Publié le 8 Août 2026

Homélie — « Seigneur, sauve-moi ! »

Matthieu 14, 22-33

 

 

Il y a dans notre vie de nombreux événements qui semblent déconnectés les uns des autres : des moments de joie et de souffrance, de lumière et de ténèbres, de réussite et d’échec. Parfois, nous nous demandons : Où tout cela me conduit-il ? Où est Dieu au milieu de tout cela ?

 

L’Évangile d’aujourd’hui nous offre une belle manière de relire notre vie. Les disciples font l’expérience de la multiplication des pains, Jésus monte sur la montagne pour prier, ils prennent la mer, la nuit tombe, le vent devient violent, Pierre sort de la barque, commence à s’enfoncer et s’écrie : « Seigneur, sauve-moi ! » Et finalement, les disciples proclament : « Vraiment, tu es le Fils de Dieu. »

 

Il y a ici tout un cheminement : de la peur à la foi, de la tempête à la confiance, de la chute à la rencontre, et de la rencontre à la foi.

 

 

« Seigneur, sauve-moi ! »

 

Commençons par Pierre, car c’est peut-être là que nous nous retrouvons souvent. Pierre vient de vivre quelque chose d’extraordinaire : la multiplication des pains (Mt 14, 13-21). Mais ce moment de gloire est de courte durée. Jésus envoie les disciples de l’autre côté de la mer et, bientôt, ils se retrouvent au milieu d’une tempête.

 

C’est aussi notre expérience. Nous pouvons connaître des moments de grâce, de paix et de consolation, mais ils ne durent pas toujours. Après la montagne, il faut redescendre. Après la lumière, il peut y avoir les ténèbres. Après la consolation, il peut y avoir l’épreuve. Pourtant, tout cela peut faire partie d’un seul et même chemin avec Dieu.

 

Finalement, Pierre s’écrie : « Seigneur, sauve-moi ! » (Mt 14, 30). C’est peut-être l’une des prières les plus simples et les plus profondes que nous puissions faire. Il y a des moments où nos propres forces ne suffisent plus et où tout ce que nous pouvons faire, c’est nous tourner vers le Seigneur.

 

Les disciples ont peur parce qu’ils ne reconnaissent pas Jésus. Dans leur peur, ils pensent même voir un fantôme (Mt 14, 26). Combien de fois cela peut-il nous arriver ? Lorsque nous sommes préoccupés ou bouleversés, nous pouvons ne plus reconnaître la présence de Dieu. Ce qui vient nous sauver peut même nous faire peur.

 

Nous trouvons quelque chose de semblable chez Marie-Madeleine. Elle voit Jésus, mais elle ne le reconnaît pas. Ce n’est que lorsqu’il l’appelle par son nom — « Marie ! » (Jn 20, 16) — qu’elle reconnaît son Seigneur. Dieu nous connaît personnellement. Comme le dit Isaïe : « Je t’ai appelé par ton nom, tu es à moi. » (Is 43, 1)

 

Dans nos tempêtes, nous avons besoin d’entendre cette voix personnelle : « C’est moi. N’ayez pas peur. » Et nous sommes également appelés à devenir cette voix pour les autres. Il y a autour de nous des personnes qui traversent des tempêtes silencieuses. Parfois, elles n’ont pas besoin d’explications ; elles ont simplement besoin de quelqu’un qui puisse leur dire : « Je suis là. Tu n’es pas seul. »

 

 

Garder les yeux fixés sur Jésus

 

Pierre sort de la barque et marche sur les eaux. Tant que ses yeux restent fixés sur Jésus, il avance. Mais lorsqu’il regarde le vent et les vagues, il commence à s’enfoncer. Le vent était déjà là. Le problème n’était pas le vent ; le problème était que Pierre avait cessé de regarder Jésus.

 

Cela nous enseigne quelque chose d’important sur le discipulat. L’imitation du Christ ne consiste pas simplement à reproduire ses actions. Pierre essaie de faire ce que Jésus fait, mais il découvre que l’essentiel n’est pas seulement d’imiter une action : c’est de demeurer uni à Jésus. Jésus nous dit : « En dehors de moi, vous ne pouvez rien faire. » (Jn 15, 5)

 

Nous pouvons parfois être tellement occupés à faire, à servir et à aider que nous oublions Celui qui nous envoie. Alors, même notre activité, pourtant bonne, peut devenir une source d’épuisement et de peur. Notre force ne vient pas d’abord de ce que nous faisons pour le Christ, mais de notre confiance dans le Christ.

 

Pierre était pêcheur ; il connaissait la mer et savait nager (Jn 21, 7). Pourtant, la peur est devenue si forte qu’il en a oublié même ce qu’il savait déjà faire. La même chose peut nous arriver. L’inquiétude peut nous faire oublier nos dons, notre expérience, les personnes que Dieu a mises sur notre chemin et, surtout, la présence de Dieu.

 

 

De la contemplation à la mission

 

Il y a un autre détail important dans l’Évangile. Jésus monte sur la montagne pour prier avant de rejoindre les disciples sur la mer. Tout commence dans sa relation avec le Père. Cela nous rappelle que l’action chrétienne doit naître de la contemplation. Nous montons sur la montagne avec le Seigneur afin de pouvoir redescendre avec lui dans la réalité de la vie humaine.

 

Les disciples d’Emmaüs nous montrent cela d’une manière magnifique (Lc 24, 13-35). Ils rencontrent le Christ, leurs yeux s’ouvrent et, immédiatement, ils retournent à Jérusalem auprès de leurs frères et sœurs. Ils étaient découragés ; ils deviennent témoins. Ils fuyaient ; maintenant, ils retournent. Une véritable rencontre avec le Christ nous remet en chemin. Comme nous le rappelle sainte Thérèse d’Avila : « Que rien ne te trouble, que rien ne t’effraie ; tout passe, Dieu ne change pas. »

 

 

« Vraiment, tu es le Fils de Dieu »

 

La beauté de l’Évangile d’aujourd’hui est que la chute de Pierre n’est pas la fin. Jésus lui tend la main et le relève. C’est peut-être aussi cela, la foi : non pas ne jamais tomber, mais savoir vers qui crier lorsque nous tombons. Et à travers cette rencontre, les disciples parviennent à leur profession de foi : « Vraiment, tu es le Fils de Dieu. » (Mt 14, 33)

 

La foi n’est pas simplement une idée que nous acceptons. La foi naît d’une rencontre. Peut-être que notre propre cheminement se situe lui aussi entre ces deux prières : « Seigneur, sauve-moi ! » et « Vraiment, tu es le Fils de Dieu ! »

 

Il y a eu des montagnes dans notre vie — des moments de lumière et de consolation. Il y a eu des mers agitées — des moments de ténèbres, de peur et d’incertitude. Mais tout cela peut devenir un seul et même chemin, si nous apprenons à reconnaître la présence de Dieu.

 

Le Seigneur ne nous promet pas une vie sans tempêtes. Il nous promet sa présence au cœur de la tempête. Alors, lorsque nous avons peur, écoutons sa voix : « Confiance ! C’est moi ; n’ayez pas peur. » Et lorsque nous avons le sentiment de sombrer, que notre prière soit simplement : « Seigneur, sauve-moi ! »

 

Alors, comme les disciples d’Emmaüs, nous pourrons retourner vers nos frères et sœurs, en portant la consolation que nous-mêmes avons reçue. Que le Seigneur augmente notre foi, qu’il garde nos yeux fixés sur lui et qu’il nous apprenne à le reconnaître dans chacune des tempêtes de notre vie.

 

Et que notre chemin nous conduise finalement à dire avec les disciples : « Vraiment, Seigneur, tu es le Fils de Dieu ! »

 

 

Seigneur, augmente notre foi.
Apprends-nous à te reconnaître dans nos tempêtes.
Garde nos yeux fixés sur toi.
Et lorsque nous tomberons, prends-nous par la main. Amen.

P. Terry Cmf.

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Rédigé par JONHBOSCO

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Publié le 2 Août 2026

La multiplication des pains : découvrir ce que Dieu a déjà déposé en nous

 

 

La multiplication des pains commence par le regard compatissant de Jésus posé sur une foule affamée. Avant même de parler ou d'agir, il voit leur souffrance. Toute mission authentique naît de ce même regard : un cœur qui se laisse toucher par la détresse de l'autre. Lorsqu'elle est inspirée par l'amour, la compassion et discernée dans la présence de Dieu, notre mission devient féconde, parce qu'elle participe à l'œuvre même du Seigneur.

 

Comme Marie qui se hâta de visiter sa cousine Élisabeth, nous sommes appelés à répondre aux besoins visibles de nos frères et sœurs. Pourtant, derrière chaque besoin matériel se cache souvent une faim plus profonde : la soif de Dieu, le désir d'être aimé, accueilli et sauvé. En répondant aux nécessités les plus concrètes, nous devenons les collaborateurs de Dieu qui nourrit intérieurement ceux qu'il a déjà touchés par sa grâce.

 

L'Évangile nous présente ensuite une situation qui exige une réponse concrète. Les disciples proposent une solution tout à fait logique : « Renvoie la foule ; qu'ils aillent dans les villages s'acheter de quoi manger. » Leur regard se tourne immédiatement vers l'extérieur. La solution semble se trouver ailleurs. Mais Jésus répond d'une manière inattendue : « Ils n'ont pas besoin de s'en aller. Donnez-leur vous-mêmes à manger. »

 

Par cette parole, Jésus change complètement leur manière de regarder la situation. Au lieu de chercher une solution à l'extérieur, il les invite à regarder en eux-mêmes. Dieu a déjà placé entre leurs mains le commencement de la réponse. Après avoir regardé autour d'eux, les disciples découvrent enfin : « Nous n'avons ici que cinq pains et deux poissons. »

 

Voilà le véritable cœur de cet Évangile.

Dieu commence souvent ses plus grandes œuvres non pas avec l'abondance, mais avec ce qu'il a déjà déposé au plus profond de nous. Les cinq pains et les deux poissons représentent tous ces dons que Dieu nous a confiés : notre foi, nos talents, notre temps, notre compassion, notre capacité à pardonner, notre disponibilité, et même nos pauvretés lorsqu'elles sont offertes au Seigneur.

 

Combien de fois cherchons-nous à l'extérieur ce que Dieu a déjà placé à l'intérieur de nous ! Nous attendons de meilleures conditions, davantage de moyens ou des circonstances plus favorables, alors que Jésus nous demande simplement : « Qu'as-tu déjà entre les mains ? »

 

Saint Augustin décrit admirablement cette expérience lorsqu'il écrit dans les Confessions : « Tu étais au-dedans de moi, et moi j'étais au-dehors, et c'est là que je te cherchais. » Nous ressemblons souvent à saint Augustin : nous cherchons Dieu à l'extérieur, alors qu'il habite déjà au plus profond de notre cœur.

 

Le récit de l'apparition du Ressuscité au bord du lac nous enseigne la même vérité. Après la pêche miraculeuse, les disciples arrivent sur le rivage et découvrent que Jésus a déjà préparé un feu avec du pain et du poisson. Pourtant, il leur dit encore : « Apportez donc de ces poissons que vous venez de prendre. » Le Seigneur possède déjà tout, mais il veut que notre petite contribution fasse partie de son œuvre. Dieu aime avoir besoin de notre collaboration.

 

La première lecture nous adresse aujourd'hui la même invitation : « Écoutez-moi, vous mangerez de bonnes choses. » Tout est grâce. Tout nous est donné gratuitement afin que nous l'offrions gratuitement au service des autres.

 

Puis Jésus ajoute : « Apportez-les-moi. » C'est ici que commence véritablement notre mission.

Le miracle ne se produit pas lorsque les disciples découvrent les cinq pains et les deux poissons. Il ne se produit pas non plus parce qu'ils les possèdent. Le miracle commence lorsqu'ils les remettent entre les mains de Jésus. Tout vient du Père ; le Père donne tout au Fils, et le Fils offre tout au Père. Notre vie entre dans ce mouvement divin lorsque nous déposons, avec confiance, tout ce que nous sommes aux pieds du Christ.

 

C'est précisément ce qui se réalise dans chaque Eucharistie. Le pain et le vin, fruits de la terre et du travail des hommes, sont apportés à l'autel. Le prêtre les présente au Père, rend grâce, invoque l'Esprit Saint, et Dieu les transforme en Corps et Sang du Christ. De la même manière, le Seigneur veut transformer notre pauvreté, nos limites et nos petits gestes d'amour en instruments de son Royaume.

 

Sainte Teresa de Calcutta disait : « Dieu ne nous demande pas de réussir, mais d'être fidèles. » Le Seigneur ne nous demande pas des œuvres extraordinaires ; il nous demande simplement de lui offrir fidèlement nos « cinq pains et deux poissons ».

 

Saint Jean Chrysostome ajoute : « Si tu veux honorer le Corps du Christ, ne le méprise pas lorsqu'il est présent dans les pauvres. » L'Eucharistie célébrée à l'autel doit se prolonger dans notre service des plus petits.

 

Saint Antoine-Marie Claret puisait toute la force de sa mission dans l'Eucharistie. Uni au Christ, il devenait lui-même pain rompu pour ses frères. Voilà aussi notre vocation : devenir des hommes et des femmes qui portent le Christ au monde.

 

L'Évangile d'aujourd'hui nous invite à trois découvertes. D'abord, laisser notre cœur être touché par les besoins de ceux qui nous entourent. Ensuite, cesser de chercher uniquement à l'extérieur et découvrir les « cinq pains et deux poissons » que Dieu a déjà déposés en nous. Enfin, tout apporter au Christ. Ce qui demeure insignifiant entre nos mains devient abondance entre les siennes. Notre faiblesse devient force, notre pauvreté devient bénédiction, et notre vie devient nourriture pour le monde.

 

Demandons au Seigneur la grâce de reconnaître les dons qu'il a déjà semés dans notre cœur, de les lui offrir avec confiance et de croire qu'il peut accomplir de grandes choses avec notre humble fidélité. Alors, aujourd'hui encore, le miracle de la multiplication des pains continuera de se réaliser dans notre vie, dans notre Église et dans le monde. Amen.

P. Terry Cmf.

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Publié le 25 Juillet 2026

 

 

Le véritable trésor : découvrir la volonté de Dieu et retrouver notre véritable identité

 

 

Introduction

 

L'Évangile d'aujourd'hui nous présente plusieurs paraboles sur le Royaume de Dieu. Toutes convergent vers une même réalité : le Royaume est un trésor incomparable, capable de transformer entièrement la vie de celui qui le découvre.

 

Mais quel est donc ce trésor ? Est-ce simplement renoncer à tout ce que nous possédons ? Est-ce vendre nos biens pour suivre le Christ ? Ces gestes peuvent être nécessaires dans certaines vocations, mais ils ne constituent pas le cœur de la parabole.

 

Le véritable trésor est la découverte de la volonté de Dieu, cette volonté qui révèle le sens profond de notre existence et nous conduit à retrouver notre véritable identité de fils et de filles bien-aimés du Père. Saint Antoine-Marie Claret écrivait : « La plus grande gloire que nous puissions rendre à Dieu est d'accomplir fidèlement sa très sainte volonté. »

 

 

Chercher sans cesse la volonté de Dieu

 

Le personnage de la parabole cherche, trouve un trésor et, rempli de joie, vend tout ce qu'il possède pour acquérir le champ. L'accent ne porte pas d'abord sur le fait de vendre, mais sur la joie d'avoir trouvé quelque chose qui vaut infiniment plus que tout le reste.

 

Celui qui découvre la volonté de Dieu comprend que chaque événement, heureux ou douloureux, chaque réussite ou chaque épreuve, peut devenir un lieu où Dieu agit pour notre croissance. Saint Augustin disait : « Tu nous as faits pour Toi, Seigneur, et notre cœur est sans repos tant qu'il ne demeure en Toi. » La véritable richesse n'est donc pas ce que nous possédons, mais Celui que nous découvrons.

 

 

Le trésor transforme notre manière de vivre

 

 

 

Découvrir la volonté de Dieu transforme toute notre existence. Nous ne considérons plus nos talents, notre liberté, notre temps ou nos biens comme des possessions personnelles, mais comme des dons confiés par Dieu pour servir nos frères et sœurs.

 

Vendre tout signifie alors remettre toute notre vie entre les mains du Seigneur afin qu'Il puisse en disposer selon son projet d'amour. Nous ne devenons pas seulement citoyens du Royaume ; nous devenons des collaborateurs de Dieu dans son œuvre de salut. Comme le rappelait saint Antoine-Marie Claret : « Un fils du Cœur de Marie est un homme embrasé de la charité, qui cherche en tout, la plus grande gloire de Dieu et le salut des âmes. »

 

 

Se laisser remplir par Dieu

 

L'Évangile nous révèle également un autre mouvement : après le dépouillement vient le remplissement. Lorsque nous nous vidons de notre orgueil, de nos fausses sécurités et de notre faux moi, Dieu remplit notre cœur de sa grâce.

 

Il ne nous enlève jamais quelque chose sans nous offrir infiniment davantage. Sainte Thérèse de Lisieux écrivait : « Tout est grâce. » Plus nous faisons confiance au Seigneur, plus Il nous transforme intérieurement.

 

 

Le véritable trésor est en nous

 

Au fond, Jésus ne nous demande pas simplement de vendre ou même de collaborer avec Lui.

Il nous invite à redevenir ce que nous sommes depuis notre baptême : des enfants de Dieu.

Le Royaume n'est pas seulement une réalité extérieure ; Jésus nous rappelle qu'il est déjà au milieu de nous et qu'il grandit dans le cœur de celui qui accueille la volonté du Père.

 

Notre véritable trésor est cette présence divine qui habite notre âme. Lorsque nous vivons en communion avec la Sainte Trinité, nous retrouvons notre véritable identité et devenons nous-mêmes un signe vivant du Royaume pour les autres.

 

 

Conclusion

 

Aujourd'hui, Jésus nous invite moins à renoncer qu'à découvrir. Lorsque nous trouvons le véritable trésor — la volonté de Dieu —, tout le reste trouve naturellement sa juste place.

 

Demandons la grâce de chercher chaque jour cette volonté divine, de nous laisser transformer par elle et de devenir, au milieu du monde, des témoins vivants du Royaume. Alors notre vie annoncera silencieusement que le plus grand trésor n'est pas ce que nous possédons, mais ce que Dieu accomplit en nous. Amen.

P. Terry Cmf.

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Rédigé par JONHBOSCO

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Publié le 18 Juillet 2026

Le Royaume de Dieu : coopérer avec le Divin Semeur

 

 

Introduction

 

L'Évangile d'aujourd'hui nous présente plusieurs paraboles sur le Royaume de Dieu. Chacune éclaire un aspect différent de ce grand mystère. Plutôt que d'en expliquer tous les détails, arrêtons-nous sur le message essentiel : Dieu est à l'œuvre et nous invite à collaborer librement à son projet de salut.

 

Saint Antoine-Marie Claret écrivait : « La plus grande gloire que nous puissions rendre à Dieu est de coopérer fidèlement à sa volonté. » Voilà le cœur de toute vocation chrétienne.

 

 

Le mystère du Royaume

 

Si Jésus multiplie les paraboles, c'est parce qu'aucune image ne suffit à exprimer toute la richesse du Royaume de Dieu. Il est semblable au semeur, à la graine de moutarde, au levain, au trésor caché ou encore à la perle de grand prix.

 

Au lieu de nous demander : « Qu'est-ce que le Royaume de Dieu ? », demandons-nous plutôt : « Comment puis-je permettre au Royaume de grandir aujourd'hui dans ma vie ? » La réponse est simple : placer Dieu au centre de toutes nos décisions. Dans la prière, à l'écoute de la Parole et des événements, nous discernons sa volonté. Puis nous la mettons généreusement en pratique. Nous devenons alors, selon l'expression chère à saint Antoine-Marie Claret, des « contemplatifs dans l'action » : contemplatifs pour discerner la volonté de Dieu, actifs pour l'accomplir.

 

 

L'ennemi n'a pas le dernier mot

 

La parabole de l'ivraie nous rappelle que le mal existe réellement. Toutes les difficultés ne proviennent pas de nos propres limites ; certaines viennent du péché présent dans le monde. Pourtant, Jésus refuse toute précipitation : « Laissez-les pousser ensemble jusqu'à la moisson » (Mt 13,30).

 

Quelle différence entre notre impatience et la patience de Dieu ! Là où nous voulons condamner rapidement, Dieu continue d'espérer la conversion.

 

Saint Augustin affirme avec profondeur : « Dieu a jugé meilleur de tirer le bien du mal que de ne permettre aucun mal. » Le mal n'est jamais justifié, mais la miséricorde de Dieu est toujours plus grande.

 

Notre mission n'est donc pas de condamner, mais de demeurer vigilants afin que le mal ne prenne pas racine dans notre cœur et de témoigner de la miséricorde du Père envers ceux qui se sont égarés.

 

 

Faire confiance à notre petitesse

 

La parabole du grain de moutarde est une immense source d'espérance. Dieu ne nous demande pas des œuvres extraordinaires, mais une fidélité quotidienne.

 

Sainte Thérèse de Lisieux nous l'enseigne à travers sa « petite voie » : les plus grandes œuvres de Dieu commencent souvent par les plus petits gestes accomplis avec amour.

 

Une goutte d'eau paraît insignifiante ; pourtant, sans des millions de gouttes, il n'y aurait pas d'océan. Ainsi en est-il de chacun de nos actes de patience, de pardon, de charité ou de service.

 

 

Coopérer avec la grâce

 

La bonne terre ne produit pas de fruit par elle-même ; elle se laisse d'abord préparer par le Divin Semeur.

 

Dieu prépare progressivement notre cœur à travers la prière, l'Eucharistie, sa Parole, mais aussi nos joies et nos épreuves. Le Catéchisme nous rappelle que « l'initiative gratuite de Dieu appelle la libre réponse de l'homme » (CEC 2002). Plus nous coopérons avec sa grâce, plus sa vie porte du fruit en nous.

 

 

Être fidèle à notre identité

 

Le grain de moutarde grandit parce qu'il demeure fidèle à sa nature. Le levain transforme la pâte parce qu'il accomplit la mission pour laquelle il a été créé.

 

Par notre baptême, nous sommes devenus enfants de Dieu. Notre vocation n'est pas de ressembler au monde, mais de rendre le Christ visible.

 

Le cardinal saint John Henry Newman écrivait : « Dieu m'a créé pour une mission particulière. » Chacun possède une vocation unique que personne d'autre ne peut accomplir.

 

 

Conclusion

 

Au fond, cet Évangile parle moins de nos performances que de la fidélité de Dieu. Il veille sur son champ, protège le bon grain, attend patiemment la conversion et fait grandir silencieusement son Royaume.

 

Notre mission est simple : demeurer une bonne terre, accueillir sa grâce, coopérer fidèlement à sa volonté et croire que même les plus petits actes accomplis avec amour peuvent devenir des instruments de son Royaume.

Que la Vierge Marie, parfaite disciple du Seigneur, nous apprenne à redire chaque jour : « Qu'il me soit fait selon ta parole » (Lc 1,38). Alors Dieu accomplira en nous bien plus que nous ne pourrions l'imaginer.

Amen.

 

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Publié le 11 Juillet 2026

Homélie 

(Temps ordinaire – 15ème Dimanche)

 

 

Parmi toutes les paraboles de Jésus, celle du semeur (Mt 13,1-23) peut être considérée comme la « mère de toutes les paraboles », car elle révèle le fondement même de la vie chrétienne. Elle nous aide à comprendre non seulement la manière dont Dieu agit, mais aussi notre véritable identité devant Lui.

 

Tout commence par Dieu. Le semeur est Dieu. La semence est sa Parole. Et la terre elle-même est un don de Dieu. Comme le rappelle saint Paul : « Qu'as-tu que tu n'aies reçu ? » (1 Co 4,7). La création, nos talents, notre vocation et la grâce viennent tous du Père, « de qui descend tout don parfait » (Jc 1,17).

 

À première vue, tout semble déjà établi : le semeur sème, la semence tombe et la terre reçoit. Pourtant, Dieu ne supprime jamais notre liberté. Créés à son image (Gn 1,27), nous sommes appelés à collaborer avec Lui. Chaque jour, nous avons à discerner quel genre de terre nous voulons devenir.

 

La véritable question de l'Évangile n'est donc pas : « Combien de fruits ai-je produits ? », mais : « Quel terrain suis-je en train de laisser Dieu façonner ? »

 

Lorsque nous oublions que nous sommes des enfants bien-aimés de Dieu, les pierres et les ronces envahissent progressivement notre cœur. Les préoccupations du monde, la recherche du pouvoir, de la richesse ou de la reconnaissance finissent par occuper la place qui revient à Dieu seul. Nous perdons alors la liberté des enfants de Dieu pour devenir esclaves des valeurs du monde.

 

Pourtant, Dieu ne cesse jamais de semer. Sa générosité est infinie. Il offre sa Parole à tous et continue de croire que notre cœur peut devenir une terre fertile. La seule condition est de Le laisser préparer notre cœur.

 

Comment devenir cette bonne terre ?

 

Tout d'abord, en écoutant et en méditant la Parole de Dieu. Elle n'est pas seulement un enseignement ; elle est une parole vivante qui transforme intérieurement notre manière de penser, de juger et d'agir (He 4,12).

 

Ensuite, en discernant chaque jour la volonté du Père. La vie chrétienne n'est jamais une répétition mécanique. Ce que Dieu nous demandait hier peut être différent aujourd'hui. Comme Marie qui « retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur » (Lc 2,19), et comme Joseph qui s'est laissé guider pas à pas par Dieu, nous sommes invités à accueillir avec confiance le déploiement progressif du dessein divin.

 

Saint Antoine-Marie Claret résumait cette attitude en parlant de contemplatifs dans l'action : contempler la Parole afin que chacune de nos actions soit l'expression de la volonté de Dieu.

 

Enfin, Dieu prépare notre cœur à travers nos relations humaines. Chaque rencontre peut devenir une rencontre avec le Christ. Sainte Teresa de Calcutta rappelait que nous touchons Jésus chaque fois que nous servons les plus pauvres. Ainsi, nos relations quotidiennes deviennent des lieux de grâce où Dieu se rend présent.

 

Le plus beau fruit que Dieu attend de nous n'est donc pas d'abord l'efficacité ou les grandes réalisations, mais un cœur transformé par sa présence.

 

L'Évangile d'aujourd'hui ne nous demande pas avant tout de produire beaucoup de fruits. Il nous invite d'abord à nous rendre disponibles à l'action de Dieu. Car c'est Lui qui donne la croissance (1 Co 3,6).

 

Notre mission consiste à laisser le Divin Semeur travailler notre cœur par sa Parole, par la prière, par les événements de la vie et par toutes les personnes qu'Il met sur notre route.

 

Peu à peu, souvent sans que nous nous en rendions compte, Dieu dépose sa semence en nous. Comme le dit Jésus dans une autre parabole : « La semence germe et grandit, il ne sait comment » (Mc 4,27).

 

Le chrétien devient alors un véritable mystique du quotidien, capable de reconnaître Dieu dans les événements ordinaires, d'accueillir son œuvre silencieuse et de laisser sa grâce transformer toute son existence.

 

Alors la paix s'enracine dans notre cœur, nous découvrons Dieu en toute chose et nous portons le fruit que le Père attend depuis toujours. Que le Seigneur fasse de chacun de nous une bonne terre où sa Parole puisse porter du fruit en abondance. Amen.

P. Terry, Cmf

 

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Publié le 4 Juillet 2026

Connus de Dieu avant même de Le connaître

Il est des moments où mon cœur déborde de joie lorsque je pense au plus grand don que j'ai reçu : le don de la foi. Bien avant que je ne choisisse Dieu, c'est Lui qui m'a choisi. Par le baptême, Il m'a fait entrer dans sa famille. Par ma famille, mes proches, mes amis, mes éducateurs et la communauté chrétienne, Il m'a progressivement conduit jusqu'à Lui. En regardant le chemin parcouru, je ne peux que reprendre les paroles du psalmiste : « Le Seigneur a fait pour nous des merveilles ; nous étions dans la joie » (Ps 125,3).

 

Tout au long de ma vie, je découvre la présence discrète mais constante de Dieu. Dans les événements ordinaires comme dans les rencontres quotidiennes, je perçois sa main qui me guide. Plus encore, c'est dans les moments de souffrance que cette présence est devenue la plus tangible. Comme les disciples pris dans la tempête, j'ai souvent crié : « Seigneur, sauve-nous ! » (Mt 8,25). Le Seigneur m'a toujours répondu. Il n'a pas toujours supprimé l'épreuve, mais Il m'a donné la force de la traverser. C'est pourquoi, avec la Vierge Marie, je peux chanter chaque jour : « Le Puissant fit pour moi des merveilles » (Lc 1,49).

 

Et pourtant, si quelqu'un me demandait : « Qui est Dieu ? », ma réponse resterait humble : « Je ne Le connais pas pleinement. » Je sais qu'Il existe. Je sais qu'Il m'aime. Je sais qu'Il marche avec moi. Mais son mystère dépasse infiniment mon intelligence.

 

Cela ne devrait pas nous étonner. Dieu n'est pas un objet que l'on peut posséder par la connaissance. Il est le Dieu vivant, toujours plus grand que ce que notre esprit peut comprendre. Le prophète Isaïe nous le rappelle : « Mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos chemins ne sont pas mes chemins » (Is 55,8). Saint Augustin exprimait cette vérité avec profondeur : « Si tu crois avoir compris Dieu, ce que tu as compris n'est pas Dieu. »

 

Le Concile Vatican II l'enseigne admirablement dans Dei Verbum : Dieu a voulu se révéler par amour afin d'introduire l'humanité dans une communion avec Lui. La Révélation n'est donc pas d'abord une transmission de connaissances, mais l'invitation à entrer dans une relation vivante avec le Père, par le Christ, dans l'Esprit Saint.

 

C'est pourquoi je me reconnais si facilement dans les disciples d'Emmaüs (Lc 24,13-35). Ils ne reconnaissent pas Jésus tout de suite, mais Jésus, Lui, les connaît et marche avec eux. Il les accompagne avant même qu'ils ne découvrent sa présence. Je crois que mon histoire ressemble beaucoup à la leur. Souvent, j'ai le sentiment que le Seigneur a choisi de marcher avec moi bien avant que je ne sois capable de Le reconnaître pleinement. Cette certitude me suffit. Savoir qu'Il me connaît mieux que je ne Le connais remplit mon cœur d'une profonde paix.

 

Le cardinal saint John Henry Newman écrivait : « Dieu m'a créé pour une mission particulière que nul autre ne peut accomplir à ma place. » Cette conviction nourrit ma confiance. Je ne comprends pas toujours les chemins du Seigneur, mais je crois qu'Il me conduit avec sagesse vers la mission qu'Il a préparée pour moi.

 

Parmi les plus beaux cadeaux qu'Il m'a accordés, il y a celui d'écrire ces méditations quotidiennes. Chaque fois que je me mets à l'écoute de la Parole de Dieu, je fais l'expérience d'une inspiration intérieure qui dépasse mes propres capacités. Je sens que ces pensées ne m'appartiennent pas totalement ; elles sont un don reçu pour être partagé. Elles me rappellent la question de saint Paul : « Qu'as-tu que tu n'aies reçu ? » (1 Co 4,7). Tout ce qui est source de salut vient de Dieu. Nous ne sommes que des instruments entre ses mains.

 

Ainsi, je ne ressens plus le besoin de rechercher des expériences spirituelles extraordinaires. Si Dieu désire se révéler davantage, Il le fera au moment qu'Il aura choisi. Pour aujourd'hui, il me suffit de sentir sa présence fidèle à mes côtés. Comme l'écrivait le pape Benoît XVI dans Deus Caritas Est, la foi chrétienne ne commence pas par une idée ou une morale, mais par la rencontre d'une Personne qui donne un nouvel horizon à notre existence.

 

Comment alors chercher Dieu chaque jour ?

 

J'ai découvert un chemin très simple, peut-être même le plus court : aimer mes frères et mes sœurs. Jésus Lui-même nous indique cette route : « Chaque fois que vous l'avez fait à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait » (Mt 25,40). Chaque acte de charité devient une rencontre avec le Christ. Chaque pardon offert devient une prière. Chaque service rendu devient une manière d'aimer Dieu.

 

La Vierge Marie nous montre ce même chemin. Elle n'a jamais recherché les honneurs ; elle s'est simplement rendue disponible à la volonté du Père. Saint Joseph, dans son silence, a vécu la même fidélité. Leur grandeur ne réside pas dans des œuvres extraordinaires, mais dans leur humble disponibilité à laisser Dieu agir.

 

C'est aussi le sens de cette parole de Jésus : « Mon joug est facile à porter, et mon fardeau léger » (Mt 11,30). La Croix, pourtant, n'était ni légère ni facile. Elle fut douloureuse, lourde et humiliante. Mais Jésus l'a portée dans un amour total pour son Père, soutenu par l'Esprit Saint. L'amour a transformé le poids de la Croix en source de salut.

 

Il en est de même pour nous. Les relations brisées, les trahisons, les incompréhensions, les jugements, la pauvreté ou la solitude demeurent des fardeaux bien réels. Rien de tout cela n'est facile. Pour Marie, accueillir une maternité incomprise n'était pas facile. Pour Joseph, recevoir Marie comme épouse malgré les apparences ne l'était pas davantage. Pour les Apôtres, quitter leurs filets afin de suivre le Christ représentait un véritable renoncement.

 

Pourtant, lorsque ces fardeaux sont portés dans l'amour de Dieu, ils deviennent plus légers. Non parce qu'ils disparaissent, mais parce que nous ne les portons plus seuls. Le Père nous soutient, le Fils marche avec nous et l'Esprit Saint nous fortifie. Comme nous le rappelle souvent le pape François, l'espérance chrétienne ne naît pas de l'absence de souffrance, mais de la certitude que le Christ partage notre chemin.

 

Voilà pourquoi ma mission demeure toute simple : annoncer un Dieu que je ne peux pas pleinement comprendre, mais dont je fais profondément l'expérience. Je ne proclame pas une théorie ; je témoigne d'une présence. J'annonce le Dieu qui m'a pris par la main, qui ne m'a jamais abandonné et qui continue de marcher avec moi.

 

Que nous apprenions, chaque jour, à déposer tous nos fardeaux au pied de la Croix. Là, notre faiblesse rencontre sa force, notre pauvreté rencontre sa richesse, et notre cœur découvre cette vérité merveilleuse : avant même de connaître Dieu, nous étions déjà connus, aimés et accompagnés par Lui. Amen.

P. Terry, Cmf.

 

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Publié le 27 Juin 2026

 

« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu… et ton prochain comme toi-même. »
(Dt 6, 4-5 ; Mc 12, 28-34)

 

L’Évangile d’aujourd’hui nous conduit au cœur même de la vie chrétienne. Lorsque le scribe demande à Jésus quel est le plus grand commandement, Jésus n’invente rien de nouveau. Il rappelle d’abord la grande profession de foi d’Israël : « Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force » (Mc 12, 29-30 ; cf. Dt 6, 4-5). Puis Il y ajoute immédiatement un second commandement : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Lv 19, 18 ; Mc 12, 31). Plus tard, au soir de la dernière Cène, Jésus portera ce commandement à sa perfection en disant : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés » (Jn 13, 34).

 

Ce n’est pas seulement un enseignement moral ; c’est le fondement même de notre existence chrétienne. Tout commence en Dieu, car « tout don excellent et tout cadeau parfait viennent d’en haut ; ils descendent du Père des lumières » (Jc 1, 17). Dieu est le Créateur, la source de tout bien, le premier Donateur. Nous sommes ses enfants bien-aimés, appelés à refléter sa manière d’aimer. Aimer Dieu, c’est laisser sa propre vie circuler en nous. Nous devenons de véritables disciples lorsque nous imitons Celui qui ne cesse de se donner. Comme le rappelle Jésus : « Vous avez reçu gratuitement ; donnez gratuitement » (Mt 10, 8).

 

Ce commandement ne nous demande pas de choisir Dieu contre notre famille, nos amis ou notre prochain. Au contraire, il nous invite à les aimer en Dieu et par Dieu, en reconnaissant qu’ils sont des dons précieux de son amour. Saint Augustin résume admirablement cette vérité : « Aime, et fais ce que tu veux. » Lorsque Dieu occupe la première place dans notre cœur, toutes nos relations trouvent leur juste équilibre et sont purifiées par son amour.

 

Le second commandement découle naturellement du premier. Si nous aimons véritablement le Donateur, nous accueillerons aussi avec reconnaissance tous les dons qui viennent de Lui. Or, le plus grand de ces dons est la personne humaine, créée à l’image et à la ressemblance de Dieu (Gn 1, 27). Aimer son prochain, c’est donc honorer Dieu lui-même. Sainte Teresa de Calcutta disait souvent : « Chacun est Jésus sous un déguisement. »

 

Cet amour ne peut rester une belle idée ou un noble sentiment. Il doit devenir justice, compassion, pardon et don de soi dans les gestes les plus simples de notre quotidien. L’amour chrétien est profondément concret. Il nous apprend à rechercher le bien de l’autre avant notre propre intérêt. Il nous enseigne aussi que le Donateur est toujours plus précieux que le don. Lorsque nous nous attachons uniquement à ce que nous recevons, nous risquons d’oublier Celui qui en est la source. C’est comme abandonner une source d’eau vive pour se contenter d’une eau stagnante. Le prophète Jérémie dénonçait déjà cette illusion : « Ils m’ont abandonné, moi la source d’eau vive, pour se creuser des citernes lézardées qui ne retiennent pas l’eau » (Jr 2, 13).

 

Cette perspective éclaire également les défis de notre époque. Le pape Léon XIV nous rappelle que les progrès technologiques, en particulier l’intelligence artificielle, doivent toujours demeurer au service de la personne humaine et ne jamais porter atteinte à sa dignité. La technologie est un don, mais elle ne doit jamais devenir notre maître. Tout ce que l’humanité crée est appelé à servir le bien de l’homme, et l’humanité elle-même est appelée à servir Dieu. Lorsque cet ordre est inversé, nous perdons de vue notre véritable vocation.

 

L’Évangile nous invite aussi à faire fructifier tous les dons que Dieu nous a confiés. La parabole des talents (Mt 25, 14-30) nous enseigne que nos capacités, nos biens et nos possibilités ne sont pas faits pour être enfouis, mais pour être développés et mis au service du Royaume. Recevoir un cadeau sans jamais l’utiliser attristerait certainement celui qui l’a offert. De même, Dieu se réjouit lorsque nous faisons fructifier les talents reçus et les mettons généreusement au service de nos frères et sœurs. Saint Jean-Paul II nous exhortait : « N’ayez pas peur ! Ouvrez toutes grandes les portes au Christ. » Lorsque le Christ habite notre vie, chacun de nos dons trouve sa véritable finalité.

 

Donner n’est donc pas une manière d’obtenir une récompense. C’est la réponse reconnaissante de celui qui sait qu’il a déjà tout reçu de Dieu. En servant nos frères et sœurs, nous rendons au Père ce qu’Il nous a confié. Notre vie devient une action de grâce. Saint François d’Assise l’a merveilleusement exprimé : « C’est en donnant que nous recevons. » Plus nous nous donnons dans l’amour, plus Dieu se donne Lui-même à nous, jusqu’à faire de notre cœur sa demeure (Jn 14, 23).

 

Ainsi, l’Évangile d’aujourd’hui nous invite à vivre pleinement notre existence. Reconnaissons les nombreux dons que Dieu a déposés en chacun de nous. Faisons-les grandir avec fidélité, mettons-les généreusement au service des autres et offrons-les au Père dans un esprit de gratitude. Nous participerons alors à son œuvre de création et de rédemption.

 

Que notre cœur demeure toujours attaché au Donateur plus qu’à ses dons. Alors notre vie deviendra une véritable Eucharistie, une action de grâce permanente, remplie de joie, de paix et de charité. Et, selon la promesse du Christ, le Père viendra avec son Fils faire en nous sa demeure (Jn 14, 23). Amen.

P. Terry Cmf.

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Publié le 21 Juin 2026

« N'ayez pas peur : à la découverte de la personne cachée, l'enfant bien-aimé de Dieu »

 

 

 

Le message qui me touche le plus profondément dans l'Évangile d'aujourd'hui est cette invitation de Jésus : « N'ayez pas peur. » En même temps, il nous invite à avoir une sainte crainte, celle de Dieu, qui est le maître de notre vie, le gardien de notre âme et la source de notre destinée éternelle. Quant au monde, nous n'avons pas à le craindre, car son pouvoir ne s'étend qu'au corps et aux réalités passagères de cette vie.

 

Jésus nous rappelle que notre existence corporelle est temporaire, tandis que notre véritable vie est éternelle. Si notre identité visible se manifeste à travers nos paroles et nos actes, notre identité la plus profonde est cachée dans notre âme. C'est là que naissent nos intentions et que prennent leur source nos pensées, nos paroles et nos actions. Jésus nous invite à préserver cette personne intérieure dans la pureté et l'intégrité, car c'est là que nous découvrons notre véritable identité et notre relation avec Dieu.

 

L'Évangile ne nie pas les difficultés de la vie. Au contraire, il reconnaît que nous rencontrons des épreuves qui dépassent souvent nos forces et qui exigent discernement et courage. Chaque jour, nous sommes appelés à choisir : vivre selon les valeurs du monde, recherchant uniquement le confort et les plaisirs passagers, ou choisir Dieu et cultiver la vie de l'âme, où se trouvent notre véritable identité, la paix et la joie durables.

 

Pour fortifier notre confiance, Jésus nous montre les petits oiseaux du ciel. Si Dieu prend soin d'eux avec amour, combien plus prendra-t-il soin de ceux qu'il a créés à son image ! Cependant, Jésus ne nous promet pas une vie sans souffrance. Le prophète Jérémie lui-même a connu le rejet et la persécution, mais Dieu ne l'a jamais abandonné.

 

Dans ma prière personnelle, je me tourne spontanément vers la Bienheureuse Vierge Marie. En elle, je découvre un magnifique témoignage de la Providence divine. Dieu lui a révélé le mystère extraordinaire de sa maternité divine et l'a invitée à collaborer librement à son œuvre de salut. Pourtant, il ne lui a pas dévoilé tous les détails de son chemin. Marie a simplement fait confiance.

 

Lorsqu'elle se rendit en hâte auprès d'Élisabeth, Dieu se servit de l'humanité d'Élisabeth, éclairée par l'Esprit Saint, pour révéler à Marie la grandeur de sa vocation. Lorsqu'il fallut protéger la Sainte Famille, Dieu parla à Joseph dans un songe. Tout au long de sa vie, Dieu prit soin de Marie avec une discrète fidélité, sans toujours lui révéler d'avance ses projets.

 

Lorsque Jésus nous dit : « N'ayez pas peur », je pense à toute l'histoire du salut. Je pense à Abraham, à Moïse, aux prophètes, aux juges et surtout à Marie, qui ont tous découvert que Dieu marchait à leurs côtés, particulièrement dans les moments d'incertitude et d'épreuve. Je crois que ce même Dieu marche aujourd'hui à nos côtés, préparant un chemin à travers les défis de notre existence quotidienne. Il nous est demandé de faire confiance à sa Providence et à son amour.

 

Concrètement, que nous demande l'Évangile d'aujourd'hui ? Il nous invite à prendre soin de notre véritable être, non pas seulement de celui qui est visible aux yeux du monde, mais de cette personne intérieure que Dieu seul connaît pleinement et que nous sommes appelés à découvrir.

 

L'essentiel n'est pas uniquement ce que nous disons ou ce que nous faisons, mais pourquoi nous le disons et pourquoi nous le faisons. Les intentions cachées dans le cœur révèlent la véritable personne. Dieu les connaît, et nous sommes invités à les examiner avec sincérité.

 

De même, nous sommes appelés à ne pas juger les autres uniquement selon leurs paroles et leurs actes, mais à découvrir en eux cette personne cachée, cet enfant bien-aimé du Père. Lorsque nous apprenons à reconnaître cette identité profonde chez les autres, nous les traitons avec la dignité et le respect dus aux enfants de Dieu.

 

Lorsque le pape Léon parle de la dignité de la personne humaine, il nous rappelle cette vérité fondamentale : chaque être humain porte en lui l'image de Dieu et mérite d'être aimé, respecté et protégé. Découvrir la véritable personne en nous-mêmes et chez les autres, c'est découvrir la présence aimante de notre Père céleste, qui ne cesse jamais de prendre soin de ses enfants.

 

Que la Providence de Dieu nous accompagne, que l'exemple de Marie nous inspire, et que nous avancions sans peur, dans la certitude que notre Père marche avec nous et que notre véritable trésor demeure caché en Lui.

P. Terry Cmf.

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Publié le 13 Juin 2026

 

 

 

Nous sommes tous des missionnaires, car nous portons en nous le Cœur même de Dieu, un cœur rempli d'amour, de miséricorde et de compassion. Le Sacré-Cœur de Jésus nous révèle le Cœur du Père, tandis que le Cœur Immaculé de Marie nous montre le chemin humain qui nous conduit dans ce mystère divin. Après avoir célébré ces deux grandes fêtes, l'Évangile d'aujourd'hui nous invite à contempler la dimension missionnaire de l'amour de Dieu.

 

Saint Matthieu nous rapporte que : « Jésus fut saisi de compassion envers les foules, parce qu'elles étaient fatiguées et abattues, comme des brebis sans berger. » La compassion de Jésus n'est pas un simple sentiment ; elle est la manifestation même du Cœur de Dieu. Bon Pasteur, Il connaît ses brebis, marche avec elles, souffre avec elles et partage leurs joies. Il ne reste pas à distance des souffrances humaines, mais les assume pour les transformer par son amour.

 

Aujourd'hui, le Cœur de Jésus nous invite à entrer dans ses propres sentiments, à partager ses joies, ses peines, ses espérances et son souci du salut de l'humanité. Avant d'envoyer ses disciples en mission, avant de les investir de leur autorité apostolique, Jésus leur confie une tâche essentielle que nous oublions souvent : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux ; priez donc le Maître de la moisson d'envoyer des ouvriers à sa moisson. » Cette demande contient deux enseignements importants.

 

Le premier est que toute mission commence dans la prière. Jésus nous invite à nous tourner vers le Père, car Lui seul est le Maître de la moisson. La moisson Lui appartient. Nous n'en sommes que les serviteurs et les collaborateurs. Comme le rappelle la parabole des vignerons, la vigne appartient à son propriétaire.

 

Cette vérité nous appelle à l'humilité et à la fidélité. Sainte Teresa de Calcutta disait souvent que nous ne sommes pas appelés à réussir, mais à être fidèles : fidèles à notre vocation, à notre mission et surtout au Maître qui nous a confié son œuvre. Notre mission n'est pas de réaliser nos propres projets, mais d'accomplir ce que Dieu veut pour son peuple. Écouter sa Parole et la mettre en pratique demeure notre premier devoir.

 

Le second enseignement concerne la conscience de notre mission. Le travail qui nous est confié est la continuation même de l'œuvre du Christ et une participation à l'œuvre salvifique du Père. Nous sommes appelés et envoyés en son Nom.

 

C'est pourquoi nous devons demeurer unis au Christ. Comme Il le dit lui-même : « Je suis la vigne, vous êtes les sarments. » Le sarment ne peut porter du fruit s'il est séparé de la vigne. De même, le missionnaire ne peut accomplir sa mission s'il demeure éloigné du Christ.

Mais cette conscience dépasse les tâches que nous accomplissons ; elle touche à notre identité la plus profonde. Dieu dit à son peuple : « Vous serez pour moi un royaume de prêtres et une nation sainte. » Et nous répondons avec le psaume : « Nous sommes son peuple, le troupeau de son bercail. »

 

C'est ici que notre mission trouve son origine et son accomplissement. Dieu est notre Roi et notre Père, et nous sommes ses enfants bien-aimés. Dans cette relation filiale, nous sommes introduits dans la communion même de la Sainte Trinité, source et accomplissement de toute mission.

 

Comment vivre aujourd'hui cette vocation missionnaire ?

Jésus nous donne une réponse étonnamment simple : Commencez par votre propre maison.

Soyez attentifs aux besoins de ceux qui vivent avec vous. Regardez les blessures, les solitudes et les souffrances silencieuses de vos proches. Recherchez celui ou celle qui s'est éloigné de la famille, de la communauté ou de la foi. Là où il y a des divisions, apportez la réconciliation ; là où il y a des blessures, apportez la guérison.

 

Jésus nous enseigne : « Si donc tu présentes ton offrande à l'autel et que là tu te souviennes que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande devant l'autel, va d'abord te réconcilier avec ton frère, puis viens présenter ton offrande. » La première terre de mission est souvent notre foyer, notre famille et notre communauté. Par nos gestes de charité et de service, nous annonçons une bonne nouvelle toute simple : Le Royaume de Dieu est proche. Dieu prend soin de toi. Dieu ne t'a pas oublié. Dieu agit à travers moi et à travers la communauté chrétienne.

 

Notre message missionnaire peut alors se résumer ainsi : Je porte Dieu à mes frères et à mes sœurs, et je demeure conscient qu'en les servants, c'est le Seigneur Lui-même que je sers. Après avoir célébré le Sacré-Cœur de Jésus et le Cœur Immaculé de la Bienheureuse Vierge Marie, demandons au Seigneur de transformer notre cœur afin qu'il ressemble toujours davantage au sien : un cœur qui aime, pardonne, sert et apporte l'espérance à tous ceux qu'il rencontre. Que notre vocation missionnaire prenne naissance dans la prière, grandisse dans la communion et porte du fruit dans la charité. Amen.

P. Terry Cmf.

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Publié le 7 Juin 2026

 

Notre vie sur cette terre est marquée par une multitude d’émotions, de désirs et d’aspirations. Au plus profond de notre cœur, nous cherchons la vérité, tous à être aimés et à aimer en retour. Ce désir d’être accueilli, reconnu et aimé est inscrit en nous par Dieu lui-même, car nous avons été créés à son image et à sa ressemblance (Gn 1, 26-27). Saint Augustin exprime cette vérité avec une profondeur inégalée : « Tu nous as faits pour Toi, Seigneur, et notre cœur est sans repos tant qu’il ne demeure en Toi. »

Au cours de notre existence, beaucoup cherchent leur bonheur dans les biens matériels ou dans leur propre réussite. D’autres découvrent progressivement une joie plus profonde : celle de sortir d’eux-mêmes pour vivre au service des autres. Ils passent d’une vie centrée sur leur propre personne à une vie centrée sur Dieu et sur leur prochain. Jésus lui-même nous révèle ce chemin lorsqu’il déclare : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime » (Jn 15, 13).

Cette transformation peut être comparée à une ascension spirituelle. Dans les Saintes Écritures, les montagnes sont souvent le lieu privilégié de la rencontre avec Dieu. Le mont Sinaï est le lieu où Moïse reçoit la Loi (Ex 19). Le mont Carmel devient le lieu où Élie découvre la puissance et la douceur de Dieu (1 R 18-19). Le mont Thabor manifeste la gloire du Christ dans sa Transfiguration (Mt 17, 1-8), tandis que le mont Hermon rappelle les régions où Jésus révèle son identité messianique à ses disciples. Enfin, le mont Calvaire devient le sommet suprême de l’amour, où le Christ offre sa vie pour le salut du monde.

Gravir ces montagnes symboliques signifie chercher Dieu de tout son être : avec son cœur, son intelligence, son âme et ses forces, selon le grand commandement (Mc 12, 30). Ceux qui entreprennent cette ascension ne trouvent pas seulement la joie de rencontrer le Père ; ils découvrent également la joie de redescendre dans la vallée pour servir leurs frères et sœurs. La contemplation conduit toujours à la mission.

C’est précisément le mouvement de la vie chrétienne. Nous montons avec Jésus sur la montagne de la Transfiguration afin de contempler sa gloire et de nous laisser transformer par sa présence. Puis nous redescendons dans la vallée de notre vie quotidienne pour annoncer l’Évangile et partager les joies et les souffrances de l’humanité. Le pape Benoît XVI rappelait que la rencontre avec le Christ conduit nécessairement au service des autres, car l’amour reçu devient amour donné.

C’est dans ce mouvement continuel de montée et de descente que notre humanité atteint sa véritable plénitude. Nous devenons pleinement humains lorsque nous nous ouvrons totalement à Dieu et aux autres. Saint Irénée de Lyon écrivait : « La gloire de Dieu, c’est l’homme vivant, et la vie de l’homme, c’est la vision de Dieu. » Plus nous nous rapprochons de Dieu, plus nous devenons véritablement humains.

La Solennité du Très Saint Corps et du Très Saint Sang du Christ nous révèle la profondeur de ce mystère. L’Eucharistie est intimement liée à ce chemin qui conduit de la pleine humanité à la participation à la vie divine. À chaque célébration eucharistique, nous recevons le Corps livré et le Sang versé du Christ. Nous mangeons le Pain de Vie et buvons à la Coupe du Salut afin que le Christ transforme notre être tout entier.

Comme l’enseigne le Catéchisme de l’Église catholique, l’Eucharistie est « la source et le sommet de toute la vie chrétienne » (CEC, n° 1324). Le Concile Vatican II affirme que toute la vie de l’Église converge vers ce sacrement où le Christ demeure réellement présent sous les espèces du pain et du vin.

Mais recevoir l’Eucharistie ne consiste pas seulement à accueillir le Christ en nous ; c’est aussi accepter d’être transformés en Lui. Saint Augustin faisait dire au Christ : « Je suis la nourriture des forts ; grandis et tu me mangeras. Tu ne me transformeras pas en toi comme la nourriture de ton corps, mais c’est toi qui seras transformé en moi. »

Ainsi, devenir eucharistique signifie apprendre à donner sa vie comme le Christ. C’est laisser notre corps devenir un instrument de charité, nos mains des mains qui servent, nos paroles des paroles qui consolent, et notre cœur un cœur capable d’aimer sans mesure.

Saint Jean-Paul II écrivait dans Ecclesia de Eucharistia que l’Église vit de l’Eucharistie et qu’elle est continuellement façonnée par ce mystère d’amour. Le pape Léon XIV, dans Magnifica Humanitas, nous rappelle que la dignité de la personne humaine trouve sa source dans le Dieu Trinité et que cette dignité s’accomplit dans le don de soi et dans la communion avec les autres.
Ainsi, l’Eucharistie nous invite à un chemin de transformation : partir de notre humanité ordinaire pour devenir, par la grâce, des témoins de la présence du Christ dans le monde. Nous montons vers Dieu dans la prière, nous recevons son Fils dans l’Eucharistie, puis nous redescendons vers nos frères et sœurs pour partager avec eux ce que nous avons reçu.

Le véritable miracle de Corpus Christi n’est pas seulement que le pain et le vin deviennent le Corps et le Sang du Christ. Le miracle est aussi que nous, qui recevons ce Corps et ce Sang, devenions nous-mêmes le Corps du Christ pour le monde.

Que la Bienheureuse Vierge Marie, première demeure du Verbe incarné et Femme eucharistique, nous accompagne sur ce chemin. Qu’elle nous apprenne à monter vers Dieu dans la contemplation et à redescendre vers nos frères dans le service, afin que notre vie tout entière devienne une offrande d’amour pour la gloire du Père et le salut du monde. Amen.
P. Terry Cmf.

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