Publié le 18 Janvier 2026

2ème dimanche Ordinaire

 

« Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde » (Jn 1,29), proclame Jean-Baptiste. Par cette proclamation, Dieu choisit de se révéler à l’humanité, en particulier à tous ceux qui désirent le rencontrer, dans le mystère de l’Agneau pascal. En présentant Jésus comme le Sauveur du monde, Dieu nous associe à son œuvre de salut. Par Jésus-Christ — et tout spécialement par notre baptême — nous devenons collaborateurs et partenaires de Dieu dans son projet salvifique (cf. 1 Co 3,9).

 

Dans le baptême, nous sommes appelés, choisis, consacrés et envoyés dans le monde. Le baptême est en lui-même une vocation : un appel à grandir à la ressemblance de Dieu et à vivre comme de véritables enfants de Dieu (cf. Rm 8,14–17). À l’image du Père, nous sommes invités à être créateurs de vie, porteurs de nouveauté, engagés de manière responsable et pleine d’espérance dans la société. À l’image du Fils, nous sommes appelés à rechercher ce qui est perdu et brisé, à guérir, libérer et racheter l’humanité (cf. Lc 19,10). Enfin, à l’image de l’Esprit Saint, nous sommes consacrés pour la gloire de Dieu et le salut du monde, en vivant pleinement l’humanité que Dieu a créée et voulue en nous (cf. Gaudium et Spes, 22). Ainsi, Dieu sanctifie le monde en nous et à travers nous.

 

L’Écriture nous rappelle que c’est par une vie de témoignage que la gloire de Dieu se manifeste (cf. Is 60,1 ; Mt 5,16). Baptisés dans le Christ, nous devenons porteurs de lumière, appelés à briller dans les ténèbres et à être la Lumière du Christ — la lumière pascale — au cœur du monde (cf. Lumen Gentium, 9).

 

C’est dans cette lumière que les prophètes et les juges ont discerné l’action de l’Esprit, et que Jean-Baptiste l’a attendu avec ferveur. Lorsque nous apprenons à vivre nous aussi dans cette lumière, nous découvrons l’œuvre de Dieu non seulement dans les grands événements, mais aussi dans la simplicité de la vie quotidienne, particulièrement dans le cœur des personnes que nous rencontrons chaque jour. Peu à peu, nos rencontres humaines ordinaires deviennent des rencontres divines, des lieux où Dieu est libre d’agir pleinement. Lorsque Dieu est à l’œuvre dans nos paroles et nos gestes, ceux-ci deviennent sacrés et porteurs de vie.

 

La sainteté que Jésus nous propose n’est pas une vie sans combat ni fragilité, ni une existence parfaite et idéalisée. Elle est une vie de disciple, enracinée dans l’authenticité, sans cesse discernée en présence de Dieu et vécue dans un engagement généreux (cf. Evangelii Gaudium, 171). Dans un monde marqué par l’obscurité et la fragilité, nous pouvons nous aussi tomber ; mais nous permettons à Dieu d’agir en nous. Par sa grâce, nous sommes relevés. Les sacrements nous accompagnent, nous guérissent et nous renouvellent, nous rendant à nouveau capables de porter la lumière (cf. Catéchisme de l’Église catholique, 1426).

 

Lorsque cette vie est vécue dans l’Esprit et dans la vérité, nous devenons de véritables témoins de la bonté divine, de simples instruments entre les mains de Dieu (cf. 2 Co 4,7). Nos vies proclament alors l’amour et la compassion de Dieu avec une force qui dépasse les mots. Prions le Seigneur afin que nous demeurions toujours de fidèles témoins, laissant l’Agneau de Dieu continuer à enlever le péché du monde à travers nos vies. Amen.

P. Terry Cmf.

 

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Publié le 10 Janvier 2026

Le Baptême du Seigneur

 

« Laisse faire pour le moment » (Mt 3,15). Ces paroles de Jésus révèlent une obéissance profonde à la volonté du Père. Le baptême, j’en suis profondément convaincu, est le don divin le plus fondamental qui nous soit accordé : il initie notre chemin spirituel et nous fait grandir comme de véritables fils et filles de Dieu. Dieu, qui nous a créés libres, ne s’impose jamais ; Il attend notre consentement. Il respecte même la liberté de Le rejeter. Mais dans le baptême, cette liberté est accueillie et transfigurée, car Dieu renouvelle en nous la promesse de la vie divine. Au Jourdain, le Père proclame ouvertement ce mystère : « Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi j’ai mis tout mon amour » (Mc 1,11). Cette même parole est prononcée sur chacun de nous au moment de notre baptême.

 

Il arrive que la vie nous confronte à des événements inattendus, presque inconcevables, où Dieu semble se soumettre à la liberté humaine, appelant l’humanité à Lui répondre dans l’amour. L’humilité de Jean-Baptiste et son hésitation à baptiser Jésus sont donc compréhensibles. Pourtant, Jésus révèle une valeur plus haute : « accomplir toute justice » (Mt 3,15), c’est-à-dire réaliser le dessein salvifique de Dieu. Notre Dieu est un Dieu fidèle à ses promesses (cf. Dt 7,9). Même lorsque nous demeurons pécheurs, Il ne cesse de nous appeler à la conversion, nous relevant du péché pour nous conduire à la sainteté (cf. Rm 6,4).

 

Dieu désire que nous demeurions fidèles à notre tour, vivant selon ce qui est attendu de nous comme enfants de Dieu, car Il nous a appelés non pour rester immobiles, mais pour être transformés. Dans toute la Bible, les récits de vocation suivent un même mouvement : Dieu appelle, forme, consacre et envoie. Cette dynamique s’accomplit pleinement en Jésus. À son baptême, la consécration est inséparable de la mission. La descente de l’Esprit Saint inaugure sa mission publique, comme l’Esprit avait couvert Marie de son ombre à l’Annonciation (cf. Lc 1,35). Comme l’enseigne le Catéchisme de l’Église catholique, « L’Esprit Saint est le maître de la vie intérieure » (CEC 1995), Celui qui initie et soutient toute mission confiée par Dieu.

 

Par cette initiation, le baptême unit la terre et le ciel. Les cieux s’ouvrent (cf. Mt 3,16), manifestant que la communion avec Dieu est désormais offerte. Cette ouverture se renouvelle aujourd’hui encore chaque fois qu’un enfant est baptisé. Le cierge pascal porté dans la liturgie baptismale nous rappelle que la lumière du Christ passe toujours par le mystère de la Croix. Comme le dit saint Paul : « Si nous sommes morts avec le Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec lui » (Rm 6,8). En gardant cette lumière allumée et en la laissant rayonner, nous contribuons à transformer le monde, à faire de la terre un reflet du ciel et à réduire la distance entre les deux. La transformation et le salut de chaque personne commencent ici.

 

Le baptême est ainsi une rencontre personnelle où Dieu entre dans notre histoire pour l’intégrer à son histoire de salut. Il est significatif que ce soit Jésus Lui-même qui se dirige vers Jean. Nous ne devons jamais oublier ce premier pas de Dieu vers nous (cf. 1 Jn 4,10). Cette initiative divine transforme notre humanité ordinaire, la rendant capable de porter en elle la vie divine. Saint Athanase l’exprime avec audace : « Dieu s’est fait homme pour que l’homme devienne Dieu. » Tout cela est l’œuvre de Dieu : initiée, portée et accomplie par Lui seul.

 

Pour entrer dans ce mystère de transformation, le baptême nous appelle à nous abandonner à la volonté divine. À l’image de Marie, qui a répondu : « Qu’il me soit fait selon ta parole » (Lc 1,38), nous sommes invités à dire chaque jour notre « oui » à Dieu. Saint Augustin nous rappelle : « Dieu qui t’a créé sans toi ne te sauvera pas sans toi. »

 

La célébration d’aujourd’hui est donc la célébration de notre propre baptême. Elle nous invite à nous souvenir sans cesse de ce que Dieu continue de faire pour toi et pour moi : nous appeler ses bien-aimés, nous former par sa grâce et nous conduire vers la plénitude de la sainteté (cf. Lumen Gentium, 40). Prions le Seigneur afin que nous demeurions fidèles à cette promesse et à notre vocation, pour que toute notre vie devienne une louange vivante à la gloire de Dieu. Amen.

P. Terry Cmf.

 

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Publié le 4 Janvier 2026

Homélie

La fête de l’Épiphanie revêt aujourd’hui une importance particulière, car l’expérience de la rencontre, de la reconnaissance et de l’adoration du Christ demeure possible en tout temps, comme elle le fut aux origines de l’Incarnation. Dès le commencement, tous ceux qui attendaient l’accomplissement de la promesse de Dieu n’ont pas été déçus. Les mages, Siméon, Anne et Jean-Baptiste ont attendu le Seigneur avec foi et persévérance, et l’Esprit ne les a pas trompés. Ce que Dieu promet, Il l’accomplit pleinement (cf. Lc 2,26–38 ; Jn 1,33).

 

Cela révèle une vérité fondamentale de notre foi : Dieu demeure éternellement fidèle à ses promesses (cf. Dt 7,9 ; He 10,23). L’Épiphanie nous assure que l’espérance placée en Dieu n’est jamais vaine. À l’exemple de ces témoins, nous sommes appelés à cultiver une attitude intérieure de vigilance, de confiance et de désir de la présence salvatrice de Dieu.

 

Le mystère de l’Incarnation met également en lumière l’harmonie entre l’initiative divine et la coopération humaine. Les mages ont vu l’étoile à son lever et ont librement choisi de la suivre (cf. Mt 2,2). Les étoiles apparaissent dans la nuit, et comme les bergers qui veillaient (cf. Lc 2,8), les mages étaient intérieurement éveillés, attentifs et réceptifs. Cette vigilance spirituelle est essentielle pour discerner les signes à travers lesquels Dieu se révèle (cf. Mt 25,13).

 

Abraham, assis à l’entrée de sa tente, a reconnu le passage du Seigneur et L’a accueilli avec hospitalité (cf. Gn 18,1–8). Cette attitude de veille reflète quelque chose de Dieu Lui-même, qui veille sans cesse sur son peuple avec amour et fidélité (cf. Ps 121,4). Un cœur vigilant reconnaît la grâce lorsqu’elle se manifeste.

 

Cependant, cette vigilance ne garantit pas une vie sans erreur. Le chemin de la foi comporte des détours, des chutes et des moments de confusion. Les mages croyaient qu’un roi était né et il leur semblait logique de le chercher au palais. Cette erreur, Dieu l’a intégrée mystérieusement dans son dessein. La Bonne Nouvelle de la naissance du Roi éternel est parvenue jusqu’au seuil du pouvoir terrestre (cf. Mt 2,3).

 

Cela nous révèle une vérité consolante : Dieu peut transformer nos échecs, nos limites et même nos péchés en instruments de salut (cf. Rm 8,28). L’essentiel n’est pas de ne jamais tomber, mais de se relever et de reprendre la route. Le péché ne doit pas freiner notre marche vers le Seigneur, mais nous conduire plus rapidement vers la miséricorde et la conversion (cf. Ps 51 ; Lc 15,17–24).

 

Le péché appelle le secret, tandis que le bien appelle la transparence (cf. Jn 3,19–21). Les mécanismes de dissimulation et de manipulation qui entouraient le conseil d’Hérode existent encore aujourd’hui. L’Évangile, au contraire, nous invite à marcher dans la vérité, la justice et la paix. Le pape François nous rappelle que la foi authentique rejette l’hypocrisie et s’exprime dans la miséricorde et la compassion (Evangelii Gaudium, 88).

 

Lorsque nous échouons, l’espérance de la conversion demeure toujours. L’Épiphanie l’affirme clairement. Les mages reprennent leur chemin, non pas animés par la peur ou la culpabilité, mais remplis de joie, désireux d’accomplir ce qu’ils reconnaissent désormais comme la volonté de Dieu (cf. Mt 2,9–10). Dans leur fragilité, ils découvrent la miséricorde divine, une miséricorde à offrir surtout aux blessés et aux plus vulnérables (cf. Mt 9,12–13).

 

La rencontre avec le Christ procure une joie profonde. Saint Léon le Grand résume magnifiquement les dons offerts à l’Enfant : « L’or pour le roi, l’encens pour Dieu, et la myrrhe pour celui qui devait mourir. » Ces dons proclament le mystère du Christ : Roi, Dieu et Rédempteur.

 

Après avoir adoré l’Enfant, les mages repartent par un autre chemin (cf. Mt 2,12). Ils n’ont plus besoin de l’étoile, car ils portent désormais en eux la Lumière qu’ils ont rencontrée. Le Christ devient leur guide intérieur. Ce « chemin nouveau » symbolise la vocation chrétienne : vivre selon l’Évangile, transformés intérieurement par la grâce (cf. Lumen Gentium, 1).

 

Leurs dons évoquent aussi notre propre vocation : offrir notre vie à Dieu, accomplir sa volonté dans le Christ et nous laisser conduire par l’Esprit. Fortifiés par l’Esprit Saint, nous sommes envoyés sur des chemins nouveaux pour la gloire de Dieu et le salut de l’humanité.

 

Prions afin que notre présence dans nos familles, nos lieux de travail et notre société devienne une Épiphanie pour nos frères et sœurs : une rencontre avec le Christ, une invitation à L’adorer et une possibilité de recommencer. Soyons une Épiphanie pour les autres. Amen.

P. Terry Cmf.

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Publié le 24 Décembre 2025

Le Mystère de l’Incarnation : Dieu avec nous

1. Un commencement préparé par Dieu
Aujourd’hui commence un chemin nouveau, une vie nouvelle animée par l’Esprit Saint. Ce moment, que nous avons préparé par l’attente et la veille, a été préparé par Dieu lui-même depuis le premier jour de la création. Dès l’origine, Dieu a créé l’homme à son image et à sa ressemblance (Gn 1,26), lui confiant la liberté — une liberté capable d’aimer, mais aussi de pécher.
C’est précisément dans cette condition humaine blessée que Dieu a choisi de naître, assumant notre fragilité pour libérer l’humanité déchue. Comme le dira saint Paul : « Là où le péché a abondé, la grâce a surabondé » (Rm 5,20).

2. Le Verbe s’est fait chair
Le prologue de saint Jean exprime cette vérité avec une force unique :
« Et le Verbe s’est fait chair, et il a habité parmi nous » (Jn 1,14).
Dieu ne s’est pas contenté de créer le monde ; il est entré dans l’histoire. À travers les prophètes, les rois, les juges et les saints, il s’est révélé progressivement. Mais aujourd’hui, il se révèle pleinement en devenant homme. Comme l’enseigne le Concile Vatican II :
« Le Fils de Dieu, par son incarnation, s’est en quelque sorte uni à tout homme » (Gaudium et Spes, 22).

3. Noël : la célébration de l’humanité réconciliée
Noël est bien plus qu’une fête de naissance : c’est la célébration de l’humanité elle-même, appelée à devenir demeure de Dieu. L’Esprit Saint rend l’homme capable d’accueillir la plénitude divine en lui.
Saint Athanase résumait ce mystère par ces mots célèbres :
« Dieu s’est fait homme pour que l’homme devienne Dieu » — non par nature, mais par participation.
L’Incarnation est le don total de Dieu à l’humanité, et à travers l’humanité, Dieu se donne à lui-même une création renouvelée.

4. Témoins et porteurs de la Lumière
Ainsi, nous ne sommes pas seulement témoins de la Lumière, mais appelés à devenir lumière pour le monde (Mt 5,14). À l’image de Jean-Baptiste, nous préparons le chemin du Seigneur par nos paroles et nos actes, afin que d’autres puissent le rencontrer.

5. Accueillir et vivre le don de l’Incarnation
Puisque l’Incarnation est un don purement gratuit, nous sommes invités à en découvrir la « fonctionnalité », à en vivre toutes les dimensions. Comme un don précieux, elle demande d’être comprise pour être pleinement vécue.

a) La proximité divine
Dieu ne s’est pas seulement approché de l’homme ; il est devenu homme. Il a habité notre condition humaine afin de nous rendre capables de participer à sa vie divine (2 P 1,4).

b) La rencontre divine permanente
Notre fragilité appelle une purification constante. Par les sacrements, en particulier la réconciliation, nous rencontrons non seulement la miséricorde de Dieu, mais Dieu lui-même (Jn 20,22-23).

c) Le ciel sur la terre
Là où le Roi demeure, le Royaume est déjà présent. Par l’Incarnation, le ciel commence sur la terre. Comme le disait sainte Thérèse d’Avila : « Dieu seul suffit. »

d) Connaître Dieu et entrer en communion humaine
L’Incarnation nous permet de connaître Dieu à travers nos propres émotions, nos relations, notre humanité partagée. Elle fonde une communion authentique entre frères et sœurs.

e) La nouvelle création
En entrant en communion les uns avec les autres, guidés par l’Esprit, la création entière est renouvelée (2 Co 5,17). L’Incarnation inaugure ce monde nouveau.

Conclusion
Prions le Seigneur pour que ce mystère de l’Incarnation soit pleinement accueilli par l’humanité. Qu’il porte des fruits de paix, de joie et de communion, et qu’il nous conduise au cœur de la vie trinitaire, promise à ceux qui croient.
Amen.
P. Terry Cmf.

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Publié le 21 Décembre 2025

 

 

À mesure que nous nous rapprochons du moment où nous contemplerons l’expérience de « l’Étoile montante », nous découvrons que ce déploiement divin commence sur une note dissonante. Il débute dans la suspicion, la rumeur et le jugement — des voix du village et même de l’entourage de Marie — mettant en cause son honneur et sa dignité (cf. Mt 1,18-19). Pourtant, ce commencement douloureux trouve son accomplissement dans la réponse silencieuse, courageuse et croyante de Joseph, qui choisit d’agir non selon les critères humains, mais dans l’obéissance à la plénitude de la volonté divine. Dieu veut — et Joseph accomplit dans le silence.

 

La véritable justice, telle qu’elle se révèle en Joseph, ne se limite pas à une rectitude morale ou à une action extérieure. Elle consiste à assumer la responsabilité de l’autre, à porter le poids de sa vie et de son avenir (cf. Ga 6,2). Joseph accepte de devenir père pour l’Enfant saint, sans en être le père biologique — un acte d’amour profondément dépouillé. Comme l’enseigne saint Jean-Paul II dans Redemptoris Custos, la paternité de Joseph s’exprime dans le fait qu’il a fait de sa vie « un service et un sacrifice au mystère de l’Incarnation » (RC, 8).

 

L’Évangile d’hier se concluait par ces mots : « Alors l’ange la quitta » (Lc 1,38). Aujourd’hui, cet ange réapparaît — cette fois dans la maison de Joseph, à travers un songe (Mt 1,20). Ce déplacement nous révèle une vérité essentielle pour notre propre chemin spirituel : il arrive que nous devions laisser l’ange se retirer, afin que la volonté de Dieu s’accomplisse désormais par notre obéissance et notre discernement. Le silence de Dieu n’est jamais un abandon ; il est souvent une manière de nous protéger et de nous façonner.

 

Dans le grand mystère de l’Incarnation, Dieu agit différemment selon les personnes. Avec Marie, Il choisit l’intimité — la maison, le silence intérieur — transformant un lieu ordinaire en espace sacré (cf. Lc 1,26-38). Avec Zacharie, Dieu se manifeste dans le Temple, au Saint des saints, pour rassurer un homme juste mais hésitant (cf. Lc 1,8-20). Avec Joseph, Dieu choisit le langage des songes — fragiles, nocturnes, souvent incompris, mais profondément révélateurs (cf. Mt 1,20 ; 2,13.19).

 

Malgré ces différences, un élément commun demeure : Dieu choisit toujours un lieu où la personne se sent chez elle, en sécurité, et c’est là qu’Il l’appelle à accomplir quelque chose d’extraordinaire — chose impossible sans la grâce de l’Esprit Saint (cf. Lc 1,35). L’Esprit agit dans le silence, sans paroles, mais avec puissance, soutenant les souffrances et les blessures de ces personnes élues, tout en laissant les anges accomplir leur mission. Comme le rappelle le pape François, « le style de Dieu est la proximité, la compassion et la tendresse » (Evangelii Gaudium, 88).

 

Aujourd’hui encore, nous sommes appelés à devenir des « anges » pour notre temps — des messagers de la présence de Dieu — en demeurant profondément unis à Lui et en annonçant la Bonne Nouvelle aux communautés blessées. Avec Marie et Joseph, nous sommes invités à donner à l’Enfant le nom choisi par Dieu : Jésus, Emmanuel — Dieu avec nous (cf. Mt 1,21-23).

 

Si ces événements peuvent nous sembler ordinaires aujourd’hui, ils ne l’étaient absolument pas pour ceux qui les ont vécus. Ils exigeaient humiliation, vulnérabilité et exposition sociale — des dimensions que nous oublions souvent lorsque nous célébrons la gloire et la joie de Noël. Marie, mère non mariée, porte le poids de la suspicion et du déshonneur, sans autre défense visible que la fidélité d’un seul homme. Joseph accepte la honte publique en l’accueillant chez lui et en choisissant d’être père d’un enfant qui n’est pas le sien. Quel acte extraordinaire d’amour et de courage !

 

Élisabeth, elle aussi — âgée — traverse la peur, la souffrance et l’exposition sociale d’une grossesse dans une société rigide et traditionnelle (cf. Lc 1,24-25). Ces détails ne sont pas secondaires : ils constituent le lieu même où les promesses de Dieu s’accomplissent. Comme le rappelle saint Paul : « Dieu a choisi ce qui est faible dans le monde pour confondre les forts » (1 Co 1,27).

 

Par l’obéissance et la fidélité de Marie, Joseph, Zacharie et Élisabeth, les Écritures s’accomplissent : la Loi et les Prophètes trouvent leur pleine réalisation (cf. Mt 1,22 ; Lc 1,70). Sans leur capacité à porter la honte et l’incompréhension dans le silence, l’Incarnation n’aurait jamais vu le jour. C’est ici que se situe notre appel aujourd’hui : devenir l’« Étoile montante » pour les autres, en particulier pour ceux qui vivent dans l’humiliation et la souffrance silencieuse.

 

Alors que nous nous préparons à célébrer la joie de Noël, soyons attentifs aux mouvements profonds et cachés de Dieu dans notre propre vie. Beaucoup de ce que Dieu accomplit se joue en nous, au-delà de notre compréhension — comme ce fut le cas pour Marie dans l’Immaculée Conception, l’Annonciation et la Visitation. L’Esprit Saint était à l’œuvre, même lorsque Marie ne percevait pas pleinement comment Dieu agissait en elle.

 

Quelle grâce pour Marie d’avoir Joseph à ses côtés — présent à la fois dans la contemplation et dans l’action. Et quel appel pour chacun de nous : nous laisser former dans le cœur maternel de Marie afin de devenir, à notre tour, des Joseph pour le Seigneur — appelés, consacrés et envoyés dans le monde comme des « étoiles brillantes » pour nos frères et sœurs (cf. Ph 2,15). Amen.

P. Terry Cmf.

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Publié le 13 Décembre 2025

Homélie — Gaudete : Une joie façonnée par l’espérance

La beauté de la vie chrétienne se cache souvent dans ces moments d’attente joyeuse, où nous apprenons à vivre pleinement en faisant confiance aux promesses de Dieu et en utilisant humblement les moyens qui sont à notre disposition. Celui qui vit dans la foi sait reconnaître, même dans ce qui semble petit et insuffisant, la plénitude de la grâce divine à l’œuvre (cf. 2 Co 12,9).

 

Cependant, la vie comporte aussi des moments où nous nous sentons acculés et isolés—des temps marqués par l’incompréhension, les fausses accusations et les jugements sévères. Ces épreuves peuvent venir de l’extérieur, mais bien souvent elles naissent à l’intérieur, nous plongeant dans la tristesse, la confusion et une profonde fragilité intérieure. Nous appelons ces expériences des « moments obscurs » ou des moments de désolation. C’est précisément dans ces instants, lorsque toute issue semble absente, que la foi vient à notre secours—non pour accuser ou condamner, même pas nous-mêmes, mais pour nous soutenir dans l’espérance. La foi nous aide alors à unir ces moments à la Passion du Christ, dans l’attente, patience et confiance de la résurrection (cf. Rm 8,17–18).

 

La vie de Jean-Baptiste illustre puissamment cette réalité. Aux yeux humains, sa fin paraît brutale et injuste. Mais aux yeux de Dieu, sa mission est pleinement accomplie. Pourtant, Jean—qui avait reconnu Jésus dès le sein de sa mère (cf. Lc 1,41)—se retrouve troublé dans sa prison. Privé de signes visibles, il envoie ses disciples demander à Jésus : « Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? » (Mt 11,3).

 

Jésus ne le réprimande pas. Il l’invite à lire les signes de l’action de Dieu : « Les aveugles retrouvent la vue, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, et la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres » (Mt 11,5 ; cf. Is 35,5–6 ; 61,1). Jean, le plus grand parmi les prophètes (cf. Mt 11,11), n’était pas pleinement conscient de sa propre grandeur. Mais Jésus l’assure que le Royaume se réalise bel et bien, pour ceux qui croient.

 

Dimanche dernier, Jean-Baptiste était présenté comme l’étoile montante. Aujourd’hui, ce sont les signes qui lui sont donnés qui deviennent l’étoile. Nous sommes invités à observer le monde—intérieur et extérieur—afin de discerner les transformations déjà opérées par Dieu. Notre propre chemin de vie peut devenir une étoile pour nous-mêmes et pour les autres, car Dieu agit d’abord au cœur de la personne humaine (cf. Lc 17,21).

 

Jean est invité à dépasser ses attentes et à reconnaître la présence de Dieu dans les événements concrets entourant Jésus. Pour la personne de foi, le monde est rempli de signes de la présence divine. Elle reconnaît Dieu dans le soleil levant et Lui fait confiance même dans la nuit obscure. Et lorsque la lumière semble disparaître, elle espère son retour (cf. Ps 30,6 ; Is 60,1).

 

La nature elle-même nous enseigne l’espérance. Les saisons passent, la nuit cède à la lumière, et la vie se renouvelle silencieusement. Lorsque nous demeurons attentifs aux moments ordinaires de l’existence, nous découvrons comment l’œuvre de Dieu s’y déploie (cf. Rm 8,22–23). Les moments d’obscurité nous façonnent intérieurement ; les moments de joie nous rendent capables de donner. En accueillant ces temps obscurs comme des lieux de transformation, nous découvrons que Dieu peut faire jaillir la lumière à travers eux pour les autres—comme ce fut le cas pour sainte Thérèse d’Avila, saint Jean de la Croix, saint François d’Assise, et tant d’autres saints.

 

En ce dimanche, nous sommes invités à entrer profondément dans notre intériorité afin de reconnaître l’œuvre merveilleuse que Dieu accomplit en nous. Comme le rappelle le pape François« En ce dimanche, l’Église nous appelle à la joie. C’est pourquoi on l’appelle le dimanche Gaudete. La joie de Noël est une joie sereine et durable qui accompagne le chrétien même dans les moments difficiles. Un vrai chrétien ne perd jamais la paix. »

 

En avançant vers Noël, nous sommes appelés non seulement à attendre cette joie, mais à la vivre dès maintenant—personnellement et spirituellement—afin que les ténèbres bien réelles qui nous éprouvent perdent leur pouvoir et deviennent un passage vers la lumière éternelle du Christ (cf. Jn 1,5).

P. Terry Cmf.

 

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Publié le 6 Décembre 2025

Homélie

 

Cette saison de l’Avent nous invite à marcher sous le signe de l’« Étoile Montante », l’image qui éclaire notre méditation et éveille notre vigilance spirituelle. Nous cherchons cette étoile pour que nos vies soient illuminées durant ce temps sacré. Aujourd’hui, Jean-Baptiste apparaît comme cette étoile, envoyée par Dieu pour nous aider à reconnaître la vraie Lumière, Jésus Christ, déjà présent au milieu de nous (Jn 1,6-9).

Jean ne brille pas de sa propre lumière ; il reflète Celui qui est « la lumière du monde » (Jn 8,12). Son message demeure clair : la conversion, un appel à la repentance, à la préparation intérieure, et à l’ouverture à la grâce du renouveau. Comme le rappelle le Catéchisme de l’Église catholique, « la conversion est un retour à Dieu… une purification du cœur » (CEC 1430-1431).

 


1. La conversion : porte de la rencontre

La conversion annoncée par Jean n’est pas seulement une réforme morale ; elle ouvre à une rencontre personnelle et intime avec le Christ. Saint Augustin nous rappelle : « Celui qui t’a créé sans toi ne te sauvera pas sans toi. »

La conversion transforme aussi notre regard sur les personnes et les événements. C’est un passage de nos anciens schémas à une vision nouvelle, éclairée par Dieu : « Transformez-vous par le renouvellement de votre esprit » (Rm 12,2).

Nous sommes bénis, car nous ne cherchons plus le Messie parmi les puissants. Il est Emmanuel—Dieu-avec-nous—habitant le sanctuaire humble de nos cœurs (Mt 1,23). Le Sauveur est proche, silencieux et fragile comme le Verbe fait chair dans la crèche.

Mais voici le paradoxe de l’Avent : avant que le Christ nous sauve, nous sommes appelés à “sauver” le Sauveur, c’est-à-dire protéger sa présence fragile dans les pauvres, les menacés, les sans-voix—là où le Verbe incarné est en danger sous la pression du monde.

 


2. Une rencontre qui devient mission

La conversion de l’Avent ne se limite pas au passage du péché à la sainteté. Elle nous conduit vers les périphéries, comme le rappelle le pape François (cf. Evangelii Gaudium 20).

C’est le passage de la « table du festin » au « seuil de la compassion », où Lazare attend (Lc 16,19-31) et où le fils aîné aspire à la réconciliation (Lc 15,25-32).
L’un a faim de notre générosité matérielle, l’autre a besoin de notre humanité.

Même si nous possédons peu, nous pouvons offrir une tasse de café ou de thé, ou un temps d’écoute patient et compatissant. Sainte Teresa de Calcutta disait : « La plus grande pauvreté est le manque d’amour. »

Notre humanité est fragile, mais la grâce peut la rendre féconde.

 


3. Nous ne marchons pas seuls

L’Évangile montre que dans notre recherche du Sauveur, nous ne sommes pas seuls. « Toute Jérusalem » se rendait au Jourdain (Mt 3,5). Des communautés spirituelles invisibles aux yeux humains, mais connues de Dieu, marchent silencieusement avec nous.

Si une foule s’est assemblée au Jourdain, c’est parce que quelqu’un—ordinaire, comme vous et moi—avait annoncé qu’une étoile montante se levait : un prophète proclamant le baptême de conversion.

Les portes jubilaire de nos cathédrales sont pour nous des étoiles montantes, nous invitant à passer des ténèbres à la lumière. Et aujourd’hui nous aussi sommes appelés à être une étoile montante pour nos frères et sœurs.

 


4. Intelligence artificielle, synodalité, et discernement de la vraie lumière

À l’heure de l’intelligence artificielle, de l’abondance d’informations et de la synodalité, nous devons discerner la vraie lumière, recevoir une orientation authentique. La conversion, dans l’Évangile, n’est pas la fin : elle est le moyen de rencontrer personnellement le Seigneur.

Jean annonçait que Jésus baptiserait « dans l’Esprit Saint et le feu » (Mt 3,11). Ce feu n’est pas visible extérieurement : c’est l’Esprit brûlant au cœur du croyant.

Mais l’habitude des choses sacrées peut parfois nous aveugler. L’aveugle de Jéricho vit le Christ mieux que ceux qui le suivaient (Lc 18,35-43). Marie-Madeleine prit le Ressuscité pour un jardinier (Jn 20,15).

Même si nous nous trompons de direction, le Seigneur sait nous rejoindre—comme Il rejoignit Saul (Ac 9,1-9), Marie-Madeleine (Jn 20,16), et tant de saints.

 

 

5. Baptisés dans le feu, formés dans l’humilité

« Il vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu » (Mt 3,11). Jean confesse humblement son indignité. Saint Grégoire le Grand affirme :
« Nul ne peut prêcher dignement s’il n’a d’abord vécu humblement. »

L’Avent nous invite à préparer ce baptême du feu :
• dans l’humilité,
• dans l’ouverture,
• dans le cœur de Marie,
• à travers les épreuves,
• accompagnés par les saints et les anges dans l’exercice des vertus.

Veillons attentivement l’étoile montante de nos vies,
et devenons à notre tour une lumière montante pour nos frères et sœurs.
Amen.

P. Terry Cmf.

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Rédigé par JONHBOSCO

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Publié le 29 Novembre 2025

Méditation

Au commencement d’une nouvelle année liturgique, il est dans mon habitude d’offrir un message qui nous guide à travers la saison—un point de méditation inspiré par l’Évangile du premier dimanche de l’Avent. Cette année, le thème qui habite mon cœur est celui de « la nouvelle étoile montante », un signe d’espérance qui apparaît dans l’Église, en particulier dans l’Église d’Europe. Si le Concile Vatican II fut une ouverture audacieuse des fenêtres de l’Église sur le monde (Gaudium et Spes, 4), nous vivons aujourd’hui quelque chose de tout aussi profond : l’entrée solennelle du Peuple de Dieu dans la vie et la mission de l’Église à travers le chemin synodal.

La synodalité est une redécouverte de la manière de marcher ensemble de l’Église primitive (Ac 2, 42-47). Elle proclame une vérité simple et exigeante : tous les baptisés sont égaux en dignité, bien que différents dans leur mission (Lumen Gentium, 32). La participation de chacun est essentielle pour l’annonce de l’Évangile.

 

1. Lire les signes des temps

L’Évangile de ce dimanche (Mt 24, 32–44) nous présente trois images :
– le figuier qui annonce l’été (24, 32–35),
– les jours de Noé (24, 36–41),
– et le maître de maison qui veille pour que le voleur n’entre pas (24, 42–44).

Ces images nous invitent à la vigilance, au discernement et à l’attention au moment présent. Certains responsables ecclésiaux ont résisté à cette “nouvelle saison”, hésitant devant la prise de décision en commun, animée par l’Esprit. Pourtant, le Synode sur la synodalité est, à bien des égards, un retour à la maison, semblable à celui du fils prodigue (Lc 15, 11–32) : un retour joyeux aux racines de l’Église—écoute, humilité, participation, communion et mission.

Le pape François affirme que la synodalité est « le chemin que Dieu attend de l’Église au troisième millénaire ». Elle nous demande de lire les signes des temps avec un regard contemplatif (Evangelii Gaudium, 51).

De ce renouveau surgit aussi l’option préférentielle pour les pauvres (Evangelii Gaudium, 198) : elle n’est plus seulement un devoir, mais une manière de vivre notre foi, comme l’ont fait les premières communautés (Ac 4, 32–35), affirme notre saint Père dans son première Exhortation Apostolique.

Saint Jean Chrysostome nous rappelle : « Si tu ne trouves pas le Christ dans le pauvre à la porte de l’Église, tu ne le trouveras pas dans le calice. »

 

2. Noé et la voix des humbles

Le récit du déluge révèle deux réalités opposées : Dieu parle à Noé, mais le peuple rejette le message transmis par un simple compagnon. Le Seigneur nous parle souvent à travers des témoins discrets dont la vie rayonne une fidélité radicale à l’Évangile.

Sainte Teresa de Calcutta disait : « Dieu parle dans le silence du cœur, et le cœur écoute à travers les humbles. »

Être vigilant, c’est reconnaître le message divin dans les événements ordinaires et dans la vie de ceux que la société ignore (1 Co 1, 27).

 

3. La vraie vigilance : faire la volonté du Père

La vigilance n’est pas la peur : c’est la recherche joyeuse de la volonté de Dieu, comme Jésus l’a vécue sur la terre (Jn 4, 34). Elle donne une joie profonde et une grande liberté intérieure. Elle nous aide à discerner le voleur qui détruit (Jn 10, 10) et le Pasteur qui sauve.

Le monde numérique et l’intelligence artificielle sont aussi des « signes des temps » : des réalités qui demandent discernement, sagesse et prière.

 

4. Un printemps nouveau dans l’Église

Nous voyons apparaître dans la jeune génération un nouveau printemps. Beaucoup de catéchumènes, de jeunes familles et de convertis frappent à la porte de l’Église. Leur ferveur varie—certains suivent le Christ avec radicalité, d’autres plus modestement—mais les deux révèlent l’œuvre de l’Esprit. Saint Jean-Paul II parlait déjà de ce printemps (Redemptoris Missio, 86), et nous avons la grâce d’en être témoins.

Personnellement, ce renouvellement et mes moments de désolations m’ont conduit à exprimer plus clairement mon identité sacerdotale, en portant plus souvent l’habit clérical. Certains y adhèrent, d’autres moins, mais l’essentiel est de vivre authentiquement devant Dieu.

Aujourd’hui, la soif d’adoration eucharistique, de contemplation, de direction spirituelle et de partage de la Parole ne cesse de croître. Comme la première communauté chrétienne, nous contemplons une nouveauté de l’Esprit.

Quand l’Eucharistie devient le centre de notre vie, elle transforme notre conscience et nous rend collaborateurs du dessein salvifique de Dieu (Jn 6, 57 ; Ecclesia de Eucharistia, 20).

Le figuier, le déluge et le voleur sont aussi les signes de notre temps. Nous devons en discerner le sens personnellement et collectivement.

En ce début de l’Avent, prions le Seigneur pour la grâce d’une vigilance nouvelle—
afin que nous puissions accueillir l’étoile montante de notre époque
et, si Dieu le veut, en devenir nous-mêmes un éclat dans la société.
Amen.

P. Terry Cmf.

 

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Rédigé par JONHBOSCO

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Publié le 22 Novembre 2025

Homélie

 

 

Préambule

La royauté du Christ renverse toutes nos attentes humaines. En ce jour, l’Église ne nous montre pas un roi assis sur un trône, mais le Fils unique, élevé sur la Croix, abandonné, souffrant, injustement condamné. C’est pourtant de là qu’Il offre le pardon et la liberté à tout cœur qui cherche la miséricorde. La Croix devient ainsi le lieu où se révèle la véritable royauté de Dieu.

 

Le Roi

Le titre de « Roi » fut donné à Jésus par un peuple qui attendait un libérateur puissant, un nouveau David. Mais Jésus refuse cette royauté terrestre. Il ne s’inscrit pas dans la logique humaine de pouvoir, mais accomplit l’Alliance de Dieu en révélant une royauté fondée sur l’amour, la vérité et la communion.
Il inaugure une royauté qui élève l’humanité vers son origine : être l’image de Dieu et trouver sa plénitude dans l’amour.

Beaucoup ont mal compris cette mission, cherchant un roi politique plutôt qu’un Sauveur qui délivre du péché. La première servitude que Jésus vient briser est celle du cœur, celle du mal qui éloigne l’homme de Dieu.

 

« Si tu es Roi… ! »

Cette parole des adversaires rappelle la tentation : « Si tu es Fils de Dieu… ». Jésus ne prouve jamais son identité par des gestes de puissance. Sa royauté consiste à accomplir la volonté du Père, dans l’humilité et la miséricorde.
Entrer dans son Royaume, c’est accueillir ce style divin : servir, aimer, pardonner. La logique du Royaume ne commence pas par des signes éclatants, mais par un cœur qui choisit Dieu et son dessein.

 

« Souviens-toi de moi »

À côté de Jésus, un homme marqué par son propre péché découvre soudain la vérité : ce Roi crucifié est sa dernière espérance. Son cri — « Souviens-toi de moi » — devient un retour à la maison, semblable au fils prodigue.
La miséricorde royale de Jésus ouvre la porte du Royaume à celui qui s’abandonne en confiance. Nous aussi, nous découvrons que notre place dans ce Royaume n’est pas un droit mais un don, une grâce offerte à ceux qui reviennent vers le Père.

 

Aujourd’hui

« Aujourd’hui, tu seras avec moi dans le Paradis » (Lc 23,43).
Cet aujourd’hui n’efface pas la souffrance mais la transfigure. Il devient le jour de la miséricorde, de la réconciliation (2 Co 6,2), de la rencontre avec le Dieu vivant.
Pour le monde, la Croix est folie (1 Co 1,23) ; pour les croyants, elle est le chemin vers la vraie liberté et la filiation divine (Rm 8,14-17).
Le Royaume de Dieu, c’est le Christ crucifié, qui nous fait participer à sa vie de Fils.

 


Conclusion

En célébrant le Christ Roi, demandons la grâce de rester près du Roi crucifié, d’aimer comme Lui, et de laisser son Royaume grandir en nous.
Que sa miséricorde transforme nos croix quotidiennes et fasse de nous des témoins de son amour.
Amen.

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Rédigé par JONHBOSCO

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Publié le 15 Novembre 2025

HOMELIE

 

L’Évangile de ce dimanche nous place devant trois réalités qui marquent toutes les époques de l’Église : la fragilité du Temple, les signes qui secouent le monde, et l’expérience des persécutions qui, paradoxalement, deviennent un lieu de grâce. Mais au cœur de ces réalités se tient une promesse, simple et solide : le Christ demeure avec son peuple, et il lui donne l’Esprit qui rend possible la fidélité et la persévérance (cf. Lc 21,15.19). En ce jour, nous sommes invités à laisser cet Esprit nous animer et à demeurer profondément attachés au Christ, notre unique fondation.

 

Temple
Lorsque Jésus demande à ses disciples de contempler le Temple, ils restent émerveillés par sa beauté. Pourtant, le Seigneur leur révèle que même cet édifice sacré, fierté d’Israël, tombera un jour. Ses paroles prolongent celles des prophètes, qui rappelaient que Dieu n’habite pas dans des pierres, mais dans le cœur qui écoute et qui se convertit (cf. Jr 7,1-7). Notre temps connaît la même tension. À travers le monde, de magnifiques cathédrales, basiliques et sanctuaires témoignent de la foi des générations passées. Et pourtant, dans de nombreux pays, ces églises demeurent presque vides. Les pierres subsistent, mais la foule s’est dispersée. Quelque chose s’est brisé entre la foi célébrée et la foi vécue.

Mais lorsque nous entrons dans la vie réelle des gens — en visitant les personnes âgées, en écoutant les familles, en rencontrant ceux qui souffrent — nous découvrons que leur foi n’est pas morte. Elle est plus dépouillée, parfois blessée, mais souvent plus authentique que toutes les structures qui l’entourent. Oui, l’Église de jadis se défait, mais l’Église du Dieu vivant demeure. Comme le disait Benoît XVI, « La foi chrétienne ne commence pas par une idée, mais par une rencontre avec une Personne ». Ce n’est pas l’institution, ni la puissance, ni le prestige qui tiennent aujourd’hui la communauté chrétienne debout. C’est le Christ vivant, présent dans l’Eucharistie et dans le cœur des fidèles qui marchent avec Lui. Les pierres tombent, mais la foi reste, parce que Jésus reste.

 

Signe
Les disciples demandent alors : « Maître, quand cela arrivera-t-il ? » (Lc 21,7). Nos contemporains posent la même question, souvent avec une pointe d’ironie : Que reste-t-il de l’Église ? Où Dieu se cache-t-il ? Les signes qui nous entourent sont troublants : catastrophes naturelles, volatilité politique, sociétés fragmentées par la peur, institutions défaillantes, scandales qui blessent le cœur de l’Église. Rien de tout cela n’est étranger à la Bible. Les psaumes crient : « Jusqu’à quand, Seigneur ? » (Ps 13,2), et les prophètes s’interrogent devant l’apparente victoire du mal (cf. Ha 1,13). Le Catéchisme nous enseigne que l’Église, avant le renouveau, traverse souvent l’épreuve et la purification (CEC 675). Et saint Paul rappelle que la création tout entière gémit dans les douleurs de l’enfantement (Rm 8,22).

 

Espérance

Dans ces signes, Dieu ne demeure pourtant pas silencieux. Même lorsque les institutions chancellent, l’Esprit travaille dans les cœurs humbles, dans les petites communautés fidèles, dans les gestes silencieux qui maintiennent le monde debout. Les persécutions et les oppositions ne sont pas des preuves de l’absence de Dieu, mais souvent de son étonnante proximité. Jésus annonce à ses disciples que, lorsque tout semblera s’écrouler, c’est Lui qui leur donnera la sagesse nécessaire (cf. Lc 21,15). Les saints ont compris cette vérité. Saint Ignace d’Antioche affirmait : « Plus je suis proche du glaive, plus je suis proche de Dieu », non par goût de la souffrance, mais parce qu’il savait que la présence du Christ devient plus intense lorsque les appuis humains disparaissent.

C’est pourquoi Jésus insiste sur la persévérance. La persévérance n’est pas une simple ténacité humaine ; elle est un fruit de l’Esprit (Ga 5,22). C’est cette force intérieure qui permit à Noé et à Loth de rester fidèles lorsque le monde autour d’eux avait oublié Dieu. C’est le même Esprit qui inspira la confiance silencieuse de Marie, l’obéissance humble de Joseph, la fidélité des prophètes, et le courage des apôtres. Persévérer, c’est demeurer enracinés dans la certitude que Dieu n’abandonne jamais son peuple. « C’est par votre persévérance que vous sauverez votre vie » (Lc 21,19). Ce n’est pas un avertissement, mais une promesse : Dieu soutient celui qui s’abandonne à Lui.

Le monde d’aujourd’hui a soif de témoins qui deviennent des signes d’espérance — non par le pouvoir, mais par une vie transparente enracinée en Dieu. Saint François d’Assise disait : « Annonce l’Évangile en tout temps ; si nécessaire, utilise des mots. » Notre monde reconnaît l’authenticité lorsqu’il la voit. C’est par notre manière de traiter les pauvres, d’accueillir l’étranger, de protéger les faibles, de pardonner et de nous réconcilier que nous révélons le visage du Père. Le pape François, dans Gaudete et Exsultate, parle de cette « sainteté de la porte d’à côté », faite de fidélités quotidiennes, de gestes simples, de miséricordes discrètes, mais profondément fécondes.

 

Moyen
Alors, comment vivre tout cela dans un monde qui chancelle ? Nous ne le pouvons qu’en vivant de l’Esprit — le même Esprit qui animait l’humanité de Jésus, et que nous avons reçu au baptême. Saint Paul assure que « l’Esprit vient au secours de notre faiblesse » (Rm 8,26). Si nous marchons sous la conduite de l’Esprit, rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu (Rm 8,39). Même lorsque nous ne sentons pas sa présence, nous continuons de marcher avec le Christ sur son chemin, convaincus que la fidélité de Dieu ne faillira jamais. L’histoire du salut, d’Abraham à Moïse, de David aux prophètes, de Marie aux apôtres et aux saints, n’est qu’une longue histoire de promesses tenues.

Voilà sur quoi le chrétien édifie sa vie. Non sur les pierres — elles tombent. Non sur les institutions — elles se transforment. Non sur les signes — ils peuvent égarer. Mais sur la fidélité d’un Dieu qui demeure le même hier, aujourd’hui et pour les siècles (He 13,8). Et ainsi, avec saint Paul, nous pouvons proclamer avec une joie paisible : « Rien ne pourra nous séparer de l’amour du Père. »
Amen.
P. Terry Cmf.

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Rédigé par JONHBOSCO

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