Publié le 22 Novembre 2025

Homélie

 

 

Préambule

La royauté du Christ renverse toutes nos attentes humaines. En ce jour, l’Église ne nous montre pas un roi assis sur un trône, mais le Fils unique, élevé sur la Croix, abandonné, souffrant, injustement condamné. C’est pourtant de là qu’Il offre le pardon et la liberté à tout cœur qui cherche la miséricorde. La Croix devient ainsi le lieu où se révèle la véritable royauté de Dieu.

 

Le Roi

Le titre de « Roi » fut donné à Jésus par un peuple qui attendait un libérateur puissant, un nouveau David. Mais Jésus refuse cette royauté terrestre. Il ne s’inscrit pas dans la logique humaine de pouvoir, mais accomplit l’Alliance de Dieu en révélant une royauté fondée sur l’amour, la vérité et la communion.
Il inaugure une royauté qui élève l’humanité vers son origine : être l’image de Dieu et trouver sa plénitude dans l’amour.

Beaucoup ont mal compris cette mission, cherchant un roi politique plutôt qu’un Sauveur qui délivre du péché. La première servitude que Jésus vient briser est celle du cœur, celle du mal qui éloigne l’homme de Dieu.

 

« Si tu es Roi… ! »

Cette parole des adversaires rappelle la tentation : « Si tu es Fils de Dieu… ». Jésus ne prouve jamais son identité par des gestes de puissance. Sa royauté consiste à accomplir la volonté du Père, dans l’humilité et la miséricorde.
Entrer dans son Royaume, c’est accueillir ce style divin : servir, aimer, pardonner. La logique du Royaume ne commence pas par des signes éclatants, mais par un cœur qui choisit Dieu et son dessein.

 

« Souviens-toi de moi »

À côté de Jésus, un homme marqué par son propre péché découvre soudain la vérité : ce Roi crucifié est sa dernière espérance. Son cri — « Souviens-toi de moi » — devient un retour à la maison, semblable au fils prodigue.
La miséricorde royale de Jésus ouvre la porte du Royaume à celui qui s’abandonne en confiance. Nous aussi, nous découvrons que notre place dans ce Royaume n’est pas un droit mais un don, une grâce offerte à ceux qui reviennent vers le Père.

 

Aujourd’hui

« Aujourd’hui, tu seras avec moi dans le Paradis » (Lc 23,43).
Cet aujourd’hui n’efface pas la souffrance mais la transfigure. Il devient le jour de la miséricorde, de la réconciliation (2 Co 6,2), de la rencontre avec le Dieu vivant.
Pour le monde, la Croix est folie (1 Co 1,23) ; pour les croyants, elle est le chemin vers la vraie liberté et la filiation divine (Rm 8,14-17).
Le Royaume de Dieu, c’est le Christ crucifié, qui nous fait participer à sa vie de Fils.

 


Conclusion

En célébrant le Christ Roi, demandons la grâce de rester près du Roi crucifié, d’aimer comme Lui, et de laisser son Royaume grandir en nous.
Que sa miséricorde transforme nos croix quotidiennes et fasse de nous des témoins de son amour.
Amen.

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Publié le 15 Novembre 2025

HOMELIE

 

L’Évangile de ce dimanche nous place devant trois réalités qui marquent toutes les époques de l’Église : la fragilité du Temple, les signes qui secouent le monde, et l’expérience des persécutions qui, paradoxalement, deviennent un lieu de grâce. Mais au cœur de ces réalités se tient une promesse, simple et solide : le Christ demeure avec son peuple, et il lui donne l’Esprit qui rend possible la fidélité et la persévérance (cf. Lc 21,15.19). En ce jour, nous sommes invités à laisser cet Esprit nous animer et à demeurer profondément attachés au Christ, notre unique fondation.

 

Temple
Lorsque Jésus demande à ses disciples de contempler le Temple, ils restent émerveillés par sa beauté. Pourtant, le Seigneur leur révèle que même cet édifice sacré, fierté d’Israël, tombera un jour. Ses paroles prolongent celles des prophètes, qui rappelaient que Dieu n’habite pas dans des pierres, mais dans le cœur qui écoute et qui se convertit (cf. Jr 7,1-7). Notre temps connaît la même tension. À travers le monde, de magnifiques cathédrales, basiliques et sanctuaires témoignent de la foi des générations passées. Et pourtant, dans de nombreux pays, ces églises demeurent presque vides. Les pierres subsistent, mais la foule s’est dispersée. Quelque chose s’est brisé entre la foi célébrée et la foi vécue.

Mais lorsque nous entrons dans la vie réelle des gens — en visitant les personnes âgées, en écoutant les familles, en rencontrant ceux qui souffrent — nous découvrons que leur foi n’est pas morte. Elle est plus dépouillée, parfois blessée, mais souvent plus authentique que toutes les structures qui l’entourent. Oui, l’Église de jadis se défait, mais l’Église du Dieu vivant demeure. Comme le disait Benoît XVI, « La foi chrétienne ne commence pas par une idée, mais par une rencontre avec une Personne ». Ce n’est pas l’institution, ni la puissance, ni le prestige qui tiennent aujourd’hui la communauté chrétienne debout. C’est le Christ vivant, présent dans l’Eucharistie et dans le cœur des fidèles qui marchent avec Lui. Les pierres tombent, mais la foi reste, parce que Jésus reste.

 

Signe
Les disciples demandent alors : « Maître, quand cela arrivera-t-il ? » (Lc 21,7). Nos contemporains posent la même question, souvent avec une pointe d’ironie : Que reste-t-il de l’Église ? Où Dieu se cache-t-il ? Les signes qui nous entourent sont troublants : catastrophes naturelles, volatilité politique, sociétés fragmentées par la peur, institutions défaillantes, scandales qui blessent le cœur de l’Église. Rien de tout cela n’est étranger à la Bible. Les psaumes crient : « Jusqu’à quand, Seigneur ? » (Ps 13,2), et les prophètes s’interrogent devant l’apparente victoire du mal (cf. Ha 1,13). Le Catéchisme nous enseigne que l’Église, avant le renouveau, traverse souvent l’épreuve et la purification (CEC 675). Et saint Paul rappelle que la création tout entière gémit dans les douleurs de l’enfantement (Rm 8,22).

 

Espérance

Dans ces signes, Dieu ne demeure pourtant pas silencieux. Même lorsque les institutions chancellent, l’Esprit travaille dans les cœurs humbles, dans les petites communautés fidèles, dans les gestes silencieux qui maintiennent le monde debout. Les persécutions et les oppositions ne sont pas des preuves de l’absence de Dieu, mais souvent de son étonnante proximité. Jésus annonce à ses disciples que, lorsque tout semblera s’écrouler, c’est Lui qui leur donnera la sagesse nécessaire (cf. Lc 21,15). Les saints ont compris cette vérité. Saint Ignace d’Antioche affirmait : « Plus je suis proche du glaive, plus je suis proche de Dieu », non par goût de la souffrance, mais parce qu’il savait que la présence du Christ devient plus intense lorsque les appuis humains disparaissent.

C’est pourquoi Jésus insiste sur la persévérance. La persévérance n’est pas une simple ténacité humaine ; elle est un fruit de l’Esprit (Ga 5,22). C’est cette force intérieure qui permit à Noé et à Loth de rester fidèles lorsque le monde autour d’eux avait oublié Dieu. C’est le même Esprit qui inspira la confiance silencieuse de Marie, l’obéissance humble de Joseph, la fidélité des prophètes, et le courage des apôtres. Persévérer, c’est demeurer enracinés dans la certitude que Dieu n’abandonne jamais son peuple. « C’est par votre persévérance que vous sauverez votre vie » (Lc 21,19). Ce n’est pas un avertissement, mais une promesse : Dieu soutient celui qui s’abandonne à Lui.

Le monde d’aujourd’hui a soif de témoins qui deviennent des signes d’espérance — non par le pouvoir, mais par une vie transparente enracinée en Dieu. Saint François d’Assise disait : « Annonce l’Évangile en tout temps ; si nécessaire, utilise des mots. » Notre monde reconnaît l’authenticité lorsqu’il la voit. C’est par notre manière de traiter les pauvres, d’accueillir l’étranger, de protéger les faibles, de pardonner et de nous réconcilier que nous révélons le visage du Père. Le pape François, dans Gaudete et Exsultate, parle de cette « sainteté de la porte d’à côté », faite de fidélités quotidiennes, de gestes simples, de miséricordes discrètes, mais profondément fécondes.

 

Moyen
Alors, comment vivre tout cela dans un monde qui chancelle ? Nous ne le pouvons qu’en vivant de l’Esprit — le même Esprit qui animait l’humanité de Jésus, et que nous avons reçu au baptême. Saint Paul assure que « l’Esprit vient au secours de notre faiblesse » (Rm 8,26). Si nous marchons sous la conduite de l’Esprit, rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu (Rm 8,39). Même lorsque nous ne sentons pas sa présence, nous continuons de marcher avec le Christ sur son chemin, convaincus que la fidélité de Dieu ne faillira jamais. L’histoire du salut, d’Abraham à Moïse, de David aux prophètes, de Marie aux apôtres et aux saints, n’est qu’une longue histoire de promesses tenues.

Voilà sur quoi le chrétien édifie sa vie. Non sur les pierres — elles tombent. Non sur les institutions — elles se transforment. Non sur les signes — ils peuvent égarer. Mais sur la fidélité d’un Dieu qui demeure le même hier, aujourd’hui et pour les siècles (He 13,8). Et ainsi, avec saint Paul, nous pouvons proclamer avec une joie paisible : « Rien ne pourra nous séparer de l’amour du Père. »
Amen.
P. Terry Cmf.

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Publié le 9 Novembre 2025

(Jn 2, 13–22)
Homélie – Père Terry CMF

Aujourd’hui, nous célébrons la fête de la Dédicace de la Basilique du Latran, Mère et Tête de toutes les Églises de la Ville et du Monde. Ce n’est pas seulement une commémoration architecturale, mais une célébration spirituelle qui nous rappelle que le véritable Temple de Dieu n’est pas fait de pierres, mais de cœurs vivants — le peuple de Dieu en qui le Christ habite (cf. 1 P 2,5). Cette basilique, dédiée au Christ Sauveur, se dresse comme un signe visible de l’unité de l’Église : une seule foi, un seul baptême, un seul Corps, bâti sur le fondement des apôtres, avec le Christ comme pierre angulaire (cf. Ep 2,20).

 

Tout lieu de prière où le Nom de Dieu est invoqué devient saint, non seulement parce que le Nom du Seigneur y est prononcé, mais parce que Dieu Lui-même choisit d’y demeurer parmi son peuple (cf. Ex 29,45). C’est dans cette communion vivante que se révèle le but de tout temple : devenir l’école de la présence de Dieu, là où l’on apprend à demeurer dans son amour et à étendre cette présence dans le monde. « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés » (Jn 15,12) devient non plus un commandement, mais le rythme même du cœur de l’Église.

 

Dans l’Évangile du jour, saint Jean situe la purification du Temple dans deux grands mouvements du salut : la Pâque et la montée vers la montagne sainte. Cette Pâque doit se vivre intérieurement dans le cœur de chaque baptisé — un passage spirituel de l’esclavage du péché à la liberté de la vie en Dieu. Sans ce passage intérieur, notre adoration extérieure reste vide. Jésus nous rappelle que le véritable temple est le cœur de l’homme, et que sa sanctification précède tout rite. « L’amour de ta maison fera mon tourment » (Jn 2,17) devient, pour chaque disciple, le feu dévorant qui purifie le sanctuaire intérieur où Dieu veut habiter.

 

L’eau qui jaillit du Temple, dans la vision d’Ézéchiel (Ez 47,1–12), symbolise la vie de grâce qui doit couler du cœur de chaque croyant. Partout où cette eau passe, elle apporte guérison, joie et fécondité : ses fruits nourrissent, ses feuilles guérissent, son courant réconcilie. Dans ce même fleuve, Naaman fut purifié (2 R 5,14), et dans ces eaux, le Christ fut baptisé, sanctifiant toute la création. C’est cette eau vive qui continue d’étancher la soif de l’humanité, avide de demeurer en la présence de Dieu.

 

Par notre baptême et notre mission, ce fleuve de vie doit traverser les déserts de notre société, irriguer les lieux de souffrance, de solitude et de péché. Comme le rappelle Mater Populi Fidelis, Marie, Mère des fidèles, nous introduit dans ce courant de grâce ; elle forme en nous le Christ, afin que notre vie devienne signe transparent de la miséricorde divine. Par son intercession maternelle, nous apprenons à transformer les « eaux troubles » de notre fragilité humaine en sources de réconciliation et de paix.

 

Lorsque nous vivons ainsi — comme des temples de l’Esprit Saint (cf. 1 Co 6,19), portant la présence de Dieu dans le monde — nos maisons et nos communautés deviennent des basiliques vivantes : des lieux de rencontre, de pardon et de grâce visible. Comme le disait sainte Catherine de Sienne : « Devenez ce que Dieu veut que vous soyez, et vous mettrez le feu au monde. »

 

En cette fête, l’Église nous invite non seulement à honorer un édifice sacré, mais à redécouvrir en nous-mêmes la demeure du Dieu vivant. Que l’eau de la grâce divine continue de jaillir de nos cœurs, pour purifier, guérir et vivifier tous ceux que nous rencontrons, afin que chaque recoin du monde devienne un lieu d’adoration véritable — et nos vies, un temple vivant de la gloire de Dieu.
Amen.

 

P. Terry Cmf.

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Publié le 1 Novembre 2025

Homélie du Jour des Défunts

 

Aujourd’hui, nous commémorons toutes les âmes des fidèles défunts et nous prions pour elles, en particulier pour celles qui n’ont personne pour intercéder en leur faveur. L’Église, Mère pleine de tendresse, se souvient de tous ses enfants endormis dans la paix du Christ (cf. Prière eucharistique I). Je ressens une gratitude profonde envers les parents qui ont offert leurs enfants au service du Seigneur, car ils ont ainsi quelqu’un pour prier pour eux. Et si cet enfant est prêtre, bienheureux sont-ils, car leurs prières s’unissent au sacrifice offert au cœur de l’autel.

 

Pour méditer en ce jour, nous pouvons choisir les lectures selon notre situation pastorale. Je préfère particulièrement Jean 6, 37-40, où Jésus révèle la mission que le Père lui a confiée : « Tout ce que le Père me donne viendra à moi ; et celui qui vient à moi, je ne le rejetterai pas. » Ce passage dévoile le dessein du salut : la volonté de Dieu que personne ne soit perdu, mais que tous soient ressuscités au dernier jour. Ce salut s’enracine dans la foi en Jésus Christ, mort et ressuscité pour nous. Comme le rappelle saint Paul : « Si nous sommes morts avec le Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec lui » (Rm 6,8). Ainsi, la mort, jadis perçue comme la fin, devient en Jésus le commencement d’une vie nouvelle, la Vie en Dieu.

 

En ce jour, nous pouvons contempler la figure de Job, homme de foi profonde et modèle d’endurance dans l’épreuve. Ses paroles résonnent encore : « Je sais, moi, que mon Rédempteur est vivant… et, de mes yeux, je le verrai » (Jb 19,25-26). Job nous apprend à espérer dans l’obscurité. Lorsque j’étais malade, mes parents évoquaient souvent ce serviteur fidèle pour m’inviter à ne pas perdre confiance. Leur témoignage m’a nourri intérieurement et m’a appris la persévérance. Comme Job, je désire voir Dieu face à face, convaincu que l’espérance en Lui surpasse toute souffrance.

 

Sachant que la mort n’est pas la fin de la vie, quelle est alors notre espérance et notre prière pour les défunts ? Elle est simple : unir notre prière à celle de Jésus qui intercède pour l’humanité devant le Père. Comme l’enseigne le Catéchisme : « Notre prière pour eux peut non seulement les aider, mais aussi rendre efficace leur intercession en notre faveur » (CEC 958). Ainsi, je prie : « Père, ton Fils a donné sa vie pour les pécheurs ; par Lui et avec la Mère de Jésus, j’intercède pour mes frères et sœurs défunts. » Ma prière a deux dimensions : l’une théocentrique, parce que Dieu veut que nous priions pour eux ; l’autre égocentrique, car ces âmes, une fois purifiées, intercèdent pour nous. Ensemble, nous formons le cercle vivant de l’amour divin — la communion des saints.

 

Concrètement, comment participer à cette espérance joyeuse ? Regardons le Christ en croix entre deux criminels. L’un s’abandonne à la miséricorde : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume » (Lc 23,42) — et il reçoit aussitôt la promesse du Paradis. L’autre refuse. Chaque jour, nous recevons nous aussi cette grâce : remettre nos croix, nos injustices, nos douleurs cachées entre les mains du Rédempteur. Comme le disait sainte Thérèse de Lisieux : « Tout est grâce. » Qu’il s’agisse de souffrances physiques, morales, ou du chagrin de voir nos proches s’éloigner de la foi, tout peut devenir, offert avec le Christ, semence de résurrection.

 

Ainsi, ce jour nous relie à l’éternité — de l’ancienne création d’Adam à la nouvelle création en Christ. Il nous rappelle que « si quelqu’un est dans le Christ, il est une créature nouvelle » (2 Co 5,17). En nous et par nous, Dieu veut renouveler la face de la terre. Le Jour des Défunts devient alors un jour d’espérance : l’espérance que Dieu, « non pas le Dieu des morts mais des vivants » (Mc 12,27), rassemblera tous ses enfants dans la plénitude de son Royaume. Et nous gardons au cœur la promesse du Seigneur : « En vérité, je te le dis, aujourd’hui tu seras avec moi dans le Paradis. » Amen.

P. Terry Cmf.

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Publié le 31 Octobre 2025

« Nous serons semblables à Lui » (1 Jean 3, 2)

 

Nous sommes tous des saints, car notre Créateur est saint, et Il nous a faits à son image et à sa ressemblance (cf. Genèse 1,26). La sainteté n’est pas le fruit de nos efforts personnels ; elle est déjà inscrite dans notre être par la grâce de Dieu. Comme l’enseigne Lumen Gentium, « tous les fidèles du Christ sont appelés à la plénitude de la vie chrétienne et à la perfection de la charité » (LG 40). Cette sainteté se déploie lorsque nous vivons en harmonie avec l’image divine qui demeure en nous.

Notre corps et notre esprit, dotés d’intelligence et de volonté, nous aident à découvrir la sainteté que Dieu a déposée en nous — non par des actes extraordinaires, mais dans la simplicité de la vie quotidienne. Lorsque nous dépassons la surface du corps et de l’esprit, passant de la simple existence à la vérité, nous rencontrons notre véritable moi — reflet de la vie trinitaire elle-même : créés par le Père, rachetés par le Fils, et animés par l’Esprit.

Le « moi », corps et esprit, devient pleinement vivant lorsqu’il vit en communion avec l’âme, car l’âme est notre vie et notre véritable identité. Par elle, nous sommes en communion avec Dieu, source de toute vie. Lorsque nous comprenons cette vérité — que notre humanité n’est pas opposée au divin, mais en est la demeure — nous entrons en communion avec la Trinité, non pas à l’extérieur de nous, mais en nous. Alors, comme saint Paul, nous pouvons dire : « Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi » (Ga 2,20).

Les Béatitudes révèlent la béatitude de cette communion — la beauté de Dieu vivant en nous et à travers nous. « Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu » (Mt 5,8). Être pur de cœur, c’est voir comme Dieu voit. Chaque parole, chaque geste devient expression de la vie divine. Comme le disait saint Ignace de Loyola : « L’homme est créé pour louer, révérer et servir Dieu notre Seigneur, et par ce moyen sauver son âme. »

Lorsque nous agissons dans notre humble humanité, nous permettons à Dieu d’agir à travers nous. Saint Antoine-Marie Claret priait pour la gloire de Dieu et travaillait sans relâche pour le salut de l’humanité. Cela n’est possible que si je « pense ce que Dieu veut que je pense, dis ce que Dieu veut que je dise, fais ce que Dieu veut que je fasse, et souffre ce que Dieu veut que je souffre ». Voilà le véritable chemin de la sainteté — non dans des actions extraordinaires, mais dans la fidélité et l’amour de chaque jour.

En cette Solennité de la Toussaint, nous célébrons l’humanité que Dieu a rendue sainte — l’humanité du Christ, partagée avec ses saints. Les saints ne sont pas des figures lointaines ; ils sont nos compagnons de route vers la plénitude de la vie en Dieu. Certains, comme sainte Thérèse de Lisieux, ont vécu la sainteté dans la simplicité du quotidien ; d’autres, comme saint Jean de la Croix, ont pénétré profondément dans l’union mystique. Tous révèlent cependant une même vérité : la sainteté est le déploiement de la vie divine en forme humaine.

En honorant les saints, nous honorons l’image divine présente en l’humanité. Par leur intercession, nous nous approchons du Christ. Saint Bernard de Clairvaux nous rappelle : « Pourquoi notre louange, notre glorification ou la célébration de cette fête importeraient-elles aux saints ? Elles importent à nous, car en les commémorant, nous nous inspirons à suivre leur exemple. »

Cette célébration nous unit à la communion des saints et des anges, et nous introduit au cœur même de la Trinité. Dans cette communion sacrée, nous commençons dès ici-bas à vivre la vie du ciel. Comme Jésus l’a prié : « Que ma joie soit en eux, et que leur joie soit parfaite » (Jn 15,11).

Ainsi, réjouissons-nous et soyons dans l’allégresse, car notre récompense est grande dans les cieux (cf. Mt 5,12). Mais cette récompense céleste commence déjà ici, lorsque nous partageons notre joie, notre paix et notre compassion avec nos frères et sœurs. Puissions-nous, à l’exemple des saints, vivre cette communion d’amour — afin que, morts au monde, nous vivions déjà en Dieu et, avec le Fils, disions : « Entre tes mains, Seigneur, je remets mon esprit » (Lc 23,46).

Amen.

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Publié le 25 Octobre 2025


‘Mon Dieu, prends pitié du pécheur que je suis!’. (Luc 18, 13)


L’Évangile d’aujourd’hui s’adresse à chacun de nous, les baptisés, pour nous rappeler la manière dont Dieu pose son regard sur nous. Nous peinons souvent à comprendre qui est Dieu, comment Il agit et comment son dessein d’amour se déploie dans la simplicité de notre vie quotidienne.


Comme le pharisien et le publicain, nous oscillons parfois entre l’arrogance et l’humilité. Il nous arrive, forts de notre connaissance de l’Écriture et de l’enseignement de l’Église, de croire que nous comprenons comment Dieu agit dans l’histoire. Mais cette même connaissance peut devenir un obstacle à la vraie communion avec Dieu. L’Évangile de ce jour nous rappelle que le salut ne vient pas de la connaissance ni des œuvres, mais d’un cœur humble ouvert à la grâce (cf. Luc 18, 9-14).


Saint Paul nous enseigne : « La science enfle, mais la charité édifie » (1 Corinthiens 8, 1). La vraie sagesse n’est pas dans ce que nous savons ou possédons, mais dans la manière dont nous vivons en présence de Dieu. La beauté de la vie chrétienne réside dans la pratique quotidienne de l’Évangile : marcher humblement avec Dieu (Michée 6, 8), faire confiance à sa miséricorde et laisser son amour transformer nos pensées, nos paroles et nos actions. Dieu ne regarde pas les apparences, mais le cœur (1 Samuel 16, 7). Il voit l’intention cachée qui nous anime et l’effort sincère que nous faisons pour accomplir sa volonté.


Dans la simplicité de notre vie, il nous arrive souvent d’oublier combien Dieu marche avec nous. Les saints nous révèlent que Dieu aime se cacher dans les événements les plus ordinaires de notre existence, au cœur même de nos fragilités. Quand la trahison ou la souffrance nous atteignent, nous pensons parfois que Dieu se tait ou s’éloigne. Pourtant, la Passion du Christ nous montre que, même dans le silence, Dieu demeure fidèle. Son amour nous soutient à travers les personnes de bonne volonté et les grâces invisibles qu’Il nous accorde.


De cette foi naît le chant de louange : « Je bénirai le Seigneur en tout temps » (Psaume 33, 2). Comme Marie dans son Magnificat (Luc 1, 46-55), nous sommes invités à vivre dès maintenant en présence de Dieu, dans la gratitude et la joie. Saint Paul proclame : « J’ai combattu le bon combat, j’ai achevé ma course, j’ai gardé la foi » (2 Timothée 4, 7). Ces mots expriment une âme humble et fidèle, qui se tient devant Dieu non pas pour présenter ses œuvres, mais pour offrir sa vie en réponse à l’amour reçu.


Notre vocation chrétienne ne consiste pas seulement à faire ou à dire, mais à être — être dans le Seigneur, pour le Seigneur et par le Seigneur. Comme le serviteur fidèle, nous servons non pour obtenir une récompense, mais par amour du Maître. Et comme le publicain, quand nous venons à Dieu avec un cœur contrit et reconnaissant, nous repartons justifiés, en paix avec Dieu et avec nous-mêmes.


Prions pour que le Seigneur nous accorde un cœur humble et reconnaissant, afin que, même dans notre faiblesse, nous vivions chaque jour dans la lumière de sa miséricorde et pour la gloire de son Nom. Amen.
P. Terry Cmf.

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Publié le 18 Octobre 2025

« Quand le Fils de l’homme viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? »

(Luc 18, 8)

La beauté de la prière ne réside pas dans ce que nous demandons, ni dans ce que Dieu accorde, mais dans la transformation intérieure qu’elle opère en nous. C’est la soif profonde de l’âme, ce lieu secret où le cœur humain rencontre Dieu, et où se renouvelle le fondement de toute relation, surtout celle de l’humanité avec son Créateur. La prière et la contemplation nourrissent ce lien intérieur, qui se manifeste dans la vie quotidienne comme le signe vivant de notre foi.

La prière n’est pas un moment isolé, mais un processus d’unification : elle relie entre eux les multiples instants de la journée en une seule vie offerte à Dieu. Chaque respiration, chaque geste, chaque rencontre devient prière, car « en Lui nous avons la vie, le mouvement et l’être » (Ac 17, 28).

Mais cette unité est sans cesse menacée par ce qui divise et distrait — nos « Amalec » (première lecture) intérieurs — ces forces qui nous éloignent de la justice, de la paix et de la prière. Comme Moïse sur la montagne (Ex 17, 8–13), nous avons besoin de compagnons : Josué pour combattre à nos côtés, Aaron et Hur pour soutenir nos mains levées. Nul ne peut persévérer seul. « Deux valent mieux qu’un, car si l’un tombe, l’autre le relève » (Qo 4, 9–10).

La veuve persévérante de l’Évangile (Lc 18, 1–8) nous enseigne la foi dans la prière : une espérance obstinée, un courage face à l’injustice. Comme Moïse, elle demeure en communion avec Dieu. Saint Augustin disait : « En priant, nous exerçons notre désir ; par le désir, Dieu élargit notre cœur afin qu’il puisse recevoir ce qu’il veut donner. »

Notre véritable combat n’est pas contre des ennemis extérieurs, mais contre nous-mêmes, contre l’oubli du Dieu fidèle. Amalec, descendant d’Ésaü, venait du cœur même d’Israël ; ainsi nos luttes intérieures surgissent de notre propre faiblesse. Le juge injuste symbolise la conscience endormie, alors que la veuve incarne la foi vivante, qui « prie sans se lasser ».

Nous aussi, nous possédons le bâton de Dieu reçu au baptême — signe de la force divine qui nous soutient. Dans la fatigue, nous élevons nos mains vers Dieu et nous nous appuyons sur la communion de l’Église. Comme le rappelle le pape François : « La prière nous unit ; elle transforme nos cœurs de pierre en cœurs de chair, capables de compassion et de tendresse. »

Toute vie vécue dans la prière devient pèlerinage. Le vrai pèlerinage n’est pas un voyage de confort ou de curiosité, mais une rencontre avec Dieu. Sainte Thérèse de Lisieux l’exprime si bien : « Aimer, c’est tout donner et se donner soi-même. »

Lorsque notre vie quotidienne devient un pèlerinage vers la montagne sainte du Seigneur, nous découvrons que la lumière et l’obscurité, le jour et la nuit, font partie d’un même mystère. Sans la nuit, le jour est incomplet ; sans la croix, la foi reste superficielle. Moïse et la veuve nous montrent que l’espérance naît de la persévérance, unissant tous les moments en une seule foi vivante.

Saint Paul exhorte Timothée (2 Tm 3, 14–17) à demeurer fidèle à l’Écriture et à l’enseignement reçu des apôtres. De même, notre histoire personnelle s’inscrit dans l’Histoire du Salut. Être fidèle à ce que nous avons reçu est notre réponse d’amour à Dieu. La Parole enseigne, la fidélité répond ; ensemble, elles édifient l’Église, cette famille de foi où la Parole devient vie.

Ainsi, la foi n’est pas une idée abstraite, mais un acte concret d’amour, d’espérance et de service. Elle s’incarne chaque fois que nous reconnaissons Dieu dans le pauvre, le blessé, le rejeté — ces veuves et Lazares d’aujourd’hui (Lc 16, 19–31). Ne pas les voir, c’est renier notre foi. « Celui qui n’aime pas son frère qu’il voit, ne peut aimer Dieu qu’il ne voit pas » (1 Jn 4, 20).

Quand Jésus demande : « Le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? », il ne parle pas seulement du jugement final, mais du présent : de notre réponse aujourd’hui à sa présence dans les pauvres et les souffrants.

Seigneur, apprends-nous à prier avec persévérance, à vivre avec compassion, et à servir avec foi, afin que par notre vie, Tu trouves encore la foi sur la terre. Amen.

P. Terry Cmf.

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Publié le 5 Octobre 2025

 

 

Comment vivent les serviteurs du Seigneur

La douleur et l’agonie des innocents se prolongeront jusqu’à ce que leur désir le plus profond trouve son accomplissement en Dieu. Pourtant, ceux qui mettent leur confiance dans le Seigneur de miséricorde et de compassion découvrent qu’Il ne les abandonne jamais. Il marche à leurs côtés, leur rappelant sans cesse sa présence fidèle. Comme le psalmiste le dit : « Le Seigneur est proche du cœur brisé, il sauve l’esprit abattu » (Ps 34,19). Cette proximité leur donne le courage de garder vive l’espérance, même si leur cri pour la justice et la liberté continue de monter vers le ciel, à l’image d’Israël en Égypte (Ex 3,7).

Au cœur de la souffrance, ils découvrent Dieu comme leur rocher et leur salut, celui promis depuis l’histoire du salut. Sa paix et sa joie emplissent leur cœur—à la fois profondément divines et intimement humaines. Même dans leur fragilité, ils crient vers Lui avec espérance, à l’image de saint Paul qui, depuis sa prison, pouvait écrire : « Réjouissez-vous sans cesse dans le Seigneur… Le Seigneur est proche » (Ph 4,4-5). Leurs âmes aspirent à Dieu pour l’éternité, attendant le jour où « Il essuiera toute larme de leurs yeux » (Ap 21,4).

Leur vie, faite de roses et d’épines, devient un témoignage vivant de la joie intérieure que donne la foi. Même dépouillés de tout, ils rayonnent de générosité et de don de soi, car leur force ne vient pas d’un succès humain, mais de la grâce du baptême. Saint Augustin nous enseigne : « La foi, c’est croire ce que tu ne vois pas encore ; la récompense de la foi, c’est de voir ce que tu crois. »


La foi et le serviteur de Dieu

La foi n’est pas une simple connaissance ni une appartenance extérieure à une communauté religieuse. Elle est une relation vivante et dynamique avec le Dieu vivant. Jésus nous le rappelle : « Heureux ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la gardent » (Lc 11,28). Croire, ce n’est pas seulement savoir quelque chose de Dieu, mais vivre en communion avec Lui.

Le Catéchisme l’affirme clairement : « La foi est d’abord une adhésion personnelle de l’homme à Dieu » (CEC §150). Si elle n’est pas vécue, elle devient stérile, comme le serviteur de la parabole qui a enfoui son talent (Mt 25,14-30). La vraie foi est féconde ; elle se manifeste par l’amour, le pardon et les actes de justice. Comme le dit saint Jacques : « La foi, si elle n’a pas les œuvres, est bel et bien morte » (Jc 2,17).

Ainsi, le serviteur de Dieu vit la foi comme un “oui” constant au Seigneur—en écoutant, en faisant confiance et en agissant par amour.


La relation entre le serviteur et le Maître

Cette foi transforme radicalement la relation entre le Maître et le serviteur. En Christ, le Maître est Celui qui se penche pour laver les pieds de ses disciples (Jn 13,14). Il ne meurt pas seulement pour ses serviteurs, mais les élève en les faisant fils et héritiers du Royaume : « Je ne vous appelle plus serviteurs… je vous appelle mes amis » (Jn 15,15).

Quelle joie de servir un tel Maître—un Maître qui se réjouit des petites offrandes de ses enfants, comme les deux pièces de la veuve (Mc 12,42-44). Dans cette relation, le service n’est plus un devoir mais une joie, non plus une servitude mais une liberté dans l’amour. Saint Ignace de Loyola priait : « Pour donner et ne pas compter, pour travailler et ne pas chercher de repos, sinon celui de savoir que je fais ta sainte volonté. »

À l’exemple d’Abraham, qui accueillit les trois mystérieux visiteurs et connut la joie de servir le Seigneur (Gn 18,1-8), nous aussi sommes invités à accueillir le Christ dans l’étranger, le pauvre et le souffrant.


La foi en action comme service

La foi vécue devient amour, et l’amour devient service. Comme le rappelle sainte Teresa de Calcutta : « La foi en action, c’est l’amour ; et l’amour en action, c’est le service. » Lorsque nous servons avec amour, nous participons à la fois à la joie et à la souffrance de Dieu lui-même.

Le service chrétien n’est pas une tâche ajoutée à la vie ; il est la vie elle-même transformée par la grâce. Chaque geste de bonté, chaque acte de miséricorde, chaque pardon offert devient une participation à la mission du Christ. En servant les autres, nous servons le Seigneur lui-même : « Tout ce que vous avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25,40).

Restons donc fermes dans la foi, en la vivant chaque jour avec courage et joie. Soyons ces serviteurs qui découvrent, dans chaque acte de service, la joie éternelle d’être proches du Seigneur et pouvoir vivre en sa présence, Amen.

P. Terry Cmf.

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Rédigé par JONHBOSCO

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Publié le 27 Septembre 2025

Homélie

 

L’Évangile du riche et du pauvre Lazare (Lc 16, 19-31) nous présente un contraste saisissant. Le riche reste sans nom, comme effacé de l’histoire, tandis que le pauvre reçoit un nom—Lazare—signe que Dieu choisit les petits et leur rend leur dignité. Être nommé, c’est être connu, aimé, et appartenir à Dieu. Le monde refuse cette identité aux pauvres et aux opprimés, mais Dieu leur dit : « Ne crains pas, car je t’ai racheté ; je t’ai appelé par ton nom, tu es à moi » (Is 43,1). Ainsi, servir Lazare, c’est servir Dieu lui-même (Mt 25,40).

Cette parabole parle beaucoup du riche, et très peu de Lazare. Sur la terre, le riche a refusé d’écouter la Parole et de partager. Après la mort, tout est inversé : Dieu prend la parole pour Lazare et « relève le faible de la poussière » (Ps 113,7). Ceux qui ferment leur cœur aux pauvres connaîtront le silence de Dieu.

Pour rester reliés à Dieu, Jésus nous propose deux chemins. Le premier est d’apprendre des échecs du riche, afin de ne pas les répéter. Son aveuglement envers Lazare est un avertissement : « Celui qui possède des biens en ce monde, voit son frère dans le besoin et lui ferme son cœur, comment l’amour de Dieu demeure-t-il en lui ? » (1 Jn 3,17). Le second est de descendre en nous-mêmes, dans notre intériorité, où Dieu nous parle et nous aide à discerner Sa volonté. Le Catéchisme nous rappelle : « L’amour des pauvres est incompatible avec l’amour immodéré des richesses ou leur usage égoïste » (CEC 2445).

Lazare n’est pas sauvé par sa pauvreté, mais par sa patience, son espérance et sa confiance en Dieu. Dans sa souffrance, il n’accuse pas, mais remet sa cause au Seigneur, comme le Christ lui-même (cf. 1 P 2,23). Saint Augustin nous dit : « Lazare était pauvre en ce monde, mais riche devant Dieu, car il avait la foi et la patience. » Dieu envoie parfois des consolateurs inattendus—comme les « petits chiens » de la parabole—pour nous soutenir dans nos épreuves.

Le riche, lui, n’est pas condamné pour ses richesses, mais pour avoir refusé de voir en elles un don de Dieu à partager. Saint Jean Chrysostome avertit : « Ne pas partager ses biens avec les pauvres, c’est les voler et leur ôter la vie. » La vraie générosité naît non pas de l’abondance, mais de la gratitude et du devoir de partager.

L’Évangile d’aujourd’hui nous place devant deux réalités éternelles : le ciel et l’enfer. Nous avons tous besoin d’amis qui nous conduisent au ciel. Le riche n’en a pas trouvé, car il a ignoré les pauvres. Après sa mort, il reconnaît Lazare trop tard. À nous de chercher dès maintenant ces « amis » que sont les pauvres et les nécessiteux, et de partager avec eux nos bénédictions. Le pape François le rappelle : « Les pauvres nous sauvent, car ils nous permettent de rencontrer le visage du Christ » (Evangelii Gaudium, 197).

Lorsque nous rencontrons l’opposition ou le refus, n’abandonnons pas. Dieu est toujours présent : « Mon père et ma mère m’abandonnent, mais le Seigneur me recueillera » (Ps 27,10). Dans les pauvres, dans les petits, dans ceux qui nous consolent, nous reconnaîtrons le Christ, compagnon de notre route d’Emmaüs.

Fr. Terry Cmf.

 

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Publié le 21 Septembre 2025

 


Méditation

Le cœur de l’Évangile de ce jour (Lc 16, 1-13) se situe dans la rencontre entre Dieu et l’humanité. Dans la figure du riche, nous reconnaissons le mystère de Dieu, et dans l’intendant, nous reconnaissons notre propre condition : fragile, limitée, parfois infidèle, mais toujours capable de bien. Ces images nous invitent non seulement à discerner ce qu’il y a de bon en l’homme et ce que Dieu apprécie même chez l’intendant infidèle, mais encore à contempler la profondeur de la miséricorde divine, qui continue de voir en chacun de nous la possibilité du bien. Comme le rappelle le Livre de la Genèse, c’est dans cette bonté que Dieu a créé le monde et a voulu qu’il subsiste (Gn 1,31).

Chaque moment de notre vie est une occasion de regarder en nous-mêmes, de discerner et de reconnaître la ressemblance de la bonté divine qui habite en nous. Le Concile Vatican II affirme : « La dignité de l’homme exige avant tout qu’il soit en relation avec Dieu » (Gaudium et Spes, 19). Dieu ne cesse de nous attirer à Lui, même à travers nos fragilités et nos chutes.

Dans cette recherche, nous sommes invités à pratiquer le discernement. Le pape François décrit le discernement comme « un instrument de lutte pour mieux suivre le Seigneur » (Gaudete et Exsultate, 169). Le discernement nous permet de lire les mouvements de la vie — événements, choix, rencontres — à la lumière de l’Esprit, et de reconnaître ce qui nous rapproche de Dieu et ce qui nous en éloigne. L’intendant, malgré son infidélité, découvre, à un moment décisif, qu’il doit agir. Ses motivations sont peut-être intéressées, mais son choix ouvre une nouvelle perspective. Dieu, dans sa bonté infinie, valorise même ce petit pas.

Qu’apprécie donc le Maître chez son intendant ? Cela commence par la connaissance de soi : il reconnaît ses forces et ses limites. Cette connaissance de soi est le fondement de tout discernement. Saint Augustin disait : « Retourne à ton cœur, là examine ce que tu peux faire, et de là élève-toi vers Dieu » (Sermon 4,1). L’intendant utilise les moyens encore à sa disposition non pas pour accumuler des richesses pour lui-même, mais pour restaurer des relations par des gestes de justice et de miséricorde.

Nous découvrons ici une vérité plus profonde : ce que Dieu désire, ce n’est pas la recherche des richesses, mais la crédibilité et la dignité de la personne humaine. Comme l’écrivait Benoît XVI : « La nature la plus profonde de l’Église s’exprime dans sa triple mission : annoncer la Parole de Dieu, célébrer les sacrements et exercer le service de la charité » (Deus Caritas Est, 25). L’intendant, même avec des intentions imparfaites, manifeste quelque chose de cette charité lorsqu’il agit pour les autres.

Même si ses méthodes sont imparfaites, l’intendant nous rappelle que l’accumulation de la bonté — des actes de justice, de miséricorde et de compassion — est ce qui compte vraiment. La Providence transforme nos petits efforts imparfaits en instruments pour son Royaume. Comme le rappelle le pape François : « Le Seigneur ne se lasse jamais de nous pardonner ; c’est nous qui nous lassons de demander sa miséricorde » (Evangelii Gaudium, 3).

La conclusion de l’Évangile de ce jour est étonnamment pratique. Jésus ne nous appelle pas d’abord à des exploits extraordinaires, mais à la fidélité dans les petites choses du quotidien : « Celui qui est fidèle dans les petites choses l’est aussi dans les grandes » (Lc 16,10). Dans chaque geste ordinaire — la manière dont nous utilisons nos ressources, la manière dont nous traitons les autres, la fidélité à la mission confiée — nous sommes appelés à incarner l’amour et la bonté de Dieu.

Chacun de nous est ainsi invité à centrer sa vie sur le Christ, à L’imiter dans le soin des autres, en partageant leurs souffrances et en faisant preuve de compassion. Comme l’enseignait saint Jean-Paul II : « L’homme ne peut pleinement se trouver que par le don sincère de lui-même » (Gaudium et Spes, 24 ; Redemptor Hominis, 10). La pureté de notre humanité, vécue comme un don dans le Christ, devient alors la plus belle expression de la bonté divine.

 

P. Terry Cmf.

 

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