Publié le 27 Avril 2025

 


Homélie

Aujourd'hui, nous célébrons le Dimanche de la Divine Miséricorde avec des sentiments mêlés de tristesse et d'espérance. Nous portons le chagrin profond du départ de notre Saint-Père, mais nous sommes également rappelés à l’infinie miséricorde de Dieu, spécialement dans nos moments de désolations. Aux yeux de Dieu, l'échec n'est jamais une fin, mais toujours un commencement — une invitation à une conversion de notre chemin. Chaque chute révèle une orientation nouvelle. Toutefois, pour Dieu, il n'y a pas de véritable échec : Il connaît déjà notre route et celle vers laquelle Il veut nous conduire. À travers nos défis et nos erreurs, Dieu continue de nous guider, de nous réveiller et, si nécessaire, de nous corriger.

 

La porte close dont parle l'Évangile d’aujourd'hui symbolise la difficulté des disciples à croire en la Résurrection. Cette porte est restée fermée jusqu’à la Pentecôte. Pourtant, ces moments de retrait derrière des portes closes deviendront pour eux des souvenirs précieux, comme celui du dernier repas dans la chambre haute. Nous aussi, nous connaissons ces « expériences de porte close », où nous nous replions pour nous protéger ou défendre notre dignité. Mais l’amour de Dieu ne connaît aucune barrière : Il vient jusqu'à nous, même derrière nos murs les plus épais, pour nous assurer que Son amour et Sa miséricorde n'ont pas de limites.

 

Le doute de Thomas n’est pas un refus de croire, mais l’expression humaine de son incapacité à dépasser les limites de son intelligence. Son besoin de certitude personnelle, même face au témoignage de ses compagnons, montre un cœur en quête de vérité. Jésus n'accable pas Thomas pour sa quête de certitude ; au contraire, Il le rejoint avec une tendresse infinie. Dieu dépasse nos logiques humaines : Il vient à notre rencontre, même au cœur de nos doutes et de nos obscurités. Sa plénitude ne repose pas sur des preuves extérieures, mais sur une foi intérieure, enracinée dans la confiance.

 

L'Évangile d'aujourd'hui nous ouvre aussi à l'expérience de la Pentecôte, sans laquelle aucune foi véritable ne peut naître. L'Écriture nous enseigne que même le baptême est incomplet sans l'Esprit Saint. Que ce soit pour un Conclave ou tout grand discernement, c’est l'Esprit qui doit guider — comme Il a guidé ceux qui nous ont donné le pape François. Nous sommes une Église animée par l'Esprit. Prions pour que chaque parole, chaque pensée, chaque geste de notre vie soit inspiré et guidé par l'Esprit Saint.

 

Comment savoir si nous sommes remplis de l'Esprit ? La première communauté chrétienne nous donne quelques repères : au-delà des sept dons traditionnels, trois signes ressortent. Le premier est une foi vivante, qui nous pousse à sortir de nous-mêmes pour vivre en communion. Le Dimanche de la Divine Miséricorde nous appelle à entrer dans une communion plus profonde — communion avec la Trinité. Notre communion humaine trouve son modèle dans celle du Père, du Fils et de l'Esprit, telle que présentée dans l'Évangile selon saint Jean (chapitre 15), à l’image du cep et des sarments. Cette communion débouche naturellement sur la mission : une vie témoignage, remplie de miséricorde et de compassion.

 

Prions donc pour que chaque chrétien vive cette communion profonde avec le Christ. Que nos vies soient le reflet de la miséricorde reçue, pour la gloire de Dieu et le salut des âmes. Amen.

P. Terry Cmf.

 

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Publié le 18 Avril 2025

Une méditation pour le Vendredi Saint


Introduction : Une humanité rejetée

Le Vendredi Saint marque la fin visible de la vie terrestre de Jésus—cette vie humaine qui incarne pleinement ce que Dieu avait voulu dès le commencement de la création. Le monde, qui aspire à une humanité parfaite, est resté silencieux lorsqu’un homme sans péché, rempli de bonté, a été mis en procès. Quel paradoxe saisissant : nous avons rejeté ce que nous désirions tant ! Nous sommes appelés à contempler cette humanité—celle qui a choisi la Passion comme expression suprême de l’amour : l’amour pour le Père, et donc pour toute la création. C’est par cette Passion assumée que Jésus libère un monde brisé.


Un voyage d’amour : De la chambre haute au Calvaire

De la chambre haute au jardin de Gethsémani, de Jérusalem au Calvaire – un court trajet en apparence, mais long de souffrance. Accompagné de soldats, moqué par des inconnus, abandonné par ses amis, trahi par les siens… Jésus continue pourtant, pour moi.

Il rencontre quelques consolations – sa Mère, les femmes de Jérusalem, Simon de Cyrène – mais moi, je n’étais pas là. Qu’ai-je fait pour que Tu fasses cela pour moi ?

Je pénètre dans ce mystère avec gratitude et humilité. Sa Passion est essentielle à ma vie. J’entre dans ce pèlerinage spirituel avec l’espérance et la certitude que Son cri – “J’ai soif” – est aussi pour moi. Que signifie cette soif ? Puis-je l’apaiser, même un peu ?


« Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Mt 27,46)

La soif de l’humanité

Ce cri exprime l’abandon total. Jésus, au plus profond de la douleur, ne ressent plus la présence du Père. Comme nous parfois, Il se sent seul. Mais Il espère. Il a appris avec Marie à avancer seul avec foi.

Il représente la communité souffrante, celle qui accusent Dieu de silence. Sa soif est pour moi – pour ma présence et mes actes. L’Église aujourd’hui, dans un monde de guerre, porte cette soif divine. Soyons le signe de la présence de Dieu dans le silence.


« Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font » (Lc 23,34)

La soif de miséricorde

Ces paroles sont à la fois divines et profondément humaines. Jésus, innocent et souffrant, refuse la vengeance. Il implore le pardon. Sa soif est pour une humanité capable de pardonner et de donner espoir.

Notre Carême ne mène pas à une fin, mais à un commencement. Le véritable but est l’union avec Dieu, la Terre Promise. Jésus a soif de notre conversion, pour que nous devenions des témoins d’espérance.


« Aujourd’hui, tu seras avec moi dans le paradis » (Lc 23,43)

La soif de rédemption

À ce criminel crucifié, Jésus offre l’espérance. Nous savons que nous ne méritons pas la miséricorde, mais Sa soif dépasse la justice.

Comme le Père qui cherche Adam dans le jardin d’Éden, Jésus nous appelle à revenir. Sa soif est pour le cœur réveillé qui dit : « Je me lèverai et j’irai vers mon Père. » Même les indignes sont invités à la joie de Son étreinte.


« Voici ton fils… Voici ta mère » (Jn 19,26-27)

La soif de communion

Toute rencontre humaine porte un potentiel divin. Au pied de la Croix, Marie et Jean sont unis dans la douleur et l’amour.

En souffrance, Jésus voit encore la souffrance des autres. Il nous unit dans la vulnérabilité. Sa soif est pour une humanité ouverte à l’autre, capable d’accueillir et d’être accueillie.


« Tout est accompli » (Jn 19,30) et « Père, entre tes mains je remets mon esprit » (Lc 23,46)

La soif accomplie

La mission est accomplie, mais la soif demeure en nous. Comme Saint Augustin l’a dit, notre cœur est inquiet jusqu’à ce qu’il repose en Dieu. Jésus a ouvert la voie – à nous de la suivre.


Conclusion : Étancher la soif divine

« J’ai soif » – ce cri résonne encore. Chez les Sœurs de la Charité, il est visible dans chaque chapelle. Il est leur mission.

Cette soif nous conduit à travers les lieux de la Passion : le palais, le jardin, la chambre haute… chaque lieu, un mystère à vivre. Jésus a soif : que nous soyons unis au Père, comme Lui-même l’est.


Une prière finale

Seigneur, ta Croix est une bénédiction que mon humanité ne mérite pas. Pourtant, en te voyant souffrir, je découvre un sourire de pardon.

Ton contentement dans la douleur me donne le courage de porter ma propre croix. Ta joie d’accomplir la volonté du Père m’inspire à Lui abandonner ma vie. Conduis-moi, Seigneur, jusqu’au Calvaire… et à la Résurrection. Amen.

 

P. Terry Cmf.

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Publié le 17 Avril 2025

 

« Faites ceci en mémoire de moi. »


Cette parole m’a profondément touché aujourd’hui, m’invitant à la prière et à la contemplation. Pourtant, en lisant l’Évangile du jour, j’ai remarqué son absence. Et c’est précisément à partir de ce manque que jaillit cette méditation, comme une porte ouverte vers le mystère que nous sommes invités à vivre durant ces jours saints.

 

Cette parole du Christ ne nous conduit pas uniquement au Cénacle, mais bien au cœur de notre histoire de salut, jusqu’au premier événement pascal vécu par le peuple de Dieu. Elle nous ramène à Joseph en Égypte : trahi, vendu, oublié, puis élevé comme pierre angulaire du salut. De fils aimé à esclave, puis sauveur, son parcours est une prophétie vivante que nous sommes appelés à expérimenter intérieurement. Ce n’est pas seulement une histoire, c’est une voie de transformation.

 

De cette histoire naît une tradition. De cette tradition découle une réduction spirituelle, un condensé de sens, pour que nous puissions vraiment saisir ce qui s’est passé au Cénacle. « Faites ceci en mémoire de moi » contient déjà la mémoire d’une histoire, d’une tradition, et d’un mystère.

 

Alors nous nous interrogeons : que voulait vraiment dire Jésus ? Était-ce un appel au service, après le lavement des pieds ? Un changement de culte, une alliance nouvelle remplaçant l’ancienne ? Était-ce un rappel du passé, ou une ouverture vers un avenir encore à venir ?

 

Pour les disciples, fidèles à la tradition juive, le repas pascal était un acte sacré. Mais Jésus bouleverse les habitudes : Il s’abaisse pour laver les pieds. Il rompt le pain, se donne lui-même. Ce geste est nouveau, chargé d’émotion. Ce n’est que plus tard qu’ils comprendront la profondeur de ce qu’ils ont vécu.

 

Faire mémoire, ce n’est pas répéter. C’est revivre. C’est s’asseoir à la table avec le Christ, descendre avec Lui du mont de la grâce vers la vallée de la souffrance, et rester avec Lui jusque dans le silence de la croix.

 

Mais ce souvenir ne s’arrête pas au Calvaire. L’Eucharistie est aussi promesse de vie. Le Christ, en montant vers le Père, a promis son retour. Cette mémoire sacrée est donc invitation à l’espérance, à l’attente active de son avènement.

 

Faire mémoire, c’est entrer dans le temps de Dieu, où passé, présent et avenir se rejoignent. C’est vivre, ici et maintenant, une part d’éternité. C’est devenir un avec le Christ, non seulement en pensée ou en action, mais dans l’être même.

 

Notre marche de Carême, sous le signe de la synodalité et pèlerins de l’espérance, nous conduit à cette chambre haute, lieu de communion et d’envoi. Par l’Eucharistie, nous devenons Église universelle, dans sa diversité, dans sa richesse, dans sa mission.

 

Cette transformation est réelle, vécue, incarnée. Elle nous pousse au service, à la présence, au don. Elle est vie du Christ en nous, et notre vie donnée pour le monde.

 

Aujourd’hui, que cette célébration ravive en vous l’appel divin à l’immersion totale en Dieu. Non pas seulement sentir que Dieu est en vous, mais vous savoir en Dieu. Que la Trinité vous enveloppe, vous anime et vous transforme.

 

Je vous demande, en ce jour, de prier pour moi et pour tous les prêtres : que nous puissions penser ce que Dieu pense, faire ce qu’Il veut, dire ce qui Le glorifie et sauve les âmes. Amen.

 

P. Terry Cmf.

 

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Publié le 12 Avril 2025

Dimanche des Rameaux – Homélie

Aujourd’hui, c’est le jour tant attendu du Seigneur. Depuis quarante jours, nous nous sommes préparés, et maintenant, alors que nous entrons dans la célébration de ce grand mystère, je vous invite à faire une pause pour contempler ce qui s’est réellement passé ce jour-là.

 

Tandis que les chefs religieux complotaient contre Jésus, préparant fausses accusations et faux témoins, les disciples, eux, vivaient une journée ordinaire, suivant fidèlement les instructions de leur Maître. Jésus, au cœur de l’événement, était plongé dans une prière profonde, pleinement conscient de ce qui allait arriver : l’institution de l’Eucharistie, le Chemin de Croix, la mort et la Résurrection.

 

Le peuple, ignorant encore ces événements cachés, acclame Jésus à son entrée à Jérusalem. Il voit en Lui le Libérateur, le Roi, le Fils de David. Ce qui est frappant, c’est que nous ne savons pas qui a été le premier à lancer ce mouvement. Pourtant, il a suffi d’une seule personne, inspirée par Dieu, pour initier cette célébration. Une foi sans preuve, mais pleine d’espérance. Et cette étincelle a embrasé les cœurs.

 

À partir de ce moment, le salut de Dieu se révèle au grand jour. Dans la simplicité des gestes humains, l’extraordinaire surgit. Jésus avance comme un témoin silencieux, comme si tout cela ne le concernait pas – alors qu’en réalité, tout est pour Lui, par Lui, avec Lui et en Lui.

 

Les disciples ont obéi. Ils ont trouvé l’ânon, répondu aux questions, et participé à un moment de grâce et de joie. L’histoire du salut est remplie de figures, d’Abraham à Mère Teresa, qui ont simplement fait ce que Dieu leur demandait. Si Dieu me demandait aujourd’hui de réclamer une seule grâce, je demanderais celle-ci : faire en tout Sa volonté – penser, parler et agir selon Ses désirs. Car c’est dans cette fidélité que le Royaume devient visible.

 

Si l’humanité écoutait cette voix intérieure – celle du Christ, celle du Cœur de Marie – tant de souffrances seraient apaisées. Mais lorsque la volonté divine est ignorée, on entend encore le cri du Crucifié dans la bouche de ceux qui souffrent aujourd’hui : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » Ce cri résonne chaque fois que nous n’utilisons pas les dons que Dieu nous a confiés pour soulager les autres.

 

Nous avons tous reçu des dons : certains matériels, d’autres spirituels. La vraie richesse se trouve dans le partage, même si cela nous appauvrit. Si la foule avait élevé la voix pour défendre Jésus, peut-être qu’une vie innocente aurait été sauvée. Aujourd’hui, c’est à nous de dénoncer l’injustice.

 

 

Montons, nous aussi, sur le mont des Oliviers avec Jésus. Soyons cette voix qui initie un mouvement – proclamant avec foi : « Jésus est notre Roi et notre Sauveur. » Votre voix peut réveiller le courage de celui qui n’ose pas encore parler. Cette singularité dans la majorité est essentielle aujourd’hui.

 

L’Église doit rester cette voix prophétique : en criant pour la justice, pour les migrants, les victimes de guerre, les oubliés. Durant le Carême, nous luttons contre le péché, mais oublions trop souvent les péchés d’omission – lorsque nous ne faisons pas ce que nous pourrions faire. Et ces omissions peuvent être plus graves que nos actions fautives.

 

Cette fête nous appelle, toi et moi, à être cette voix courageuse, à nous lever, à proclamer de tout cœur : « Hosanna au Roi ! » Amen.

P. Terry Cmf.

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Publié le 6 Avril 2025

Monte sur la montagne

Jésus sur la montagne et le peuple


Durant le Carême, nous sommes invités à gravir la montagne spirituelle pour rencontrer Dieu. Comme la foule qui écoutait Jésus, nous sommes appelés à entrer dans une rencontre personnelle avec Lui — non pas seulement pour imiter ses gestes ou ses paroles, mais pour découvrir son cœur, sa personne, et devenir comme Lui.

Les disciples ont vu en Jésus un grand Maître, faiseur de miracles, donneur de vie. Mais c’est dans son humanité profonde, vécue surtout pendant la Passion — entre tristesse et joie, vulnérabilité et courage, souffrance et authenticité — que nous découvrons la vraie image du Christ. Ce visage n’était pas pleinement perçu avant la Croix, où Jésus dira : « Pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font » ou encore « Aujourd’hui, tu seras avec moi dans le paradis. » Ces paroles révèlent un Dieu de miséricorde et d’amour.

Même dans le silence et l’écriture, Jésus exprime une compassion profonde. Il ne réagit pas dans la précipitation. Il donne du temps — à la femme, mais aussi aux accusateurs — pour réfléchir, pour revenir à leur propre cœur. Comme l’a souligné le pape François, si chacun agit avec le cœur, il y aura la paix. Le cœur de Jésus, révélé sur cette montagne, est fait de vérité, d’Esprit, d’intelligence, et non seulement d’émotions.

Le monde et sa justice aveugle


Face à Jésus, se dresse un groupe : ceux qui se disent justes. C’est notre monde d’aujourd’hui. Ce groupe, en apparence défenseur de la loi, veut condamner, non par justice mais par vengeance. Ils veulent piéger Jésus, mais ils savent que sa compassion ne permettra pas que cette femme meure devant Lui. Et Jésus la sauvera. Pour comprendre Jésus et son geste, il faut comprendre cette femme.

La femme et le silence divin


Le silence divin, au milieu de l’agitation, peut être déroutant. Nous voulons que Dieu agisse vite, qu’il juge les méchants. Mais parfois, le silence de la victime, comme celui de cette femme, parle plus fort. Elle ne fuit pas. Elle reste là, proche de Jésus. Même dans cette humiliation publique, elle choisit de vivre ce moment, pour rencontrer Jésus dans l’intimité.

Elle représente ceux que le monde rejette, condamne, isole. Et pourtant, elle est proche du Seigneur. Nous sommes appelés à la regarder avec respect, à comprendre ses blessures, ses luttes, ses contraintes. Elle est un chemin donné par Dieu pour Le rencontrer et Le servir.

Alors Jésus se lève et parle : « Que celui d’entre vous qui est sans péché jette la première pierre. »

Et nous, quelle est notre réponse ?


Sommes-nous prêts à écouter Jésus et à faire ce qu’Il nous demande ? Marie, sa mère, nous invite toujours à écouter son Fils. Aujourd’hui, Jésus nous parle au cœur :
Ton cœur rempli d’amour te permet-il de juger ?
Ton intelligence justifie-t-elle la destruction de la réputation d’un autre ?

Finalement, le peuple part, un à un. Comme le fils prodigue, nous sommes appelés à revenir à la maison du Père, non pour juger, mais pour écouter Jésus et recevoir ses paroles :
« Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et ne pèche plus. »

Dieu continue de nous dire qu’Il nous aime. Il n’a pas envoyé son Fils pour nous juger, mais pour nous sauver. En avançant dans notre chemin de foi, découvrons ce Dieu compatissant et engageons-nous à Le représenter chaque jour, dans nos gestes et nos paroles.

 

P. Terry Cmf.

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Publié le 29 Mars 2025

 

Mardi dernier, devant le Saint-Sacrement, j’ai soudain été submergé par la tristesse et un profond sentiment de brisement. J’ai senti que j’avais perdu la capacité de me concentrer, mon esprit vagabondait, et je me sentais totalement indigne d’être là, devant la Présence Divine. À ce moment-là, j’ai rencontré dans mon imagination l’image d’un « Dieu prodigue » — un Dieu généreux au-delà de toute mesure, même lorsque je ne le mérite pas. Il m’a rassuré, me montrant que même lorsque j’échoue, cela reste « acceptable » pour Lui. Il m’a aidé à comprendre que, peu importe où je vais, Il est là — que ce soit au sommet des montagnes ou au fond des vallées, Sa présence reste constante.

 

Le paradoxe de ma vie réside dans la douleur de m’éloigner de ce Dieu aimant, et pourtant la joie de savoir qu’Il est toujours avec moi. J’ai réalisé que je ne comprends pas pleinement comment aimer Dieu. En vérité, je ne connais pas vraiment ce Dieu qui m’aime dans ma condition pécheresse, m’accepte dans mon brisement et m’encourage à être qui je suis — même quand je choisis de m’éloigner de Lui. L’amour et la miséricorde de ce « Père prodigue » dépassent mon imagination.

 

Ma tristesse d’avoir quitté ce Père aimant n’est rien comparée à la tristesse du Père de me voir partir. Malgré tout ce qu’Il a fait pour me garder dans Son amour, j’ai choisi de m’en éloigner. La liberté et la confiance qu’Il a placées en moi sont la source de cette immense douleur. Peux-tu imaginer, dans la parabole d’aujourd’hui, la douleur profonde du Père lorsque son fils choisit de vivre en dehors de son ombre, peut-être sans aucun espoir de retour ? Et pourtant, le Père accepte cette douleur, en espérant que son fils reviendra un jour.

 

Quelle surprise que, au milieu de la célébration du retour du plus jeune fils, le fils aîné souffre juste devant la porte. Le Père, mettant de côté la joie du moment, sort à nouveau pour rencontrer son fils aîné.

 

Dans la parabole d’aujourd’hui, le véritable protagoniste n’est ni le fils perdu ni le fils aîné, mais le Père. Le Père donne à ses deux fils la liberté et la liberté en parts égales. Le plus jeune voit le Père comme un pourvoyeur et réclame son héritage, tandis que le fils aîné voit le Père comme un maître et, malgré son service fidèle, se plaint d’injustice. Aucun d’eux ne reconnaît la véritable nature du Père comme un Père aimant, et ils ne comprennent pas pleinement leur propre filiation.

 

On peut se demander pourquoi le Père n’est pas allé chercher son fils cadet, comme le berger l’a fait pour la brebis perdue dans une autre parabole. C’est un mystère. Cependant, je le comprends ainsi : la brebis reste dans le territoire du berger, se perdant par curiosité, tandis que le fils dans cette parabole a quitté radicalement la maison de l’amour, de la compassion et de la dignité humaine. Le Père doit également quitter la célébration pour chercher un autre fils perdu.

 

Cette parabole enseigne que, pour qu'il y ait conversion, le fils doit prendre l'initiative de revenir, dans sa propre liberté, sans contrainte de la part du Père. Lorsque le fils revient, le Père le rétablit à une place d'honneur, bien au-delà de tout ce qu'il aurait pu imaginer — tout comme le plus jeune et le fils aîné se retrouvent sur le même chemin.

 

Pourquoi, alors, le Père est-il allé chercher le fils aîné ? Parce que le fils aîné n'était pas parti physiquement, mais son cœur était distant. Le dialogue entre le Père et le fils aîné reflète le dialogue avec le plus jeune fils. C'est ici que la parabole de la brebis perdue s'applique : la joie du Père serait complète si le fils aîné choisissait de se joindre à la même célébration de liberté et de joie que le plus jeune fils expérimente désormais. Dans la maison du Père, c'est le Père qui est la figure centrale, et c'est aux fils de choisir librement de laisser le Père les conduire et les guider.

 

La beauté de ce passage évangélique réside dans le dialogue final entre le Père et le fils aîné. Le Père quitte la maison deux fois — une fois pour chaque fils — pour entrer en dialogue et en communion. Les deux fois, le Père met de côté la joie pour chercher ses fils. Lorsque le fils aîné s'adresse au Père en l'appelant "Maître" et se distance de son frère cadet en l'appelant "ton fils", le Père lui rappelle doucement que ce fils cadet est aussi son frère, et que le Père reste son Père.

 

Le Père ne fait pas seulement en sorte de reconnecter les deux frères ; Il invite le fils aîné à ne pas se distancer du Père. Il revendique Sa paternité, assurant au fils aîné de sa filiation, même si ce dernier l'a perdue de vue. Le Père rétablit le fils aîné, affirmant que tout ce que le Père possède est à lui — tout en n'excluant pas le fils cadet.

 

Bien que le fils aîné ancre sa frustration dans un sentiment d'injustice, le Père l'invite à s'ancrer plutôt dans la miséricorde divine et dans la générosité du Père. La relation avec son frère cadet ne pourra être rétablie que si le fils aîné s'ancre d'abord dans le Père. Une fois notre relation solidement établie avec le Père, même les relations humaines les plus compliquées deviennent gérables.

 

En ce dimanche de Laetare, nous sommes invités à entrer dans la joie du Père. Avançons vers la joie pascale et partageons la réjouissance du Père. Amen.

 

P. Terry Cmf.

 

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Publié le 22 Mars 2025

Comprendre la Patience et la Miséricorde de Dieu

Les paraboles d’aujourd’hui nous aident à comprendre la nature divine—un Dieu de patience et de miséricorde, qui va au-delà de ce qui est attendu pour nous venir en aide, contrairement à ce que pensaient les contemporains de Jésus, qui voyaient Dieu principalement comme une figure de justice, punissant les pécheurs.

 

En réfléchissant à notre histoire de salut, en particulier à la traversée de l’Exode, nous voyons un Dieu fidèle, marchant avec son peuple. Ce n'est pas seulement Pharaon qui a oublié Joseph et les Israélites, le peuple lui-même a oublié Dieu vivant, surtout au cours de ce même voyage d’Exode. Il est important de se souvenir de cette partie de l'histoire.

 

Dieu, qui a accompagné son peuple à travers l'histoire, a choisi un moment précis, lorsque le soleil était haut et que Moïse était fatigué, pour révéler son amour et sa compassion. Le feu qui a éveillé la curiosité de Moïse l'a conduit à gravir la montagne pour une rencontre avec Dieu. Parfois, ce feu brûle de loin, mais pour beaucoup, il brûle de l'intérieur, nous poussant à chercher des solutions. Dieu n’a pas seulement préparé Moïse pour ce moment, il a aussi estimé que le bon moment était venu. C’est à ce moment-là que Dieu a appelé Moïse, répondant aux cris du peuple pour la miséricorde et la compassion, et lui a révélé son projet divin.

Quand nous rejetons le projet de Dieu, nous craignons souvent la punition, pensant que la désobéissance entraîne la mort.  Inconscientement dans la pensée, Dieu a provoqué une peur dans le cœur du peuple. Moïse lui-même a caché son visage, craignant qu'une rencontre avec Dieu ne le conduise à la mort. Pourtant, le Seigneur compatissant a révélé sa voix et donné à Moïse la Parole qui libérerait son peuple. Même à Jérusalem, à l’époque de Jésus, les gens percevaient Dieu comme un juge sévère. Bien que Jésus ait corrigé cette perception, beaucoup portent encore aujourd'hui la peur de la punition divine, accomplissant de bonnes actions par peur. Quelle tragique incompréhension d’un Dieu compatissant ! Il est difficile de comprendre comment des dirigeants religieux peuvent perpétuer une telle idée erronée et comment des gens peuvent croire en ces prétendus « hommes de Dieu ».

 

Nous pensons peut-être que la parabole est centrée sur le « figuier » qui ne porte pas de fruit. Beaucoup d'entre nous, en particulier les prédicateurs, insistent sur la conversion et la réconciliation en invoquant la peur de la punition, déracinant l’existence même. Mais la parabole ne concerne pas le figuier. Elle parle de la relation d'amour entre le Maître et son serviteur—une relation qui sauve les pécheurs qui ne produisent pas de fruit. Il s'agit de la patience divine envers une génération pécheresse. Dieu fait tout pour guider nos esprits loin du péché, taillant nos vies quand cela est nécessaire pour assurer la croissance.

 

Nous appelons souvent ces moments de taille des « nuits sombres de l'âme », des moments de désolation et de douleur. Dans notre ignorance et notre frustration, certains d'entre nous se détournent de la grâce divine, rejetant l'opportunité de conversion. Chaque chrétien baptisé est ce serviteur envoyé par Dieu dans le monde pour créer une atmosphère d'amour et de compassion, garantissant que même les figuiers qui ne produisent pas les fruits—les bien-aimés de Dieu—soient sauvés, apportant de la joie au Père.

 

Nous cherchons tous des moyens de plaire à Dieu. L'Évangile d'aujourd'hui nous en montre un—non pas en abattant le figuier, mais en le soutenant, en le nourrissant et en l’aidant à se réformer à travers notre témoignage. Le serviteur non seulement travaille avec l’arbre qui porte du fruit, mais il souffre aussi avec lui. Dieu vous appelle, vous et moi, à être ce serviteur. Beaucoup d'entre nous profitent des fruits du figuier sans contribuer à sa croissance. Ne devrions-nous pas changer cet état d'esprit et adopter le rôle du serviteur, en investissant l’énergie nécessaire pour sauver l'arbre ? Dieu, qui nous nourrit, souhaite que nous devenions tous des serviteurs—serviteurs du figuier et du Maître, source de vie.

P. Terry Cmf.

 

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Publié le 16 Mars 2025

 

 

En entrant dans la deuxième semaine du Carême, nous sommes invités à méditer sur la Transfiguration. Cet événement profond n'a pas été montré à tous les disciples ni même à tous les apôtres, mais a été réservé à quelques élus. Dans ce monde, les baptisés sont les élus, ceux qui, par la grâce du baptême, sont appelés à contempler la gloire divine révélée à l’humanité. Jésus, en tant que lumière du monde, devient notre lumière personnelle, guidant notre chemin, vérité et vie. Cette connexion au Christ nous rapproche du ciel tout en nous permettant de vivre pleinement la vie terrestre, avec ses distractions et amusements. Ces expériences ne sont pas à rejeter mais à accueillir, car elles nous aident à vivre pleinement.

 

Chacun de nous a vécu des moments, tant spirituels que physiques, où le Seigneur a révélé quelque chose d’important. Certains d’entre nous ont reçu des messages clairs à travers ces événements, tandis que d’autres continuent à chercher à comprendre. Je connais des personnes qui ont vécu des moments intenses de grâce—des visions ou de simples surprises à travers une personne ou un événement—sans en comprendre le sens. Pierre, Jean et Jacques étaient également inconscients de l’importance de la Transfiguration à laquelle ils ont assisté sur la montagne. Ils n’avaient pas reçu les détails à l’avance, et peut-être que tous les apôtres étaient invités, mais seuls ces trois-là ont répondu. Avec le temps, ils comprendraient la signification de cet événement. Même ceux d'entre nous qui estiment ne pas avoir vécu de telles expériences peuvent regarder l’histoire du salut et se l'approprier, car nous en faisons vraiment partie. Abraham a suivi un Dieu inconnu, entreprenant un grand voyage sans connaître le plan divin dans sa totalité, et sa foi s’est renforcée avec le temps.

 

Le message donné aux disciples était clair : « Voici mon Fils bien-aimé ; écoutez-le. » Écouter Jésus, cependant, ne se limite pas à entendre quelques sermons ou enseignements. Cela signifie répondre à son appel, un appel à poursuivre sa mission. Mais il ne s’agit pas simplement d’imiter la mission elle-même ; il s’agit d’imiter la Personne de Jésus, dont la mission est inclusive. La mission de Dieu, révélée à Abraham, poursuivie à travers Moïse et Élie, a été accomplie en plénitude en Jésus. Les disciples étaient donc appelés à vivre une vie accomplie, tout comme Jésus.

 

La Transfiguration s’est produite sur la montagne, visible à ceux qui ont osé gravir avec Jésus. Ce choix de disciples n’était pas destiné à les garder au sommet de la montagne, mais à les préparer à redescendre vers les vallées et plaines où vivaient les gens. Jésus Lui-même est descendu du ciel, et c’est à travers sa vie que nous trouvons le véritable sens de la mission ascendante de révélation et de la mission descendante de service.

 

Ce qui ressort dans l’Évangile d’aujourd’hui, c’est la patience divine avec nous. Même face à un moment extraordinaire comme la Transfiguration, les disciples se sont endormis. Ce sommeil peut être dangereux dans nos propres vies. Nous ignorons souvent la bonté divine qui nous entoure, marchant comme si rien de significatif ne s’était produit. Ce n’est que lorsque nous nous réveillons que nous réalisons à quel point nos vies ont été merveilleuses, et nous aspirons à revivre ces moments. Dieu désire que nous reconnaissions, assimilions et témoignions des dons que nous avons reçus. Une vie de gratitude, enracinée dans la foi, est une vie magnifique.

 

Ne nous hâtons pas d'annoncer les merveilles de nos vies sans les avoir pleinement comprises—ce serait comme offrir un gâteau à moitié cuit. Nos vies entières doivent devenir la proclamation de la Bonne Nouvelle. De la même manière que le visage du Christ resplendissait lors de la Transfiguration, nos visages brilleront aussi lorsque nous rencontrerons Dieu dans notre vie quotidienne. Cette vie a besoin de renouveau et de rajeunissement, et l’année jubilaire et le Carême nous offrent l’occasion parfaite de gravir la montagne pour une expérience plus profonde de la présence de Dieu, non seulement pour notre bénéfice, mais pour l’ensemble de l’humanité. Je prie pour que chacun de nous puisse vivre l’expérience de Pierre, Jacques et Jean sur la montagne. Que nous ayons le courage non seulement de gravir la montagne avec Jésus mais aussi de redescendre avec Lui, prêts à servir les autres. Amen.

P. Terry Cmf.

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Rédigé par JONHBOSCO

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Publié le 9 Mars 2025

 

 

Nous entamons cette saison de Carême avec un message centré sur le Jubilé : Pèlerins de l'espérance. La synodalité, la conversion et le renouveau sont des éléments essentiels de ce pèlerinage, nous aidant à avancer vers la perfection dans notre cheminement spirituel. Pour ce premier dimanche de Carême, nous sommes confrontés à la tentation du Christ, qui nous aide à réfléchir et à nous positionner correctement, afin de choisir la meilleure voie pour nous engager avec Dieu. Dans ce pèlerinage, nous rencontrons trois tentations majeures. Dans chaque situation, c'est l'Esprit qui marche avec nous, comme il l'a fait avec Jésus. Bien que le tentateur soit extérieur, la tentation vise ce qui est déjà en nous, sous notre contrôle. Les tentations que nous rencontrons sont proportionnelles aux zones fragiles de notre vie qui nécessitent de l'attention. Cependant, en reconnaissant nos vulnérabilités, nous pouvons surmonter la tentation et travailler sur nos faiblesses. Nous devons puiser notre force dans la bonne source pour résister à ces tentations.

 

La première tentation concerne la quête de la satisfaction de nos besoins matériels. Nos besoins essentiels se présentent à nous pour que nous puissions déterminer la bonne action à entreprendre. Bien que les besoins matériels soient nécessaires, il existe quelque chose au-delà d'eux, touchant les aspects plus profonds de la croissance humaine — physique, intellectuelle et spirituelle. Aucun besoin ne doit dominer les autres. Favoriser un besoin de manière disproportionnée affaiblit les autres aspects de notre vie, menaçant la croissance holistique de l'humanité. Si nous avons besoin de ressources matérielles pour notre bien-être physique, ces ressources doivent servir nos besoins intellectuels et spirituels plus élevés. Lorsque les biens matériels cessent d'être des serviteurs et deviennent nos maîtres, l'équilibre est rompu.

 

La deuxième tentation concerne notre croissance intellectuelle, morale, éthique et spirituelle, qui nécessite souvent l'aide des autres. Nous vivons dans un monde où nous avons besoin des autres pour grandir. Cependant, il existe un danger d'utiliser les autres uniquement comme des outils pour notre propre avancement. Bien que nous ayons besoin des autres pour grandir, Jésus nous invite à ancrer notre foi dans le Père, à l'adorer et à le servir Lui seul. Lorsque nous voyons les autres et le monde à travers le prisme de la création, notre admiration pour eux devient une admiration du Créateur. Lorsque nous reconnaissons que Dieu est constamment à l'œuvre dans chaque individu, la tentation d'utiliser les autres disparaît, remplacée par le désir de grandir avec eux. Que ce soit dans la famille, la communauté, la société ou la vie professionnelle, la mission de la synodalité nous appelle à vivre en communion avec les autres, favorisant l'unité et servant l'humanité. Cette tentation est surmontée en vivant en harmonie avec ceux qui nous entourent.

 

La troisième et peut-être la plus critique des tentations concerne notre capacité non seulement à coexister avec les autres, mais à prendre notre place dans la vie, ancrée dans notre identité d'enfants de Dieu. La tentation présentée à Jésus — « Si tu es le Fils de Dieu » — était une provocation à affirmer son identité en exerçant une autorité mondaine. Cela reflète une tentation plus large de poursuivre la gloire personnelle sous le prétexte du bien commun, nous rendant esclaves du pouvoir et de la richesse. Nous devons résister à l'envie de compromettre notre identité d'enfants de Dieu en cherchant à dominer les autres. Nous surmontons cette tentation en nous soumettant à la volonté du Père, telle qu'exprimée par les conseils de nos aînés, parents et dirigeants spirituels. Nous ne mettons pas Dieu à l'épreuve en exigeant qu'il prouve sa fidélité ; au contraire, nous invoquons son aide, en lui permettant d'agir dans sa sagesse. Lorsque nous donnons à Dieu la liberté d'agir dans notre vie, nous sommes capables de relever les défis avec courage et de discerner sa volonté même dans les moments de tentation.

 

Il y a un détail important dans l'Évangile d'aujourd'hui que beaucoup négligent : « Il s'éloigna de Lui pour un temps. » Cela suggère que les tentations ne sont pas un événement ponctuel, mais quelque chose que nous rencontrons continuellement dans notre vie quotidienne, surtout lorsque nous sommes faibles. Le diable, qui a quitté Jésus après le désert, est réapparu lors de la Cène, entraînant Judas à le trahir. Cette trahison pourrait tout aussi bien être la nôtre, alors que nous manquons quotidiennement d'aimer Dieu et nos frères et sœurs. Pourtant, tout comme Jésus s'est soumis à la volonté du Père — « Que ta volonté soit faite » — nous devons demander la grâce de faire de même. Demandons au Seigneur la force de rester vigilants et déterminés à l'aimer et à le servir. Amen.

 

P. Terry Cmf.

 

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Rédigé par JONHBOSCO

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Publié le 5 Mars 2025

 

Nous vivons dans un monde marqué par l'individualisme, le consumérisme et surtout l'ère numérique, où l'intelligence artificielle (IA) prend de plus en plus le pas sur l'intelligence humaine au nom de l'amélioration de la vie humaine. Les groupes armés défient les gouvernements établis, les gouvernements élus flattent les sentiments majoritaires, et les systèmes économiques succombent aux idéologies capitalistes. Voilà les gros titres de notre époque. Dans nos métropoles, nous assistons à l'érosion des valeurs sociales et humaines de base, qui s'infiltrent lentement dans les villes moyennes, modifiant l'état d'esprit de nombreuses populations instruites et actives, les poussant vers le matérialisme. Les catastrophes naturelles, le changement climatique, les erreurs humaines provoquant des accidents destructeurs, le commerce des armes alimentant les guerres, et la demande de légalisation des drogues ne sont que quelques-uns des fils sociaux qui déchirent le tissu de notre monde, faisant de nous tous des victimes. Sans prétendre avoir toutes les réponses, l'Église Mère a proposé la « synodalité » comme la meilleure voie pour répondre à ces questions pressantes de la vie humaine.

 

À travers la synodalité, l'Église cherche à guider ses enfants sur le bon chemin pour qu'ils vivent dans la paix. Elle vise à créer une nouvelle société où chacun aurait un espace pour respirer librement et vivre en communion, non pas dans une structure pyramidale, mais autour d'une table ronde. Le Carême est un pur don de Dieu pour cette génération en quête de réponses, nous invitant à renouveler nos esprits et à proposer de manière créative de nouvelles façons de transformer le monde. Ce temps nous invite à ne pas regarder à l'extérieur mais à l'intérieur, car la libération de la société, la nouveauté de la vie, commence par la libération de chaque individu. Un aveugle ne peut pas guider un autre aveugle. Nous ne pouvons pas nous engager dans la libération du monde avant de nous libérer nous-mêmes. La liberté humaine est la gloire de Dieu, car dans cette liberté humaine, Dieu peut agir pleinement pour sauver le monde.

 

Notre quête de libération naît de l'espérance. En cette année jubilaire, nous sommes appelés à être des pèlerins d'espérance, portant cette espérance en nous-mêmes sur le chemin, chantant des chants joyeux en atteignant la porte de la miséricorde. L'espérance ne vient pas de forces extérieures ; elle est le fruit de notre foi, révélée dans l'Histoire du Salut. Notre chant joyeux rempli d'espérance n'est pas nécessairement pour les merveilles que chacun de nous aurait reçues ici et maintenant. Il est enraciné dans la certitude que Dieu marche avec nous dans notre histoire personnelle. Notre joie puise sa force dans le Magnificat de Marie, son chant de joie et de gratitude pour ce que le Seigneur a accompli dans l'histoire du salut. Posséder ce Dieu fidèle de salut est la raison pour laquelle nous chantons avec espérance.

 

Notre pèlerinage consiste à cultiver cette espérance de manière durable, plutôt que passagère. Tout le monde peut ressentir une espérance temporaire, car Dieu habite en nous. Mais posséder une espérance permanente est plus difficile, car nous sommes constamment appelés à sortir et à revenir. Ce mouvement—sortir de la présence intérieure de Dieu en nous et entrer dans sa présence extérieure au cœur de l'humanité—est l'essence même du pèlerinage, dansant avec la présence divine à l'intérieur comme à l'extérieur. Ce mode de vie nous appelle à la communion—communion intérieure et extérieure. Notre Dieu nous appelle à aller à la rencontre de son peuple. La communion naît de ce principe : ce n'est plus « mon Dieu », mais « notre Dieu ». Ce changement définit notre manière de vivre en chrétien—la vie synodale.

 

La vie synodale est une vie animée par l'Esprit. L'Esprit agit en nous et nous invite à réfléchir profondément, nous conduisant à une conversion véritable. Nous continuons de poser des questions et de chercher, et bien que les réponses viennent parfois au hasard, nous n'avons pas peur de prendre des risques. Nous vivons dans la fidélité à la mission qui nous est confiée, restant la lumière du monde. Notre recherche de sens, la révision de nos positions, et notre conversion nous conduisent sur un terrain inconnu. Dans cet endroit inexploré, comme les Israélites dans le désert, nous n'avons pas de modèles à suivre. Pourtant, vivant avec espérance et joie, en regardant vers le Christ, nous devenons des pèlerins d'espérance. Dans ce monde en mutation et en défi, nous sommes appelés à être des signes d'une vie authentique, comme les saints de notre temps et du passé, imitant les premières communautés chrétiennes—petites, fragiles, mais puissantes à l'image des Apôtres, et devenant une source de vie pour le monde.

 

Je vous souhaite à tous un Carême très significatif. Seigneur, pendant cette saison, puissé-je Te voir dans mes frères et sœurs, T’aimer et Te servir à travers eux, marcher avec eux inconditionnellement. Amen.

P. Terry Cmf.

 

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Rédigé par JONHBOSCO

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