Publié le 26 Avril 2026

 

« Écouter sa voix, entrer par la Porte : un chemin vers la communion divine »

 

 

En présence de Dieu, riche en miséricorde et en compassion, il devient plus facile de reconnaître en vérité où nous en sommes intérieurement. Certains, éloignés de Dieu, pourraient nous faire sentir cette distance et la difficulté de Le connaître. Mais les amis de Dieu, eux, nous révèlent combien Il est proche, plus intime à nous-mêmes que nous-mêmes, si nous apprenons à écouter Sa voix dans le silence, au cœur même des bruits et des agitations du monde (cf. 1 R 19,12).

Dans cette chaleur de la présence divine, nous sommes appelés à nous contempler nous-mêmes ainsi que toute la création, non pas avec un regard de jugement, d’utilité ou d’intérêt personnel, mais avec un regard spirituel, éclairé par une vision divine. Nous découvrons alors l’humanité dans sa vocation profonde : image du Créateur (cf. Gn 1,27), appelée à devenir lieu de révélation de Dieu. Toute la création devient ainsi un langage divin, et notre vie elle-même est appelée à se mettre au service du salut du monde (cf. Rm 8,19-21).

Ce que nous appelons le « déploiement du divin » se réalise précisément lorsque nous reconnaissons cette présence de Dieu, d’abord en nous, puis en chaque personne rencontrée. Si nous apprenons à voir le monde avec le regard du Créateur, alors chaque rencontre humaine devient une rencontre divine (cf. Mt 25,40), chaque réalité une révélation, chaque événement un appel, une mission confiée par Dieu.

En ce dimanche, l’Évangile nous offre une image particulièrement riche : celle de la Porte. Le Christ nous dit : « Je suis la porte des brebis » (Jn 10,7). Il est à la fois le chemin qui nous conduit vers la vie (cf. Jn 14,6) et la Porte elle-même par laquelle nous entrons dès maintenant dans la communion avec Dieu. Il est aussi le Bon Pasteur (cf. Jn 10,11), qui nous protège, nous guide et nous conduit vers la vie en abondance (cf. Jn 10,10).

Comme le rappelle le Catéchisme de l’Église catholique : « Le Christ est le centre de toute la vie chrétienne » (CEC 426). En Lui, nous trouvons non seulement la vérité à croire, mais aussi le chemin à suivre et la vie à recevoir.

Sur ce chemin, Il nous libère du péché et de ses séductions, pour nous faire entrer dans une véritable liberté (cf. Ga 5,1). Il respecte notre rythme, nous accompagne patiemment et nous fait grandir jusqu’à la plénitude de la vie (cf. Ep 4,13). Il devient Lui-même notre chemin, nous invitant à marcher sur Ses traces, jusqu’à la communion avec le Père dans l’Esprit Saint.

Saint Anthony Mary Claret exprimait profondément cette dynamique missionnaire lorsqu’il disait :
« L’amour du Christ nous presse » (cf. 2 Co 5,14), et encore :
« Un fils du Cœur de Marie est un homme embrasé de charité, qui brûle partout où il passe et cherche par tous les moyens à enflammer le monde de l’amour de Dieu. »

Aujourd’hui, l’Évangile attire aussi notre attention sur un projet divin concret, une pédagogie spirituelle progressive : « les brebis écoutent sa voix », « elles la reconnaissent » et « elles le suivent » (cf. Jn 10,3-4). Ce chemin est essentiel, car si la nature divine demeure immuable, notre manière d’y entrer se déploie jour après jour, selon les besoins du monde et l’action de l’Esprit.

Tout commence par une capacité humaine simple : entendre. Mais cette audition devient écoute — une attention intérieure, active et aimante, qui discerne la voix du Bien-Aimé au milieu de tant d’autres voix (cf. Is 30,21). Cette reconnaissance engage notre intelligence, mais elle est aussi œuvre de l’Esprit Saint (cf. Jn 16,13).

Puis vient le fait de suivre : un chemin de pèlerinage, vécu dans le quotidien, qui nous conduit peu à peu vers la sainteté. Ce chemin devient communion mystique, car suivre le Christ nous conduit au Père, dans l’unité de la Trinité, source de la joie parfaite (cf. Jn 17,21).

Ainsi, ce projet divin nous transforme progressivement. Il fait de nous, à notre tour, des pasteurs selon le cœur de Dieu (cf. Jr 3,15), des témoins vivants, et même des « portes » ouvertes pour nos frères et sœurs, afin qu’ils puissent rencontrer le Christ à travers notre vie.

Comme le disait Saint Augustine of Hippo :
« Deviens ce que tu contemples. »
Et encore, selon Saint Teresa of Avila :
« Le Christ n’a pas d’autre corps maintenant que le tien, pas d’autres mains que les tiennes. »

Que le Seigneur nous accorde la grâce d’écouter Sa voix, de la reconnaître et de Le suivre fidèlement, afin que notre vie devienne un signe vivant de Sa miséricorde et de Sa présence dans le monde.

Amen.

 

 

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Publié le 20 Avril 2026

Le chemin d’Emmaüs : de la désolation à la communion
(Méditation)

« Ce même jour » (cf. Lc 24,13) — jour pourtant marqué par la consolation et l’espérance — les disciples prennent la route d’Emmaüs, s’éloignant de la promesse annoncée et partagée au sein de la communauté. Dans leur désarroi, ils choisissent de partir, de fuir le lieu même où ils auraient dû rester avec les autres disciples, eux aussi blessés et désemparés.

Combien cette attitude nous ressemble ! Face à l’obscurité de certaines situations, nous sommes tentés de nous retirer, de nous isoler. Pourtant, l’Évangile nous invite à demeurer, à rester avec nos frères, surtout lorsque tout semble obscur. « Portez les fardeaux les uns des autres » (Ga 6,2). C’est précisément dans ces moments de nuit que la communion devient essentielle.

Totalement désorientés, les disciples marchent vers Emmaüs sans se rendre compte que leur fuite devient, paradoxalement, un chemin de salut pour eux-mêmes et pour d’autres. Leur expérience est aussi la nôtre : nous partons souvent dans la confusion, le cœur lourd, et pourtant nous revenons enrichis. « Là où le péché a abondé, la grâce a surabondé » (Rm 5,20).

L’expérience de Marie Madeleine (cf. Jn 20,11-18) et celle des disciples d’Emmaüs nous touchent profondément, car nous nous reconnaissons en eux. Dans nos moments de désespoir, nous cherchons Dieu sans toujours le reconnaître. Nous vivons proches de Lui, et pourtant comme dans l’ignorance, en quête de vérité, désirant accomplir sa volonté, mais cherchant parfois refuge ailleurs, loin de l’essentiel.

Pour Marie Madeleine, Jésus apparaît comme un jardinier ; pour les disciples, comme un étranger (cf. Lc 24,18). Dieu semble absent, silencieux. Cette apparente absence, particulièrement durant la Passion, fait partie du mystère de Dieu. Comme le rappelle le Catéchisme de l’Église catholique : « Dieu permet le mal pour en tirer un plus grand bien » (CEC §312). Le silence de Dieu n’est pas une absence, mais une autre manière d’agir, souvent incompréhensible pour nous.

Le Christ ressuscité choisit de ne pas être immédiatement reconnu. Il éduque ses disciples à vivre le présent, à relire leur expérience à la lumière de la Parole. « Il leur expliqua dans toutes les Écritures ce qui le concernait » (Lc 24,27). Ainsi, leur cœur commence à brûler, sans qu’ils comprennent encore pleinement. Cette « brûlure du cœur » est le signe discret mais réel de la présence de Dieu.

Jésus marche avec eux. Il entre en dialogue. Il respecte leur rythme. Dieu prend du temps — non pas parce qu’Il tarde, mais parce qu’Il accompagne. Comme le souligne le pape François : « Dieu ne se révèle pas dans la précipitation, mais dans la patience du chemin » (Audience générale).

Les disciples accomplissent alors un geste décisif : ils invitent l’étranger — « Reste avec nous » (Lc 24,29). Cette ouverture est essentielle. Sans cette liberté donnée à l’autre, sans cette hospitalité, la révélation ne peut s’accomplir. C’est dans la fraction du pain que leurs yeux s’ouvrent (cf. Lc 24,31). L’Eucharistie devient ainsi le lieu par excellence de la reconnaissance du Christ. Comme l’enseigne Sacrosanctum Concilium, « le Christ est réellement présent dans le sacrifice de la messe » (SC §7).

La foi naît souvent ainsi : dans une rencontre intérieure, discrète, parfois incomprise sur le moment, mais reconnue plus tard avec émerveillement. Cette foi est nourrie par la Parole de Dieu, la tradition apostolique, les sacrements et le témoignage des saints (cf. Dei Verbum, §21). Elle est un don de l’Esprit Saint, enraciné dans notre expérience personnelle.

L’amour est au cœur de cette foi. « Nous avons reconnu l’amour que Dieu a pour nous » (1 Jn 4,16). Cet amour nous appelle à la communion. La fraction du pain nous pousse à sortir de nous-mêmes, à vivre non pas isolés, mais en Église. Comme Marie qui se met en route vers Élisabeth (cf. Lc 1,39) ou Joseph qui protège la Sainte Famille (cf. Mt 2,13-15), nous sommes appelés à agir concrètement.

Cette communion transforme notre foi personnelle en foi ecclésiale. Dieu élève nos gestes humains en actes de grâce, les intégrant dans la vie trinitaire. Comme le rappelle Lumen Gentium, nous sommes appelés à devenir « participants de la nature divine » (LG §2).

Ainsi, l’expérience d’Emmaüs devient un modèle pour nous si nous acceptons de l’incarner dans notre vie :
1.    Accueillir notre fragilité : il est permis d’être brisé, désorienté. Comme Pierre retournant à la pêche (cf. Jn 21,3), nous sommes invités à assumer notre réalité avec humilité. 
2.    S’ouvrir aux autres : permettre à l’autre d’entrer dans notre vie, même dans nos moments de confusion. C’est souvent à travers cette ouverture que le Christ se rend présent. 
3.    Agir sans tarder : une fois illuminés, les disciples retournent immédiatement à Jérusalem (cf. Lc 24,33). La rencontre avec le Christ pousse toujours à la mission. 

Que notre chemin d’Emmaüs devienne un chemin de transformation, où nos cœurs brûlent de la présence de Dieu, et où notre vie devient témoignage. Je vous souhaite à tous un très beau dimanche et une profonde expérience du Christ ressuscité sur votre route d’Emmaüs.
P. Terry Cmf.

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Publié le 5 Avril 2026

« Il vit et il crut » (Jean 20, 8)

 

 

« On a enlevé le Seigneur… » (cf. Jean 20, 2). Et pourtant, dans ce vide même, « il vit et il crut » (Jean 20, 8).

 

Au cœur de notre foi se tient cette proclamation : « Il est vivant », même si les réalités visibles semblent dire le contraire. La Résurrection du Christ n’est pas simplement un événement du passé, mais le fondement vivant de notre foi (cf. 1 Corinthiens 15, 14). Le tombeau vide et les signes laissés derrière ne sont pas la cause de la foi, mais sa confirmation. La foi naît intérieurement—pur don de l’Esprit Saint (cf. Éphésiens 2, 8).

 

Ainsi, le disciple bien-aimé n’a pas cru simplement parce qu’il a vu. Ce qu’il a vu a confirmé ce qui avait déjà commencé à s’éveiller en lui. Comme l’écrit saint Augustin : « Il vit et il crut—non pas en voyant, mais en comprenant. » Les signes visibles renvoient à une réalité invisible plus profonde, déjà déposée dans le cœur par la grâce.

 

 

 

La foi et l’économie du salut

La Vigile pascale nous révèle la grande économie du salut—l’œuvre patiente et fidèle de Dieu à travers l’histoire humaine (cf. Catéchisme de l’Église catholique, §§1076–1109). De la création à l’Exode, des prophètes à la Résurrection, Dieu se révèle comme Celui qui entre dans l’histoire pour sauver.

 

Cette action divine ne se limite pas au passé. Elle continue aujourd’hui. Nous ne sommes pas seulement spectateurs de l’histoire du salut—nous en sommes participants, et plus encore, nous devenons des lieux où le salut s’accomplit. Comme l’affirme saint Irénée de Lyon : « La gloire de Dieu, c’est l’homme vivant. » Saint Ignace de Loyola reprendra cette intuition dans son discernement spirituel, notamment dans le « Principe et Fondement ».

 

Nos gestes de foi—simples, cachés, quotidiens—deviennent des signes pour les autres : prière familiale, actes de justice, pardon, charité. Comme l’enseigne l’Église, « la vie chrétienne est essentiellement une participation à la vie du Christ » (cf. Catéchisme, §1692). La plénitude de notre humanité, vécue dans la joie et révélée en Jésus, devient ainsi un signe visible du salut que Dieu propose au monde.

 

 

Le mystère de la prédication de Pierre

Après la Pentecôte, saint Pierre parle, mais ce qui est entendu dépasse ses paroles. Comme le rapportent les Actes des Apôtres, chacun comprend dans sa propre langue (cf. Actes 2, 6). Le miracle n’est pas seulement linguistique—il est spirituel.

 

La prédication est extérieure ; l’action de l’Esprit est intérieure. C’est l’Esprit qui ouvre les cœurs et transforme les paroles en rencontre. Comme l’enseigne saint Jean Chrysostome :
« Ce n’est pas la voix du prédicateur, mais la puissance de l’Esprit qui transperce l’âme. »

 

Ainsi encore aujourd’hui, lorsque la Parole est proclamée, même à travers la faiblesse humaine, Dieu parle. Derrière des homélies imparfaites ou des expressions fragiles, il y a une réalité plus profonde : Dieu entre en communion avec son peuple. Et dans notre vie quotidienne, cette vérité transforme tout : Dieu rejoint les autres à travers nous, même dans notre faiblesse. Comme le rappelle sainte Thérèse d’Avila : « Le Christ n’a pas d’autre corps que le vôtre. »

 

 

Les premiers témoins : le don de l’inattendu

Les disciples reçoivent l’annonce de la Résurrection d’une femme—Marie Madeleine (cf. Jean 20, 18). Dans la logique du monde, cela est inattendu ; dans la logique de Dieu, cela est cohérent.

 

Dieu prépare ses élus dans le silence, souvent sans qu’ils en aient conscience. Comme pour Marie, Joseph, Élisabeth, Zacharie—et même David, oublié par son propre père (cf. 1 Samuel 16, 11)—Dieu voit ce qui est caché.

 

La mission de Marie Madeleine naît non du savoir, mais de l’amour. Sa fidélité dans la recherche du Seigneur devient le chemin de la rencontre. Comme l’écrit saint Grégoire le Grand : « L’amour lui-même est connaissance. »

 

 

Le témoignage : partager l’expérience de Dieu

« Voici le jour que fit le Seigneur : qu’il soit pour nous jour de fête et de joie » (Psaume 118, 24). Les Apôtres n’annoncent pas des idées abstraites. Ils témoignent de ce qu’ils ont vécu :
« Nous avons mangé et bu avec lui après sa résurrection » (Actes 10, 41).

 

La foi n’est pas d’abord une doctrine—elle est une rencontre. Comme l’enseigne Benoît XVI :
« Être chrétien n’est pas le résultat d’un choix éthique ou d’une grande idée, mais la rencontre avec un événement, avec une Personne. »

 

Leur prédication ne s’appuie pas sur les échecs humains ou les injustices subies, mais sur ce que Dieu a accompli en eux. C’est là le cœur de toute évangélisation : partager une expérience vivante du Christ.

 

 

Chaque instant : un mystère de présence divine

L’intuition d’Aristote, approfondie par saint Thomas d’Aquin, présente Dieu comme le « moteur immobile », Celui qui soutient toute chose dans l’existence. Mais ce Dieu n’est pas lointain : en Jésus-Christ, Il entre dans l’histoire, souffre, meurt et ressuscite.

 

Ainsi, chaque instant de notre vie devient un lieu de rencontre—une participation cachée au mystère de la mort et de la résurrection. Comme l’écrit saint Maxime le Confesseur : « Le mystère du Christ est toujours à l’œuvre en nous. »

 

 

Dieu continue ce qu’Il a commencé en nous au Baptême.

 

Nous sommes appelés à reconnaître cette présence divine dans la création et dans notre propre vie, et à la manifester par notre témoignage. Le monde ne croira pas seulement à travers des arguments, mais en rencontrant des vies transformées par la grâce (cf. Matthieu 5, 16).

 

 

« Il vit et il crut. » Apprenons-nous aussi à voir—non seulement avec les yeux, mais avec un cœur éclairé par l’Esprit. Reconnaissons l’œuvre cachée de Dieu à chaque instant. Et que notre vie devienne une proclamation vivante : Le Christ est vivant—et Il vit en nous. Amen.
P. Terry, CMF

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Publié le 28 Mars 2026

Méditation

 

Nous entrons maintenant au cœur de notre préparation pascale. Durant ce temps de Carême, nous avons été guidés par cette invitation : « Qu’il entre, le Roi de gloire » (cf. Ps 24,7). Aujourd’hui, je vous invite à faire un dernier pas—une entrée plus profonde en vous-mêmes—pour offrir votre « oui » définitif à Dieu, comme Marie : « Que tout m’advienne selon ta parole » (Lc 1,38). C’est dans cet abandon que le Roi de gloire peut réellement entrer en nous, y demeurer et nous transformer intérieurement (cf. Rm 12,2). Alors, tout ce qui jaillit de notre vie devient marqué par le divin et porteur de salut.

 

C’est cela la véritable imitation du Christ : non seulement extérieure, dans nos actions, mais intérieure, en laissant le même Esprit habiter en nous (cf. Ph 2,5). En ce jour, nous contemplons Jésus vivant à la fois la joie et la souffrance : la joie d’accomplir la volonté du Père (cf. Jn 4,34) et la douleur de pressentir sa Passion (cf. Jn 13,21). Son cœur porte déjà la blessure de Judas, qu’il aime jusqu’au bout (cf. Jn 13,1).

 

Le Dimanche des Rameaux nous invite à relire le chemin de ces quarante jours. Comme lors de la Transfiguration, Jésus monte vers Jérusalem (cf. Lc 9,28.51), pleinement conscient de ce qui l’attend. Il avance librement, dans l’obéissance au Père. Nous sommes invités à faire de même : regarder notre Carême, reconnaître ce que Dieu a accompli en nous, et achever ce qui reste encore à offrir.

 

La liturgie nous fait parcourir toute l’histoire du salut, d’Abraham jusqu’au Christ entrant à Jérusalem. L’Évangile nous conduit au mystère de la Passion, depuis l’entrée solennelle (cf. Mt 21,1-11) jusqu’à la Cène (cf. Lc 22,14-20). Tout est préparé : le lieu, le repas, les disciples. Eux préparent la fête, tandis que Jésus se prépare à la Passion. Joie et souffrance sont inséparables. L’Esprit agit pour accomplir la volonté du Père.

 

Au Cénacle, Jésus nous donne l’Eucharistie—mémoire vivante de sa Passion (Catéchisme de l’Église catholique, 1323). Elle est à la fois consolation et mission, communion à son humanité et à sa divinité. Pour nous, la Passion commence là, dans cette mémoire vivante (Sacrosanctum Concilium, 47). Elle nous appelle à la réconciliation— avec Dieu, avec nous-mêmes et avec les autres (cf. 2 Co 5,18).

 

Jésus avance avec amour, sachant que la foule changera (cf. Lc 23,21). Et il nous invite à marcher avec lui jusqu’à Gethsémani (cf. Mt 26,36-46), où nous découvrons notre faiblesse.

Comme les disciples, nous pouvons nous endormir. Comme Pierre, nous pouvons tomber. Mais comme Pierre, nous pouvons aussi revenir, soutenus par le regard miséricordieux du Christ (cf. Lc 22,61-62). Contrairement à Judas, qui se ferme dans le désespoir (cf. Mt 27,3-5), Pierre s’ouvre à la miséricorde.

 

C’est notre chemin. Entrons dans cette Semaine Sainte avec le cœur de Pierre, en marchant avec Jean et Marie (cf. Jn 19,25-27), jusqu’à la Croix. Abandonnons-nous au Seigneur, confiants en sa miséricorde. Que l’Eucharistie nous nourrisse. Que Gethsémani nous révèle nos faiblesses.  Que notre faiblesse devienne grâce. Et que, même dans nos blessures, nous rencontrions le Christ vivant, pour participer à la joie de sa Résurrection. Amen.

P. Terry CMF.

 

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Publié le 14 Mars 2026

 

« Je suis la lumière du monde »

 

 

L’Évangile nous présente une rencontre profonde et bouleversante. Dieu offre cette rencontre encore et encore à chacun de nous, tout comme Il l’a offerte à l’aveugle de naissance. Cet homme cherche à comprendre la source de sa guérison. Il sait seulement qu’un homme appelé Jésus l’a touché, et maintenant il voit. Mais derrière ce simple fait se cache un mystère bien plus grand. Il n’a pas seulement été guéri physiquement : la lumière a commencé à pénétrer aussi son cœur.

 

Jésus déclare : « Je suis la lumière du monde. Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie » (Jean 8,12). La guérison de l’aveugle en Jean 9,1–41 n’est donc pas seulement un miracle de la vue, mais un signe qui révèle la gloire de Dieu. Cet homme fait l’expérience d’une double guérison : celle de ses yeux et celle de sa foi.

 

Cet Évangile nous rappelle que nous sommes appelés, nous aussi, à refléter cette lumière divine. Saint Paul nous dit : « Autrefois vous étiez ténèbres, maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur ; conduisez-vous comme des enfants de lumière » (Éphésiens 5,8). Par le baptême, nous avons reçu la lumière du Christ et nous sommes envoyés dans le monde pour en être témoins. Le Concile Vatican II affirme : « Le Christ est la lumière des peuples ; et l’Église a pour mission de refléter cette lumière dans le monde » (Lumen Gentium, 1).

 

Cependant, l’action de Dieu dans notre vie se déploie souvent à travers les événements ordinaires. Pour comprendre cette œuvre divine, nous devons entrer dans notre intériorité, comme l’aveugle guéri qui découvre peu à peu ce qui lui est arrivé. Notre histoire personnelle, avec ses joies et ses souffrances, devient le lieu où Dieu se révèle.

 

Peu à peu, cet homme comprend la signification de sa rencontre avec Jésus. D’abord il dit simplement : « L’homme qu’on appelle Jésus a fait de la boue et m’a ouvert les yeux » (Jean 9,11). Ensuite il reconnaît en lui un prophète (Jean 9,17). Finalement, lorsqu’il rencontre Jésus à nouveau, il confesse sa foi : « Seigneur, je crois » (Jean 9,38). Ainsi la foi grandit progressivement.

Le moment décisif survient lorsqu’il est rejeté par les autorités religieuses. C’est dans ce moment de solitude et d’humiliation que Jésus vient à sa rencontre. Souvent, dans nos propres vies, les moments de souffrance ou de rejet deviennent le lieu d’une rencontre plus profonde avec Dieu. Le psalmiste l’exprime ainsi : « Le Seigneur est proche des cœurs brisés » (Psaume 34,19).

 

Cette dynamique apparaît aussi dans la première lecture avec l’onction de David (1 Samuel 16,1–13). Dieu rappelle à Samuel : « L’homme regarde l’apparence, mais le Seigneur regarde le cœur » (1 Samuel 16,7). David, le jeune berger, est choisi par Dieu et préparé dans la simplicité de sa vie quotidienne avant de devenir roi. Plus tard, David chantera avec confiance : « Le Seigneur est mon berger, je ne manque de rien » (Psaume 23,1).

 

Comme David et l’aveugle guéri, nous découvrons souvent l’action de Dieu progressivement. Nos joies, nos épreuves et même nos échecs font partie de cet accompagnement divin. Le Catéchisme de l’Église catholique rappelle que « le désir de Dieu est inscrit dans le cœur de l’homme » (CEC 27). Ainsi, ce qui compte pour Dieu n’est pas l’apparence extérieure, mais la vérité de notre cœur.

 

Les rencontres avec Dieu ne produisent pas toujours un changement immédiat et spectaculaire. Souvent, elles mûrissent lentement. Le témoignage le plus puissant de l’Évangile n’est pas un discours brillant, mais une vie transformée par une rencontre personnelle avec le Christ. Comme le rappelle le pape François : « Tout chrétien est missionnaire dans la mesure où il a rencontré l’amour de Dieu en Jésus-Christ » (Evangelii Gaudium, 120).

 

Dieu voit le cœur. Même Jessé, le père de David, n’avait pas reconnu la grandeur de son fils. Le monde peut ne pas comprendre notre vie intérieure, mais Dieu nous connaît parfaitement.

Alors, ne perdons jamais l’espérance. À travers nos épreuves et nos rejets, Dieu continue de nous former. Durant ce temps du Carême, gardons vivante cette espérance : le Christ, lumière du monde, continue d’illuminer notre vie. Que le Roi de gloire entre, Amen.

P. Terry Cmf.

 

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Publié le 7 Mars 2026

L’Eau Vive

 

Aujourd’hui, la Sainte Mère Église nous invite à marcher sur le même chemin que la femme samaritaine dans l’Évangile (cf. Jn 4,5-42). Comme elle, nous pouvons entreprendre ce pèlerinage parfois seuls, portant dans notre cœur nos blessures, nos déceptions et nos désirs inassouvis. Pourtant, au bout du chemin, Jésus nous attend au puits.

 

Ce qui semble être une simple démarche humaine devient un pèlerinage sacré lorsque nous découvrons qu’il conduit à une rencontre personnelle avec le Christ. Pour la Samaritaine, cette rencontre la mène peu à peu à découvrir la véritable identité de Jésus. Mais cette découverte demande du temps. Marie et Joseph eux-mêmes ont dû grandir dans la compréhension du mystère du Christ, tout comme les apôtres, les disciples et les saints. Il en sera de même pour chacun de nous.

 

Ce chemin est en réalité une marche vers l’union la plus profonde de notre âme avec le Dieu vivant. Comme l’exprime si magnifiquement saint Augustin : « Tu nous as faits pour toi, Seigneur, et notre cœur est sans repos tant qu’il ne repose en toi. » Ce saint « repos inquiet » que nous ressentons dans les moments sombres de notre vie devient souvent le moteur qui nous pousse à chercher Dieu.

 

La femme samaritaine est une personne ordinaire parmi des milliers d’autres — discrète, presque invisible, comme beaucoup d’entre nous. Elle vient simplement puiser de l’eau pour étancher sa soif naturelle. Et là, elle rencontre un étranger qui lui dit : « Donne-moi à boire » (Jn 4,7). En réalité, c’est Jésus qui a soif — non seulement d’eau, mais surtout de la foi et de l’amour du cœur humain. Très souvent, la vie spirituelle commence à partir d’un besoin humain ordinaire.

 

Cette scène rappelle d’autres rencontres dans l’Écriture. Le prophète Élie demande du pain à la veuve de Sarepta (cf. 1 R 17). Elle se prépare à mourir, mais Dieu transforme sa pauvreté en source de vie. De même, Jésus demande à Pierre de jeter de nouveau les filets après une nuit sans rien prendre (cf. Lc 5,4-6). Pierre découvre alors que l’abondance de Dieu dépasse toute attente : ce simple pêcheur deviendra « pêcheur d’hommes » et le roc sur lequel le Christ bâtira son Église.

 

Dans ces récits, la pauvreté humaine devient le lieu où se manifeste la surabondance de Dieu. Combien de fois, dans notre propre vie, avons-nous connu l’épuisement, l’échec dans notre travail, des relations brisées ou le découragement dans notre mission ? Et pourtant, c’est précisément dans ces moments de pauvreté que Dieu vient nous rencontrer.

 

L’Évangile nous révèle que Jésus attendait cette femme. Pour que cette rencontre personnelle puisse avoir lieu, il a même envoyé ses disciples au village chercher de la nourriture. La foi commence toujours par une rencontre personnelle avec le Seigneur.Comme l’enseigne le Catéchisme de l’Église catholique (n°2560) :  « Si tu savais le don de Dieu ! » Et il poursuit : « La merveille de la prière se révèle justement là, au bord des puits où nous venons chercher notre eau : là, le Christ vient à la rencontre de tout être humain. »

 

Dans cette rencontre, la femme découvre peu à peu sa propre vérité intérieure. Comme dans tous les récits d’appel de la Bible, Dieu l’invite à faire un pas de plus, au-delà de son passé et de ses limites. Sans savoir encore ce qu’elle deviendra, elle accepte cette invitation. Son expérience ressemble à celle de Marie Madeleine rencontrant le Christ ressuscité, ou à celle des disciples d’Emmaüs reconnaissant Jésus dans la fraction du pain.

 

Sa vie est profondément transformée. Elle devient non seulement témoin, mais aussi missionnaire. Elle laisse derrière elle sa cruche — symbole de son ancienne vie — et court vers la ville pour annoncer : « Venez voir un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait. Ne serait-il pas le Messie ? » (Jn 4,29). Saint Jean-Paul II disait : « La foi se fortifie lorsqu’on la donne. »

 

Après avoir rencontré le Christ, la Samaritaine ne peut garder cette expérience pour elle-même. La foi est comme une lumière dans l’obscurité : celui qui la reçoit désire naturellement la partager avec les autres.

 

Jésus lui révèle aussi une vérité profonde : le vrai culte ne dépend plus d’un lieu particulier — ni de la montagne ni du Temple — mais se vit « en esprit et en vérité » (Jn 4,23). La véritable adoration naît dans le cœur de l’homme. C’est là que commence l’imitation du Christ. Saint Jean de la Croix enseigne que cette imitation commence par un désir profond et constant de devenir semblable au Christ, et par la renonciation à tout ce qui ne glorifie pas Dieu.

 

La Samaritaine illustre parfaitement ce chemin spirituel. Elle abandonne ce qui remplissait autrefois sa vie et porte désormais le plus grand des dons : l’eau vive, le Christ lui-même, qu’elle annonce à son peuple.

 

Jésus dira ensuite à ses disciples : « Ma nourriture est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé » (Jn 4,34). La joie du Christ est d’accomplir la volonté du Père. Après la résurrection, les disciples comprendront plus profondément cette vérité, souvent au prix de luttes et de discernements.

 

Ainsi, la femme samaritaine représente chacun de nous. Aujourd’hui encore, dans l’Église, le Christ nous attend patiemment pour une rencontre personnelle. Le Livre des Proverbes proclame : « Venez, mangez de mon pain et buvez le vin que j’ai préparé » (Pr 9,5). Cette nourriture divine nous donne la sagesse de Dieu.

 

Ce qui commence par une rencontre ordinaire avec un voyageur au bord d’un puits devient progressivement une révélation du mystère du Christ : d’abord un étranger, puis un prophète, et enfin le Sauveur du monde. En réalité, c’est Dieu lui-même qui vient à notre rencontre — parfois sous l’apparence d’un étranger fatigué et blessé sur la route. Quel magnifique pèlerinage le Seigneur nous propose durant ce temps de Carême !

 

En ce dimanche, prions donc le Seigneur, par l’intercession de la Bienheureuse Vierge Marie, afin que nous aussi nous sachions ouvrir notre cœur au Christ et lui dire avec foi : « Portes, levez vos frontons, qu’il entre, le Roi de gloire ! » (Ps 24,7).

 

Que le Seigneur transforme notre vie et fasse de nous de véritables disciples et missionnaires, comme il l’a fait pour la femme samaritaine, afin que le Père nous élève comme ses enfants bien-aimés. Amen.

P. Terry Cmf.

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Publié le 22 Février 2026

 

« Conduit par l’Esprit » (cf. Luc 4,1)

 

« Jésus, rempli de l’Esprit Saint, fut conduit par l’Esprit au désert » (Lc 4,1). Ces paroles constituent le fondement de notre cheminement de Carême. Le Carême n’est pas d’abord un temps d’efforts ou d’austérités, mais un temps pour nous laisser conduire par l’Esprit. Une vie « menée par l’Esprit » est le chemin que Dieu désire pour chacun de nous.

 

 

Jésus entre au désert — lieu vide et silencieux — pour être seul avec le Père. Le désert n’est pas seulement un lieu géographique ; il est une réalité spirituelle. Il symbolise le passage du bruit au silence, de l’autosuffisance à la communion, de l’agitation extérieure à l’écoute intérieure. Comme l’enseigne le Catéchisme de l’Église catholique : « La tentation de Jésus manifeste la manière dont le Fils de Dieu est Messie » (CEC 539). Sa victoire révèle que la confiance filiale dans le Père est plus forte que toute tentation.

 

 

La tentation ne survient pas seulement dans la faiblesse, mais souvent lorsque nous luttons pour rester fidèles. Ce qui nous soutient n’est pas notre force personnelle, mais la grâce de Dieu. Saint Paul nous rassure : « Dieu est fidèle : il ne permettra pas que vous soyez tentés au-delà de vos forces » (1 Co 10,13). C’est dans cette communion invisible avec le Père que la vie chrétienne trouve sa solidité.

 

 

Le désert est ainsi un passage volontaire — particulièrement en Carême — de la foule à la solitude, du bruit extérieur au silence intérieur. Le pape François nous invite à « revenir au cœur » (cf. Jl 2,12). C’est un temps privilégié pour laisser le Seigneur nous purifier et nous transformer. Comme l’argile dans la main du potier (cf. Jr 18,6), nous Lui demandons de nous façonner pour Sa gloire et pour le salut du monde.

 

 

Beaucoup vivent des « déserts » à travers des épreuves imprévues. Pourtant, ceux qui s’abandonnent à la Providence en ces moments en sortent non pas brisés, mais fortifiés. Saint Pierre affirme que la foi éprouvée par le feu devient plus précieuse que l’or (cf. 1 P 1,7). Même si la transformation n’est pas immédiatement visible, elle porte du fruit.

 

 

L’Évangile présente trois tentations.

La première concerne les besoins matériels. Jésus refuse d’utiliser son pouvoir pour Lui-même : « L’homme ne vit pas seulement de pain » (Lc 4,4). La tentation est d’utiliser les dons de Dieu pour notre gloire personnelle. L’Église rappelle que la vraie liberté se vit dans la vérité et la responsabilité (Gaudium et Spes, 17).

 

 

La deuxième tentation touche à l’identité : « Si tu es le Fils de Dieu… » (Lc 4,3). Dans les moments sombres, notre identité d’enfants bien-aimés peut vaciller. Pourtant, par le baptême, nous sommes marqués du sceau de l’Esprit (CEC 1272). Jésus refuse de se prouver par des signes spectaculaires ; Il fait confiance au Père. Marie est le modèle de cette confiance. Son « Oui » est resté fidèle, même sans comprendre pleinement les événements.

 

 

La troisième tentation est celle de l’orgueil et de la gloire personnelle. Jésus répond : « Tu adoreras le Seigneur ton Dieu » (Lc 4,8). La véritable liberté se trouve dans l’adoration et le don de soi. « L’homme ne se trouve pleinement que par le don sincère de lui-même » (Gaudium et Spes, 24).

 

Les luttes et les tentations sont des lieux de purification. Laissons le Roi de gloire entrer dans nos déserts et nous transformer. Amen.

P. Terry Cmf.

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Rédigé par JONHBOSCO

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Publié le 18 Février 2026

« Afin que Tu entres… »

 

 

J’ai choisi ce thème à partir d’une inspiration personnelle : permettre à Dieu d’entrer en moi, de purifier mon cœur et de me conduire là où Il veut me mener. « Afin que Tu entres » s’inspire du Psaume : « Portes, levez vos frontons, qu’il entre, le Roi de gloire ! » (Ps 24,7). Ce choix est un premier pas que je fais librement et volontairement. Dieu attend ce geste de la part de son enfant bien-aimé, même pécheur. Il attend que je Lui ouvre mon cœur en toute liberté, avec discernement, reconnaissant mes fragilités et mes besoins, afin de Lui permettre d’accomplir en moi ce qu’Il désire de meilleur — pour moi et, à travers moi, pour le monde entier.

 

Je vous invite, vous aussi, à prendre un engagement personnel durant ce temps de Carême : soit en adoptant ce thème que je vous propose et que je vous accompagnerai à vivre, soit en choisissant un thème proche, capable de vous guider dans le même esprit. L’essentiel est d’entrer dans ce temps saint avec un projet spirituel clair et fidèle.

 

 

Accueillir le Seigneur dans notre vie

Je désire que le Seigneur de gloire entre dans ma vie, non pas d’abord dans sa gloire de Ressuscité, mais comme Il est entré dans l’histoire humaine : humblement, dans la pauvreté de Bethléem, dans la fragilité d’un enfant. Pour cela, nous sommes invités à contempler tout le mystère de l’Incarnation : le Verbe fait chair, silencieux dans la crèche, humble dans sa vie publique, fidèle dans l’épreuve, obéissant jusqu’à la mort sur la Croix. Car tout a été créé en Lui, par Lui et pour Lui (cf. Col 1,16). Permettre au Christ d’entrer en nous exige une préparation consciente. Il s’agit de Lui offrir un lieu digne dans notre cœur. Cette préparation passe par l’accueil de sa Passion comme chemin de transformation. C’est dans cette école de la Croix que le Père nous façonne ou configure.

 

Jésus nous révèle comment rester pleinement humains tout en cherchant constamment la volonté du Père, et comment demeurer divins dans l’amour qui sauve. Comme le dit saint Augustin : « Dieu s’est fait homme pour que l’homme devienne Dieu par grâce. »

 

 

 

Un appel à vivre dans le Christ

Durant ce temps de Carême, je prends davantage conscience que je suis appelé, consacré et envoyé pour être témoin du Christ auprès de mes frères et sœurs. En même temps, je demeure en chemin, en recherche, en discernement constant, comme Jésus dans son humanité, cherchant à accomplir la volonté du Père.

Reconnaître la volonté de Dieu dans les événements ordinaires de la vie n’est pas toujours facile. Cela demande humilité, patience et persévérance. Mais l’Esprit Saint nous accompagne et nous éclaire, comme le promet Jésus : « L’Esprit de vérité vous conduira dans la vérité tout entière » (Jn 16,13).

 

 

 

Les moyens proposés par l’Église

 

Dans son message pour le Carême, le Saint-Père nous rappelle trois moyens essentiels :

L’écoute fidèle de la Parole de Dieu

Le jeûne, en particulier de paroles blessantes, destructrices ou inutiles

La marche communautaire, vécue dans la fraternité

 

Nous ne sommes pas appelés à vivre ce chemin seuls, mais comme Peuple de Dieu. Chacun est invité à élaborer un programme personnel, simple, concret et adapté à sa situation. Cet engagement personnel, enraciné dans la certitude que Dieu agit à travers les personnes, les événements et les inspirations intérieures, nous aide à persévérer, surtout dans les moments d’échec, de chute ou de découragement.

 

Même les moments sombres peuvent devenir des lieux de grâce, si nous les offrons au Christ. Ils deviennent alors un feu purificateur où notre cœur est façonné par l’amour du Crucifié. Sainte Thérèse d’Avila disait : « Rien ne te trouble, rien ne t’effraie, Dieu seul suffit. »

 

 

 

Comment vivre concrètement le Carême ?

1. Une bonne confession

Cherchez une occasion pour faire une confession sincère et profonde. Elle vous permettra de commencer ce Carême en demeurant dans l’amour du Christ (cf. Jn 15,9). Jésus promet : « Si quelqu’un m’aime, nous viendrons chez lui et nous ferons en lui notre demeure » (Jn 14,23).

 

2. Veiller sur ses pensées

Notre esprit est constamment traversé par de nombreuses pensées. Certaines sont porteuses de vie, d’autres nous épuisent intérieurement. Comme un conducteur attentif observe les signaux et la route, nous devons apprendre à surveiller nos pensées. Toutes les bonnes idées ne viennent pas forcément de Dieu. Il est nécessaire de discerner leur origine.

 

Saint Ignace de Loyola nous enseigne que le discernement est une clé essentielle pour reconnaître l’action de Dieu dans notre vie. Choisissons des pensées qui conduisent à la paix, à la vérité, à l’amour. Que nos paroles et nos actes soient cohérents avec notre foi, porteurs de vie, jamais dictés par la colère ou la réaction impulsive.

 

 

3. Vivre la compassion et l’amour

La vraie compassion naît du fait de demeurer dans l’amour du Christ, comme Lui demeure dans l’amour du Père (cf. Jn 15,10). Soyons d’abord miséricordieux envers nous-mêmes, en accueillant nos limites et notre passé. Cette miséricorde reçue devient alors source de pardon pour les autres. Une vie compatissante suppose aussi le soin de notre corps, de notre esprit et de notre âme, afin de pouvoir servir les autres avec générosité. Comme le rappelait saint Jean-Paul II : « L’homme ne peut se comprendre pleinement sans le Christ. »

Faite un effort pour se pardonner and pardonner les autres. Si vous avez des difficultés à pardonner, choisissez une personne avec laquelle vous êtes en conflit et priez pour elle chaque jour. Peu à peu, Dieu vous donnera la force de poser un geste de réconciliation.

 

 

Conclusion

Je vous souhaite à tous un saint et fécond temps de Carême, vécu comme un véritable retour à la maison du Père, à l’image du fils prodigue, pour participer à son banquet de miséricorde.

Je vous demande aussi de prier pour moi, avec cette prière inspirée de saint Pedro Poveda :

 

Que je pense ce que le Seigneur veut que je pense,
que je regarde ce qu’Il veut que je regarde,
que je dise ce qu’Il veut que je dise,
que je fasse ce qu’Il veut que je fasse,
comme Il veut que je le fasse,
pour la gloire de Dieu
et le salut de l’humanité.

Amen.

 

P. Terry Cmf.

 

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Publié le 15 Février 2026

Homélie – 6ᵉ Dimanche du Temps Ordinaire

« Vous avez appris qu’il a été dit… Eh bien moi, je vous dis… » : telle est la parole centrale de l’Évangile de ce jour. Dans ce « Moi, je vous dis », se révèle le cœur même de l’enseignement de Jésus. Il nous invite à entrer dans son intimité, à demeurer en Lui, dans le Père, et à orienter toute notre vie vers l’accomplissement de la volonté divine.

 

Jésus ne se contente pas de rappeler des commandements extérieurs. Il nous conduit plus loin, vers une justice intérieure, vers une conversion du cœur. Comme Il le dit Lui-même : « Ma nourriture est de faire la volonté de Celui qui m’a envoyé » (Jn 4,34). Toute sa joie venait de cette fidélité au Père.

 

Ainsi, notre vie chrétienne ne peut se réduire à l’observance rigide de règles : « Tu ne tueras pas », « Tu ne commettras pas d’adultère », « Ne fais pas de faux serment ». Ces commandements sont nécessaires, mais ils ne suffisent pas. Jésus nous appelle à chercher d’abord la volonté de Dieu, à l’aimer et à l’accomplir avec sincérité et générosité.

 

La parabole du riche et du pauvre Lazare nous rappelle que l’on peut observer certaines prescriptions et pourtant passer à côté du Royaume de Dieu, faute d’amour et de compassion. Comme le rappelait souvent Pape François, « la foi authentique nous rend toujours plus sensibles aux souffrances des autres ».

 

Cependant, nous savons tous que cette fidélité intérieure est plus facile à dire qu’à vivre. Dans les moments d’épreuve, je regarde Jésus à Gethsémani. Lui aussi a connu l’angoisse : « Père, s’il est possible, que cette coupe passe loin de moi… pourtant, non pas comme moi je veux, mais comme toi tu veux » (Mt 26,39). Voilà le grand paradoxe de notre vie : vouloir aimer Dieu de tout notre cœur, et découvrir nos faiblesses.

 

Nous désirons prier, nous recueillir, demeurer dans la présence du Seigneur, et pourtant, bien souvent, nos pensées s’égarent. Nous voulons le bien, mais nous faisons parfois le contraire. Cette lutte fait partie du chemin de la foi. Comme l’écrivait Saint Augustin : « Seigneur, donne-moi ce que tu commandes, et commande ce que tu veux. » Dieu ne se décourage pas de nos chutes. Il nous relève sans cesse. Notre chemin spirituel est fait de fragilités et de recommencements, et c’est précisément là que sa grâce agit.

 

Saint Paul nous rappelle aujourd’hui : « Ce que l’œil n’a pas vu, ce que l’oreille n’a pas entendu, ce qui n’est pas monté au cœur de l’homme, voilà ce que Dieu a préparé pour ceux qui l’aiment » (1 Co 2,9). Cette sagesse, Dieu l’a déjà déposée au plus profond de notre âme. Elle nous attend dans le silence, dans la prière, dans l’écoute de sa Parole. Les Écritures, l’enseignement de l’Église, le témoignage des saints, tout nous conduit vers ce sanctuaire intérieur où Dieu demeure. Sainte Thérèse de Lisieux nous rappelle avec simplicité : « Ma vocation, c’est l’amour. » Voilà le cœur de toute loi chrétienne.

 

Jésus nous révèle cette sagesse suprême par sa vie et par sa Croix : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés » (Jn 13,34). Et au sommet de son offrande, Il prie encore : « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font » (Lc 23,34). Cet amour et ce pardon sont gravés dans nos cœurs par l’Esprit Saint.

 

Aujourd’hui, Jésus nous dit : « Celui qui observera ces commandements et les enseignera sera déclaré grand dans le Royaume des cieux » (Mt 5,19). Il ne s’agit pas seulement de connaître la loi, mais de la vivre dans la charité.

 

Cherchons donc, dans notre intériorité, cette sagesse divine. Accueillons les inspirations de l’Esprit. Discernons avec intelligence et humilité. Répondons concrètement aux besoins de nos frères et sœurs, surtout des plus pauvres, de ceux qui sont à notre porte, comme les Lazare de notre temps.

 

Alors, peu à peu, notre « oui » deviendra un vrai oui, et notre « non » un vrai non. Notre vie sera un témoignage crédible. Nous deviendrons de véritables disciples du Christ, bâtissant le Royaume par l’amour, la fidélité et le service. Demandons cette grâce au Seigneur.

Amen.

 

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Publié le 7 Février 2026

 « Vous êtes le sel de la terre et la lumière du monde » (Mt 5,13–16)

 

Notre vie chrétienne est fondée sur la grâce du Baptême. Par ce sacrement, nous renaissons en Christ et devenons membres de son Corps, l’Église. Comme le rappelle saint Paul : « Vous tous qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu le Christ » (Ga 3,27).

 

Dans le rite du Baptême, nous rencontrons trois moments profonds. D’abord, nous sommes purifiés par l’eau, participant à la mort et à la résurrection du Christ (Rm 6,3–4). Ensuite, nous sommes consacrés par l’onction sainte. Enfin, nous recevons la lumière du Christ, symbolisée par le cierge pascal, confiée à la famille et à la communauté.

 

Lorsque Jésus nous dit : « Vous êtes la lumière du monde » (Mt 5,14), Il nous rappelle cette lumière baptismale, née du feu et de l’eau lors de la Vigile pascale. C’est la lumière du Christ ressuscité, vainqueur de la mort. Aujourd’hui, nous sommes appelés à vivre cette vie nouvelle, en rendant le Christ visible par notre témoignage, dans l’Esprit et la Vérité (Jn 4,24).

Jésus nous dit aussi : « Vous êtes le sel de la terre » (Mt 5,13). Le sel et la lumière ont un point commun : ils existent pour se donner. Ils disparaissent pour que d’autres vivent. Ils reflètent le mystère du Christ, « qui s’est anéanti lui-même » (Ph 2,7), pour que le mond soit sauvé.

Cet abaissement est le chemin du disciple. Saint Jean de la Croix enseigne : « Pour tout posséder, ne désire rien posséder. » Quand nous nous vidons avec confiance, Dieu nous remplit de sa grâce. Jésus dit : « Celui qui perdra sa vie à cause de moi la trouvera » (Mt 16,25). Saint Paul vivait cette vérité lorsqu’il déclarait : « Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi » (Ga 2,20).

Être sel et lumière, c’est laisser le Christ, vraie Lumière (Jn 8,12), rayonner à travers nous. En vérité, nous ne devons rien faire que vivre notre foi pleinement, dans la joie et dans la paix. Nous nous le vivons, c’est purifier, guérir, renouveler, transformer le monde en Christ (Col 1,16). Le pape François nous rappelle dans Evangelii Gaudium : « Tout chrétien est un disciple missionnaire » (EG 120). Et le Concile Vatican II enseigne : « Les fidèles sont appelés à répandre la lumière du Christ » (LG 33). Comme les apôtres envoyés deux par deux (Mc 6,7), nous sommes appelés à vivre notre mission ensemble.

Simeon et Anne (Lc 2,25–38) nous enseignent la fidélité, la prière et l’espérance. Ils nous invitent à reconnaître le Christ dans l’humilité. Mais Jésus nous avertit : « Si le sel perd sa saveur… » (Mt 5,13). Sans prière et charité, notre témoignage s’affaiblit. Sainte Thérèse disait : « Je ne suis qu’un petit pinceau dans la main de Dieu. »

Dans cette mission d’être sel et lumière, est en vérité, faire naître le Christ dans le cœur des hommes. Les paroles du pape Léon adressées au Dicastère pour les Laïcs, la Famille et la Vie nous éclairent profondément. Il a rappelé à l’Église « la nécessité de favoriser des parcours de vie cohérents, engageants et personnels, qui conduisent au Baptême et aux sacrements, en aidant ceux qui entreprennent un chemin de foi à mûrir et à préserver un nouveau style de vie ». Cela signifie que notre témoignage ne peut pas rester superficiel. Nous sommes appelés à accompagner patiemment les autres, à marcher avec eux, à les aider à grandir dans la foi et à demeurer fidèles au Christ dans la vie quotidienne. Être lumière, ce n’est pas seulement briller un instant, mais guider constamment les autres vers le Christ et son Église, par notre vie de témoignage.

Nous sommes appelés à protéger les plus faibles, à défendre la dignité humaine, à construire une civilisation de l’amour (cf. Laudato Si’). L’Évangile conclut : « Que votre lumière brille devant les hommes, alors en voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux. » (Mt 5,16). Nos œuvres doivent conduire vers Dieu, non vers nous-mêmes. Comme disait Benoît XVI : « L’Église grandit par attraction. » Que ceux qui nous rencontrent puissent dire : « Merci, Seigneur, d’être ma lumière à travers cette personne. » Que nous soyons fidèles comme sel et lumière, pour la gloire de Dieu et le salut du monde. Amen.

P. Terry Cmf.

 

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