Publié le 14 Juin 2025

Homélie

 

Vivre le Mystère de la Trinité


Le mystère de la Très Sainte Trinité—Père, Fils et Saint-Esprit—est le mystère central de notre foi chrétienne et de notre vie (Catéchisme de l’Église Catholique [CEC], 234). Même si nous ne pourrons en saisir la plénitude qu’au ciel (1 Co 13,12), nous sommes appelés à le vivre dès maintenant, car « la Trinité a laissé son empreinte sur toute la création et dans la vie intérieure de l’homme » (CEC 237).
Nous ne célébrons pas la Trinité une fois par an seulement : nous participons à sa vie divine chaque jour. Comme le rappelle saint Paul, « Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu et que l’Esprit de Dieu habite en vous ? » (1 Co 3,16). Ce mystère devient vivant lorsque nous y prêtons attention dans la prière.


Le Père : Source et Âme
Le Père agit en nous par l’élan de notre âme, reflet de son amour créateur. « Dieu créa l’homme à son image » (Gn 1,27), et l’âme en est le sanctuaire. Elle est faite pour communiquer avec Dieu par notre corps et notre intelligence, comme le dit saint Paul : « L’Esprit lui-même atteste à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu » (Rm 8,16).
Il nous faut apprendre à écouter notre âme, en traversant les « demeures » dont parle sainte Thérèse d’Avila. Ce cheminement intérieur nous mène vers l’union contemplative, là où la volonté divine devient nôtre (cf. Jn 17,21).


Le Fils : Révélation par le Corps
Le Christ, Verbe fait chair (Jn 1,14), révèle le Père à travers son corps. De même, notre corps, animé par l’âme, peut révéler les mouvements de la grâce. « Votre corps est le temple de l’Esprit Saint » (1 Co 6,19). Les sensations, les émotions, les intuitions peuvent être des signes par lesquels le Christ continue de parler. En étant attentifs à notre corps, nous pouvons discerner la joie ou l’appel divin.


L’Esprit : Lumière de l’Intellect
Le Saint-Esprit, donateur de vie (Credo de Nicée), agit dans notre intellect. Il éclaire l’esprit et nous conduit « dans toute la vérité » (Jn 16,13). Parfois, ce que nous ne comprenions pas depuis des années s’éclaire soudainement, donné dans la paix par la voix douce de l’Esprit. Il renouvelle notre intelligence (Rm 12,2) et nous rend plus conscients spirituellement.
Mais cette action divine demande notre coopération : l’intellect doit discerner, le corps doit obéir. Lorsque toutes les parties de notre être—âme, corps et esprit—répondent en harmonie à Dieu, nous entrons dans la prière du Christ : « Qu’ils soient un comme nous sommes un » (Jn 17,21).


Apprenons à reconnaître l’action du Dieu Trinité en nous, non comme un mystère lointain, mais comme une présence vivante. La Trinité n’est pas seulement un dogme à croire, mais une vie à vivre.
P. Terry Cmf.

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Publié le 7 Juin 2025

Homélie

 

Aujourd’hui, l’Église célèbre avec joie la Pentecôte—le don de l’Esprit Saint aux disciples, la naissance de l’Église, et la poursuite de la mission divine. Bien que l’Esprit ait toujours été à l’œuvre dans l’histoire du salut, la Pentecôte marque un moment décisif : l’Esprit, envoyé par le Père et le Fils, vient habiter les disciples et les accompagner dans leur mission (Jean 14, 26 ; Actes 2, 1–4).

1. La mission du Père : Création et Rédemption

Dès l’origine, la mission du Père est celle de la création (Genèse 1, 1). Il demeure le Créateur, renouvelant sans cesse le monde. Lorsque l’Esprit nous est donné, nous devenons participants de cette mission créatrice—non pas en créant à partir de rien, mais en transformant ce qui nous est confié. Cependant, notre liberté humaine nous fait souvent faillir (Romains 3, 23). Par amour, le Père choisit de nous racheter et de restaurer la création par le Christ (2 Corinthiens 5, 17–18).

2. La mission du Fils : Rédemption par l’obéissance et l’amour

Le Christ a racheté la création déchue par son obéissance parfaite (Philippiens 2, 8). En Lui, nous sommes appelés à poursuivre cette œuvre. En portant son image (Galates 2, 20), nous sommes envoyés dans le monde pour incarner l’amour, la miséricorde et la réconciliation. Dans nos familles, nos lieux de travail ou dans la société, notre obéissance au commandement d’aimer devient une œuvre de rédemption (Jean 13, 34–35).

3. La mission de l’Esprit : Sanctification

L’Esprit Saint sanctifie cette humanité rachetée afin que le monde retrouve sa vocation première (Romains 15, 16). La Pentecôte n’est pas un événement unique, mais une invitation constante à sanctifier le monde à travers nos vies. Jésus a accompli sa mission par la Croix, et l’Esprit, répandu à la Pentecôte, nous rend capables de faire de même (Actes 1, 8).

4. Les sept dons de l’Esprit Saint

L’Esprit nous sanctifie par ses sept dons (Isaïe 11, 2–3) :

  • La sagesse,
  • L’intelligence,
  • Le conseil,
  • La force,
  • La science,
  • La piété,
  • La crainte de Dieu (admiration et respect, non peur punitive).

Ces dons se sont manifestés progressivement : dans le martyre d’Étienne (Actes 7), la prédication de Pierre (Actes 4), la conversion de Paul (Actes 9), et dans les guérisons, miracles et libérations des Actes des Apôtres.

5. Notre mission personnelle : Paix et Pardon

Nous participons tous à la mission trinitaire. Là où nous vivons, nous sommes appelés à apporter la paix divine—non pas la paix du monde (Jean 14, 27), mais celle du Christ, qui apaise le cœur. Notre simple présence doit inspirer sérénité et espérance. Et le signe le plus fort de cette paix est le pardon. Le pardon nous réconcilie avec Dieu et avec les autres (Éphésiens 4, 32). Il est à la fois fruit de l’Esprit et expression de l’amour divin.

Accueillons l’Esprit à nouveau en cette Pentecôte. Que ses dons sanctifient nos cœurs, nos foyers et notre monde. Que sa paix rayonne à travers le pardon et l’amour. Amen.

P. Terry Cmf.

 

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Publié le 1 Juin 2025

Homélie

La vie chrétienne est avant tout une vie de foi, qui s’exprime pleinement dans l’espérance et la joie que l’Esprit fait habiter en nous. Cette vie trouve son modèle dans la communion trinitaire : le Père est tourné vers le Fils, le Fils vers le Père, et l’Esprit Saint procède du Père et du Fils. Dans cette relation divine, il y a à la fois une diversité de personnes et une unité parfaite. Si nous accueillons profondément ce mystère de la Trinité, nous comprendrons plus aisément l’exigence de la vie chrétienne.

 

À l’image d’un fil tissé dans la trame d’un tissu, chacun et chacune de nous participe à la construction de l’Église du Seigneur—un corps vivant, appelé à s’élargir sans fin, dans l’amour et la communion. La qualité de nos relations les uns avec les autres révèle la profondeur de notre amour pour Dieu. Une vie façonnée par l’amour, pour l’amour, devient témoignage du mystère révélé sur la Croix.

 

Saint Jean nous aide à percer ce mystère lorsqu’il écrit : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, non pas pour juger le monde, mais pour que, par Lui, le monde soit sauvé » (Jn 3,16–17). Ce même amour se fait commandement du Seigneur : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés » (Jn 13,34). Là se trouve le cœur de notre foi.

 

Mais aimer en vérité nous conduit à devenir témoins. Le Seigneur nous invite à vivre une vie qui témoigne de Son amour. Non pas par de grands discours, mais par une existence transfigurée, une vie qui, par sa cohérence et sa bonté, devient signe du Dieu vivant. Lorsque le monde perd ses repères, il est invité à tourner les yeux vers l’Église, et plus encore, vers la vie intérieure de chaque baptisé, reflet discret de la Trinité.

 

Notre vie, alors, devient repère pour nos frères et sœurs, pour ceux qui vivent sous notre toit, comme pour ceux que nous croisons. Chacun et chacune de nous est appelé à manifester, dans sa propre personne, cette unité divine, cette diversité féconde, et cet amour trinitaire. Cela se révèle dans nos relations, dans notre façon d’aimer, de pardonner, de nous engager.

 

Ce que nous donnons, nous ne le possédons pas. Nous le transmettons, comme nous l’avons reçu. Jésus a reçu tout de Son Père, et nous, à notre tour, le partageons avec nos frères et sœurs. Ainsi, la mission initiée par le Christ se poursuit à travers nous. Mais cela exige humilité et lucidité : nous sommes souvent fragiles dans notre connaissance de Dieu, et encore plus dans notre expérience personnelle de Sa présence en nous.

 

Saint Augustin nous le rappelle : « Pour connaître Dieu, il faut L’aimer, et pour L’aimer, il faut Le connaître. » Mais comment aimer un Dieu que nous ne connaissons pas ? Et comment Le connaître sans L’aimer ? Ce paradoxe nous pousse à chercher, à prier, à demeurer.

 

C’est pourquoi, en ce temps pascal, l’Église nous offre les récits des apparitions du Ressuscité : elles ne sont pas seulement le témoignage d’un événement passé, mais une école pour notre foi. À travers elles, nous découvrons l’amour divin incarné dans le Christ, et comment les premières communautés chrétiennes ont accueilli cet amour dans leur vie quotidienne, avec ses luttes, ses joies et ses transformations.

 

Rien de cela ne vient de nous. Tout est grâce. Tout est don reçu et partagé. L’Esprit Saint agit en silence, discrètement mais avec puissance, pour que la transmission divine se fasse en nous. Il habite nos gestes les plus simples, nos choix les plus humbles. Il fait de notre vie ordinaire un lieu de la révélation extraordinaire de Dieu.

Alors, faisons-lui confiance. Laissons-nous transformer, habiter, guider. Marchons ensemble, en Église, peuple de Dieu en marche, communauté des bienheureux appelés à refléter l’amour du Père, du Fils et de l’Esprit. Amen. Bon Dimanche !

P. Terry Cmf.

 

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Publié le 24 Mai 2025

Homélie

 

Le Père Claret, notre fondateur, était un homme d'une profonde humilité. Pourtant, il comprit que même son humilité radicale et son obéissance ne suffisaient pas pour suivre pleinement le Christ. Peu à peu, le Seigneur l’attira vers des sommets spirituels plus élevés, jusqu’à le combler de la grâce de porter en lui la Sainte Eucharistie. En tant que mystique, il se mit à prier avec ferveur : « Seigneur, apprends-moi à T’aimer. » Cette prière, si simple et si profonde, est devenue partie intégrante de notre identité clarétaine : non seulement aimer et servir le Père, mais aussi susciter chez les autres ce même amour.

Nous aspirons tous à aimer le Père. Mais dans nos limites humaines, nous ne savons souvent pas comment faire. Comme l’écrit saint Augustin : pour aimer Dieu, il faut d’abord Le connaître — et pour Le connaître, il faut L’aimer. Mais alors, comment L’aimer de manière concrète, chaque jour ? Il m’est arrivé, en passant devant notre chapelle communautaire, de me poser cette question : « Est-ce que j’aime vraiment Dieu ? » Et je ne savais pas quoi répondre. Je doutais de la sincérité de mon amour. Même aujourd’hui, je me demande parfois si je sais vraiment aimer Dieu. Alors je cherche un « raccourci » : j’écoute les enseignements de Jésus et je m’efforce de vivre selon son exemple. C’est cette imitation qui, peu à peu, façonne mon âme comme une demeure où le Père peut habiter, un sanctuaire vivant pour la Trinité.

Même si cela n’est que le fruit de mon imagination ou de mes efforts, c’est là ma prière sincère : aimer le Père. Et je crois que le Seigneur me guide à chaque pas. Parfois, dans mes méditations quotidiennes, je sens que Dieu m’inspire à vous écrire. Ces paroles ne sont pas seulement les miennes — elles me sont données gratuitement, parce que je crois que Dieu vous aime. En les partageant, c’est une manière pour moi d’aimer le Père. Et lorsque vous les lisez, j’espère que vous sentez Dieu vous accompagner, vous inspirer — peut-être différemment de ce que j’ai exprimé.

L’Évangile d’aujourd’hui évoque le départ de Jésus — son combat intérieur, les conséquences de ce départ, mais surtout la promesse de l’Esprit Saint. Les disciples ignoraient ce qui allait se produire, mais Jésus connaissait déjà le dessein divin. Pour ma part, je fais l’expérience de l’Esprit dans l’écriture, la méditation et la contemplation. Chacun de nous porte en lui quelque chose à offrir, comme une part du mystère de Dieu en devenir. L’Esprit nous guide souvent par des chemins inattendus, sans tout nous révéler. Il nous demande simplement de faire confiance et d’obéir.

Même si notre situation extérieure ne change pas, la certitude que le Seigneur marche avec nous nous fortifie. Sa paix n’est pas celle que le monde donne — elle est plus profonde, intérieure, durable. J’en ai parlé mardi dernier et ne le répéterai pas ici. Cette paix intérieure se manifeste surtout dans les moments de souffrance. Beaucoup la cherchent, mais seuls ceux qui passent par les désolations de la vie en ont réellement besoin — et la reçoivent en vérité. Jésus savait que ses disciples seraient bouleversés : certains Le prendraient pour un jardinier, d’autres fuiraient vers Emmaüs, d’autres encore retourneraient à leurs filets. Et pourtant, à chaque apparition, Il leur apporte la paix — et Il continue de le faire aujourd’hui.

Ce qui est magnifique dans notre relation à Jésus, c’est qu’elle nous conduit à une intimité avec toute la Trinité. Aimer Jésus et faire sa volonté, c’est aimer le Père et l’Esprit. Quand nous marchons dans les rues, nous invoquons l’Esprit. Quand nous sommes devant le Saint-Sacrement, nous invoquons Jésus. Ces invocations se rejoignent, car elles s’enracinent dans un même amour divin. C’est cela, le mystère de notre communion avec le Père, par le Christ, dans l’Esprit Saint.

Prions pour que chaque baptisé devienne une véritable « Demeure divine » pour la Trinité, vivant cette présence en lui et la rayonnant autour de lui — pour la gloire de Dieu et le salut du monde entier. Amen.

P. Terry, cmf

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Publié le 18 Mai 2025

Homélie

En ce temps pascal, nous sommes invités à tourner notre regard vers Jésus, à écouter attentivement ses paroles, et à redécouvrir comment la première communauté chrétienne a vécu sa foi. La Parole de Dieu, les expériences des disciples et les événements qui les entouraient sont comme des signes extérieurs qui nous guident dans ce temps de contemplation. Mais cette contemplation nous conduit aussi vers l’intérieur : elle ouvre un espace sacré où nous pouvons recevoir un message personnel et intime du Seigneur. Ce message nous appelle à vivre notre foi de manière plus pleine et plus authentique.

 

Les lectures et l’Évangile de ce jour nous aident à accueillir ce message et à le vivre tout au long de la semaine à venir. Le thème central qui en ressort est celui-ci : la gloire de Dieu est étroitement liée à l’amour—non pas un amour qui cherche à posséder, mais un amour qui se donne. Dieu se glorifie en se donnant au monde. Car Dieu est amour, et sa gloire se manifeste lorsque cet amour est versé. L’Évangile commence par cette déclaration de Jésus :
« Maintenant le Fils de l’homme est glorifié, et Dieu est glorifié en lui. »
Ces paroles sont prononcées juste après le départ de Judas pour le trahir. Ce moment de trahison devient, paradoxalement, le point de départ d’où l’amour divin se répand dans le monde. Face à la faiblesse humaine, Jésus parle de glorification. Son amour ne vacille pas. Il aime même Judas. Cela nous révèle une vérité essentielle : l’amour divin persiste même face à nos infidélités.

 

Le mot qui me touche profondément aujourd’hui est : « la gloire de Dieu. » Pour découvrir cette gloire, Jésus ne nous conduit ni au Temple, ni sur la montagne où Dieu est apparu aux prophètes. Il nous conduit plutôt au Calvaire, là où l’amour divin se révèle dans toute sa plénitude. Par son obéissance totale, enracinée dans l’amour du Père, Jésus glorifie Dieu. Cette obéissance n’est pas dictée par la peur, mais nourrie par l’amour. Par cet amour, Jésus glorifie son Père, et le Père, à son tour, nous glorifie en son Fils. Si nous vivons, nous aussi, dans l’obéissance, nourris par l’amour divin, la gloire de Dieu peut se rendre visible en nous.

 

Cette gloire découle de l’amour profond entre le Père et le Fils. Elle commence dans l’amour et s’achève dans l’amour. Jésus nous invite à entrer dans cette même communion d’amour. Même si cet amour n’est pas toujours visible ni tangible, Jésus nous donne son exemple. Le commandement qu’Il nous laisse n’est pas simplement d’aimer, mais d’aimer comme Lui nous a aimés :
« Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. »
Ces paroles nous appellent à aller plus en profondeur, à vivre ce commandement avec sincérité.

 

Chacun de nous est appelé à reconnaître et à recevoir l’amour de Dieu dans sa propre vie. Oui, nous affirmons souvent que Jésus nous a aimés sur la Croix—et c’est vrai—mais son amour ne s’est pas arrêté là. Jésus continue à aimer chacun de nous personnellement, intimement et individuellement. Et Il nous appelle à refléter cet amour de la même manière—afin que ceux qui nous entourent découvrent l’amour divin à travers notre amour humain. C’est ainsi que l’on saura que nous sommes vraiment ses disciples.

 

Comment Jésus a-t-il aimé ? Regardons ses disciples. Il leur dit : « Je vous ai choisis ; vous êtes mes amis, non plus mes serviteurs. » Il a élevé leur relation de la simple obéissance à une amitié fondée sur la confiance et l’ouverture. Un autre aspect essentiel est celui de la communion—une communion profonde, à l’image de la Trinité. Il leur dit : « Je vous ai tout révélé. » Son amour était transparent, authentique, libre. Et enfin, Il se donne dans l’Eucharistie—le pain rompu et le sang versé—un amour qui se donne entièrement pour l’autre.

Nous sommes invités à vivre ce même amour de don avec nos frères et sœurs. Lorsque nous commençons à mener une vie remplie d’amour et de miséricorde, nous rendons gloire à Dieu. Et dans cet amour, Dieu nous glorifiera, tout comme Il a glorifié son Fils, Jésus-Christ. Cette semaine, efforçons-nous de vivre une vie de gloire—la gloire de Dieu qui brille à travers l’amour humain. Pour la gloire de Dieu et le salut de l’humanité. Amen.

 

P. Terry, CMF

 

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Publié le 11 Mai 2025

Homélie

 

La beauté de la vie chrétienne réside dans la paix intérieure et la joie profonde que nous recevons gratuitement du Père, dans l’amour. Ce ne sont ni nos talents ni nos réussites qui en sont la source, mais la conscience que le Seigneur marche avec nous et demeure en nous. Même si l’intelligence ou les capacités nous manquent, si nous mettons ce que nous sommes au service de la foi, cette paix et cette joie intérieures portent du fruit, de multiples manières. Notre simple présence dans la société devient lumière dans l’obscurité. Chaque baptisé est unique, irremplaçable, et appelé à illuminer son entourage.

 

Jésus dit : « Mes brebis écoutent ma voix ». Mais où l’entendons-nous ? D’abord, au plus profond de nous-mêmes, dans cette voix intérieure qui suscite émotions, élans, et désirs spirituels. Dieu nous parle par des signes et des symboles, à travers les événements, les personnes, et même la nature. Contempler le soleil et les étoiles nous rappelle que tout est harmonie, voulu et ordonné par le Père. La nature est comme le premier langage de Dieu, une voix visible de sa paix parfaite. Elle nous inspire à espérer et à faire confiance éternellement au Seigneur. Chacun de nous a une mission unique, à accomplir en communion avec la création.

 

Dans l’Évangile, Jésus poursuit avec cette affirmation essentielle : « Je les connais. » Même si nous ne comprenons pas toujours ses voies, Lui nous connaît parfaitement. Et c’est notre espérance : « Seigneur, tu me connais entièrement, et je te fais confiance. » Comme Pierre, qui répond trois fois : « Seigneur, tu sais que je t’aime », nous sommes appelés à une remise totale de nous-mêmes à Dieu. Avant même notre naissance, Dieu avait déjà tracé un chemin pour chacun. Ce chemin n’est pas fait de perfection, mais de fidélité vécue dans notre réalité, avec nos forces et nos limites. Rien de ce que nous sommes ne dépasse sa volonté divine. Même l’apprentissage de l’espagnol aujourd’hui – je ne sais pas pourquoi, mais je suis sûr que le Seigneur le sait. Et c’est dans cette confiance que je m’abandonne à sa volonté. C’est l’offrande la plus précieuse que je puisse Lui faire.

 

Quelle que soit notre vocation — mariage, célibat, vie consacrée —, l’écoute de la voix intérieure est la première étape pour discerner la volonté divine et s’y abandonner pleinement.

 

Nous marchons ainsi dans la foi et la confiance, comme les disciples d’Emmaüs. Le Seigneur est à nos côtés, nous enseignant, nous guidant. Parfois, le cœur brûle en nous sans que nous en ayons encore conscience. Le chemin n’est pas toujours droit ni facile, mais notre soif de connaître et faire la volonté du Père, notre courage à prendre un sentier inconnu, sont les signes que nous marchons véritablement sur les pas du Christ. Si ce chemin est vécu sans rancune, dans le pardon, le don de soi, et la paix intérieure, même sans attente de retour — pas même de Dieu — alors nous pouvons dire avec certitude : nous marchons sur le chemin voulu par le Christ, et comme Il veut que nous marchions.

 

Ce chemin nous unit à Jésus, et par Lui, au Père. Comme le dit saint Paul : « L’espérance ne déçoit pas » (Rm 5,5). Nous sommes en Christ. Et Jésus affirme que nul ne peut nous arracher de sa main, sauf si nous choisissons nous-mêmes de nous éloigner. Nos œuvres, si elles sont inspirées par l’Esprit, sont protégées par Lui. Après la Résurrection, Jésus rassure sans cesse ses disciples : « N’ayez pas peur, c’est moi. » Il connaît nos faiblesses et nos doutes. Cela nous donne la force de porter chaque jour notre croix, non comme un chemin de mort, mais comme un chemin de résurrection, de vie en Esprit et en Vérité. Le Calvaire est la porte vers la vie éternelle, une expérience d’amour profond.

 

Nous avons vécu le Conclave avec intensité spirituelle. L’élection de notre Saint-Père Léon XIV nous révèle combien le Seigneur prépare ses pasteurs pour chaque époque. Il n’était ni médiatisé ni attendu. Et pourtant, il a été choisi par Dieu. Supérieur général, né aux États-Unis, missionnaire au Pérou, évêque pendant dix ans, puis préfet du Dicastère pour les évêques — un chemin façonné par la main de Dieu. Le Seigneur connaît ses brebis et choisit le berger dont elles ont besoin. À travers le successeur de Pierre, le Seigneur continue de nous guider avec amour. Écoutons-le attentivement.

P. Terry Cmf.

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Rédigé par JONHBOSCO

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Publié le 4 Mai 2025

 

Homélie

Nous avons déjà médité cet Évangile durant l’octave de Pâques. Le récent document synodal l’approfondit, et les actualités du Vatican ont publié un entretien du pape François avec un journaliste sur la figure de Pierre. Puisque le document synodal vous a déjà été partagé, je souhaite maintenant vous faire découvrir cet entretien papal. Il est utile de l’écouter (en espagnol, sous-titré en français). Aujourd’hui, nous allons contempler trois moments essentiels de la vie de Pierre : avant d’aller à la mer, ce qui s’est passé sur la mer, et ce qui a suivi.

  1. Avant d’aller à la mer

La vie est pleine de surprises. Si nous les accueillons avec foi et confiance, elles deviennent des occasions de transformation et de renouveau. Pour Pierre, c’est le moment de désolation après la mort de Jésus : il ne sait plus quoi faire ni comment avancer. Nous aussi, parfois, connaissons cette nuit obscure. Certains s’arrêtent et ferment la porte à tout, comme si rien ne s’était passé. D’autres, comme Pierre, renoncent à tout ce qu’ils ont construit et retournent à une vie ordinaire, oubliant l’appel reçu.

 

  1. Ce qui s’est passé sur la mer

Pierre retourne donc à son ancien métier de pêcheur, mais cette vie « normale » ne lui apporte pas la consolation espérée. Le danger, c’est qu’il entraîne d’autres disciples avec lui, et tous se retrouvent dans l’impasse. Je peux imaginer les inquiétudes de Pierre et des autres : encore un échec, encore une chute. Combien d’entre nous ont vécu cela : essayer, retomber, se décourager ? Et pourtant, c’est à ce moment-là que le Seigneur vient, discrètement, et pose une simple question : « Enfants, avez-vous quelque chose à manger ? » En répondant à cet inconnu – ce même « étranger » qui avait accompagné les disciples d’Emmaüs, ou que Marie avait pris pour le jardinier – ils font une prise miraculeuse. Par l’amour, la confiance et l’écoute, nous aussi sommes invités à accueillir cet « étranger » divin qui nous guide : « Jetez le filet du côté droit de la barque, et vous trouverez. »

 

Ils trouvent non seulement une abondance de poissons, mais aussi quelque chose de déjà prêt : un feu, du poisson grillé. Dieu a déjà tout disposé ; Il invite les disciples à y participer. Sans reproches, sans remords, simplement une invitation à partager le repas – comme à Emmaüs : « Venez manger. » Souvent, nous restons attachés à nos fautes passées, que le Seigneur a déjà pardonnées. C’est un piège spirituel. Il faut cesser de rappeler les fautes si nous voulons construire du neuf.

 

  1. Ce qui a suivi

C’est là que commence la troisième étape : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu plus que ceux-ci ? » Une question apparemment simple, mais d’une profondeur immense. Jésus ne cherche ni un bon gestionnaire, ni un grand théologien, mais un homme qui l’aime sincèrement, intensément, plus que tout. C’est de cette relation d’amour que jaillit la mission de Pierre : aimer Jésus, le connaître intimement, vivre avec Lui, et en témoigner. Ce témoignage ne vient pas de l’extérieur, mais de l’intérieur : « J’ai vu le Seigneur. » — c’est le témoignage de Marie Madeleine, née de l’amour profond, le premier témoignage de la Résurrection.

 

C’est dans cette rencontre personnelle et intérieure avec le Seigneur que nous sommes appelés, oints et envoyés dans le monde que le Père aime. « Seigneur, tu sais tout ; tu sais bien que je t’aime. » Voilà où commence notre propre témoignage. Je suis pécheur, j’ai failli, mais Dieu continue à m’aimer, à me combler de miséricorde. Ce que je suis aujourd’hui est mon offrande au Seigneur. Je meurs à moi-même pour que le Christ vive en moi.

 

Prions avec confiance la prière d’alliance de saint Ignace de Loyola. Je la personnalise ainsi, et vous pouvez la faire vôtre : Prends, Seigneur, ma liberté et fais-en ton bien. Prends mes sentiments et mes émotions, qu’ils révèlent ta présence dans ce monde. Utilise mes talents et mon intelligence selon ta volonté, comment, quand et où tu le veux. Que tout soit à toi, Seigneur. Et enseigne-moi à t’aimer intimement. Amen.

P. Terry Cmf.

 

https://www.youtube.com/watch?v=-sRYXQUKzmU

 

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Rédigé par JONHBOSCO

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Publié le 27 Avril 2025

 


Homélie

Aujourd'hui, nous célébrons le Dimanche de la Divine Miséricorde avec des sentiments mêlés de tristesse et d'espérance. Nous portons le chagrin profond du départ de notre Saint-Père, mais nous sommes également rappelés à l’infinie miséricorde de Dieu, spécialement dans nos moments de désolations. Aux yeux de Dieu, l'échec n'est jamais une fin, mais toujours un commencement — une invitation à une conversion de notre chemin. Chaque chute révèle une orientation nouvelle. Toutefois, pour Dieu, il n'y a pas de véritable échec : Il connaît déjà notre route et celle vers laquelle Il veut nous conduire. À travers nos défis et nos erreurs, Dieu continue de nous guider, de nous réveiller et, si nécessaire, de nous corriger.

 

La porte close dont parle l'Évangile d’aujourd'hui symbolise la difficulté des disciples à croire en la Résurrection. Cette porte est restée fermée jusqu’à la Pentecôte. Pourtant, ces moments de retrait derrière des portes closes deviendront pour eux des souvenirs précieux, comme celui du dernier repas dans la chambre haute. Nous aussi, nous connaissons ces « expériences de porte close », où nous nous replions pour nous protéger ou défendre notre dignité. Mais l’amour de Dieu ne connaît aucune barrière : Il vient jusqu'à nous, même derrière nos murs les plus épais, pour nous assurer que Son amour et Sa miséricorde n'ont pas de limites.

 

Le doute de Thomas n’est pas un refus de croire, mais l’expression humaine de son incapacité à dépasser les limites de son intelligence. Son besoin de certitude personnelle, même face au témoignage de ses compagnons, montre un cœur en quête de vérité. Jésus n'accable pas Thomas pour sa quête de certitude ; au contraire, Il le rejoint avec une tendresse infinie. Dieu dépasse nos logiques humaines : Il vient à notre rencontre, même au cœur de nos doutes et de nos obscurités. Sa plénitude ne repose pas sur des preuves extérieures, mais sur une foi intérieure, enracinée dans la confiance.

 

L'Évangile d'aujourd'hui nous ouvre aussi à l'expérience de la Pentecôte, sans laquelle aucune foi véritable ne peut naître. L'Écriture nous enseigne que même le baptême est incomplet sans l'Esprit Saint. Que ce soit pour un Conclave ou tout grand discernement, c’est l'Esprit qui doit guider — comme Il a guidé ceux qui nous ont donné le pape François. Nous sommes une Église animée par l'Esprit. Prions pour que chaque parole, chaque pensée, chaque geste de notre vie soit inspiré et guidé par l'Esprit Saint.

 

Comment savoir si nous sommes remplis de l'Esprit ? La première communauté chrétienne nous donne quelques repères : au-delà des sept dons traditionnels, trois signes ressortent. Le premier est une foi vivante, qui nous pousse à sortir de nous-mêmes pour vivre en communion. Le Dimanche de la Divine Miséricorde nous appelle à entrer dans une communion plus profonde — communion avec la Trinité. Notre communion humaine trouve son modèle dans celle du Père, du Fils et de l'Esprit, telle que présentée dans l'Évangile selon saint Jean (chapitre 15), à l’image du cep et des sarments. Cette communion débouche naturellement sur la mission : une vie témoignage, remplie de miséricorde et de compassion.

 

Prions donc pour que chaque chrétien vive cette communion profonde avec le Christ. Que nos vies soient le reflet de la miséricorde reçue, pour la gloire de Dieu et le salut des âmes. Amen.

P. Terry Cmf.

 

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Publié le 18 Avril 2025

Une méditation pour le Vendredi Saint


Introduction : Une humanité rejetée

Le Vendredi Saint marque la fin visible de la vie terrestre de Jésus—cette vie humaine qui incarne pleinement ce que Dieu avait voulu dès le commencement de la création. Le monde, qui aspire à une humanité parfaite, est resté silencieux lorsqu’un homme sans péché, rempli de bonté, a été mis en procès. Quel paradoxe saisissant : nous avons rejeté ce que nous désirions tant ! Nous sommes appelés à contempler cette humanité—celle qui a choisi la Passion comme expression suprême de l’amour : l’amour pour le Père, et donc pour toute la création. C’est par cette Passion assumée que Jésus libère un monde brisé.


Un voyage d’amour : De la chambre haute au Calvaire

De la chambre haute au jardin de Gethsémani, de Jérusalem au Calvaire – un court trajet en apparence, mais long de souffrance. Accompagné de soldats, moqué par des inconnus, abandonné par ses amis, trahi par les siens… Jésus continue pourtant, pour moi.

Il rencontre quelques consolations – sa Mère, les femmes de Jérusalem, Simon de Cyrène – mais moi, je n’étais pas là. Qu’ai-je fait pour que Tu fasses cela pour moi ?

Je pénètre dans ce mystère avec gratitude et humilité. Sa Passion est essentielle à ma vie. J’entre dans ce pèlerinage spirituel avec l’espérance et la certitude que Son cri – “J’ai soif” – est aussi pour moi. Que signifie cette soif ? Puis-je l’apaiser, même un peu ?


« Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Mt 27,46)

La soif de l’humanité

Ce cri exprime l’abandon total. Jésus, au plus profond de la douleur, ne ressent plus la présence du Père. Comme nous parfois, Il se sent seul. Mais Il espère. Il a appris avec Marie à avancer seul avec foi.

Il représente la communité souffrante, celle qui accusent Dieu de silence. Sa soif est pour moi – pour ma présence et mes actes. L’Église aujourd’hui, dans un monde de guerre, porte cette soif divine. Soyons le signe de la présence de Dieu dans le silence.


« Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font » (Lc 23,34)

La soif de miséricorde

Ces paroles sont à la fois divines et profondément humaines. Jésus, innocent et souffrant, refuse la vengeance. Il implore le pardon. Sa soif est pour une humanité capable de pardonner et de donner espoir.

Notre Carême ne mène pas à une fin, mais à un commencement. Le véritable but est l’union avec Dieu, la Terre Promise. Jésus a soif de notre conversion, pour que nous devenions des témoins d’espérance.


« Aujourd’hui, tu seras avec moi dans le paradis » (Lc 23,43)

La soif de rédemption

À ce criminel crucifié, Jésus offre l’espérance. Nous savons que nous ne méritons pas la miséricorde, mais Sa soif dépasse la justice.

Comme le Père qui cherche Adam dans le jardin d’Éden, Jésus nous appelle à revenir. Sa soif est pour le cœur réveillé qui dit : « Je me lèverai et j’irai vers mon Père. » Même les indignes sont invités à la joie de Son étreinte.


« Voici ton fils… Voici ta mère » (Jn 19,26-27)

La soif de communion

Toute rencontre humaine porte un potentiel divin. Au pied de la Croix, Marie et Jean sont unis dans la douleur et l’amour.

En souffrance, Jésus voit encore la souffrance des autres. Il nous unit dans la vulnérabilité. Sa soif est pour une humanité ouverte à l’autre, capable d’accueillir et d’être accueillie.


« Tout est accompli » (Jn 19,30) et « Père, entre tes mains je remets mon esprit » (Lc 23,46)

La soif accomplie

La mission est accomplie, mais la soif demeure en nous. Comme Saint Augustin l’a dit, notre cœur est inquiet jusqu’à ce qu’il repose en Dieu. Jésus a ouvert la voie – à nous de la suivre.


Conclusion : Étancher la soif divine

« J’ai soif » – ce cri résonne encore. Chez les Sœurs de la Charité, il est visible dans chaque chapelle. Il est leur mission.

Cette soif nous conduit à travers les lieux de la Passion : le palais, le jardin, la chambre haute… chaque lieu, un mystère à vivre. Jésus a soif : que nous soyons unis au Père, comme Lui-même l’est.


Une prière finale

Seigneur, ta Croix est une bénédiction que mon humanité ne mérite pas. Pourtant, en te voyant souffrir, je découvre un sourire de pardon.

Ton contentement dans la douleur me donne le courage de porter ma propre croix. Ta joie d’accomplir la volonté du Père m’inspire à Lui abandonner ma vie. Conduis-moi, Seigneur, jusqu’au Calvaire… et à la Résurrection. Amen.

 

P. Terry Cmf.

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Rédigé par JONHBOSCO

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Publié le 17 Avril 2025

 

« Faites ceci en mémoire de moi. »


Cette parole m’a profondément touché aujourd’hui, m’invitant à la prière et à la contemplation. Pourtant, en lisant l’Évangile du jour, j’ai remarqué son absence. Et c’est précisément à partir de ce manque que jaillit cette méditation, comme une porte ouverte vers le mystère que nous sommes invités à vivre durant ces jours saints.

 

Cette parole du Christ ne nous conduit pas uniquement au Cénacle, mais bien au cœur de notre histoire de salut, jusqu’au premier événement pascal vécu par le peuple de Dieu. Elle nous ramène à Joseph en Égypte : trahi, vendu, oublié, puis élevé comme pierre angulaire du salut. De fils aimé à esclave, puis sauveur, son parcours est une prophétie vivante que nous sommes appelés à expérimenter intérieurement. Ce n’est pas seulement une histoire, c’est une voie de transformation.

 

De cette histoire naît une tradition. De cette tradition découle une réduction spirituelle, un condensé de sens, pour que nous puissions vraiment saisir ce qui s’est passé au Cénacle. « Faites ceci en mémoire de moi » contient déjà la mémoire d’une histoire, d’une tradition, et d’un mystère.

 

Alors nous nous interrogeons : que voulait vraiment dire Jésus ? Était-ce un appel au service, après le lavement des pieds ? Un changement de culte, une alliance nouvelle remplaçant l’ancienne ? Était-ce un rappel du passé, ou une ouverture vers un avenir encore à venir ?

 

Pour les disciples, fidèles à la tradition juive, le repas pascal était un acte sacré. Mais Jésus bouleverse les habitudes : Il s’abaisse pour laver les pieds. Il rompt le pain, se donne lui-même. Ce geste est nouveau, chargé d’émotion. Ce n’est que plus tard qu’ils comprendront la profondeur de ce qu’ils ont vécu.

 

Faire mémoire, ce n’est pas répéter. C’est revivre. C’est s’asseoir à la table avec le Christ, descendre avec Lui du mont de la grâce vers la vallée de la souffrance, et rester avec Lui jusque dans le silence de la croix.

 

Mais ce souvenir ne s’arrête pas au Calvaire. L’Eucharistie est aussi promesse de vie. Le Christ, en montant vers le Père, a promis son retour. Cette mémoire sacrée est donc invitation à l’espérance, à l’attente active de son avènement.

 

Faire mémoire, c’est entrer dans le temps de Dieu, où passé, présent et avenir se rejoignent. C’est vivre, ici et maintenant, une part d’éternité. C’est devenir un avec le Christ, non seulement en pensée ou en action, mais dans l’être même.

 

Notre marche de Carême, sous le signe de la synodalité et pèlerins de l’espérance, nous conduit à cette chambre haute, lieu de communion et d’envoi. Par l’Eucharistie, nous devenons Église universelle, dans sa diversité, dans sa richesse, dans sa mission.

 

Cette transformation est réelle, vécue, incarnée. Elle nous pousse au service, à la présence, au don. Elle est vie du Christ en nous, et notre vie donnée pour le monde.

 

Aujourd’hui, que cette célébration ravive en vous l’appel divin à l’immersion totale en Dieu. Non pas seulement sentir que Dieu est en vous, mais vous savoir en Dieu. Que la Trinité vous enveloppe, vous anime et vous transforme.

 

Je vous demande, en ce jour, de prier pour moi et pour tous les prêtres : que nous puissions penser ce que Dieu pense, faire ce qu’Il veut, dire ce qui Le glorifie et sauve les âmes. Amen.

 

P. Terry Cmf.

 

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Rédigé par JONHBOSCO

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