Publié le 9 Août 2025

Homélie

« Sois sans crainte, petit troupeau, car votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume » (Luc 12, 32). L’Évangile de ce jour est une douce assurance de Jésus : le Royaume de Dieu est un don, offert gratuitement, d’une valeur inestimable, et qui demeure sûr tant que nous ne le rejetons pas ou ne le négligeons pas. Ce Royaume est un trésor que personne ne peut nous enlever (Matthieu 6, 20), à moins que nous ne le considérions comme sans valeur ou que nous ne l’utilisions pas pour la gloire de Dieu.

 

Au cœur de ce Royaume se trouve la foi—la clé essentielle qui oriente toute notre vie (Hébreux 11, 1). Par la foi, nous reconnaissons l’action de Dieu, même lorsque nous ne comprenons pas comment elle se réalise. Dans toute l’histoire du salut, Dieu a accompli des merveilles—l’Exode (Exode 14, 13-31) nous montre que Dieu a offert sa présence salvatrice non seulement au peuple élu, mais à tous ceux qui la désiraient et se confiaient à Lui.

 

Ce don entraîne pour nous une responsabilité plus grande : « À qui l’on a beaucoup donné, on demandera beaucoup » (Luc 12, 48). Nous sommes appelés à être des intendants fidèles de la mission confiée (1 Corinthiens 4, 1-2), à l’accomplir avec gratitude et joie, et à en remettre les fruits à Dieu, évitant toute recherche de gloire personnelle (Matthieu 6, 1). Dieu accomplit de grandes œuvres à travers nous, même dans notre faiblesse (2 Corinthiens 12, 9), souvent de façon cachée. Celui qui accueille les petits, les pauvres et les oubliés accueille le Christ Lui-même (Matthieu 25, 40).

 

Cependant, le danger est réel : lorsque nous nous éloignons du Seigneur—surtout lorsque sa présence n’est pas visiblement perceptible—nous risquons de réaliser beaucoup aux yeux du monde, mais de passer à côté de la volonté divine. L’orgueil et la recherche de reconnaissance humaine peuvent progressivement écarter les valeurs du Royaume et les remplacer par les standards du monde (1 Jean 2, 15-17). L’égoïsme, le consumérisme, et certaines dérives sociales peuvent nous voler l’esprit de l’Évangile. Même les institutions sacrées comme le mariage ou la vie consacrée se fragilisent lorsque Dieu est écarté.

 

Nous sommes comptables devant Dieu du sort des pauvres, des marginalisés et des opprimés (Isaïe 1, 17 ; Amos 5, 24). Au jour du jugement (Matthieu 25, 31-46), la séparation des justes et des injustes révélera si nous avons vécu selon sa volonté. Mais la justice de Dieu ne consiste pas à dominer ou punir—elle consiste à restaurer la dignité humaine, ici et maintenant, par notre action, en rendant sa miséricorde tangible (Michée 6, 8).

 

Dieu veille sur nous à chaque instant—nous n’avons donc aucune raison de craindre (Psaume 23, 1). Nous pouvons tomber, mais Il nous invite à nous relever (Proverbes 24, 16). Nous pouvons être blessés, mais Il nous appelle à répondre par la miséricorde et la compassion (Luc 6, 36). Saint Augustin nous avertit : « Prenons garde à ne pas nous séparer de l’amour de Dieu » (cf. Romains 8, 39).

 

Restons donc fidèles à la mission confiée, accomplissant chaque jour ce que Dieu attend de nous, sans attendre un « meilleur moment ». L’appel est pour maintenant : vivre dans l’attente du retour du Maître, entrer dans sa joie et partager à jamais son abondance divine. Amen.

P. Terry Cmf.

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Publié le 2 Août 2025

Homélie

Évangile : Luc 12, 13–21

« Maître, dis à mon frère de partager notre héritage. » Cette demande rappelle celle de Marthe à Jésus (Luc 10, 38–42). Dans les deux cas, le Seigneur ne prend pas parti, mais invite à discerner selon la volonté de Dieu, à regarder en soi-même, et à agir avec justice et sagesse, sans se comparer ni se plaindre.

Dieu nous appelle à reconnaître les dons que nous avons reçus, à les vivre pleinement et à ne pas nous laisser guider par la jalousie ou la cupidité. Saint Paul dit : « Que chacun examine sa propre conduite » (Galates 6, 4), plutôt que de se comparer aux autres.

Être riche selon Dieu

Jésus nous enseigne que la véritable richesse ne vient pas des biens matériels mais du fait d’être « riche en vue de Dieu » (Luc 12, 21). Cela signifie vivre dans la bonté, la vérité et l’amour. Nous sommes riches lorsque nous utilisons notre liberté, intelligence et dons spirituels pour le bien d’autrui et la gloire de Dieu (1 Corinthiens 4, 7).

Mais le mal surgit lorsque nous :

  1. Abusons de nos dons pour notre propre gloire, sans tenir compte de Dieu (Romains 1, 21), ou
  2. N’utilisons pas ces dons, comme le serviteur qui a enfoui son talent (Matthieu 25, 24–30).
🎁 Que faire avec mes dons ?

Lorsque nous recevons un don ou une opportunité, la bonne question n’est pas « Comment en profiter ? », mais « Seigneur, que veux-tu que je fasse ? » (Actes 9, 6). Réagissons-nous avec gratitude et justice ? Ou cherchons-nous à accumuler davantage, détruisant même ce que nous avons déjà (Luc 12, 18) ?

Lorsque la vie est centrée uniquement sur soi, nous perdons de vue Dieu et nos frères. Comme dit l’Ecclésiaste : « Vanité des vanités, tout est vanité » (Ecclésiaste 1, 2). La vraie paix vient d’un cœur réconcilié avec Dieu et les autres.

🌱 Porter du fruit

L’abondance peut nous rendre paresseux spirituellement. Nous risquons d’oublier les souffrants, les pauvres, ceux qui attendent notre temps et notre présence. Pourtant, ce que nous avons reçu — temps, intelligence, biens — est un don gratuit, appelé à porter du fruit (Jean 15, 8). Si nous gardons tout pour nous, nous devenons comme le riche insensé qui perdit son âme (Luc 16, 19–31). « Que sert à l’homme de gagner le monde entier, s’il perd son âme ? » (Marc 8, 36)

Du moi à Christ en moi

L’Évangile nous invite finalement à regarder en nous-mêmes : nous sommes une création nouvelle en Christ (2 Corinthiens 5, 17). Nous ne vivons plus pour nous-mêmes, mais pour le Christ qui vit en nous (Galates 2, 20). Cela implique d’écouter Dieu, de reconnaître sa présence, et de vivre selon sa volonté, même dans les petites choses.

Demandons la grâce de reconnaître nos dons, de les partager généreusement, et de vivre comme des Christs vivants pour notre monde. Amen.

 

P. Terry Cmf.

 

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Publié le 26 Juillet 2025

"Seigneur, apprends-nous à prier »

 

 

Dans l’Évangile d’aujourd’hui, les disciples s’approchent de Jésus avec une demande simple mais profonde : « Seigneur, apprends-nous à prier » (Luc 11, 1). Ce désir d’apprendre à prier est un don précieux qui réjouit le cœur de Dieu. Comme l’écrivait saint Antoine-Marie Claret dans son autobiographie : « Seigneur, enseigne-moi à demander ce que tu veux que je demande. » Une telle prière ne cherche rien pour soi-même. Elle se caractérise par le silence et l’écoute, dans l’attente de ce que le Seigneur veut nous révéler.

Je me souviens d’un moment dans un monastère cistercien, où une jeune candidate a demandé aux prêtres : « L’un de vous désire-t-il devenir saint ? » Bien que la question puisse sembler noble, j’y ai perçu une forme subtile de centration sur soi. Pour moi, la prière véritable n’est pas une quête de sainteté en soi, mais un abandon total à la volonté de Dieu. Je propose souvent cette prière simple mais profonde : « Seigneur, fais que je pense ce que tu veux que je pense, que je voie ce que tu veux que je voie, que je parle ce que tu veux que je parle, que je fasse ce que tu veux que je fasse. » Il ne s’agit pas simplement de devenir saint, mais de devenir pleinement uni au Christ : par le Christ, avec le Christ et pour le Christ (cf. Rm 12, 1-2 ; Ga 2, 20).

Jésus nous montre que la prière véritable est une communion avec Dieu – une union avec le Père, par le Fils, dans l’Esprit Saint. Les disciples ne voient pas seulement une méthode, mais le mystère de cette union entre Jésus et son Père (cf. Jn 10, 30). Contrairement aux disciples de Jean, ceux de Jésus sont introduits dans la communion trinitaire.

La prière que Jésus enseigne, le « Notre Père » (Luc 11, 2-4), comporte trois mouvements :

  1. La Volonté de Dieu : « Que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne. » Toute prière commence par l’adoration et l’abandon. C’est dans la prière que nous découvrons Dieu et nous-mêmes (cf. Ps 45, 11).
  2. Le Pain quotidien : « Donne-nous le pain dont nous avons besoin pour chaque jour. » Il s’agit non seulement de la nourriture terrestre, mais du Pain vivant descendu du ciel – Jésus dans l’Eucharistie (cf. Jn 6, 35). Sans Lui, nous ne pouvons rien faire (cf. Jn 15, 5).
  3. Le Pardon et la Miséricorde : « Pardonne-nous nos péchés, car nous pardonnons. » Le pardon de Dieu est à la fois un don et une mission. En accueillant Sa miséricorde, nous sommes capables de pardonner à notre tour (cf. Ép 4, 32).

Pour vivre pleinement cette prière, il nous faut imiter à la fois Marie et Marthe (cf. Luc 10, 38-42) : comme Marie, nous nous asseyons aux pieds du Seigneur pour l’écouter ; comme Marthe, nous repartons servir notre prochain avec ce que nous avons reçu. La prière nous envoie en mission et nous rappelle à la communion.

La prière ne se limite pas à un moment ou un lieu. Elle est un mouvement constant : aller vers Dieu, être nourri, repartir servir, puis revenir. Que nous recevions des consolations ou non, que nous réussissions ou non, nous revenons toujours. C’est cela, la persévérance dans la prière (cf. Rm 12, 12 ; 1 Th 5, 17).

Mais que nous donne vraiment Dieu dans la prière ? Jésus est clair : « Le Père céleste donnera l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent » (Luc 11, 13). Non pas seulement des dons, mais Lui-même – son Esprit, répandu dans nos cœurs (cf. Rm 5, 5).

Quelle grâce que de s’agenouiller devant le Saint-Sacrement, puis de repartir en mission avec l’Esprit Saint en nous ! Ô Seigneur, tu te donnes si généreusement, et nous, nous avons tant de mal à te donner ce que nous avons ! Apprends-nous encore, ô Père, à prier et à savoir que prier, comme ton Fils l’a enseigné à ses disciples. Amen.

 

P. Terry Cmf.

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Publié le 19 Juillet 2025

Homélie 

 

Marthe et Marie représentent deux dimensions fondamentales de la vie chrétienne : l’action et la contemplation. Une vie équilibrée a besoin des deux. En tant qu’êtres humains, nous savons qu’un bon accueil sans repas partagé perd de sa chaleur. L’hospitalité sans le service est incomplète.

 

L’Évangile de ce jour (Luc 10, 38–42) pourrait nous faire croire que Jésus privilégie la contemplation sur l’action. Mais une lecture plus profonde révèle un appel au discernement. Jésus dit que « Marie a choisi la meilleure part » (v. 42), non pas pour condamner Marthe, mais pour l’inviter à se recentrer. Ce que Marie vit dans l’écoute du Seigneur ne diminue pas le service de Marthe ; et ce que Marthe fait par amour du Seigneur ne doit pas être rejeté par Marie.

 

L’action offerte dans l’amour, par la grâce de Dieu, est élevée jusqu’à la contemplation. Comme le dit saint Paul : « Tout ce que vous faites, faites-le de bon cœur, comme pour le Seigneur et non pour plaire aux hommes » (Colossiens 3, 23). Ceux qui contemplent profondément, comme Moïse sur le Sinaï (Exode 24) ou les disciples lors de la Transfiguration (Luc 9, 28–36), sont toujours renvoyés en mission. La vraie contemplation mène toujours à l’action. Inversement, l’action sans prière risque de glorifier l’homme plutôt que Dieu.

 

Quelle est donc la véritable leçon de cet Évangile ? Il ne s’agit pas de choisir entre Marie ou Marthe, mais de découvrir le visage de Dieu, qui nous accompagne dans chaque étape de notre vie. Dieu ne force pas nos choix, mais Il désire les orienter vers le bien. Jésus ne condamne pas Marthe ; Il l’invite à servir avec un cœur reposé en Lui.

 

Il lui dit : « Tu te donnes du souci et tu t’agites pour bien des choses. Une seule est nécessaire » (Luc 10, 41–42). Cette « seule chose » est la communion avec Dieu—demeurer en Lui comme le sarment attaché à la vigne (Jean 15, 4–5). Lorsque nos relations, nos décisions et nos gestes reposent sur cette communion, nous trouvons la paix véritable, celle qui dépasse toute intelligence (Philippiens 4, 7). Marthe, au fil de son chemin, vivra cette communion. Elle reconnaîtra le Christ non seulement dans son travail mais aussi à ses pieds, en Le voyant apprécier le repas préparé avec amour.

 

Si, comme Marthe, nous approchons nos frères et sœurs par la présence de Dieu, et si nous devenons instruments de Sa miséricorde, nous expérimenterons déjà ici-bas la joie du Ciel. À l’image de Marie qui oint Jésus de parfum (Jean 12, 3), notre service devient une offrande sainte.

 

Dans chaque foyer chrétien, si la volonté divine oriente nos relations et nos décisions, la volonté humaine n’est pas rejetée, mais transformée et élevée. C’est alors que la paix s’installe. Comme les disciples d’Emmaüs ont invité Jésus à rester avec eux (Luc 24, 29), ou comme la famille de Cana L’a accueilli avec Marie (Jean 2), accueillons Jésus dans nos maisons et dans nos cœurs. Invitons Jésus, Marie, et les disciples à notre table. Et alors, nous connaîtrons la paix, la joie et l’harmonie que nous cherchons tant. Amen.

P. Terry Cmf.

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Publié le 12 Juillet 2025

« Va, et toi aussi, fais de même » – Un appel à la compassion dans un monde blessé

L’Évangile de ce jour nous conduit au cœur de la vie chrétienne : aimer Dieu et son prochain (Luc 10, 27). Un docteur de la Loi demande à Jésus : « Que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? » Jésus ne le repousse pas, mais le renvoie à la Parole qu’il connaît déjà. Pourtant, Il l’invite à aller plus loin : si tu ne rencontres pas Dieu là où tu es, regarde ailleurs… dans ton prochain.

Dans l’Évangile selon saint Jean, Jésus définit la vie éternelle comme « connaître le Père, le seul vrai Dieu, et celui qu’Il a envoyé, Jésus-Christ » (Jean 17, 3). Ce connaître n’est pas intellectuel, mais intime et vécu. Ce n’est pas un privilège réservé aux mystiques, mais un appel adressé à tous les cœurs ouverts.

La parabole du Bon Samaritain n’exalte pas une simple bonté humaine, mais un renversement profond : ton prochain n’est pas seulement ton semblable, mais celui qui souffre, celui que tu ne reconnais pas, celui que tu évites. Paradoxalement, pour entrer en soi, il faut sortir de soi. Quitter nos faux-semblants. Et c’est dans la vulnérabilité de l’autre que Dieu se manifeste.

Le chemin de Jérusalem à Jéricho (Luc 10, 30) est symbolique : Jérusalem, la cité de Dieu ; Jéricho, la vie quotidienne. Le chemin est risqué. Nous le parcourons tous – prêtres, lévites, laïcs. Certains détournent le regard. Un seul s’arrête : le Samaritain. Ému de compassion (splagchnizomai, Luc 10, 33), il descend, il soigne, il porte, il confie, il promet.

Nous pensons souvent être appelés à être ce Samaritain. Et c’est vrai, par grâce. Mais parfois, nous sommes le blessé au bord du chemin. Parfois aussi, nous sommes l’aubergiste à qui le Christ confie un frère ou une sœur en souffrance. Il nous dit simplement : « Prends soin de lui » (Luc 10, 35). Telle est notre vocation : être les intendants fidèles de la compassion de Dieu.

Et Jésus conclut : « Va, et toi aussi, fais de même » (Luc 10, 37). Que nous soyons celui qui s’arrête, celui qui soigne, ou celui qui continue l’œuvre commencée par le Christ, chacun de nous fait partie de cette chaîne de miséricorde.

Prions pour recevoir la grâce :

  • De nous arrêter sur notre route.
  • De voir et ressentir les blessures de nos frères et sœurs.
  • De servir sans attendre, dans la confiance du retour du Seigneur.

Que, comme le Samaritain ou l’aubergiste, nous sachions aimer dans la fragilité – pour la gloire de Dieu et le salut des hommes. Amen.

 

P. Terry, Cmf.

 

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Publié le 6 Juillet 2025

Homélie

Nous sommes tous appelés à être des missionnaires, non seulement par l’action, mais avec l’esprit de contemplation. C’est dans la prière et la communion profonde avec Dieu que l’œuvre missionnaire devient divine. Comme Jésus qui se retirait souvent pour prier (Luc 5,16), nous devons aussi enraciner notre mission dans la prière. La mission consiste essentiellement à annoncer la présence de Dieu et à aider les autres à reconnaître cette présence, surtout dans leur cœur (Romains 10,14-15).

Notre mission ne doit pas être un simple effort humain. C’est un appel divin, une participation à l’œuvre salvifique de Dieu. Elle doit être discernée dans la prière, guidée par l’Esprit Saint : « Il vous enseignera tout et vous rappellera tout ce que je vous ai dit » (Jean 14,26). Lorsque Dieu est au centre de notre vie, Il transforme même notre faiblesse en force (2 Corinthiens 12,9).

Dieu nous a choisis chacun personnellement. Jésus dit : « Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, mais moi qui vous ai choisis » (Jean 15,16). Que nous soyons parents, frères, sœurs, amis ou religieux, nous sommes envoyés dans ce monde non pas simplement pour y vivre, mais pour témoigner du Christ. Notre vie ne nous appartient plus, elle est au service de Celui qui nous appelle.

Dans l’Évangile de ce jour (Luc 10,1-12.17-20), Jésus envoie les soixante-douze disciples en disant : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux ». Comme le Père L’a envoyé, Il nous envoie (Jean 20,21). Nos vies doivent refléter l’action du Christ ; et en Christ, le monde découvre le Père ; et en Dieu, il découvre la vie trinitaire.

Mais Jésus est clair : « Je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups » (Luc 10,3). Nos faiblesses restent. Pourtant, Il nous assure : « Ma grâce te suffit » (2 Corinthiens 12,9), et encore : « Rien ne pourra vous nuire » (Luc 10,19). La croix n’est pas écartée, elle est embrassée. Et nous pouvons dire comme Paul : « Je porte sur mon corps les marques de Jésus » (Galates 6,17). La croix devient notre force et notre joie.

Même dans l’abandon, la douleur ou le rejet, nous pouvons dire avec Jésus : « Entre tes mains, Seigneur, je remets mon esprit » (Luc 23,46). Cet abandon n’est pas un échec, mais le chemin de la grâce. C’est dans cet abandon que naît la vraie joie, car nos noms sont inscrits dans les cieux (Luc 10,20).

Comme chrétiens, notre plus grande joie ne vient pas de nos réussites, mais de la certitude que nous sommes dans les mains de Dieu. C’est la paix que Jésus donne, une paix que le monde ne peut donner (Jean 14,27). Quand nous Lui confions tout, Il nous guide là où nous sommes le plus utiles.

Lorsque notre tâche est accomplie, toute gloire revient à Dieu (1 Corinthiens 10,31). Que nous soyons bon père ou mère, frère, sœur, ami ou responsable, tout est grâce. Jésus a demandé à Ses disciples de se détacher des fruits de leur mission : « Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement » (Matthieu 10,8).

Même face au rejet ou à la solitude, si nous continuons à semer la paix et la réconciliation, nous pouvons être certains que Dieu agit en nous. Que chacun de nous fasse l’expérience de cette divine présence, et devienne, en Son nom, artisan de paix et de réconciliation dans le monde. Amen.

 

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Publié le 5 Juillet 2025

Homélie

Nous sommes tous appelés à être des missionnaires, non seulement par l’action, mais avec l’esprit de contemplation. C’est dans la prière et la communion profonde avec Dieu que l’œuvre missionnaire devient divine. Comme Jésus qui se retirait souvent pour prier (Luc 5,16), nous devons aussi enraciner notre mission dans la prière. La mission consiste essentiellement à annoncer la présence de Dieu et à aider les autres à reconnaître cette présence, surtout dans leur cœur (Romains 10,14-15).

Notre mission ne doit pas être un simple effort humain. C’est un appel divin, une participation à l’œuvre salvifique de Dieu. Elle doit être discernée dans la prière, guidée par l’Esprit Saint : « Il vous enseignera tout et vous rappellera tout ce que je vous ai dit » (Jean 14,26). Lorsque Dieu est au centre de notre vie, Il transforme même notre faiblesse en force (2 Corinthiens 12,9).

Dieu nous a choisis chacun personnellement. Jésus dit : « Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, mais moi qui vous ai choisis » (Jean 15,16). Que nous soyons parents, frères, sœurs, amis ou religieux, nous sommes envoyés dans ce monde non pas simplement pour y vivre, mais pour témoigner du Christ. Notre vie ne nous appartient plus, elle est au service de Celui qui nous appelle.

Dans l’Évangile de ce jour (Luc 10,1-12.17-20), Jésus envoie les soixante-douze disciples en disant : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux ». Comme le Père L’a envoyé, Il nous envoie (Jean 20,21). Nos vies doivent refléter l’action du Christ ; et en Christ, le monde découvre le Père ; et en Dieu, il découvre la vie trinitaire.

Mais Jésus est clair : « Je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups » (Luc 10,3). Nos faiblesses restent. Pourtant, Il nous assure : « Ma grâce te suffit » (2 Corinthiens 12,9), et encore : « Rien ne pourra vous nuire » (Luc 10,19). La croix n’est pas écartée, elle est embrassée. Et nous pouvons dire comme Paul : « Je porte sur mon corps les marques de Jésus » (Galates 6,17). La croix devient notre force et notre joie.

Même dans l’abandon, la douleur ou le rejet, nous pouvons dire avec Jésus : « Entre tes mains, Seigneur, je remets mon esprit » (Luc 23,46). Cet abandon n’est pas un échec, mais le chemin de la grâce. C’est dans cet abandon que naît la vraie joie, car nos noms sont inscrits dans les cieux (Luc 10,20).

Comme chrétiens, notre plus grande joie ne vient pas de nos réussites, mais de la certitude que nous sommes dans les mains de Dieu. C’est la paix que Jésus donne, une paix que le monde ne peut donner (Jean 14,27). Quand nous Lui confions tout, Il nous guide là où nous sommes le plus utiles.

Lorsque notre tâche est accomplie, toute gloire revient à Dieu (1 Corinthiens 10,31). Que nous soyons bon père ou mère, frère, sœur, ami ou responsable, tout est grâce. Jésus a demandé à Ses disciples de se détacher des fruits de leur mission : « Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement » (Matthieu 10,8).

Même face au rejet ou à la solitude, si nous continuons à semer la paix et la réconciliation, nous pouvons être certains que Dieu agit en nous. Que chacun de nous fasse l’expérience de cette divine présence, et devienne, en Son nom, artisan de paix et de réconciliation dans le monde. Amen.

 

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Publié le 28 Juin 2025

Homélie

Introduction

Aujourd'hui, la Sainte Mère l'Église célèbre avec solennité les deux grands piliers de l'Église : Pierre et Paul (cf. Mt 16,18 ; Ga 2,9). En méditant sur ces deux personnalités exceptionnelles, je suis inspiré par la richesse de leur complémentarité : Pierre incarne le cœur de l’Église, appelé à toucher les intellectuels dépourvus de compassion ; Paul incarne l'intellect, envoyé vers les païens en manque de connaissance du salut (cf. Rm 10,14-15). Notre propre expérience montre que le cœur et l’intelligence entrent parfois en conflit. Pierre et Paul aussi ont connu ces tensions dans leur ministère. Ils ont suivi des approches différentes, mais avaient la même mission : annoncer le Christ.

Cette fête nous invite à redécouvrir l’Église primitive, qui a traversé d’atroces persécutions, et à contempler leur fidélité. Les catacombes de Rome en portent les marques. Toutefois, il ne s'agit pas de s'émouvoir uniquement du passé, mais de pénétrer le cœur et l'intelligence de ces témoins. Cela nous aidera à comprendre comment Pierre et Paul ont conduit le peuple à vivre leur foi avec intensité et unité. Entrons donc dans l'Évangile avec cette quête en nos esprits.

1. « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » (Mt 16,15)

La foi est un don de Dieu (cf. Ep 2,8). Dieu nous donne de nombreux signes visibles, ses œuvres merveilleuses, mais surtout, sa présence active dans notre pèlerinage de vie. Découvrir personnellement notre foi est la réponse à la question posée par le Christ. Pierre a confessé : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant » (Mt 16,16). Cette confession n’est possible que par la révélation divine.

2. « Qui suis-je pour toi ? »

Cette question pousse l’intelligence à rechercher la vérité de notre identité, notre appel et notre mission. La rencontre avec le Christ n'est pas une simple connaissance théorique, mais une relation personnelle et intime. Connaitre le Christ, c’est recevoir la grâce de la foi (cf. Ph 3,8). Nous sommes déjà bénis de pouvoir entrer dans cette relation profonde.

3. « Ce n'est pas la chair et le sang qui t'ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux » (Mt 16,17)

Jésus rappelle que cette révélation vient de Dieu. Paul, également, affirme avoir reçu sa vocation du Christ lui-même (cf. Ga 1,1.12). La foi ne vient pas simplement d’un héritage humain, mais d’une action directe de l’Esprit. Cette conscience ouvre en nous une coopération plus grande à la volonté divine. Dieu agit selon notre capacité et notre mission personnelle.

4. « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église » (Mt 16,18)

Jésus confie à Pierre la charge de l’Église. C'est le Christ qui bâtit l’Église, non par la force humaine, mais par la puissance trinitaire. Tout ce qui est véritablement divin vient de Dieu. Notre soif de connaître Dieu, notre désir de servir et notre joie dans l'accomplissement de notre mission viennent du Père.

5. « Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux » (Mt 16,19)

Les clefs confiées à Pierre symbolisent l'autorité spirituelle : la mission de réconcilier les hommes avec Dieu. Cette mission n'est pas réservée au Pape seul, mais à chacun de nous, en union avec l’Église. Chaque baptisé est appelé à être un instrument de miséricorde. Le mari, l'épouse, le parent, l'ami : chacun est porteur d'une mission personnelle. Cette autorité est une responsabilité exercée en communion (cf. Jn 20,23). Jean attend Pierre (cf. Jn 20,4) et Paul monte à Jérusalem pour le rencontrer (cf. Ga 1,18). C’est ensemble que nous formons une seule Église, unie autour de Pierre, aujourd'hui représenté par le Pape Leon XIV, par les évêques et les prêtres.

Conclusion

L’Église fondée par le Christ n'est pas dominatrice ni toute-puissante. Elle est appelée à servir et à accomplir la volonté du Père. Elle est fragile, dirigée par des hommes faibles comme Pierre et Paul, qui eux aussi ont connu des tensions (cf. Ga 2,11). Pourtant, elle est belle et sainte, parce que conduite par l’Esprit. Prions pour notre Église et pour ceux qui s'engagent à la faire entrer dans chaque foyer.

 

Je suis personnellement heureux d’appartenir à cette Église, car Dieu agit en nous, malgré nos faiblesses. Tout ce que l'on attend de nous, c'est l'humilité, l'ouverture et la docilité à l'Esprit. Ce que Dieu a commencé en nous, Il l'accomplira (cf. Ph 1,6). Amen.

Bonne fête à toutes et à tous !

P. Terry Cmf.

 

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Publié le 28 Juin 2025

 

 

Texte de l'Évangile (Lc 2,41-51): 

Chaque année, les parents de Jésus allaient à Jérusalem pour la fête de la Pâque. Quand il eut douze ans, ils firent le pèlerinage suivant la coutume. Comme ils s'en retournaient à la fin de la semaine, le jeune Jésus resta à Jérusalem sans que ses parents s'en aperçoivent. Pensant qu'il était avec leurs compagnons de route, ils firent une journée de chemin avant de le chercher parmi leurs parents et connaissances. Ne le trouvant pas, ils revinrent à Jérusalem en continuant à le chercher.

C'est au bout de trois jours qu'ils le trouvèrent dans le Temple, assis au milieu des docteurs de la Loi: il les écoutait et leur posait des questions, et tous ceux qui l'entendaient s'extasiaient sur son intelligence et sur ses réponses. En le voyant, ses parents furent stupéfaits, et sa mère lui dit: «Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela? Vois comme nous avons souffert en te cherchant, ton père et moi!». Il leur dit: «Comment se fait-il que vous m'ayez cherché? Ne le saviez-vous pas? C'est chez mon Père que je dois être». Mais ils ne comprirent pas ce qu'il leur disait. Il descendit avec eux pour rentrer à Nazareth, et il leur était soumis. Sa mère gardait dans son cœur tous ces événements.

 

Méditation sur le Cœur Immaculé de Marie

Aujourd’hui, nous méditons sur le Cœur Immaculé de Marie à la lumière de l’Évangile (Luc 2, 41–51). Trop souvent, ce cœur est réduit à une simple pureté. Si celle-ci est essentielle, le cœur de Marie va bien au-delà : il est formé par le Cœur Sacré de Jésus, avant même que Marie ne le conçoive physiquement. Le Cœur de Dieu, par grâce, a été confié à Marie. Ainsi, son cœur participe au mystère trinitaire — Père, Fils et Saint-Esprit — surtout au pied de la Croix. Voici quelques pistes de méditation. Tu peux en choisir une pour ta prière personnelle.

 


  1. « Chaque année, ses parents allaient à Jérusalem » (Lc 2, 41)
    Le pèlerinage annuel de Marie et de Joseph manifeste leur fidélité à l’histoire du salut. Par cette pratique, leur cœur s’unit à l’Alliance de Dieu avec Abraham, Isaac, Jacob et David. Le Cœur Immaculé nous invite à inscrire notre propre histoire dans cette grande Histoire sainte du peuple de Dieu. Comme eux, notre fidélité ouvre notre cœur au dessein éternel de Dieu.

 


  1. « Pensant qu’il était dans la caravane... » (Lc 2, 44)
    Marie et Joseph pensaient que Jésus était avec eux, car ils lui faisaient confiance — et plus profondément, ils faisaient confiance à Dieu. Cette confiance mutuelle est le fruit de la foi. La confiance humaine devient alors un chemin vers la confiance divine. Mais parfois, cette confiance est trahie. Si tu as été blessé par une trahison, tourne-toi vers le Cœur Sacré de Jésus, transpercé mais brûlant de miséricorde (Jn 19, 34). En Lui, toute amertume peut fondre comme la cire.

 


  1. « Au bout de trois jours, ils le trouvèrent dans le Temple... » (Lc 2, 46)


Trois jours d’angoisse révèlent le mystère de la présence du Christ dans le Temple, préfiguration de sa Résurrection et du nouveau Temple de son Corps (Jn 2, 19–21). Marie comprend qu’elle aurait dû aller directement au Temple — lieu de la présence de Dieu au milieu de son peuple (Ps 83, 2). Son cœur maternel, façonné par l’amour divin et les épreuves vécues, nous conduit à l’intérieur, là où Dieu demeure.

Elle continue de dire à ses enfants : « Faites tout ce qu’il vous dira » (Jn 2, 5). Sa parole, empreinte de sagesse, nous guide toujours. Saint Augustin comprendra un jour : « Tu étais en moi, mais j’étais dehors. » Ce retour intérieur est le chemin du cœur.

Saint Laurent Justinien écrit : « Elle s’élançait vers Dieu tout en demeurant dans l’humilité. De tels progrès dans la grâce divine élèvent jusqu’aux sommets et transfigurent de gloire en gloire. » Le Cœur Immaculé de Marie n’est pas figé ; il est en perpétuelle ascension — humble, confiant et rayonnant de la grâce divine. Elle nous apprend à chercher Dieu avec un amour ardent et une fidélité cachée.


  1. « Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? » (Lc 2, 48)
    Cette question de Marie est empreinte de foi et d’humilité. Comme elle, nous pouvons interroger Dieu, non pas avec révolte, mais avec amour : « Comment cela va-t-il se faire ? » (Lc 1, 34). Le Cœur Immaculé accueille nos émotions non pour les étouffer, mais pour les transfigurer. Dans son cœur formé par la charité divine, il n’y a ni colère ni désespoir, mais silence et foi (Lc 2, 19).

 


 

5. « Il descendit avec eux... Sa mère gardait tous ces événements dans son cœur » (Lc 2, 51)
Marie gardait et méditait tout dans son cœur, surtout son Fils. Sa contemplation est centrée sur Jésus. Elle nous invite à en faire autant. Même lorsque des événements nous dépassent, elle nous apprend à dire : « Que tout m’advienne selon ta parole » (Lc 1, 38). Jésus, bien qu’étant Dieu, a appris l’obéissance à travers Marie et Joseph (He 5, 8). Il a écouté non seulement son Père, mais aussi ses parents terrestres. À notre tour, imitons ce cœur qui sait écouter.

P. Terry cmf.

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Rédigé par JONHBOSCO

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Publié le 21 Juin 2025

“Bénis, Rompus, Partagés : Vivre le mystère circulaire de l’Eucharistie”


1. De l’origine à l’accomplissement : le don eucharistique

Frères et sœurs, aujourd’hui nous célébrons le cœur battant de notre foi chrétienne : l’Eucharistie. La Parole de Dieu nous entraîne dans un itinéraire sacré, depuis le sacrifice mystérieux de Melkisédek (Gn 14,18), figure du Christ, jusqu’à la Cène, où Jésus, la veille de sa Passion, institue l’Eucharistie comme sacrement de son amour.

Ce que Melkisédek a commencé, Jésus l'accomplit : offrir le pain et le vin comme signe d’alliance, mais cette fois en livrant sa propre chair et son sang (Lc 22,19-20). Et aujourd’hui encore, il nous initie à ce mystère, afin que non seulement nous recevions l’Eucharistie, mais que nous devenions Eucharistie : des vies offertes pour nos frères.


2. Une présence réelle, une transformation réelle

L’Eucharistie n’est pas un symbole. Elle est la présence réelle du Christ : corps, sang, âme et divinité (Jn 6,51). Quand nous la recevons avec foi et préparation, ce n’est pas un pain béni que nous goûtons, mais la chair vivante de Dieu.

Certains prêtres témoignent d’une émotion intérieure, d’un frémissement profond, lorsqu’ils prononcent les paroles de la consécration. Et nous aussi, en adorant le Saint-Sacrement, nous faisons l’expérience silencieuse de la Trinité présente : le Père, le Fils et l’Esprit, unis dans l’Hostie vivante.


3. L’Eucharistie : une célébration circulaire

L’Eucharistie n’est pas un simple moment liturgique. Elle est un cycle de grâce :

  • Dieu donne la terre et ses fruits ;
  • L’homme les travaille et les offre à Dieu ;
  • Dieu les transforme et les redonne en nourriture divine ;
  • Nous sommes envoyés en mission, puis appelés à revenir au banquet.

Cette circulation d’amour reflète toute notre vie chrétienne : tout vient de Dieu et tout retourne à Lui (Rm 11,36).


4. La mission naît de l’Eucharistie

Jésus dit à ses disciples : « Donnez-leur vous-mêmes à manger » (Lc 9,13). Il ne fait pas tomber le pain du ciel. Il part de ce que les hommes ont apporté, et le bénit. Ainsi, ce que nous offrons – notre travail, nos blessures, notre prière – devient matière de transformation.

La tentation de vivre une foi solitaire – “juste moi et mon Dieu” – est forte. Mais l’Eucharistie nous rappelle : nous sommes envoyés vers les autres. Le Christ ne se donne pas pour que nous le gardions pour nous, mais pour que nous devenions pain rompu pour le monde.


5. Devenir Eucharistie : une vie donnée

Être eucharistique, c’est :

  • S’offrir chaque jour à Dieu dans l’amour ;
  • Se laisser transformer par sa grâce ;
  • Se laisser rompre, dans l’humilité et la compassion ;
  • Se donner aux autres, dans le service et la charité.

Par le baptême et la confirmation, nous sommes devenus Corps du Christ. Nous sommes désormais ce “fruit de la terre et œuvre des mains humaines”, transformé par l’Esprit pour nourrir le monde (1 Co 10,16-17).


Conclusion : De l’autel au monde, et du monde à Dieu

Frères et sœurs, la messe ne se termine pas par une clôture, mais par un envoi. La liturgie nous dit : “Allez dans la paix du Christ”. Cela signifie : portez ce que vous avez reçu. Revenez à Dieu avec ce que vous avez fait fructifier.

Dans chaque messe, le ciel touche la terre, et la terre est élevée vers le ciel. Que notre vie soit ce cercle eucharistique vivant : appelés, nourris, envoyés, puis à nouveau offerts à Dieu.

Devenons Eucharistie vivante : consacrés, transformés, rompus, partagés.
Amen.

P. Terry Cmf.

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Rédigé par JONHBOSCO

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