks evil of father or mother, let him surely die'; 11 but you say, `If a man tells his father or his mother, What you would have gained from me is Corban' (that is, given to God) - 12 then you no longer permit him to do anything for his father or mother, 13 thus making void the word of God through your tradition which you hand on. And many such things you do."

The message

What is the priority of life? Live a life filled with joy and peace, or try to be perfect before the rules and regulations? Let us make a choice of life, to live the life with obligations and compulsions which will give self-satisfaction or in freedom, which will liberate us from external obligations, traditions, and will help us to discover the will of God? Jesus is reasoning with the objections posed before Him, by putting the priorities of life and our relationship with God and with the humanity.

Jesus doesn’t wish that we live in contradictions. All that we do and say should be coherent, and without this coherence, life will become a tragedy and misery. He is inviting us to remodel our priorities before the love and compassion of God. In God we are called to discern life. Let’s not forget the essential of life: love and forgiveness. The rest can be ignored and thus a new tradition will be established purely with the commandment of love and love alone. Once the life finds its foundation in the divine love expressed in human encounters, there will be lots of compassion and fraternity.

Tomorrow we will enter in to Lenten season. Let us give little attention to this priority of life; know God and love Him, Love Him through our brothers and sisters.

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Publié le 7 Février 2016

Évangile de Jésus Christ selon

saint Marc 6,53-56.


En ce temps-là, après la traversée, abordant à Génésareth, ils accostèrent.
Ils sortirent de la barque, et aussitôt les gens reconnurent Jésus :
ils parcoururent toute la région, et se mirent à apporter les malades sur des brancards là où l’on apprenait que Jésus se trouvait.
Et dans tous les endroits où il se rendait, dans les villages, les villes ou les campagnes, on déposait les infirmes sur les places. Ils le suppliaient de leur laisser toucher ne serait-ce que la frange de son manteau. Et tous ceux qui la touchèrent étaient sauvés.

Commentaire du jour


Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582), carmélite, docteur de l'Église
Exclamation 16 (trad. cf Auclair,Œuvres 1964, p. 534 et OC, Cerf 1995, p. 892)

« Tous ceux qui touchèrent la frange de son manteau étaient sauvés »

Ô vrai Dieu et mon Seigneur ! Pour l'âme affligée de la solitude où elle vit en ton absence, c'est une grande consolation que de savoir que tu es partout. Mais à quoi bon, Seigneur, quand la force de l'amour et l'impétuosité de cette peine augmentent, et le cœur se trouble, si bien que nous ne pouvons plus comprendre ni connaître cette vérité ? L'âme sait seulement qu'elle est séparée de toi, et elle n'admet aucun remède. En effet, le cœur qui aime beaucoup ne supporte pas d'autres conseils ni consolations que Celui-là même qui l'a blessé ; c'est de lui seul qu'il attend la guérison de sa peine.

Quand tu le veux, Seigneur, tu guéris à l'instant la blessure que tu as faite. Ô Bien-Aimé véritable, avec quelle compassion, quelle douceur, quelles bonté et tendresse, avec quelles marques d'amour, tu guéris les plaies des flèches de ton amour ! Ô mon Dieu, tu es le repos de toute peine. Quelle folie que de chercher des moyens humains pour guérir ceux qui sont malades du feu divin ? Qui peut savoir jusqu'où va cette blessure, d'où elle vient, et comment apaiser un tel tourment ? Comme l'épouse du Cantique des cantiques a raison de dire : « Mon Bien-Aimé est à moi, et je suis à lui ! » (11,6) En effet, l'amour que je ressens ne peut pas avoir son origine dans la bassesse de mon amour. Et pourtant, ô mon Époux, si bas que soit mon amour, comment se fait-il qu'il dépasse toute chose créée pour atteindre son créateur ?

In English

Scripture: Mark 6:53-56

53 And when they had crossed over, they came to land at Gennesaret, and moored to the shore. 54 And when they got out of the boat, immediately the people recognized him, 55 and ran about the whole neighborhood and began to bring sick people on their pallets to any place where they heard he was. 56 And wherever he came, in villages, cities, or country, they laid the sick in the market places, and besought him that they might touch even the fringe of his garment; and as many as touched it were made well.

Commentary of the day


Saint Teresa of Avila (1515-1582), Carmelite, Doctor of the Church
Exclamation 16 (©Institute of Carmelite Studies)

"As many as touched the tassel on his cloak were healed"

O true God and my Lord! It is a great consolation for the soul wearied by the loneliness of being separated from you to see that you are everywhere. But when the vehemence of love and the great impulses of this pain increase, there's no remedy, my God. For the intellect is disturbed and the reason is so kept from knowing the truth of Your omnipresence that it can neither understand nor know. It only knows it is separated from You and it accepts no remedy. For the heart that greatly loves receives no counsel or consolation except from the very one who wounded it, because from that one it hopes its pain will be cured.

When You desire, Lord, You quickly heal the wound You have caused; prior to this there is no hope for healing or joy, except for the joy of such worthwhile suffering. O true Lover, with how much compassion, with how much gentleness, with how much delight, with how much favor and with what extraordinary signs of love You cure these wounds, which with the darts of this same love You have caused! 0 my God and my rest from all pains, how entranced I am! How could there be human means to cure what the divine fire has made sick? Who is there who knows how deep this wound goes, or how it came about, or how so painful and delightful a torment can be mitigated?... How right the bride of the Canticles is in saying: “My Beloved is for me and I for my Beloved” (Sg 11,6) for it is impossible that a love like this begin with something so lowly as is my love. And yet, if it is lowly, my Spouse, how is it that it is not so lowly in rising from the creature to its Creator?

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Publié le 5 Février 2016

Évangile de Jésus Christ selon

saint Marc 6,30-34.


En ce temps-là, après leur première mission, les Apôtres se réunirent auprès de Jésus, et lui annoncèrent tout ce qu’ils avaient fait et enseigné.
Il leur dit : « Venez à l’écart dans un endroit désert, et reposez-vous un peu. » De fait, ceux qui arrivaient et ceux qui partaient étaient nombreux, et l’on n’avait même pas le temps de manger.
Alors, ils partirent en barque pour un endroit désert, à l’écart.
Les gens les virent s’éloigner, et beaucoup comprirent leur intention. Alors, à pied, de toutes les villes, ils coururent là-bas et arrivèrent avant eux.
En débarquant, Jésus vit une grande foule. Il fut saisi de compassion envers eux, parce qu’ils étaient comme des brebis sans berger. Alors, il se mit à les enseigner longuement

Commentaire du jour


Saint Zénon de Vérone (?-v. 380), évêque
Sermon De spe, fide et caritate, 9 ; PL 11, 278 (trad. Orval rev.)

« Il fut saisi de compassion envers eux »

Ô charité, que tu es bonne et riche ! que tu es puissante ! Il ne possède rien, celui qui ne te possède pas. C'est toi qui as pu faire de Dieu un homme. Tu l'as fait s'abaisser et s'éloigner pour un temps de son immense majesté. Tu l'as retenu prisonnier neuf mois dans le sein de la Vierge. Tu as guéri Ève en Marie. Tu as renouvelé Adam dans le Christ. Tu as préparé la croix pour le salut du monde déjà perdu.

Ô amour, c'est toi qui, pour vêtir celui qui est nu, te contentes d'être nue. Pour toi, la faim est un repas abondant, si un pauvre affamé a mangé ton pain. Ta fortune consiste à destiner tout ce que tu possèdes à la miséricorde. Toi seule tu ne te fais pas prier. Les opprimés, tu les secours sans retard, même à tes dépens, quelle que soit la détresse où ils sont plongés. C'est toi l'œil des aveugles, le pied des boiteux, le bouclier très fidèle des veuves et des orphelins. Tu aimes tes ennemis de telle façon que nul ne discerne quelle différence il y a pour toi entre eux et tes amis.

C'est toi, ô charité, qui unis les mystères célestes aux choses humaines, et les mystères humains aux choses célestes. Tu es la gardienne de ce qui est divin. C'est toi qui, dans le Père, gouvernes et ordonnes tout ; c'est toi l'obéissance du Fils ; c'est toi qui exultes en l'Esprit Saint. Parce que tu es une dans les trois personnes, tu ne peux pas être divisée. Jaillissant de la source qu'est le Père, tu te déverses tout entière dans le Fils, sans te retirer du Père. C'est à bon droit qu'on dit que « Dieu est amour » (1Jn 4,16), parce que toi seule tu guides la puissance de la Trinité.

In English

Scripture: Mark 6:30-34

30 The apostles returned to Jesus, and told him all that they had done and taught. 31 And he said to them, "Come away by yourselves to a lonely place, and rest a while." For many were coming and going, and they had no leisure even to eat. 32 And they went away in the boat to a lonely place by themselves. 33 Now many saw them going, and knew them, and they ran there on foot from all the towns, and got there ahead of them. 34 As he went ashore he saw a great throng, and he had compassion on them, because they were like sheep without a shepherd; and he began to teach them many things.

The message

The human wisdom will make a reproach on the insistence of the Lord; "Come away by yourselves to a lonely place, and rest a while." Why this desert life is being proposed to the disciples who have just returned after accomplishing the great work entrusted to them by the Lord? Don’t they merit to profit the glory from their hard work of announcing the Good News? People search for them and Jesus is isolating them towards a desert place. Humanly looking it is mere injustice towards the disciples.

Jesus knows that the honour is reserved to the Father who has shared with them the grace of healing and the power to announce the Good News with authority. Thus the real justice is that the owner merit the fruit and not the labourer who have already received the salary by the grace that the Lord has showered on them.

If every baptised learn this truth and act accordingly, the year of divine mercy will get its day before our own eyes and we will become de facto mediators without manipulating or taking advantage from the people, of the Divine Mercy offered by the Lord and the people who are in-need of it.

The wisdom that king Salmon requested is graciously accorded by the Lord with all the riches that could be attached in the execution of this wisdom, because it pleased the Lord of David. Jesus is in action, filled with mercy and compassion. It is in this wisdom and discernment that we are called to act upon. This act will surely glorify the owner of this wisdom and the same will please the Lord who loves us.

Another commentary of the day


Saint Zeno of Verona (? – c.380), Bishop
Sermon 'De spe, fide et caritate', 9; PL 11, 278

"His heart was moved with pity for them"

O charity, how good, how bountiful you are! They possess nothing who do not possess you. You it was who could make of God a man. You caused him to humble himself and forsake, for a while, his great majesty. You held him captive for nine months in the Virgin's womb. You healed Eve in Mary, renewed Adam in Christ. For the salvation of this fallen world you prepared the cross...

O love, to clothe that which was naked you were pleased to become naked. Hunger is as a lavish feast for you if some poor, starving person should eat your bread. Your fortune consists in bequeathing all you possess to works of mercy. You alone have no cause to be besought. You hasten to give succor to the oppressed even at your own expense, whatever the distress into which they have been cast. You are eyes to the blind, feet to the lame, a trusty shield for widows and orphans... You so love your enemies that none can perceive in you any distinction between these and your friends.

O love, it is you who unite the mysteries of heaven with the things of this world and the mysteries of this world with the things of heaven. You are the guardian of what is of God. It is you who, in the Father, govern and ordain all things; who are the obedience of the Son; who rejoice in the Holy Spirit. Because you are one in each of the three Persons, you cannot be divided... Flowing from the spring of the Father, you pour out yourself wholly in the Son without leaving the Father. With good reason it is said that “God is love” (1Jn 4,16) since you alone are the one who directs the power of the Trinity.

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Publié le 4 Février 2016

Évangile de Jésus Christ selon

saint Marc 6,14-29.


En ce temps-là, comme le nom de Jésus devenait célèbre, le roi Hérode en entendit parler. On disait : « C’est Jean, celui qui baptisait : il est ressuscité d’entre les morts, et voilà pourquoi des miracles se réalisent par lui. »
Certains disaient : « C’est le prophète Élie. » D’autres disaient encore : « C’est un prophète comme ceux de jadis. »
Hérode entendait ces propos et disait : « Celui que j’ai fait décapiter, Jean, le voilà ressuscité ! »
Car c’était lui, Hérode, qui avait donné l’ordre d’arrêter Jean et de l’enchaîner dans la prison, à cause d’Hérodiade, la femme de son frère Philippe, que lui-même avait prise pour épouse.
En effet, Jean lui disait : « Tu n’as pas le droit de prendre la femme de ton frère. »
Hérodiade en voulait donc à Jean, et elle cherchait à le faire mourir. Mais elle n’y arrivait pas
parce que Hérode avait peur de Jean : il savait que c’était un homme juste et saint, et il le protégeait ; quand il l’avait entendu, il était très embarrassé ; cependant il l’écoutait avec plaisir.
Or, une occasion favorable se présenta quand, le jour de son anniversaire, Hérode fit un dîner pour ses dignitaires, pour les chefs de l’armée et pour les notables de la Galilée.
La fille d’Hérodiade fit son entrée et dansa. Elle plut à Hérode et à ses convives. Le roi dit à la jeune fille : « Demande-moi ce que tu veux, et je te le donnerai. »
Et il lui fit ce serment : « Tout ce que tu me demanderas, je te le donnerai, même si c’est la moitié de mon royaume. »
Elle sortit alors pour dire à sa mère : « Qu’est-ce que je vais demander ? » Hérodiade répondit : « La tête de Jean, celui qui baptise. »
Aussitôt la jeune fille s’empressa de retourner auprès du roi, et lui fit cette demande : « Je veux que, tout de suite, tu me donnes sur un plat la tête de Jean le Baptiste. »
Le roi fut vivement contrarié ; mais à cause du serment et des convives, il ne voulut pas lui opposer un refus.
Aussitôt il envoya un garde avec l’ordre d’apporter la tête de Jean. Le garde s’en alla décapiter Jean dans la prison.
Il apporta la tête sur un plat, la donna à la jeune fille, et la jeune fille la donna à sa mère.
Ayant appris cela, les disciples de Jean vinrent prendre son corps et le déposèrent dans un tombeau.

Le message

Nous avons aujourd’hui deux rois pour la méditation et pour la comparaison. David qui a reconnu les dons reçu reste fidèle au Seigneur et fidèle à la louange de son Dieu, qui lui a fait grand, un grand roi pour tous. En se mettant devant ce Dieu, David trouve sa joie et son bonheur. Dans son humilité devant ce Dieu tout puissant, il s’abandonne à ce Dieu pour que ce Dieu le prenne en grâce qu’Il le bénisse.

Hérode, un roi tout puissant se trouve pleinement dans l’impuissance devant Jean Baptiste et devant sa conscience qu’il s’est affaibli. Pourtant dans son arrogance il n’a pas écouté sa propre voix, qui lui a parlée sans arrêt. Il faut savoir s’écouter dans l’humilité. Puisqu’il n’avait pas cette humilité, il a tué un grand prophète, un saint, et sa propre conscience qui lui aurait aidé à se réconcilié avec cet homme de Dieu.

Il faut savoir parler avec autorité et avec propre discernement. Dire la vérité et rester fidèle à cette vérité que nous annonçons quotidiennement. Jean nous aide à vivre notre vie justement devant Dieu, dans la joie et dans le bonheur. Pouvons-nous participer à sa joie ?

Commentaire du jour


Origène (v. 185-253), prêtre et théologien
Homélie 27 sur St Luc, 2-4 (trad. SC 87, p. 347)

Précurseur du Christ dans sa naissance et dans sa mort

Admirons Jean Baptiste surtout à cause du témoignage suivant : « Parmi les enfants des femmes, personne ne dépasse Jean Baptiste » (Lc 7,28) ; il a mérité de s'élever à une telle réputation de vertu que bien des gens pensaient qu'il était le Christ (Lc 3,15). Mais il y a bien plus admirable encore : Hérode le tétrarque jouissait du pouvoir royal et était à même de le faire mourir quand il le voudrait. Or, il avait commis une action injuste et contraire à la loi de Moïse en prenant la femme de son frère. Jean, sans avoir peur de lui, ni faire acception de la personne, sans se soucier du pouvoir royal, sans craindre la mort..., sans se dissimuler tous ces dangers, a réprimandé Hérode avec la liberté des prophètes et lui a reproché son mariage. Jeté en prison pour cette audace, il ne se préoccupe ni de la mort ni d'un jugement à l'issue incertaine, mais, dans ses chaînes, ses pensées allaient au Christ qu'il avait annoncé.

Ne pouvant aller le trouver en personne, il envoie ses disciples pour s'informer : « Es-tu celui qui doit venir ou faut-il en attendre un autre ? » (Lc 7,19) Notez bien que, jusque dans sa prison, Jean enseignait. Même dans ce lieu il avait des disciples ; même en prison Jean accomplissait son devoir de maître et instruisait ses disciples par des entretiens sur Dieu. Dans ces circonstances, le problème de Jésus se trouvait posé, et Jean lui envoie donc quelques disciples...

Les disciples reviennent et rapportent à leur maître ce que le Sauveur les avait chargés d'annoncer. Cette réponse est pour Jean une arme pour affronter le combat ; il meurt avec assurance et de grand cœur se laisse décapiter, assuré par la parole du Seigneur lui-même que celui en qui il croyait était vraiment le Fils de Dieu. Telle a été la liberté de Jean Baptiste, telle a été la folie d'Hérode qui, à de nombreux crimes, a ajouté d'abord l'emprisonnement, puis le meurtre de Jean Baptiste.

In English

Scripture: Mark 6:14-29

14 King Herod heard of it; for Jesus' name had become known. Some said, "John the baptizer has been raised from the dead; that is why these powers are at work in him." 15 But others said, "It is Elijah." And others said, "It is a prophet, like one of the prophets of old." 16 But when Herod heard of it he said, "John, whom I beheaded, has been raised." 17 For Herod had sent and seized John, and bound him in prison for the sake of Herodias, his brother Philip's wife; because he had married her. 18 For John said to Herod, "It is not lawful for you to have your brother's wife." 19 And Herodias had a grudge against him, and wanted to kill him. But she could not, 20 for Herod feared John, knowing that he was a righteous and holy man, and kept him safe. When he heard him, he was much perplexed; and yet he heard him gladly.

21 But an opportunity came when Herod on his birthday gave a banquet for his courtiers and officers and the leading men of Galilee. 22 For when Herodias' daughter came in and danced, she pleased Herod and his guests; and the king said to the girl, "Ask me for whatever you wish, and I will grant it." 23 And he vowed to her, "Whatever you ask me, I will give you, even half of my kingdom." 24 And she went out, and said to her mother, "What shall I ask?" And she said, "The head of John the baptizer." 25 And she came in immediately with haste to the king, and asked, saying, "I want you to give me at once the head of John the Baptist on a platter." 26 And the king was exceedingly sorry; but because of his oaths and his guests he did not want to break his word to her. 27 And immediately the king sent a soldier of the guard and gave orders to bring his head. He went and beheaded him in the prison, 28 and brought his head on a platter, and gave it to the girl; and the girl gave it to her mother. 29 When his disciples heard of it, they came and took his body, and laid it in a tomb.

The message

It is sad to notice that a great king is still threatened by a dead man. Thus Jean is proving to us that he is still alive in the conscience of Herod and remind us that we don’t imitate Herod by remaining conscious of our wickedness, but doing nothing about it. Every Christian is called to be careful in what is being said and what is being lived. Herod missed drastically in the application of what his own conscious has reminded him.

Let us look at the first reading and learn from King David to be humble. It’s not enough to recall all the wonders that the Lord has done to our generations and particularly to us, but live a witness life, filled with joy and gratitude. It is in this gratitude that David could remain always humble before God, ignoring his kinship before his people. He was before God and it is from Him that he got his energy.

Jean is on the other hand is demonstrating to us that he is someone faithful to the word, announced it with courage, even if it is concerned with the King. We all wish to be like him, but we fail, because we are not rooted in God. Only if we place ourselves before God and wait for His commandments, then only we will be able to announce it with authority and though we may execute with our own limitedness, we will announce it with sincerity.

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Publié le 3 Février 2016

Évangile de Jésus Christ selon

saint Marc 6,7-13.


En ce temps-là, Jésus appela les Douze ; alors il commença à les envoyer en mission deux par deux. Il leur donnait autorité sur les esprits impurs,
et il leur prescrivit de ne rien prendre pour la route, mais seulement un bâton ; pas de pain, pas de sac, pas de pièces de monnaie dans leur ceinture.
« Mettez des sandales, ne prenez pas de tunique de rechange. »
Il leur disait encore : « Quand vous avez trouvé l’hospitalité dans une maison, restez-y jusqu’à votre départ.
Si, dans une localité, on refuse de vous accueillir et de vous écouter, partez et secouez la poussière de vos pieds : ce sera pour eux un témoignage. »
Ils partirent, et proclamèrent qu’il fallait se convertir.
Ils expulsaient beaucoup de démons, faisaient des onctions d’huile à de nombreux malades, et les guérissaient.

Commentaire du jour


Bienheureux Charles de Foucauld (1858-1916), ermite et missionnaire au Sahara
Lettre à Joseph Hours, 3 mai 1912

« Pour la première fois, il les envoie »

Être apôtre, par quel moyen ? Par ceux que Dieu met à sa disposition : les prêtres ont leurs supérieurs qui leur disent ce qu'ils doivent faire. Les laïcs doivent être apôtres envers tous ceux qu'ils peuvent atteindre : leurs proches et leurs amis, mais non eux seuls ; la charité n'a rien d'étroit, elle embrasse tous ceux qu'embrasse le Cœur de Jésus.

Par quel moyen ? Par les meilleurs, étant donnés ceux auxquels ils s'adressent : avec tous ceux avec qui ils sont en rapport, sans exception, par la bonté, la tendresse, l'affection fraternelle, l'exemple de la vertu, par l'humilité et la douceur toujours attrayantes et si chrétiennes. Avec certains sans leur dire jamais un mot de Dieu ni de la religion, patientant comme Dieu patiente, étant bon comme Dieu est bon, étant un tendre frère et priant. Avec d'autres en parlant de Dieu dans la mesure qu'ils peuvent porter ; dès qu'ils en sont à la pensée de rechercher la vérité par l'étude de la religion, en les mettant en rapports avec un prêtre très bien choisi et capable de leur faire du bien. Surtout voir en tout humain un frère.

In English

Scripture: Mark 6:7-13

7 And he called to him the twelve, and began to send them out two by two, and gave them authority over the unclean spirits. 8 He charged them to take nothing for their journey except a staff; no bread, no bag, no money in their belts; 9 but to wear sandals and not put on two tunics. 10 And he said to them, "Where you enter a house, stay there until you leave the place. 11 And if any place will not receive you and they refuse to hear you, when you leave, shake off the dust that is on your feet for a testimony against them." 12 So they went out and preached that men should repent. 13 And they cast out many demons, and anointed with oil many that were sick and healed them.

Commentary of the day


Blessed Charles de Foucauld (1858-1916), hermit and missionary in the Sahara
Letter to Joseph Hours, 3 May 1912

"He began to send them out"

To be an apostle? How? Through those whom God makes available. Priests have their superiors who tell them what they are to do. Laypeople should be apostles towards all those they reach: relations and friends but not them alone; charity is not restricted, it embraces all those embraced by the Heart of Jesus.

By what means? By the best possible, taking into account those to whom they address themselves. But with all those with whom they are in relation, without exception with goodness, kindness, brotherly love, the example of virtue, and with the humility and gentleness that is always so attractive and so Christian. With some people without ever saying a word to them about God or religion, being patient as God is patient, good as God is good, by being a tender, prayerful brother. With yet others, speaking to them about God in the degree they are able to bear it. As soon as they have started thinking about seeking out the truth then through the study of religion, putting them into contact with a carefully chosen priest who is able to do them good. Above all, see a brother in every person.

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Publié le 2 Février 2016

Évangile de Jésus Christ selon

saint Marc 6,1-6.


En ce temps-là, Jésus se rendit dans son lieu d’origine, et ses disciples le suivirent.
Le jour du sabbat, il se mit à enseigner dans la synagogue. De nombreux auditeurs, frappés d’étonnement, disaient : « D’où cela lui vient-il ? Quelle est cette sagesse qui lui a été donnée, et ces grands miracles qui se réalisent par ses mains ?
N’est-il pas le charpentier, le fils de Marie, et le frère de Jacques, de José, de Jude et de Simon ? Ses sœurs ne sont-elles pas ici chez nous ? » Et ils étaient profondément choqués à son sujet.
Jésus leur disait : « Un prophète n’est méprisé que dans son pays, sa parenté et sa maison. »
Et là il ne pouvait accomplir aucun miracle ; il guérit seulement quelques malades en leur imposant les mains.
Et il s’étonna de leur manque de foi. Jésus parcourait les villages d’alentour en enseignant.

Commentaire du jour


Saint Bonaventure (1221-1274), franciscain, docteur de l'Église
Méditations sur la vie du Christ ; Opera omnia, t. 12, p. 530s (trad. Bouchet, Lectionnaire, p. 66 rev.)

« D'où cela lui vient-il ?... N'est-il pas le charpentier, le fils de Marie ? »

Le Seigneur Jésus, étant revenu du Temple et de Jérusalem à Nazareth avec ses parents, y demeura avec eux jusqu'à sa trentième année « et il leur était soumis » (Lc 2,51). On ne trouve rien dans les Écritures qu'il ait fait pendant tout ce temps, ce qui paraît bien étonnant... Mais sois attentif et alors tu verras clairement que, ne faisant rien, il a fait des merveilles. Chacun de ses gestes révèle, en effet, son mystère. Et comme il agissait avec puissance, ainsi il s'est tu avec puissance, il est demeuré dans la retraite et dans l'obscurité avec puissance. Le Maître souverain, qui va nous enseigner les chemins de la vie, commence dès sa jeunesse à faire des œuvres de puissance, mais d'une manière étonnante, inconnue et inouïe, en paraissant aux yeux des hommes inutile, ignorant, et en vivant dans l'abjection...

Il tenait de plus en plus à cette manière de vivre afin d'être jugé par tous comme un être bas et insignifiant ; cela avait été annoncé par le prophète qui disait en son nom : « Je suis un ver et non un homme » (Ps 21,7). Tu vois donc ce qu'il faisait en ne faisant rien. Il se rendait méprisable... ; crois-tu que ce soit là peu de chose ? Certes, ce n'est pas lui qui avait besoin de cela, mais nous. Je ne connais rien de plus difficile ni de plus grand. Ils me paraissent être parvenus au plus haut degré, ceux qui, de tout cœur et sans feinte, se sont suffisamment possédés pour ne rien chercher d'autre que d'être méprisé, de ne compter pour rien et de vivre dans un abaissement extrême. C'est une plus grande victoire que la prise d'une ville.

In English

Scripture: Mark 6:1-6

1 He went away from there and came to his own country; and his disciples followed him. 2 And on the Sabbath he began to teach in the synagogue; and many who heard him were astonished, saying, "Where did this man get all this? What is the wisdom given to him? What mighty works are wrought by his hands! 3 Is not this the carpenter, the son of Mary and brother of James and Joses and Judas and Simon, and are not his sisters here with us?" And they took offense at him. 4 And Jesus said to them, "A prophet is not without honor, except in his own country, and among his own kin, and in his own house." 5 And he could do no mighty work there, except that he laid his hands upon a few sick people and healed them. 6 And he marveled because of their unbelief. And he went about among the villages teaching.

Commentary of the day


Saint Bonaventure (1221-1274), Franciscan, Doctor of the Church
Meditations on the Life of Christ; Opera omnia, vol.12, p.530f.

"Where did this man get all this?... Is he not the carpenter, the son of Mary?"

When the Lord Jesus had returned to Nazareth with his parents from the Temple at Jerusalem, he remained with them until his thirtieth year “and he was subject to them” (Lk 2,51). There is nothing in Scripture to indicate that he accomplished anything during that time, surprising though it seems... But pay attention and you will see clearly that, in doing nothing, he worked wonders. Indeed, each one of his deeds reveals his mystery. And just as what he did was with power, so also he was silent with power and dwelt in hiddenness and obscurity with power. The sovereign Lord, who was to teach us the way of life, began to do works of power even from his youth, but in a way that was surprising, unrecognized and unobtrusive, by appearing to be useless and ignorant in men's eyes and by living in lowliness...

He gave himself more and more to this way of life that all might judge him to be base and insignificant. This had been foretold by the prophet, speaking in his name: “I am a worm and no man” (Ps 22[21],7). Thus you see what he did by doing nothing. He made himself despised. Do you think that to be a small thing? For indeed, it was not he who stood in need of it, but us. I know of nothing more difficult, nor of anything greater. They seem to me to have reached the highest degree who, unfeignedly and with all their heart, are sufficiently possessed of themselves as to seek nothing other than to be despised, counted for nothing, and living in the deepest abasement. This is a greater victory than to take a town.

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Publié le 2 Février 2016

Évangile de Jésus Christ selon

saint Luc 2,22-40.


Quand fut accompli le temps prescrit par la loi de Moïse pour la purification, les parents de Jésus l’amenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur,
selon ce qui est écrit dans la Loi : « Tout premier-né de sexe masculin sera consacré au Seigneur. »
Ils venaient aussi offrir le sacrifice prescrit par la loi du Seigneur : « un couple de tourterelles ou deux petites colombes. »
Or, il y avait à Jérusalem un homme appelé Syméon. C’était un homme juste et religieux, qui attendait la Consolation d’Israël, et l’Esprit Saint était sur lui.
Il avait reçu de l’Esprit Saint l’annonce qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Christ, le Messie du Seigneur.
Sous l’action de l’Esprit, Syméon vint au Temple. Au moment où les parents présentaient l’enfant Jésus pour se conformer au rite de la Loi qui le concernait,
Syméon reçut l’enfant dans ses bras, et il bénit Dieu en disant :
« Maintenant, ô Maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix, selon ta parole.
Car mes yeux ont vu le salut
que tu préparais à la face des peuples :
lumière qui se révèle aux nations et donne gloire à ton peuple Israël. »
Le père et la mère de l’enfant s’étonnaient de ce qui était dit de lui.
Syméon les bénit, puis il dit à Marie sa mère : « Voici que cet enfant provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de contradiction
– et toi, ton âme sera traversée d’un glaive – : ainsi seront dévoilées les pensées qui viennent du cœur d’un grand nombre. »
Il y avait aussi une femme prophète, Anne, fille de Phanuel, de la tribu d’Aser. Elle était très avancée en âge ; après sept ans de mariage,
demeurée veuve, elle était arrivée à l’âge de quatre-vingt-quatre ans. Elle ne s’éloignait pas du Temple, servant Dieu jour et nuit dans le jeûne et la prière.
Survenant à cette heure même, elle proclamait les louanges de Dieu et parlait de l’enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem.
Lorsqu’ils eurent achevé tout ce que prescrivait la loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, dans leur ville de Nazareth.
L’enfant, lui, grandissait et se fortifiait, rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui.

Commentaire du jour


Bienheureux John Henry Newman (1801-1890), cardinal, théologien, fondateur de l'Oratoire en Angleterre
Sermon « Secrecy and Suddenness of Divine Visitations » PPS t. 2, n° 10

« Mes yeux ont vu ton salut »

Aujourd'hui nous est rappelée l'action silencieuse de la Providence de Dieu. Elle accomplit tranquillement dans le cours du temps des événements prévus depuis longtemps ; en même temps, les visites du Seigneur demeurent soudaines et mystérieuses. Considérez ce qui se passe ici…

Ici, rien d'extraordinaire ni d'impressionnant. Nous savons ce que le monde pense des gens comme les parents de cet enfant, si pauvres, et ces deux vieillards : on les regarde sans intérêt et on passe. Pourtant il s'agit là de la réalisation solennelle d'une prophétie ancienne et prodigieuse. L'enfant qu'on porte sur les bras, c'est le Sauveur du monde, l'héritier authentique, qui vient sous les traits d'un inconnu visiter sa propre maison. L'Écriture avait dit : « Soudain il entrera dans son Temple, le Seigneur que vous cherchez. Qui pourra soutenir le jour de sa venue ?... » (Ml 3,2), et voilà qu'il vient en prendre possession. En plus, le vieillard qui prend l'enfant dans ses bras est comblé des dons de l'Esprit… : joie, action de grâce, espérance, mélangées mystérieusement de crainte, d'effroi et de douleur. Anne aussi…devient prophétesse, et ces témoins auxquels elle s'adresse sont l'authentique Israël qui attend avec foi la rédemption du monde selon les promesses… : « La gloire à venir de ce Temple dépassera celle de l'ancien », avait annoncé un autre prophète (Ag 2,9). La voilà, cette gloire : un petit enfant avec ses parents, deux vieillards et une assemblée sans nom et sans suite. « La venue du Royaume de Dieu ne vient pas de manière visible » (Lc 17,20).

Telle a toujours été la manière de Dieu en ses visites... : le silence, la soudaineté, la surprise au regard du monde, malgré des prédictions connues de tous, celles dont l'Église véritable saisit le sens et attend l'accomplissement... Il ne peut en être autrement. Les avertissements de Dieu sont clairs, mais le monde continue sa course ; engagés dans leurs activités, les hommes ne savent pas discerner le sens de l'histoire... À toute époque le monde reste profane et aveugle ; Dieu cache sa Providence, mais la réalise jour après jour.

In English

Scripture: Luke 2:22-40 (alternate reading: Mark 5:21-43)

22 And when the time came for their purification according to the law of Moses, they brought him up to Jerusalem to present him to the Lord 23 (as it is written in the law of the Lord, "Every male that opens the womb shall be called holy to the Lord") 24 and to offer a sacrifice according to what is said in the law of the Lord, "a pair of turtledoves, or two young pigeons." 25 Now there was a man in Jerusalem, whose name was Simeon, and this man was righteous and devout, looking for the consolation of Israel, and the Holy Spirit was upon him. 26 And it had been revealed to him by the Holy Spirit that he should not see death before he had seen the Lord's Christ. 27 And inspired by the Spirit he came into the temple; and when the parents brought in the child Jesus, to do for him according to the custom of the law, 28 he took him up in his arms and blessed God and said, 29 "Lord, now let your servant depart in peace, according to your word; 30 for my eyes have seen your salvation 31 which you have prepared in the presence of all peoples, 32 a light for revelation to the Gentiles, and for glory to your people Israel." 33 And his father and his mother marveled at what was said about him; 34 and Simeon blessed them and said to Mary his mother, "Behold, this child is set for the fall and rising of many in Israel, and for a sign that is spoken against 35 (and a sword will pierce through your own soul also), that thoughts out of many hearts may be revealed."

36 And there was a prophetess, Anna, the daughter of Phanuel, of the tribe of Asher; she was of a great age, having lived with her husband seven years from her virginity, 37 and as a widow till she was eighty-four. She did not depart from the temple, worshiping with fasting and prayer night and day. 38 And coming up at that very hour she gave thanks to God, and spoke of him to all who were looking for the redemption of Jerusalem. 39 And when they had performed everything according to the law of the Lord, they returned into Galilee, to their own city, Nazareth. 40 And the child grew and became strong, filled with wisdom; and the favor of God was upon him.

The message

Today is the closing day of the year of consecrated life and together we celebrate the presentation of the Lord. It is the second stage of the revelation of the incarnation, in the open air, still hidden to others. Let’s look at the various movements of the day. The parents, two old people and a quite a lot of people around. It is in this ordinary event, amidst of a big crowd that this exceptional event is happening. To our surprise a special invitation is extended to some special people of God, evidently animated by the µHoly Spirit: waiting to see the glory of God. God is presented in this Child by the humanity to God, in the Temple. The eternal Temple is being tried to contain in a small human made structure. God has willed everything in this way so that the humanity may discover the greatness of this simple divine act.

The little child is inviting each and every one of us to discover in Him the saviour of the world. This old and wise people, animated by the Holy Spirit, identify the Christ to us, the marvellous gift of incarnation. No one in the Temple was able to see and believe neither what is seen nor what is said. What a blindness……………..! Aren’t we blind still? We too don’t see the marvellous work of God and His call in our personal life. We are not called to work for the Lord, rather to do the work of the Lord and do it with Him and in Him.

It is important that as a believer we are anointed and send like these wise people to identify the presence of this invisible presence of the Lord in this world. To identify the presence of hope, charity and faith in this world. Demonstrate with proof the existence of love and compassion in this world. If we are not able to see them and identify them, aren’t we blind?

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Rédigé par JOHNBOSCO

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