Publié le 14 Mars 2017

Texte de l'Évangile (Mt 20,17-28):

Pendant que Jésus montait à Jérusalem, il prit à part les douze disciples, et il leur dit en chemin: «Voici, nous montons à Jérusalem, et le Fils de l'homme sera livré aux principaux sacrificateurs et aux scribes. Ils le condamneront à mort, et ils le livreront aux païens, pour qu'ils se moquent de lui, le battent de verges, et le crucifient; et le troisième jour il ressuscitera».

Alors la mère des fils de Zébédée s'approcha de Jésus avec ses fils, et se prosterna, pour lui faire une demande. Il lui dit: «Que veux-tu?». «Ordonne, lui dit-elle, que mes deux fils, que voici, soient assis, dans ton royaume, l'un à ta droite et l'autre à ta gauche». Jésus répondit: «Vous ne savez ce que vous demandez. Pouvez-vous boire la coupe que je dois boire?». «Nous le pouvons», dirent-ils. Et il leur répondit: «Il est vrai que vous boirez ma coupe; mais pour ce qui est d'être assis à ma droite et à ma gauche, cela ne dépend pas de moi, et ne sera donné qu'à ceux à qui mon Père l'a réservé».

Les dix, ayant entendu cela, furent indignés contre les deux frères. Jésus les appela, et dit: «Vous savez que les chefs des nations les tyrannisent, et que les grands les asservissent. Il n'en sera pas de même au milieu de vous. Mais quiconque veut être grand parmi vous, qu'il soit votre serviteur; et quiconque veut être le premier parmi vous, qu'il soit votre esclave. C'est ainsi que le Fils de l'homme est venu, non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie comme la rançon de plusieurs».

«Quiconque veut être grand parmi vous, qu'il soit votre serviteur»

 

Abbé Francesc JORDANA i Soler
(Mirasol, Barcelona, Espagne)

Aujourd'hui l'Église —sous l'inspiration du Saint Esprit— nous propose en ce temps de Carême un texte dans lequel Jésus demande à ses disciples —à nous aussi, par conséquent— un changement de mentalité. Jésus, aujourd'hui, fait exploser les vues trop humaines et terrestres de ses disciples et leur ouvre un nouvel horizon de compréhension quant au style de vie de ceux qui le suivent.

Nos inclinations naturelles nous portent à dominer les choses et les personnes, à commander et à ordonner, pour qu'on fasse ce qui nous plait, pour que les gens nous reconnaissent un status, une position sociale. Eh bien, le chemin que Jésus nous propose est à l'opposé: «Quiconque veut être grand parmi vous, qu'il soit votre serviteur; et quiconque veut être le premier parmi vous, qu'il soit votre esclave» (Mt 20,26-27). “Serviteur”, “esclave”: Nous ne pouvons en rester à l'énoncé de ces mots! Nous les avons entendu des centaines de fois, nous devons être capables d'entrer en contact avec la réalité qu'ils signifient et confronter cette réalité à nos attitudes et à nos comportements.

Le Concile Vatican II a affirmé que «l'homme acquiert sa plénitude à travers le service et le don désintéressé aux autres». Dans ce cas, il nous semble que nous donnons notre vie, alors qu'en vérité nous la trouvons. L'homme qui ne vit pas pour servir, ne sert pas pour vivre. Et pour cette manière de vivre, notre modèle est le Christ lui-même —l'homme pleinement homme— car «le Fils de l'homme est venu, non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie comme la rançon de plusieurs» (Mt 20,28).

Être serviteur, esclave, exactement comme nous le demande Jésus, est impossible pour nous. C'est hors de portée de notre pauvre volonté: nous devons implorer, espérer et désirer intensément que ces dons nous soient concédés. Le Carême et ses pratiques —le jeûne, l'aumône et la prière— nous rappellent que pour recevoir ces dons nous devons nous y disposer dûment.

 

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Publié le 13 Mars 2017

Gospel text

(Mt 23,1-12):

Jesus said to the crowds and to his disciples, «The teachers of the Law and the Pharisees sat on the seat of Moses. So you shall do and observe all they say, but do not do as they do, for they do not do what they say. They tie up heavy burdens and load them on the shoulders of the people, but they do not even raise a finger to move them. They do everything in order to be seen by people; so they wear very wide bands of the Law around their foreheads, and robes with large tassels. They enjoy the first place at feasts and reserved seats in the synagogues, and being greeted in the marketplace and being called "Master" by the people.

»But you, do not let yourselves be called Master because you have only one Master, and all of you are brothers and sisters. Neither should you call anyone on earth Father, because you have only one Father, He who is in heaven. Nor should you be called leader, because Christ is the only leader for you. Let the greatest among you be the servant of all. For whoever makes himself great shall be humbled, and whoever humbles himself shall be made great».

 

The application

 

Which part of the readings of today that I can propose to you all for the application? I simply propose to you, to inherit the behaviour desired and proposed in these readings and make them as ours, in a dignified way, as a true child of God. What is the behaviour desired? It is the dialogue with God. God enters in dialogue with us and asks us to reason out with Him. It is by a healthy dialogue with God alone can we find the inner joy and peace.

Jesus in today’s gospel will repeat this in a different manner, but elevates it, in its perfection. One ‘Father’ and one ‘Master’. Indirectly, He is asking us to get be configurated in Christ, by imitating Him in a radical way. He is our sole mater to listen and to be imitated in our actions.

Jesus is putting each and every one of us with a warning of imitating great personalities of the world leaders. Many of them don’t do what they preach. However, it is not wise to reject them, because they speak something good. It is important as the children of God, not reject any being. Even Christ entered into dialogue with devil. God gives every opportunity for the conversion. We should create this opportunities for everyone, particularly those who desires to be reconciled.

«You have only one Master, you have only one Father, Christ is the only leader for you»

 

Fr. Gerardo GÓMEZ
(Merlo, Buenos Aires, Argentina)

Today, more than ever before, we have to work for our personal and collective salvation, as Saint Paul states, with regard and significance, for «now is the day of salvation» (2Co 6:2). Lent offers us a sacred chance, granted by our Father, so that with an attitude of profound conversion, we may invigorate our personal values, become conscious of our own blunders and repent from our sins, with the intention that our life becomes —through the action of the Holy Spirit— a fuller and riper life.

For our behavior to fit with that of our Lord Jesus, a gesture of humility is fundamental, as our Pope Benedict says: «I recognize myself for what I am, a frail creature, made of earth and destined to the earth, but also made in the image of God and destined to him».

In Jesus’ times there were many “models” that prayed and behaved just to be seen, to be revered: sheer fancy, gloomy characters, which could not stimulate either the growth or the development of their neighbors. Their attitude and behavior did not evidence the pathway to God: «Do not do as they do, for they do not do what they say» (Mt 23:3).

Modern society also displays an infinite amount of behavior models that lead to a vertiginous and wild sort of life that weakens our awareness of transcendence. Let us not allow these fake referents to make us lose sight of the true Master: «you have only one Master, you have only one Father, Christ is the only leader for you» (Mt 23:8-9-10).

Let us, therefore, take advantage of Lent to invigorate our own convictions as Jesus’ disciples. Let us try to have some sacred “desert” moments, when we may rediscover ourselves and we may meet the true Model and Master. And in front of those specific situations when we wonder how to react, let us ask ourselves: what would Jesus say? How would Jesus behave?

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Publié le 13 Mars 2017

Texte de l'Évangile

(Mt 23,1-12):

Alors Jésus, parlant à la foule et à ses disciples, dit: «Les scribes et les pharisiens sont assis dans la chaire de Moïse. Faites donc et observez tout ce qu'ils vous disent; mais n'agissez pas selon leurs oeuvres. Car ils disent, et ne font pas. Ils lient des fardeaux pesants, et les mettent sur les épaules des hommes, mais ils ne veulent pas les remuer du doigt. Ils font toutes leurs actions pour être vus des hommes. Ainsi, ils portent de larges phylactères, et ils ont de longues franges à leurs vêtements; ils aiment la première place dans les festins, et les premiers sièges dans les synagogues; ils aiment à être salués dans les places publiques, et à être appelés par les hommes "Rabbi".

»Mais vous, ne vous faites pas appeler "Rabbi"; car un seul est votre Maître, et vous êtes tous frères. Et n'appelez personne sur la terre votre "père"; car un seul est votre Père, celui qui est dans les cieux. Ne vous faites pas appeler directeurs; car un seul est votre Directeur, le Christ. Le plus grand parmi vous sera votre serviteur. Quiconque s'élèvera sera abaissé, et quiconque s`abaissera sera élevé».

 

L’application

 

Après avoir lu toutes les lectures du jour, j’ai une impression que mon Dieu est très proche à nous, comme Il nous entend tout ce que nous disons maintenant. Je pense que vous allez vous aussi ressentir la même sensation, particulièrement, si vous lisez la première lecture, « Venez, et discutons – dit le Seigneur. Dieu est en dialogue avec nous et Il nous demande de raisonner avec Lui. 

Jésus nous invite à écouter tout ce que les grands de notre société nous enseignent. Pourtant, il faut garder fermement dans notre cœur, que nous n’avons qu’un seul Maître, c’est le Christ. Il nous demande de l’imiter. Notre configuration au Christ, nous aidera à vivre une vie qui Le ressemble, particulièrement dans sa joie et dans son bonheur, d’être avec son Père.

C’est dans le Christ seul que nous pouvons nous mettre au service des autres. Comme Jésus qui s’est mis au service de son Père, devenu humain selon sa volonté, nous devons nous mettre au service du peuple de Dieu et comme Lui accomplir sa volonté, et devenir les véritables enfants de Dieu.

«Un seul est votre Maître; un seul est votre Père; un seul est votre Directeur, le Christ»

 

Abbé Gerardo GÓMEZ
(Merlo, Buenos Aires, Argentine)

Aujourd'hui plus que jamais, nous devons travailler pour notre salut personnel et communautaire car, comme Saint Paul nous dit, avec respect et conviction, c'est maintenant le jour du salut (2Co 6,2). Le temps du Carême est une occasion sacrée donnée par notre Père afin que, dans une attitude de profonde conversion, nous puissions revitaliser nos valeurs personnelles, reconnaitre nos erreurs et nous repentir de nos péchés, de façon à transformer notre vie par l'action du Saint Esprit en une vie plus pleine et mature.

Pour adapter notre conduite à celle du Seigneur Jésus il est fondamental d'avoir un geste d'humilité, comme lorsque Benoit XVI nous dit: «Je me reconnais pour ce que je suis, une créature fragile, faite de terre et destinée à la terre, mais également faite à l'image de Dieu et qui lui est destinée».

A l'époque de Jésus, il y avait beaucoup de "modèles" qui priaient et agissaient pour être vus, pour être révérés: de la pure fantaisie, des personnages en carton, qui ne pouvaient encourager la croissance et la maturité de leurs voisins. Leurs attitudes et comportements ne montraient pas le chemin qui conduit à Dieu: «N'agissez pas selon leurs œuvres. Car ils disent, et ne font pas» (Mt 23,3).

La société actuelle nous présente aussi une variété infinie de modèles de contenance qui nous mènent une existence vertigineuse, folle, qui affaiblit les sens de la transcendance. Ne laissons pas que ces faux référents nous fassent perdre de vue le vrai Maître: «Un seul est votre Maître; (…) un seul est votre Pere; (…) un seul est votre Directeur, le Christ (Mt 23,8.9.10).

Servons-nous du Carême pour renforcer nos convictions comme disciples de Jésus-Christ. Cherchons-nous avoir des moments sacrés de désert o nous retrouver avec nous-mêmes et avec le vrai modèle et Maître. Et face aux situations concrètes, où souvent nous ne savons pas comment réagir, nous pourrions nous demander: qu'est-ce que Jésus en penserait?, comment agirait Jésus?

 

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Publié le 12 Mars 2017

Gospel text

(Lc 6,36-38):

Jesus said to his disciples, «Be merciful, just as your Father is merciful. Don't be a judge of others and you will not be judged; do not condemn and you will not be condemned; forgive and you will be forgiven; give and it will be given to you, and you will receive in your sack good measure, pressed down, full and running over. For the measure you give will be the measure you receive back».

 

The application

The gospel message is simple. However I would like to propose to my readers to look into the reason that Jesus gives for this perfection of life. Though good if we apply these requirements, humanly we will agree that it is not easy to put all in practice.

Once we understand the reason that Jesus gives, things will be clear. First of all, Jesus is telling us that we are the children of God and carry in us this divine identity. Jesus in truth is asking each and every one of us to be simply as we are. He is asking a cat to be cat and a tiger to be tiger. In all divine relationship the mercy, forgiveness and justice are the integral and imperative ingredients.

People those who have realised this divine identity in them, have lived this divine life on this earth, in their human life. All those who came closer to them have seen and experienced the presence of God in them. Through them, they listened to God and were consoled by God.

Many of us give to receive. Some of us give to human beings, to our brothers and sisters, to receive the divine grace. But very few, like saints who give what they have received. Every Christian is called to give what we have already received from God and the more our pockets get emptied, the more God refills them. Do you believe this? Why don’t you try?

 

A Daily Quote for Lent:

The Practice of Mercy, by Augustine of Hippo, 354-430 A.D.

"The practice of mercy is twofold: when vengeance is sacrificed and when compassion is shown. The Lord included both of these in his brief sentence: 'Forgive, and you shall be forgiven; give, and it shall be given to you.' This work has the effect of purifying the heart, so that, even under the limitations of this life, we are enabled with pure mind to see the immutable reality of God. There is something holding us back, which has to be loosed so that our sight may break through to the light. In connection with this the Lord said, 'Give alms, and behold, all things are clean to you.' Therefore the next and sixth step is that cleansing of the heart." (excerpt from Letter 171A.2)

 

«Give and it will be given to you»

 

+ Fr. Antoni ORIOL i Tataret
(Vic, Barcelona, Spain)

Today, Luke's Gospel proclaims a short and dense message —very short, indeed!— that can be summarized in two points: a frame of mercy and a contents of justice.

Firstly, a frame of mercy. Jesus' command, indeed, prevails as a rule and shines all around. A most definite norm: if our Father in Heaven is merciful, we, as his children, ought to be merciful, too. And our Father is so merciful...! The previous verse asserts: «(...) And you will be children of the Most High, for he himself is kind to the ungrateful and the wicked» (Lk 6:35).

Secondly, a contents of justice. We are, indeed, facing some kind of “Talion Law”, the direct opposite to the one banned by Jesus («Eye for eye, tooth for tooth»). Here, in four successive moments, our Divine Teacher exhorts us, first, through two denials; later, with two affirmations. Denials: «Do not be a judge of others and you will not be judged; do not condemn and you will not be condemned». Affirmations: «forgive and you will be forgiven; give and it will be given to you».

Let's apply these premises concisely to our daily's life, as Jesus does, by stopping especially on the fourth point. Let's examine, clearly and courageously, our conscience: if in family, cultural, economic and political matters Our Lord would judge and condemn our world as the world judges and condemns, who would stand up in his Tribunal? (When we get back home and read the newspaper or listen to the news, we are basically thinking of the world of politics). If Our Lord would forgive us as we, men, normally use to do, how many persons and institutions would reach full reconciliation?

The fourth point deserves, however, an additional thought, as the good Talion Law we are considering, becomes overcome in some way. Indeed, if we give, shall we be given in the same measure? Most definitely not! If we give, we shall receive —let's take good note of it— «a good measure, pressed down, full and running over» (Lk 6:38). And it is in the light of that blessed disproportion that we are exhorted to previously give. Let's ask ourselves: how much do I give, do I give properly, do I give enough, do I give by choosing the best, do I give fully...?

 

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Publié le 12 Mars 2017

Texte de l'Évangile

(Lc 6,36-38):

«Soyez donc miséricordieux, comme votre Père est miséricordieux. Ne jugez point, et vous ne serez point jugés; ne condamnez point, et vous ne serez point condamnés; absolvez, et vous serez absous. Donnez, et il vous sera donné: on versera dans votre sein une bonne mesure, serrée, secouée et qui déborde; car on vous mesurera avec la mesure dont vous vous serez servis».

 

L’application

Nous ne devons pas ni une explication ni un conseil d’application pour cet évangile. Tout ce que je peux vous proposer, c’est simplement regarder le raisonnement que le Seigneur nous donne pour cette exigence. Il nous dit que nous sommes les enfants de Dieu et nous devons reconnaitre cette identité divine en nous. Tous ceux et celles  qui ont reconnus cette identité divine en eux, ont vécus une vie de sainteté qui participe à la sainteté de Jésus. Le monde a vu la présence divine dans leurs paroles, dans leurs gestes ou actes et dans leurs présences. Ils ont rendus visible cette présence divine dans leurs vies quotidiennes. Jésus nous exhorte simplement que nous soyons ‘nous-mêmes’, n’imitons personne que Dieu seul, ce Dieu en Jésus.

«Donnez, et il vous sera donné»

 

+ Abbé Antoni ORIOL i Tataret
(Vic, Barcelona, Espagne)

Aujourd'hui l'Évangile de Luc proclame un message plus dense que bref, et pourtant il est bref! Il peut être réduit à deux considérations: un encadrement de miséricorde et un contenu de justice.

En premier lieu, un encadrement de miséricorde. En effet, la consigne de Jésus s'affirme comme une norme et resplendit comme un astre. Norme absolue: si notre Père qui est au ciel est miséricordieux, nous, qui sommes ses fils, devons l'être aussi. Et le Père est si miséricordieux! Le verset antérieur affirme: «(...) et vous serez les fils du Très-Haut, car Il est bon, lui, pour les ingrats et les méchants» (Lc 6,35).

En deuxième lieu, un contenu de justice. En effet, nous nous trouvons confrontés à une sorte de “loi du talion”, aux antipodes de celle qui a été rejeté par Jésus («oeil pour oeil, dent pour dent»). En quatre étapes successives, le divin Maître nous instruit, d'abord, avec deux négations, ensuite, avec deux affirmations. Négations: «Ne jugez point, et vous ne serez point jugés»; «ne condamnez point, et vous ne serez point condamnés». Affirmations: «absolvez, et vous serez absous»; «Donnez, et il vous sera donné».

Appliquons cela brièvement à notre vie quotidienne, en nous arrêtant spécialement à la quatrième consigne, comme le fait Jésus. Examinons notre conscience avec courage et clarté: si en matière familial, culturelle, économique et politique le Seigneur devait juger et condamner notre monde comme le monde juge et condamne, qui pourrait affronter son tribunal? (Songeons simplement au monde de la vie politique, en rentrant à la maison, en lissant le journal ou en écoutant les nouvelles). Si le Seigneur nous pardonnait comme le font d'habitude les hommes, combien de personnes et institutions parviendraient à la pleine réconciliation?

Mais la quatrième consigne mérite une réflexion particulière. En elle, la bonne loi du talion que nous sommes en train de considérer est en quelque sorte dépassée. En effet, si nous donnons, nous sera-t-il donné proportionnellement? Certainement pas! Si nous donnons, nous recevrons —notons-le bien— «une bonne mesure, serrée, secouée et qui déborde» (Lc 6,38). Car, c'est à la lumière de cette disproportion bénie que nous sommes exhortés de donner au préalable. Demandons-nous, donc: quand je donne, est-ce que je donne bien, le meilleure de moi-même, est-ce que je donne pleinement?

 

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Publié le 12 Mars 2017

La vie chrétienne est un chemin de vie qui nous aide à découvrir Dieu et sa volonté. Cette foi nous fait découvrir soi-même, notre propre identité et particulièrement notre relation avec Dieu. Pour mieux comprendre nous avons l’image du père Abraham, qui était demandé de quitter de ‘chez-soi’ ses lieux de sécurités, y compris son peuple, la culture, sa nation vers un terrain inconnu, avec une grande promesse, non seulement d’une grande famille, mais une nation toute puissante, et avec toute sécurité et protection possible. Dieu prend tout en Lui. Abraham décida d’obéir et de quitter.  Cette obéissance nous a fait naître un peuple (fidèle et infidèle), une génération nombreuse dont nous nous appartenons.

Le Carême est un pèlerinage vers la Pâque du Seigneur. Comme le peuple d’Israël, nous aussi faisons le même chemin, pas-à-pas dans l’espérance. Dans cette démarche, nous ne sommes pas seuls. Le Seigneur nous accompagne et nous protège. Même si nous marchons dans l’espérance, n’oublions pas que nous marchons vers l’incertitude, avec nos limites et nos faiblesses, en faisant confiance dans la fidélité du Seigneur.

La transfiguration est une réponse à l’incompréhension des disciples du Seigneur, particulièrement sa mort et sa résurrection. Elle est un accompagnement divin qui conduira les disciples jusqu’à la résurrection. Moïse qui a accompagné le peuple dans le désert et Elie un grand prophète, tous les deux reviennent accompagner, non seulement le Seigneur, mais aussi ses disciples. Cet évènement qui se passe sur une haute montagne, Thabor, se rappelle la rencontre du Seigneur avec Moïse, à qui Dieu confiera une grande responsabilité d’amener le peuple vers la terre sainte, la Terre promise.

Dans la transfiguration nous revivons la même expérience de Moïse avec Dieu. Aujourd’hui Jésus avec ses disciples réinvente cet événement, pour qu’ils comprennent la passion. Jésus les amènera avec la même illumination vers le calvaire, et à travers sa mort, vers la résurrection. L’Eglise nous prépare à la passion du Seigneur, en nous proposant ce texte de la transfiguration, un événement qui nous fera découvrir le Christ, le Sauveur du monde.

L’histoire de la transfiguration se termine avec un grand message, non seulement la mort, la résurrection, l’accomplissement de toute la prophétie, de la promesse du Seigneur, il y a aussi la GLOIRE de Dieu, la nuée lumineuse. Dans cette gloire, il y a une voix, une voix qui nous parle, ‘écoutez-Le’. Puisque notre Dieu est rempli d’amour et de miséricorde, puisqu’Il est généreux, cette écoute, et notre fidélité à sa Parole, nous apportera beaucoup de bien. Pour tout cela, il faut savoir non seulement gravir sur la montagne, une haute montagne, mais aussi savoir descendre, descendre avec le Seigneur. Je vous souhaite une bonne préparation.

Amen.

 

 

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Publié le 10 Mars 2017

Gospel text (Mt 5,43-48):

 Jesus said to his disciples, «You have heard that it was said: ‘Love your neighbor and do not do good to your enemy’. But this I tell you: Love your enemies, and pray for those who persecute you, so that you may be children of your Father in Heaven. For he makes his sun rise on both the wick­ed and the good, and he gives rain to both the just and the unjust. If you love those who love you, what is special about that? Do not even tax collectors do as much? And if you are friendly only with your friends, what is so exceptional about that? Do not even the pagans do as much? For your part you shall be righteous and perfect in the way your heavenly Father is righteous and perfect».

«Love your enemies, and pray for those who persecute you»

Fr. Joan COSTA i Bou 
(Barcelona, Spain)

Today's Gospel exhorts us to the most perfect love. Love is wanting to do good to others, and here lies our personal fulfillment. We do not love for our own sake, but for the sake of doing good to our neighbor, and on doing it to improve as persons. The II Vatican Council said, «human beings cannot reach their prime but by sincerely giving themselves to others». Sainte Therese of the Infant Jesus said, ‘This is making an holocaust of our life’. Love is a human vocation. Our whole behavior, to be truly human, has to be the expression of the reality of our being while fulfilling our vocation for love. As John Paul II has written, «a man, cannot live without love. He becomes incomprehensible. His life does not make sense if love is not revealed to him, if he does not find love, if he does not experience love and makes it his, if he does not intensely participate in it». 

Love has its foundation and reaches its highest form in God's love in Christ. We are invited to a dialogue with God. We exist for the love of God, Who created us, and for the love of God which keeps us, «and we can only say we live in full realization of the truth when we freely recognize this love and fully trust our Creator» (II Vatican Council): this is the most important reason of its dignity. In other words, human love must remain under the custody of Divine Love, which is where it comes from, where it finds its reflection and brings it to its fullest. This is why, love, when truly human, loves with God's heart and can even embrace its foe. Otherwise, one does not truly love. To such an extent that the exigency of our giving ourselves sincerely, becomes a divine precept: «For your part you shall be righteous and perfect in the way your heavenly Father is righteous and perfect» (Mt 5:48).

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Publié le 10 Mars 2017

Texte de l'Évangile (Mt 5,43-48): 

«Vous avez appris qu'il a été dit: ‘Tu aimeras ton prochain, et tu haïras ton ennemi’. Mais moi, je vous dis: Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent, afin que vous soyez fils de votre Père qui est dans les cieux; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et il fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes. Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous? Les publicains aussi n'agissent-ils pas de même? Et si vous saluez seulement vos frères, que faites-vous d'extraordinaire? Les païens aussi n'agissent-ils pas de même? Soyez donc parfaits, comme votre Père céleste est parfait».

«Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent»

Abbé Joan COSTA i Bou 
(Barcelona, Espagne)

Aujourd'hui l'Évangile nous exhorte à l'amour le plus parfait. Aimer c'est vouloir le bien de l'autre et notre épanouissement personnel est fondé sur cela. Nous n'aimons pas pour notre propre bien-être, mais pour le bien de la personne aimée, et ce faisant, nous grandissons comme personnes. L'être humaine, affirma le Concile Vatican II, «ne peut pleinement se trouver que par le don désintéressé de lui-même». Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus se référait à cela quand elle demandait de faire de notre vie un holocauste. L'amour est la vocation de l'homme. Tout notre comportement, pour être véritablement humain, doit manifester la réalité de notre être, en réalisant sa vocation à l'amour. Comme Jean Paul II l'a écrit, «l'homme ne peut vivre sans amour et vu qu'il demeure pour lui-même un être incompréhensible, sa vie est vide de sens s'il ne reçoit pas la révélation de l'amour, s'il n'en fait pas l'expérience, s'il ne rencontre pas l'amour, s'il ne le fait pas sien, s'il n'y participe pas fortement». 

L'amour a son fondement et sa plénitude dans l'amour de Dieu dans le Christ. La personne est invitée au dialogue avec Dieu. Nous existons par l'amour de Dieu qui nous a créé, et par l'amour de Dieu qui nous conserve, «et on peut dire seulement que l'homme ne vit pleinement selon la vérité que s'il reconnaît librement cet amour et s'abandonne à son Créateur» (Concile Vatican II): telle est la plus haute raison de sa dignité. L'amour humain, en conséquence, doit être baigné d'Amour Divine qui est sa seule source, où il trouve son modèle et qui le mène à sa plénitude. C'est pourquoi l'amour, quand il est vraiment humain, aime avec le coeur de Dieu et s'étend même ses ennemis. Autrement, on n'aime pas pour de bon. C'est pourquoi l'exigence du don sincère de soi-même est un précepte divine: «Vous donc, soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait» (Mt 5,48).

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Publié le 9 Mars 2017

Gospel text (Mt 5,20-26): 

Jesus said to his disciples, «I tell you, then, that if you are not righteous in a much broader way than the teachers of the Law and the Pharisees, you cannot enter the kingdom of heaven. You have heard that it was said to our people in the past: ‘Do not commit murder; anyone who does kill will have to face trial’. But now I tell you: whoever gets angry with a brother or sister will have to face trial. Whoever insults a brother or sister deserves to be brought before the council; whoever calls a brother or a sister "Fool" deserves to be thrown into the fire of hell. 

»So, if you are about to offer your gift at the altar and you remember that your brother has something against you, leave your gift there in front of the altar, go at once and make peace with him, and then come back and offer your gift to God. Don't forget this: be reconciled with your opponent quickly when you are together on the way to court. Otherwise he will turn you over to the judge, who will hand you over to the police, who will put you in jail. There you will stay, until you have paid the last penny».

«Leave your gift there in front of the altar, go at once and make peace with him [your brother]»

Fr. Thomas LANE 
(Emmitsburg, Maryland, United States)

Today, the Lord challenges us to convert as He speaks about what goes on in our hearts. The commandment says «Do not commit murder» (Mt 5:21), but Jesus reminds us that there are other ways of killing life in others. We can kill life in others by harboring excessive anger towards them in our hearts or not treating them respectfully and calling them “Fool” (cf. Mt 5:22).

The Lord calls us to be people of integrity: «Leave your gift there in front of the altar, go at once and make peace with him» (Mt 5:24), i.e. the faith we profess in our celebration of the Liturgy should flow over into our daily lives and affect how we live. So Jesus asks us to be reconciled with our enemies. A first step along the road to reconciliation is to pray for our enemies as Jesus requested. If we find this difficult it is good to remember and picture in our minds Jesus dying for those whom we dislike. If we have been seriously hurt by others let us pray for healing of painful memories and the grace to forgive. As you pray, ask the Lord to walk back in time with you to the time and place of the hurt and replace your hurt with his love so that you may be free to forgive.

As Pope Benedicyt wrote, «we cannot communicate with the Lord if we do not communicate with one another. If we want to present ourselves to him, we must also take a step towards meeting one another. To do this we must learn the great lesson of forgiveness: we must not let the gnawings of resentment work in our soul, but must open our hearts to the magnanimity of listening to others, open our hearts to understanding them, eventually to accepting their apologies, to generously offering our own».

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Publié le 9 Mars 2017

Texte de l'Évangile (Mt 5,20-26):

«Je vous le dis en effet: Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n'entrerez pas dans le Royaume des cieux. Vous avez appris qu'il a été dit aux anciens: ‘Tu ne commettras pas de meurtre’, et si quelqu'un commet un meurtre, il en répondra au tribunal. Eh bien moi, je vous dis: Tout homme qui se met en colère contre son frère en répondra au tribunal. Si quelqu'un insulte son frère, il en répondra au grand conseil. Si quelqu'un maudit son frère, il sera passible de la géhenne de feu.

»Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande sur l'autel, si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande là, devant l'autel, va d'abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande. Accorde-toi vite avec ton adversaire pendant que tu es en chemin avec lui, pour éviter que ton adversaire ne te livre au juge, le juge au garde, et qu'on ne te jette en prison. Amen, je te le dis: tu n'en sortiras pas avant d'avoir payé jusqu'au dernier sou».

«Laisse ton offrande là, devant l'autel, va d'abord te réconcilier avec ton frère»

Abbé Thomas LANE
(Emmitsburg, Maryland, Etats-Unis)

Aujourd'hui, le Seigneur, qui parle de ce qui se passe dans nos cœurs, nous incite à la conversion. Le commandement dit «Tu ne commettras pas de meurtre» (Mt 5,21); mais Jésus nous rappelle qu'il y a plusieurs façons de tuer les autres. Nous pouvons détruire la vie des autres si nous nourrissons une colère excessive dans nos cœurs envers eux ou si nous les insultons (cf. Mt 5,22).

Le Seigneur nous appelle à être des gens intègres: «Laisse ton offrande là, devant l'autel, va d'abord te réconcilier avec ton frère» (Mt 5,24). La foi que nous pratiquons dans la célébration de la Liturgie devrait s'écouler dans nos vies quotidiennes et affecter notre façon de vivre. C'est pourquoi Jésus nous demande de nous réconcilier avec nos ennemis. Un premier pas sur ce chemin de réconciliation est de prier pour nos ennemis comme Jésus nous l'a demandé. Et si nous trouvons cela difficile il serait bon d'évoquer en nous l'image de Jésus mourant pour tous ceux qui nous sont antipathiques. Si nous avons été sérieusement blessés par d'autres prions le Seigneur de cicatriser ces souvenirs douloureux et d'obtenir la grâce de pouvoir pardonner. Et, lorsque nous prions, demandons au Seigneur de revenir avec nous au temps et au lieu de l'offense et d'y mettre son amour, pour que nous puissions être libres de pardonner.

Comme le Pape Benoît XVI a écrit: «Nous ne pouvons pas communiquer avec le Seigneur, si nous ne communiquons pas entre nous. Si nous voulons nous présenter à Lui, nous devons également nous mettre en mouvement pour aller les uns à la rencontre des autres. C'est pourquoi il faut apprendre la grande leçon du pardon: ne pas laisser notre âme être rongée par le ressentiment, mais ouvrir notre coeur à la magnanimité de l'écoute de l'autre, ouvrir notre coeur à la compréhension à son égard, à l'éventuelle acceptation de ses excuses, au don généreux des nôtres».

 

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Rédigé par JOHNBOSCO

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