Publié le 28 Juin 2025

Homélie

Introduction

Aujourd'hui, la Sainte Mère l'Église célèbre avec solennité les deux grands piliers de l'Église : Pierre et Paul (cf. Mt 16,18 ; Ga 2,9). En méditant sur ces deux personnalités exceptionnelles, je suis inspiré par la richesse de leur complémentarité : Pierre incarne le cœur de l’Église, appelé à toucher les intellectuels dépourvus de compassion ; Paul incarne l'intellect, envoyé vers les païens en manque de connaissance du salut (cf. Rm 10,14-15). Notre propre expérience montre que le cœur et l’intelligence entrent parfois en conflit. Pierre et Paul aussi ont connu ces tensions dans leur ministère. Ils ont suivi des approches différentes, mais avaient la même mission : annoncer le Christ.

Cette fête nous invite à redécouvrir l’Église primitive, qui a traversé d’atroces persécutions, et à contempler leur fidélité. Les catacombes de Rome en portent les marques. Toutefois, il ne s'agit pas de s'émouvoir uniquement du passé, mais de pénétrer le cœur et l'intelligence de ces témoins. Cela nous aidera à comprendre comment Pierre et Paul ont conduit le peuple à vivre leur foi avec intensité et unité. Entrons donc dans l'Évangile avec cette quête en nos esprits.

1. « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » (Mt 16,15)

La foi est un don de Dieu (cf. Ep 2,8). Dieu nous donne de nombreux signes visibles, ses œuvres merveilleuses, mais surtout, sa présence active dans notre pèlerinage de vie. Découvrir personnellement notre foi est la réponse à la question posée par le Christ. Pierre a confessé : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant » (Mt 16,16). Cette confession n’est possible que par la révélation divine.

2. « Qui suis-je pour toi ? »

Cette question pousse l’intelligence à rechercher la vérité de notre identité, notre appel et notre mission. La rencontre avec le Christ n'est pas une simple connaissance théorique, mais une relation personnelle et intime. Connaitre le Christ, c’est recevoir la grâce de la foi (cf. Ph 3,8). Nous sommes déjà bénis de pouvoir entrer dans cette relation profonde.

3. « Ce n'est pas la chair et le sang qui t'ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux » (Mt 16,17)

Jésus rappelle que cette révélation vient de Dieu. Paul, également, affirme avoir reçu sa vocation du Christ lui-même (cf. Ga 1,1.12). La foi ne vient pas simplement d’un héritage humain, mais d’une action directe de l’Esprit. Cette conscience ouvre en nous une coopération plus grande à la volonté divine. Dieu agit selon notre capacité et notre mission personnelle.

4. « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église » (Mt 16,18)

Jésus confie à Pierre la charge de l’Église. C'est le Christ qui bâtit l’Église, non par la force humaine, mais par la puissance trinitaire. Tout ce qui est véritablement divin vient de Dieu. Notre soif de connaître Dieu, notre désir de servir et notre joie dans l'accomplissement de notre mission viennent du Père.

5. « Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux » (Mt 16,19)

Les clefs confiées à Pierre symbolisent l'autorité spirituelle : la mission de réconcilier les hommes avec Dieu. Cette mission n'est pas réservée au Pape seul, mais à chacun de nous, en union avec l’Église. Chaque baptisé est appelé à être un instrument de miséricorde. Le mari, l'épouse, le parent, l'ami : chacun est porteur d'une mission personnelle. Cette autorité est une responsabilité exercée en communion (cf. Jn 20,23). Jean attend Pierre (cf. Jn 20,4) et Paul monte à Jérusalem pour le rencontrer (cf. Ga 1,18). C’est ensemble que nous formons une seule Église, unie autour de Pierre, aujourd'hui représenté par le Pape Leon XIV, par les évêques et les prêtres.

Conclusion

L’Église fondée par le Christ n'est pas dominatrice ni toute-puissante. Elle est appelée à servir et à accomplir la volonté du Père. Elle est fragile, dirigée par des hommes faibles comme Pierre et Paul, qui eux aussi ont connu des tensions (cf. Ga 2,11). Pourtant, elle est belle et sainte, parce que conduite par l’Esprit. Prions pour notre Église et pour ceux qui s'engagent à la faire entrer dans chaque foyer.

 

Je suis personnellement heureux d’appartenir à cette Église, car Dieu agit en nous, malgré nos faiblesses. Tout ce que l'on attend de nous, c'est l'humilité, l'ouverture et la docilité à l'Esprit. Ce que Dieu a commencé en nous, Il l'accomplira (cf. Ph 1,6). Amen.

Bonne fête à toutes et à tous !

P. Terry Cmf.

 

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Publié le 28 Juin 2025

 

 

Texte de l'Évangile (Lc 2,41-51): 

Chaque année, les parents de Jésus allaient à Jérusalem pour la fête de la Pâque. Quand il eut douze ans, ils firent le pèlerinage suivant la coutume. Comme ils s'en retournaient à la fin de la semaine, le jeune Jésus resta à Jérusalem sans que ses parents s'en aperçoivent. Pensant qu'il était avec leurs compagnons de route, ils firent une journée de chemin avant de le chercher parmi leurs parents et connaissances. Ne le trouvant pas, ils revinrent à Jérusalem en continuant à le chercher.

C'est au bout de trois jours qu'ils le trouvèrent dans le Temple, assis au milieu des docteurs de la Loi: il les écoutait et leur posait des questions, et tous ceux qui l'entendaient s'extasiaient sur son intelligence et sur ses réponses. En le voyant, ses parents furent stupéfaits, et sa mère lui dit: «Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela? Vois comme nous avons souffert en te cherchant, ton père et moi!». Il leur dit: «Comment se fait-il que vous m'ayez cherché? Ne le saviez-vous pas? C'est chez mon Père que je dois être». Mais ils ne comprirent pas ce qu'il leur disait. Il descendit avec eux pour rentrer à Nazareth, et il leur était soumis. Sa mère gardait dans son cœur tous ces événements.

 

Méditation sur le Cœur Immaculé de Marie

Aujourd’hui, nous méditons sur le Cœur Immaculé de Marie à la lumière de l’Évangile (Luc 2, 41–51). Trop souvent, ce cœur est réduit à une simple pureté. Si celle-ci est essentielle, le cœur de Marie va bien au-delà : il est formé par le Cœur Sacré de Jésus, avant même que Marie ne le conçoive physiquement. Le Cœur de Dieu, par grâce, a été confié à Marie. Ainsi, son cœur participe au mystère trinitaire — Père, Fils et Saint-Esprit — surtout au pied de la Croix. Voici quelques pistes de méditation. Tu peux en choisir une pour ta prière personnelle.

 


  1. « Chaque année, ses parents allaient à Jérusalem » (Lc 2, 41)
    Le pèlerinage annuel de Marie et de Joseph manifeste leur fidélité à l’histoire du salut. Par cette pratique, leur cœur s’unit à l’Alliance de Dieu avec Abraham, Isaac, Jacob et David. Le Cœur Immaculé nous invite à inscrire notre propre histoire dans cette grande Histoire sainte du peuple de Dieu. Comme eux, notre fidélité ouvre notre cœur au dessein éternel de Dieu.

 


  1. « Pensant qu’il était dans la caravane... » (Lc 2, 44)
    Marie et Joseph pensaient que Jésus était avec eux, car ils lui faisaient confiance — et plus profondément, ils faisaient confiance à Dieu. Cette confiance mutuelle est le fruit de la foi. La confiance humaine devient alors un chemin vers la confiance divine. Mais parfois, cette confiance est trahie. Si tu as été blessé par une trahison, tourne-toi vers le Cœur Sacré de Jésus, transpercé mais brûlant de miséricorde (Jn 19, 34). En Lui, toute amertume peut fondre comme la cire.

 


  1. « Au bout de trois jours, ils le trouvèrent dans le Temple... » (Lc 2, 46)


Trois jours d’angoisse révèlent le mystère de la présence du Christ dans le Temple, préfiguration de sa Résurrection et du nouveau Temple de son Corps (Jn 2, 19–21). Marie comprend qu’elle aurait dû aller directement au Temple — lieu de la présence de Dieu au milieu de son peuple (Ps 83, 2). Son cœur maternel, façonné par l’amour divin et les épreuves vécues, nous conduit à l’intérieur, là où Dieu demeure.

Elle continue de dire à ses enfants : « Faites tout ce qu’il vous dira » (Jn 2, 5). Sa parole, empreinte de sagesse, nous guide toujours. Saint Augustin comprendra un jour : « Tu étais en moi, mais j’étais dehors. » Ce retour intérieur est le chemin du cœur.

Saint Laurent Justinien écrit : « Elle s’élançait vers Dieu tout en demeurant dans l’humilité. De tels progrès dans la grâce divine élèvent jusqu’aux sommets et transfigurent de gloire en gloire. » Le Cœur Immaculé de Marie n’est pas figé ; il est en perpétuelle ascension — humble, confiant et rayonnant de la grâce divine. Elle nous apprend à chercher Dieu avec un amour ardent et une fidélité cachée.


  1. « Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? » (Lc 2, 48)
    Cette question de Marie est empreinte de foi et d’humilité. Comme elle, nous pouvons interroger Dieu, non pas avec révolte, mais avec amour : « Comment cela va-t-il se faire ? » (Lc 1, 34). Le Cœur Immaculé accueille nos émotions non pour les étouffer, mais pour les transfigurer. Dans son cœur formé par la charité divine, il n’y a ni colère ni désespoir, mais silence et foi (Lc 2, 19).

 


 

5. « Il descendit avec eux... Sa mère gardait tous ces événements dans son cœur » (Lc 2, 51)
Marie gardait et méditait tout dans son cœur, surtout son Fils. Sa contemplation est centrée sur Jésus. Elle nous invite à en faire autant. Même lorsque des événements nous dépassent, elle nous apprend à dire : « Que tout m’advienne selon ta parole » (Lc 1, 38). Jésus, bien qu’étant Dieu, a appris l’obéissance à travers Marie et Joseph (He 5, 8). Il a écouté non seulement son Père, mais aussi ses parents terrestres. À notre tour, imitons ce cœur qui sait écouter.

P. Terry cmf.

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Publié le 21 Juin 2025

“Bénis, Rompus, Partagés : Vivre le mystère circulaire de l’Eucharistie”


1. De l’origine à l’accomplissement : le don eucharistique

Frères et sœurs, aujourd’hui nous célébrons le cœur battant de notre foi chrétienne : l’Eucharistie. La Parole de Dieu nous entraîne dans un itinéraire sacré, depuis le sacrifice mystérieux de Melkisédek (Gn 14,18), figure du Christ, jusqu’à la Cène, où Jésus, la veille de sa Passion, institue l’Eucharistie comme sacrement de son amour.

Ce que Melkisédek a commencé, Jésus l'accomplit : offrir le pain et le vin comme signe d’alliance, mais cette fois en livrant sa propre chair et son sang (Lc 22,19-20). Et aujourd’hui encore, il nous initie à ce mystère, afin que non seulement nous recevions l’Eucharistie, mais que nous devenions Eucharistie : des vies offertes pour nos frères.


2. Une présence réelle, une transformation réelle

L’Eucharistie n’est pas un symbole. Elle est la présence réelle du Christ : corps, sang, âme et divinité (Jn 6,51). Quand nous la recevons avec foi et préparation, ce n’est pas un pain béni que nous goûtons, mais la chair vivante de Dieu.

Certains prêtres témoignent d’une émotion intérieure, d’un frémissement profond, lorsqu’ils prononcent les paroles de la consécration. Et nous aussi, en adorant le Saint-Sacrement, nous faisons l’expérience silencieuse de la Trinité présente : le Père, le Fils et l’Esprit, unis dans l’Hostie vivante.


3. L’Eucharistie : une célébration circulaire

L’Eucharistie n’est pas un simple moment liturgique. Elle est un cycle de grâce :

  • Dieu donne la terre et ses fruits ;
  • L’homme les travaille et les offre à Dieu ;
  • Dieu les transforme et les redonne en nourriture divine ;
  • Nous sommes envoyés en mission, puis appelés à revenir au banquet.

Cette circulation d’amour reflète toute notre vie chrétienne : tout vient de Dieu et tout retourne à Lui (Rm 11,36).


4. La mission naît de l’Eucharistie

Jésus dit à ses disciples : « Donnez-leur vous-mêmes à manger » (Lc 9,13). Il ne fait pas tomber le pain du ciel. Il part de ce que les hommes ont apporté, et le bénit. Ainsi, ce que nous offrons – notre travail, nos blessures, notre prière – devient matière de transformation.

La tentation de vivre une foi solitaire – “juste moi et mon Dieu” – est forte. Mais l’Eucharistie nous rappelle : nous sommes envoyés vers les autres. Le Christ ne se donne pas pour que nous le gardions pour nous, mais pour que nous devenions pain rompu pour le monde.


5. Devenir Eucharistie : une vie donnée

Être eucharistique, c’est :

  • S’offrir chaque jour à Dieu dans l’amour ;
  • Se laisser transformer par sa grâce ;
  • Se laisser rompre, dans l’humilité et la compassion ;
  • Se donner aux autres, dans le service et la charité.

Par le baptême et la confirmation, nous sommes devenus Corps du Christ. Nous sommes désormais ce “fruit de la terre et œuvre des mains humaines”, transformé par l’Esprit pour nourrir le monde (1 Co 10,16-17).


Conclusion : De l’autel au monde, et du monde à Dieu

Frères et sœurs, la messe ne se termine pas par une clôture, mais par un envoi. La liturgie nous dit : “Allez dans la paix du Christ”. Cela signifie : portez ce que vous avez reçu. Revenez à Dieu avec ce que vous avez fait fructifier.

Dans chaque messe, le ciel touche la terre, et la terre est élevée vers le ciel. Que notre vie soit ce cercle eucharistique vivant : appelés, nourris, envoyés, puis à nouveau offerts à Dieu.

Devenons Eucharistie vivante : consacrés, transformés, rompus, partagés.
Amen.

P. Terry Cmf.

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Publié le 14 Juin 2025

Homélie

 

Vivre le Mystère de la Trinité


Le mystère de la Très Sainte Trinité—Père, Fils et Saint-Esprit—est le mystère central de notre foi chrétienne et de notre vie (Catéchisme de l’Église Catholique [CEC], 234). Même si nous ne pourrons en saisir la plénitude qu’au ciel (1 Co 13,12), nous sommes appelés à le vivre dès maintenant, car « la Trinité a laissé son empreinte sur toute la création et dans la vie intérieure de l’homme » (CEC 237).
Nous ne célébrons pas la Trinité une fois par an seulement : nous participons à sa vie divine chaque jour. Comme le rappelle saint Paul, « Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu et que l’Esprit de Dieu habite en vous ? » (1 Co 3,16). Ce mystère devient vivant lorsque nous y prêtons attention dans la prière.


Le Père : Source et Âme
Le Père agit en nous par l’élan de notre âme, reflet de son amour créateur. « Dieu créa l’homme à son image » (Gn 1,27), et l’âme en est le sanctuaire. Elle est faite pour communiquer avec Dieu par notre corps et notre intelligence, comme le dit saint Paul : « L’Esprit lui-même atteste à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu » (Rm 8,16).
Il nous faut apprendre à écouter notre âme, en traversant les « demeures » dont parle sainte Thérèse d’Avila. Ce cheminement intérieur nous mène vers l’union contemplative, là où la volonté divine devient nôtre (cf. Jn 17,21).


Le Fils : Révélation par le Corps
Le Christ, Verbe fait chair (Jn 1,14), révèle le Père à travers son corps. De même, notre corps, animé par l’âme, peut révéler les mouvements de la grâce. « Votre corps est le temple de l’Esprit Saint » (1 Co 6,19). Les sensations, les émotions, les intuitions peuvent être des signes par lesquels le Christ continue de parler. En étant attentifs à notre corps, nous pouvons discerner la joie ou l’appel divin.


L’Esprit : Lumière de l’Intellect
Le Saint-Esprit, donateur de vie (Credo de Nicée), agit dans notre intellect. Il éclaire l’esprit et nous conduit « dans toute la vérité » (Jn 16,13). Parfois, ce que nous ne comprenions pas depuis des années s’éclaire soudainement, donné dans la paix par la voix douce de l’Esprit. Il renouvelle notre intelligence (Rm 12,2) et nous rend plus conscients spirituellement.
Mais cette action divine demande notre coopération : l’intellect doit discerner, le corps doit obéir. Lorsque toutes les parties de notre être—âme, corps et esprit—répondent en harmonie à Dieu, nous entrons dans la prière du Christ : « Qu’ils soient un comme nous sommes un » (Jn 17,21).


Apprenons à reconnaître l’action du Dieu Trinité en nous, non comme un mystère lointain, mais comme une présence vivante. La Trinité n’est pas seulement un dogme à croire, mais une vie à vivre.
P. Terry Cmf.

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Publié le 7 Juin 2025

Homélie

 

Aujourd’hui, l’Église célèbre avec joie la Pentecôte—le don de l’Esprit Saint aux disciples, la naissance de l’Église, et la poursuite de la mission divine. Bien que l’Esprit ait toujours été à l’œuvre dans l’histoire du salut, la Pentecôte marque un moment décisif : l’Esprit, envoyé par le Père et le Fils, vient habiter les disciples et les accompagner dans leur mission (Jean 14, 26 ; Actes 2, 1–4).

1. La mission du Père : Création et Rédemption

Dès l’origine, la mission du Père est celle de la création (Genèse 1, 1). Il demeure le Créateur, renouvelant sans cesse le monde. Lorsque l’Esprit nous est donné, nous devenons participants de cette mission créatrice—non pas en créant à partir de rien, mais en transformant ce qui nous est confié. Cependant, notre liberté humaine nous fait souvent faillir (Romains 3, 23). Par amour, le Père choisit de nous racheter et de restaurer la création par le Christ (2 Corinthiens 5, 17–18).

2. La mission du Fils : Rédemption par l’obéissance et l’amour

Le Christ a racheté la création déchue par son obéissance parfaite (Philippiens 2, 8). En Lui, nous sommes appelés à poursuivre cette œuvre. En portant son image (Galates 2, 20), nous sommes envoyés dans le monde pour incarner l’amour, la miséricorde et la réconciliation. Dans nos familles, nos lieux de travail ou dans la société, notre obéissance au commandement d’aimer devient une œuvre de rédemption (Jean 13, 34–35).

3. La mission de l’Esprit : Sanctification

L’Esprit Saint sanctifie cette humanité rachetée afin que le monde retrouve sa vocation première (Romains 15, 16). La Pentecôte n’est pas un événement unique, mais une invitation constante à sanctifier le monde à travers nos vies. Jésus a accompli sa mission par la Croix, et l’Esprit, répandu à la Pentecôte, nous rend capables de faire de même (Actes 1, 8).

4. Les sept dons de l’Esprit Saint

L’Esprit nous sanctifie par ses sept dons (Isaïe 11, 2–3) :

  • La sagesse,
  • L’intelligence,
  • Le conseil,
  • La force,
  • La science,
  • La piété,
  • La crainte de Dieu (admiration et respect, non peur punitive).

Ces dons se sont manifestés progressivement : dans le martyre d’Étienne (Actes 7), la prédication de Pierre (Actes 4), la conversion de Paul (Actes 9), et dans les guérisons, miracles et libérations des Actes des Apôtres.

5. Notre mission personnelle : Paix et Pardon

Nous participons tous à la mission trinitaire. Là où nous vivons, nous sommes appelés à apporter la paix divine—non pas la paix du monde (Jean 14, 27), mais celle du Christ, qui apaise le cœur. Notre simple présence doit inspirer sérénité et espérance. Et le signe le plus fort de cette paix est le pardon. Le pardon nous réconcilie avec Dieu et avec les autres (Éphésiens 4, 32). Il est à la fois fruit de l’Esprit et expression de l’amour divin.

Accueillons l’Esprit à nouveau en cette Pentecôte. Que ses dons sanctifient nos cœurs, nos foyers et notre monde. Que sa paix rayonne à travers le pardon et l’amour. Amen.

P. Terry Cmf.

 

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Publié le 1 Juin 2025

Homélie

La vie chrétienne est avant tout une vie de foi, qui s’exprime pleinement dans l’espérance et la joie que l’Esprit fait habiter en nous. Cette vie trouve son modèle dans la communion trinitaire : le Père est tourné vers le Fils, le Fils vers le Père, et l’Esprit Saint procède du Père et du Fils. Dans cette relation divine, il y a à la fois une diversité de personnes et une unité parfaite. Si nous accueillons profondément ce mystère de la Trinité, nous comprendrons plus aisément l’exigence de la vie chrétienne.

 

À l’image d’un fil tissé dans la trame d’un tissu, chacun et chacune de nous participe à la construction de l’Église du Seigneur—un corps vivant, appelé à s’élargir sans fin, dans l’amour et la communion. La qualité de nos relations les uns avec les autres révèle la profondeur de notre amour pour Dieu. Une vie façonnée par l’amour, pour l’amour, devient témoignage du mystère révélé sur la Croix.

 

Saint Jean nous aide à percer ce mystère lorsqu’il écrit : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, non pas pour juger le monde, mais pour que, par Lui, le monde soit sauvé » (Jn 3,16–17). Ce même amour se fait commandement du Seigneur : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés » (Jn 13,34). Là se trouve le cœur de notre foi.

 

Mais aimer en vérité nous conduit à devenir témoins. Le Seigneur nous invite à vivre une vie qui témoigne de Son amour. Non pas par de grands discours, mais par une existence transfigurée, une vie qui, par sa cohérence et sa bonté, devient signe du Dieu vivant. Lorsque le monde perd ses repères, il est invité à tourner les yeux vers l’Église, et plus encore, vers la vie intérieure de chaque baptisé, reflet discret de la Trinité.

 

Notre vie, alors, devient repère pour nos frères et sœurs, pour ceux qui vivent sous notre toit, comme pour ceux que nous croisons. Chacun et chacune de nous est appelé à manifester, dans sa propre personne, cette unité divine, cette diversité féconde, et cet amour trinitaire. Cela se révèle dans nos relations, dans notre façon d’aimer, de pardonner, de nous engager.

 

Ce que nous donnons, nous ne le possédons pas. Nous le transmettons, comme nous l’avons reçu. Jésus a reçu tout de Son Père, et nous, à notre tour, le partageons avec nos frères et sœurs. Ainsi, la mission initiée par le Christ se poursuit à travers nous. Mais cela exige humilité et lucidité : nous sommes souvent fragiles dans notre connaissance de Dieu, et encore plus dans notre expérience personnelle de Sa présence en nous.

 

Saint Augustin nous le rappelle : « Pour connaître Dieu, il faut L’aimer, et pour L’aimer, il faut Le connaître. » Mais comment aimer un Dieu que nous ne connaissons pas ? Et comment Le connaître sans L’aimer ? Ce paradoxe nous pousse à chercher, à prier, à demeurer.

 

C’est pourquoi, en ce temps pascal, l’Église nous offre les récits des apparitions du Ressuscité : elles ne sont pas seulement le témoignage d’un événement passé, mais une école pour notre foi. À travers elles, nous découvrons l’amour divin incarné dans le Christ, et comment les premières communautés chrétiennes ont accueilli cet amour dans leur vie quotidienne, avec ses luttes, ses joies et ses transformations.

 

Rien de cela ne vient de nous. Tout est grâce. Tout est don reçu et partagé. L’Esprit Saint agit en silence, discrètement mais avec puissance, pour que la transmission divine se fasse en nous. Il habite nos gestes les plus simples, nos choix les plus humbles. Il fait de notre vie ordinaire un lieu de la révélation extraordinaire de Dieu.

Alors, faisons-lui confiance. Laissons-nous transformer, habiter, guider. Marchons ensemble, en Église, peuple de Dieu en marche, communauté des bienheureux appelés à refléter l’amour du Père, du Fils et de l’Esprit. Amen. Bon Dimanche !

P. Terry Cmf.

 

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Publié le 24 Mai 2025

Homélie

 

Le Père Claret, notre fondateur, était un homme d'une profonde humilité. Pourtant, il comprit que même son humilité radicale et son obéissance ne suffisaient pas pour suivre pleinement le Christ. Peu à peu, le Seigneur l’attira vers des sommets spirituels plus élevés, jusqu’à le combler de la grâce de porter en lui la Sainte Eucharistie. En tant que mystique, il se mit à prier avec ferveur : « Seigneur, apprends-moi à T’aimer. » Cette prière, si simple et si profonde, est devenue partie intégrante de notre identité clarétaine : non seulement aimer et servir le Père, mais aussi susciter chez les autres ce même amour.

Nous aspirons tous à aimer le Père. Mais dans nos limites humaines, nous ne savons souvent pas comment faire. Comme l’écrit saint Augustin : pour aimer Dieu, il faut d’abord Le connaître — et pour Le connaître, il faut L’aimer. Mais alors, comment L’aimer de manière concrète, chaque jour ? Il m’est arrivé, en passant devant notre chapelle communautaire, de me poser cette question : « Est-ce que j’aime vraiment Dieu ? » Et je ne savais pas quoi répondre. Je doutais de la sincérité de mon amour. Même aujourd’hui, je me demande parfois si je sais vraiment aimer Dieu. Alors je cherche un « raccourci » : j’écoute les enseignements de Jésus et je m’efforce de vivre selon son exemple. C’est cette imitation qui, peu à peu, façonne mon âme comme une demeure où le Père peut habiter, un sanctuaire vivant pour la Trinité.

Même si cela n’est que le fruit de mon imagination ou de mes efforts, c’est là ma prière sincère : aimer le Père. Et je crois que le Seigneur me guide à chaque pas. Parfois, dans mes méditations quotidiennes, je sens que Dieu m’inspire à vous écrire. Ces paroles ne sont pas seulement les miennes — elles me sont données gratuitement, parce que je crois que Dieu vous aime. En les partageant, c’est une manière pour moi d’aimer le Père. Et lorsque vous les lisez, j’espère que vous sentez Dieu vous accompagner, vous inspirer — peut-être différemment de ce que j’ai exprimé.

L’Évangile d’aujourd’hui évoque le départ de Jésus — son combat intérieur, les conséquences de ce départ, mais surtout la promesse de l’Esprit Saint. Les disciples ignoraient ce qui allait se produire, mais Jésus connaissait déjà le dessein divin. Pour ma part, je fais l’expérience de l’Esprit dans l’écriture, la méditation et la contemplation. Chacun de nous porte en lui quelque chose à offrir, comme une part du mystère de Dieu en devenir. L’Esprit nous guide souvent par des chemins inattendus, sans tout nous révéler. Il nous demande simplement de faire confiance et d’obéir.

Même si notre situation extérieure ne change pas, la certitude que le Seigneur marche avec nous nous fortifie. Sa paix n’est pas celle que le monde donne — elle est plus profonde, intérieure, durable. J’en ai parlé mardi dernier et ne le répéterai pas ici. Cette paix intérieure se manifeste surtout dans les moments de souffrance. Beaucoup la cherchent, mais seuls ceux qui passent par les désolations de la vie en ont réellement besoin — et la reçoivent en vérité. Jésus savait que ses disciples seraient bouleversés : certains Le prendraient pour un jardinier, d’autres fuiraient vers Emmaüs, d’autres encore retourneraient à leurs filets. Et pourtant, à chaque apparition, Il leur apporte la paix — et Il continue de le faire aujourd’hui.

Ce qui est magnifique dans notre relation à Jésus, c’est qu’elle nous conduit à une intimité avec toute la Trinité. Aimer Jésus et faire sa volonté, c’est aimer le Père et l’Esprit. Quand nous marchons dans les rues, nous invoquons l’Esprit. Quand nous sommes devant le Saint-Sacrement, nous invoquons Jésus. Ces invocations se rejoignent, car elles s’enracinent dans un même amour divin. C’est cela, le mystère de notre communion avec le Père, par le Christ, dans l’Esprit Saint.

Prions pour que chaque baptisé devienne une véritable « Demeure divine » pour la Trinité, vivant cette présence en lui et la rayonnant autour de lui — pour la gloire de Dieu et le salut du monde entier. Amen.

P. Terry, cmf

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Publié le 18 Mai 2025

Homélie

En ce temps pascal, nous sommes invités à tourner notre regard vers Jésus, à écouter attentivement ses paroles, et à redécouvrir comment la première communauté chrétienne a vécu sa foi. La Parole de Dieu, les expériences des disciples et les événements qui les entouraient sont comme des signes extérieurs qui nous guident dans ce temps de contemplation. Mais cette contemplation nous conduit aussi vers l’intérieur : elle ouvre un espace sacré où nous pouvons recevoir un message personnel et intime du Seigneur. Ce message nous appelle à vivre notre foi de manière plus pleine et plus authentique.

 

Les lectures et l’Évangile de ce jour nous aident à accueillir ce message et à le vivre tout au long de la semaine à venir. Le thème central qui en ressort est celui-ci : la gloire de Dieu est étroitement liée à l’amour—non pas un amour qui cherche à posséder, mais un amour qui se donne. Dieu se glorifie en se donnant au monde. Car Dieu est amour, et sa gloire se manifeste lorsque cet amour est versé. L’Évangile commence par cette déclaration de Jésus :
« Maintenant le Fils de l’homme est glorifié, et Dieu est glorifié en lui. »
Ces paroles sont prononcées juste après le départ de Judas pour le trahir. Ce moment de trahison devient, paradoxalement, le point de départ d’où l’amour divin se répand dans le monde. Face à la faiblesse humaine, Jésus parle de glorification. Son amour ne vacille pas. Il aime même Judas. Cela nous révèle une vérité essentielle : l’amour divin persiste même face à nos infidélités.

 

Le mot qui me touche profondément aujourd’hui est : « la gloire de Dieu. » Pour découvrir cette gloire, Jésus ne nous conduit ni au Temple, ni sur la montagne où Dieu est apparu aux prophètes. Il nous conduit plutôt au Calvaire, là où l’amour divin se révèle dans toute sa plénitude. Par son obéissance totale, enracinée dans l’amour du Père, Jésus glorifie Dieu. Cette obéissance n’est pas dictée par la peur, mais nourrie par l’amour. Par cet amour, Jésus glorifie son Père, et le Père, à son tour, nous glorifie en son Fils. Si nous vivons, nous aussi, dans l’obéissance, nourris par l’amour divin, la gloire de Dieu peut se rendre visible en nous.

 

Cette gloire découle de l’amour profond entre le Père et le Fils. Elle commence dans l’amour et s’achève dans l’amour. Jésus nous invite à entrer dans cette même communion d’amour. Même si cet amour n’est pas toujours visible ni tangible, Jésus nous donne son exemple. Le commandement qu’Il nous laisse n’est pas simplement d’aimer, mais d’aimer comme Lui nous a aimés :
« Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. »
Ces paroles nous appellent à aller plus en profondeur, à vivre ce commandement avec sincérité.

 

Chacun de nous est appelé à reconnaître et à recevoir l’amour de Dieu dans sa propre vie. Oui, nous affirmons souvent que Jésus nous a aimés sur la Croix—et c’est vrai—mais son amour ne s’est pas arrêté là. Jésus continue à aimer chacun de nous personnellement, intimement et individuellement. Et Il nous appelle à refléter cet amour de la même manière—afin que ceux qui nous entourent découvrent l’amour divin à travers notre amour humain. C’est ainsi que l’on saura que nous sommes vraiment ses disciples.

 

Comment Jésus a-t-il aimé ? Regardons ses disciples. Il leur dit : « Je vous ai choisis ; vous êtes mes amis, non plus mes serviteurs. » Il a élevé leur relation de la simple obéissance à une amitié fondée sur la confiance et l’ouverture. Un autre aspect essentiel est celui de la communion—une communion profonde, à l’image de la Trinité. Il leur dit : « Je vous ai tout révélé. » Son amour était transparent, authentique, libre. Et enfin, Il se donne dans l’Eucharistie—le pain rompu et le sang versé—un amour qui se donne entièrement pour l’autre.

Nous sommes invités à vivre ce même amour de don avec nos frères et sœurs. Lorsque nous commençons à mener une vie remplie d’amour et de miséricorde, nous rendons gloire à Dieu. Et dans cet amour, Dieu nous glorifiera, tout comme Il a glorifié son Fils, Jésus-Christ. Cette semaine, efforçons-nous de vivre une vie de gloire—la gloire de Dieu qui brille à travers l’amour humain. Pour la gloire de Dieu et le salut de l’humanité. Amen.

 

P. Terry, CMF

 

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Rédigé par JONHBOSCO

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Publié le 11 Mai 2025

Homélie

 

La beauté de la vie chrétienne réside dans la paix intérieure et la joie profonde que nous recevons gratuitement du Père, dans l’amour. Ce ne sont ni nos talents ni nos réussites qui en sont la source, mais la conscience que le Seigneur marche avec nous et demeure en nous. Même si l’intelligence ou les capacités nous manquent, si nous mettons ce que nous sommes au service de la foi, cette paix et cette joie intérieures portent du fruit, de multiples manières. Notre simple présence dans la société devient lumière dans l’obscurité. Chaque baptisé est unique, irremplaçable, et appelé à illuminer son entourage.

 

Jésus dit : « Mes brebis écoutent ma voix ». Mais où l’entendons-nous ? D’abord, au plus profond de nous-mêmes, dans cette voix intérieure qui suscite émotions, élans, et désirs spirituels. Dieu nous parle par des signes et des symboles, à travers les événements, les personnes, et même la nature. Contempler le soleil et les étoiles nous rappelle que tout est harmonie, voulu et ordonné par le Père. La nature est comme le premier langage de Dieu, une voix visible de sa paix parfaite. Elle nous inspire à espérer et à faire confiance éternellement au Seigneur. Chacun de nous a une mission unique, à accomplir en communion avec la création.

 

Dans l’Évangile, Jésus poursuit avec cette affirmation essentielle : « Je les connais. » Même si nous ne comprenons pas toujours ses voies, Lui nous connaît parfaitement. Et c’est notre espérance : « Seigneur, tu me connais entièrement, et je te fais confiance. » Comme Pierre, qui répond trois fois : « Seigneur, tu sais que je t’aime », nous sommes appelés à une remise totale de nous-mêmes à Dieu. Avant même notre naissance, Dieu avait déjà tracé un chemin pour chacun. Ce chemin n’est pas fait de perfection, mais de fidélité vécue dans notre réalité, avec nos forces et nos limites. Rien de ce que nous sommes ne dépasse sa volonté divine. Même l’apprentissage de l’espagnol aujourd’hui – je ne sais pas pourquoi, mais je suis sûr que le Seigneur le sait. Et c’est dans cette confiance que je m’abandonne à sa volonté. C’est l’offrande la plus précieuse que je puisse Lui faire.

 

Quelle que soit notre vocation — mariage, célibat, vie consacrée —, l’écoute de la voix intérieure est la première étape pour discerner la volonté divine et s’y abandonner pleinement.

 

Nous marchons ainsi dans la foi et la confiance, comme les disciples d’Emmaüs. Le Seigneur est à nos côtés, nous enseignant, nous guidant. Parfois, le cœur brûle en nous sans que nous en ayons encore conscience. Le chemin n’est pas toujours droit ni facile, mais notre soif de connaître et faire la volonté du Père, notre courage à prendre un sentier inconnu, sont les signes que nous marchons véritablement sur les pas du Christ. Si ce chemin est vécu sans rancune, dans le pardon, le don de soi, et la paix intérieure, même sans attente de retour — pas même de Dieu — alors nous pouvons dire avec certitude : nous marchons sur le chemin voulu par le Christ, et comme Il veut que nous marchions.

 

Ce chemin nous unit à Jésus, et par Lui, au Père. Comme le dit saint Paul : « L’espérance ne déçoit pas » (Rm 5,5). Nous sommes en Christ. Et Jésus affirme que nul ne peut nous arracher de sa main, sauf si nous choisissons nous-mêmes de nous éloigner. Nos œuvres, si elles sont inspirées par l’Esprit, sont protégées par Lui. Après la Résurrection, Jésus rassure sans cesse ses disciples : « N’ayez pas peur, c’est moi. » Il connaît nos faiblesses et nos doutes. Cela nous donne la force de porter chaque jour notre croix, non comme un chemin de mort, mais comme un chemin de résurrection, de vie en Esprit et en Vérité. Le Calvaire est la porte vers la vie éternelle, une expérience d’amour profond.

 

Nous avons vécu le Conclave avec intensité spirituelle. L’élection de notre Saint-Père Léon XIV nous révèle combien le Seigneur prépare ses pasteurs pour chaque époque. Il n’était ni médiatisé ni attendu. Et pourtant, il a été choisi par Dieu. Supérieur général, né aux États-Unis, missionnaire au Pérou, évêque pendant dix ans, puis préfet du Dicastère pour les évêques — un chemin façonné par la main de Dieu. Le Seigneur connaît ses brebis et choisit le berger dont elles ont besoin. À travers le successeur de Pierre, le Seigneur continue de nous guider avec amour. Écoutons-le attentivement.

P. Terry Cmf.

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Rédigé par JONHBOSCO

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Publié le 4 Mai 2025

 

Homélie

Nous avons déjà médité cet Évangile durant l’octave de Pâques. Le récent document synodal l’approfondit, et les actualités du Vatican ont publié un entretien du pape François avec un journaliste sur la figure de Pierre. Puisque le document synodal vous a déjà été partagé, je souhaite maintenant vous faire découvrir cet entretien papal. Il est utile de l’écouter (en espagnol, sous-titré en français). Aujourd’hui, nous allons contempler trois moments essentiels de la vie de Pierre : avant d’aller à la mer, ce qui s’est passé sur la mer, et ce qui a suivi.

  1. Avant d’aller à la mer

La vie est pleine de surprises. Si nous les accueillons avec foi et confiance, elles deviennent des occasions de transformation et de renouveau. Pour Pierre, c’est le moment de désolation après la mort de Jésus : il ne sait plus quoi faire ni comment avancer. Nous aussi, parfois, connaissons cette nuit obscure. Certains s’arrêtent et ferment la porte à tout, comme si rien ne s’était passé. D’autres, comme Pierre, renoncent à tout ce qu’ils ont construit et retournent à une vie ordinaire, oubliant l’appel reçu.

 

  1. Ce qui s’est passé sur la mer

Pierre retourne donc à son ancien métier de pêcheur, mais cette vie « normale » ne lui apporte pas la consolation espérée. Le danger, c’est qu’il entraîne d’autres disciples avec lui, et tous se retrouvent dans l’impasse. Je peux imaginer les inquiétudes de Pierre et des autres : encore un échec, encore une chute. Combien d’entre nous ont vécu cela : essayer, retomber, se décourager ? Et pourtant, c’est à ce moment-là que le Seigneur vient, discrètement, et pose une simple question : « Enfants, avez-vous quelque chose à manger ? » En répondant à cet inconnu – ce même « étranger » qui avait accompagné les disciples d’Emmaüs, ou que Marie avait pris pour le jardinier – ils font une prise miraculeuse. Par l’amour, la confiance et l’écoute, nous aussi sommes invités à accueillir cet « étranger » divin qui nous guide : « Jetez le filet du côté droit de la barque, et vous trouverez. »

 

Ils trouvent non seulement une abondance de poissons, mais aussi quelque chose de déjà prêt : un feu, du poisson grillé. Dieu a déjà tout disposé ; Il invite les disciples à y participer. Sans reproches, sans remords, simplement une invitation à partager le repas – comme à Emmaüs : « Venez manger. » Souvent, nous restons attachés à nos fautes passées, que le Seigneur a déjà pardonnées. C’est un piège spirituel. Il faut cesser de rappeler les fautes si nous voulons construire du neuf.

 

  1. Ce qui a suivi

C’est là que commence la troisième étape : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu plus que ceux-ci ? » Une question apparemment simple, mais d’une profondeur immense. Jésus ne cherche ni un bon gestionnaire, ni un grand théologien, mais un homme qui l’aime sincèrement, intensément, plus que tout. C’est de cette relation d’amour que jaillit la mission de Pierre : aimer Jésus, le connaître intimement, vivre avec Lui, et en témoigner. Ce témoignage ne vient pas de l’extérieur, mais de l’intérieur : « J’ai vu le Seigneur. » — c’est le témoignage de Marie Madeleine, née de l’amour profond, le premier témoignage de la Résurrection.

 

C’est dans cette rencontre personnelle et intérieure avec le Seigneur que nous sommes appelés, oints et envoyés dans le monde que le Père aime. « Seigneur, tu sais tout ; tu sais bien que je t’aime. » Voilà où commence notre propre témoignage. Je suis pécheur, j’ai failli, mais Dieu continue à m’aimer, à me combler de miséricorde. Ce que je suis aujourd’hui est mon offrande au Seigneur. Je meurs à moi-même pour que le Christ vive en moi.

 

Prions avec confiance la prière d’alliance de saint Ignace de Loyola. Je la personnalise ainsi, et vous pouvez la faire vôtre : Prends, Seigneur, ma liberté et fais-en ton bien. Prends mes sentiments et mes émotions, qu’ils révèlent ta présence dans ce monde. Utilise mes talents et mon intelligence selon ta volonté, comment, quand et où tu le veux. Que tout soit à toi, Seigneur. Et enseigne-moi à t’aimer intimement. Amen.

P. Terry Cmf.

 

https://www.youtube.com/watch?v=-sRYXQUKzmU

 

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