Publié le 15 Février 2024

Texte de l'Évangile (Mt 9,14-15): 

 

Les disciples de Jean Baptiste s'approchent de Jésus en disant: «Pourquoi tes disciples ne jeûnent-ils pas, alors que nous et les pharisiens nous jeûnons?». Jésus leur répondit: «Les invités de la noce pourraient-ils donc faire pénitence pendant le temps où l'Époux est avec eux? Mais un temps viendra où l'Époux leur sera enlevé, et alors ils jeûneront».

 

Application

 

La Sainte Église préconise trois pratiques essentielles pour donner un sens au Carême : La prière, le jeûne et la charité. Cependant, l'efficacité de ces pratiques réside uniquement dans leur lien avec Jésus, qui sert à améliorer notre relation avec Dieu. Isolés du Christ, ces moyens n'ont aucune valeur dans le pèlerinage chrétien.

 

En même temps, il est crucial de saisir l'essence de la prière, du jeûne et de la charité. La prière est décrite comme une relation - une présence intime avec Dieu. Elle implique d'être avec le Seigneur, de l'écouter attentivement, de partager nos pensées avec lui et d'accomplir ce qu'il nous a demandé de faire. Ces composantes sont inséparables.

 

Le jeûne implique de renoncer volontairement à quelque chose d'intrinsèquement bénéfique pour nous dans la poursuite d'un plus grand bien. C'est un peu comme abandonner de l'or pour un trésor plus précieux, symbolisant une recherche dévouée de quelque chose de supérieur.

 

La charité, ou l'aumône, va au-delà du simple partage des biens matériels ; elle implique de reconnaître tout ce que Dieu nous a accordé et d'utiliser ces dons au maximum de leur potentiel. Il s'agit de réaliser ce que Dieu a prévu pour nous en utilisant les talents et les ressources qui nous sont donnés. Il s'agit essentiellement d'un engagement à accomplir la volonté de Dieu.

 

 

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Publié le 14 Février 2024

Texte de l'Évangile (Lc 9,22-25): 

 

Jésus disait à ses disciples: "Il faut que le Fils de l'homme souffre beaucoup, qu'il soit rejeté par les anciens, les chefs de prêtres et les scribes, qu'il soit tué, et que, le troisième jour, il ressuscite". Il disait aussi à la foule: «Celui qui veut marcher à ma suite, qu'il renonce à lui-même, qu'il prenne sa croix chaque jour, et qu'il me suive. Car celui qui veut sauver sa vie la perdra; mais celui qui perdra sa vie pour moi la sauvera. Quel avantage un homme aura-t-il à gagner le monde entier, si c'est en se perdant lui-même et en le payant de sa propre existence?».

 

Application

 

En ce temps de carême, tout ce à quoi nous aspirons est résumé sous une forme succincte.

 

La Croix, qui se manifeste sous la forme d'un rejet, nous est offerte non pas comme une exception, mais comme une facette intégrante de la vie normale, soulignant un choix donné pour ou contre la volonté de Dieu. Ce rejet ne concerne pas des éléments extérieurs, mais notre propre moi construit - une invitation à identifier notre vrai moi et à maintenir un lien profond avec lui.

 

La proposition s'étend comme une option plutôt que comme une obligation. Elle suggère le statut de disciple, nous incitant à faire le choix conscient de sauver nos vies. La perspective paradoxale de gagner le monde entier tout en perdant Celui qui le donne est présentée comme une réalité potentielle si nous ne parvenons pas à discerner la vérité. Ainsi, nous sommes appelés à choisir librement la Croix et à embrasser son intégralité dans nos vies.

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Publié le 13 Février 2024

La période du Carême représente l'une des phases les plus enrichissantes du pèlerinage chrétien, ouvrant la voie à des entreprises spirituelles audacieuses. Elle nous invite à entrer dans l'expérience du désert, une métaphore d'Israël se dirigeant vers la terre promise, une expérience également vécue par le Christ. Alors que nous imitons l'expérience désertique de Jésus, nous sommes conscients des dangers et des tentations imminents, guidés par l'ombre du Saint-Esprit et nourris par l'espoir des anges servant ultimement le Seigneur.

 

Il est crucial de préciser que cette expérience désertique ne reflète pas systématiquement nos vies quotidiennes douloureuses et tragiques, bien qu'elles fassent partie intégrante de ce processus. Il s'agit plutôt d'un moment où nous nous retrouvons seuls avec le Seigneur, plongeant dans notre propre intériorité, conscients de la présence de notre âme : moi, mon âme et mon Dieu, en parfaite communion. Être seul avec le Seigneur ne signifie pas être isolé, mais être aux pieds du Seigneur, tout comme Marie, la sœur de Marthe, écoutant ce que le Seigneur à dire.

 

Bien que cette expérience désertique soit proposée à chacun de nous, il est essentiel de reconnaître que nous n'y entrons pas seul. Malgré les apparences extérieures suggérant une souffrance solitaire et un sentiment de jugement ou de punition, c'est précisément dans ces moments difficiles que nous ressentons le besoin de l'Esprit – le même Esprit qui a accompagné Jésus dans le désert. Ce sentiment, bien que respecté par Dieu, n'est pas un signe d'abandon, mais une invitation à subir un processus similaire à celui de Son bien-aimé fils.

 

La vie chrétienne est intrinsèquement aventureuse, naviguant à travers des terrains inconnus avec l'assurance de la compagnie du Seigneur. Cependant, il faut volontairement s'engager dans ce voyage, car une vie désertique sans Dieu est spirituellement périlleuse. Personne ne devrait embrasser la souffrance et le désert volontairement sans reconnaître la présence divine et l'accompagnement. Entrer dans ce domaine sans l'Esprit et une prise de conscience de la volonté de Dieu pourrait conduire à une rupture complète, sans possibilité de réconciliation.

 

Chaque expérience devient fructueuse lorsqu'elle est voulue et acceptée. Comment pouvons-nous la vouloir lorsque nous sommes incertains du résultat ? La réponse réside dans notre certitude non pas sur le résultat, mais sur la Personne qui nous a demandé de vivre cette expérience – un Dieu qui nous aime et qui a donné Son Fils unique. Notre vie désertique n'est pas orientée vers un résultat défini de l'intérieur ou de l'extérieur, mais pour une découverte d'un processus personnel de vivre notre propre vie dans sa plénitude, simplement animés par l'Esprit, là où Il souhaite nous conduire. En Jésus, l'expérience désertique devient un résultat déjà acquis, fournissant la force nécessaire pour affronter courageusement l'expérience du Calvaire. Malgré sa difficulté, Jésus a marché avec la Croix, tout seul, pour chacun de nous.

 

Si le résultat est une merveilleuse ressource pour faire face à nos expériences du Calvaire, comment pouvons-nous la vouloir et la réaliser ? Nous suivons l'exemple de Jésus. Il a sollicité l'aide de Son Père pour l'aider et à Ses disciples, leur demandant de prier pour Lui. Même lorsqu'ils dormaient dans l'ignorance, Il les a rappelés. Avec humilité, nous sollicitons l'aide et les prières des autres, sachant qu'ils peuvent nous décevoir, et nous les leur rappelons humblement. Ainsi, notre expérience désertique devient un engagement communautaire. Que ce soit avec ou sans l'aide des autres, nous nous abandonnons à Dieu, priant la prière de Jésus : "Que Ta volonté soit faite, et non la mienne."

 

Cet abandon à la volonté divine n'est pas une obligation ou un impératif ; nous sommes libres d'accepter ou de refuser. Il découle de notre confiance en la bonté divine et de notre amour pour le Seigneur. Comme des branches éternellement reliées à la vigne, c'est dans l'union avec le Père, l'assurance du salut promis par le Christ sur la Croix et la sanctification du Saint-Esprit que nous pouvons nous abandonner à la volonté divine. Cette union avec le Père nous oblige impérativement à accepter la diversité, la communion et le mode de vie conduit par l'Esprit. Je vous souhaite un très bon moment de Carême.

 

 

Vous avez le message du Pape François

https://www.vatican.va/content/francesco/fr/messages/lent/documents/20231203-messaggio-quaresima2024.html

 

 

 

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Publié le 12 Février 2024

Texte de l'Évangile (Mc 8,14-21): 

 

Les disciples avaient oublié de prendre du pain, et ils n'avaient qu'un seul pain avec eux dans la barque. Jésus leur faisait cette recommandation: «Attention! Prenez garde au levain des pharisiens et à celui d'Hérode!». Ils discutaient entre eux sur ce manque de pain. Il s'en aperçoit et leur dit: «Pourquoi discutez-vous sur ce manque de pain? Vous ne voyez pas? Vous ne comprenez pas encore? Vous avez le coeur aveuglé? Vous avez des yeux et vous ne regardez pas, vous avez des oreilles et vous n'écoutez pas? Vous ne vous rappelez pas? Quand j'ai rompu les cinq pains pour cinq mille hommes, combien avez-vous ramassé de paniers pleins de morceaux?». Ils lui répondirent: «Douze». «Et quand j'en ai rompu sept pour quatre mille, combien avez-vous rempli de corbeilles en ramassant les morceaux?». Ils lui répondirent: «Sept». Il leur disait: «Vous ne comprenez pas encore?».

 

Application

 

Ce qui est évident et clair nous échappe souvent, Seigneur. Nous demandons instamment la grâce de saisir la profondeur de tes enseignements et le courage de mettre en pratique ce que tu nous enseignes. La véritable compréhension émane de toi, mais tu nous invites à la saisir par notre discernement.

 

La beauté de votre plan divin consiste à confier à l'humanité la liberté intérieure d'accepter ou de refuser, et la liberté personnelle de tracer sa propre voie, sans se laisser influencer par les pressions de la société. La véritable tragédie de la vie n'est pas simplement notre incapacité à comprendre ou notre ignorance, mais plutôt notre manque de volonté et d'engagement positif.

 

Seigneur, façonne-nous dans le feu de ton amour pour la volonté divine et transforme-nous, à l'image de ta Mère, en nous inculquant la capacité inébranlable de dire OUI à la volonté de ton Père, Amen.

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Publié le 11 Février 2024

Texte de l'Évangile (Mc 8,11-13): 

 

Les pharisiens survinrent et se mirent à discuter avec Jésus: pour le mettre à l'épreuve, ils lui demandaient un signe venant du ciel. Jésus soupira au plus profond de lui-même et dit: «Pourquoi cette génération demande-t-elle un signe? Amen, je vous le déclare: aucun signe ne sera donné à cette génération». Puis il les quitta, remonta en barque, et il partit vers l'autre rive.

 

Application

 

La foi est un don précieux que Dieu nous a accordé, et il est essentiel que nous la recevions avec gratitude et appréciation. Ceux qui recherchent constamment des signes peuvent manquer de foi véritable, car un croyant authentique n'a pas besoin de preuves constantes. La foi authentique comprend deux éléments essentiels. Premièrement, elle implique une croyance en Jésus, à la fois Dieu et Homme, une volonté divine qui s'étend à lui pour le bénéfice de l'humanité. En Jésus, nous adorons Dieu, et Dieu exprime son amour pour l'humanité à travers lui.

 

Le deuxième élément est plus important : la croyance que Jésus est vivant en nous, qu'il nous guide et nous accompagne tout au long de notre vie. Ce Jésus vivant n'est pas seulement en nous, mais aussi en nos semblables. Par conséquent, toute action que nous entreprenons pour Dieu doit impliquer nos frères et sœurs. Il devient impossible de rester silencieux face à la souffrance d'un frère.

 

Dans le monde d'aujourd'hui, surtout parmi les blessés et les isolés, la figure du Samaritain est incarnée par chacun d'entre nous. Chaque effort fait pour apporter réconfort et paix à un frère ou une sœur en difficulté est un signe tangible à contempler et à mettre en œuvre. Le fait de rester ferme dans notre engagement envers Dieu à travers nos interactions avec les autres diminue la nécessité de rechercher continuellement des signes divins. Ceux qui recherchent sans cesse de tels signes restent souvent aveugles à leurs propres luttes et à la douleur des autres. La véritable humanité s'aligne sur l'essence de Dieu, qui est intrinsèquement à la fois divine et humaine.

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Publié le 10 Février 2024

 

Je me souviens du jour où la France était confinée en raison de la pandémie de Covid, et de l'inquiétude qui pesait sur les gens. Ce jour-là, dans ma paroisse, nous avions prévu la deuxième étape du baptême pour les enfants de l'école. Face à l'incertitude, j'ai appelé quelques personnes sur lesquelles je comptais comme collaborateurs. Ensemble, nous avons décidé d'utiliser Facebook Live pour permettre aux parents de reproduire à la maison tout ce que le prêtre faisait dans l'église. À ce moment-là, il n'était pas autorisé de faire une telle célébration et nous avons pris le risque. Quel merveilleux moment nous avons vécu ce jour-là ! À cette époque, peu d'églises utilisaient ces moyens que Dieu avait mis à notre disposition. Il faut savoir prendre les risques et pouvoir sortir de nos lieux de sécurités.

 

Nous connaissons un Dieu qui vient à notre rencontre, même s'Il reste invisible pour le monde. Il se laisse trouver, mais si nous n'osons pas prendre l'initiative d'aller à Sa rencontre, de lui ouvrir notre porte, nous risquons de ne pas Le voir. Comme le lépreux dans l'Évangile, il faut prendre des initiatives et franchir les obstacles pour être purifié, pour retrouver sa place dans la société.

 

L'Évangile nous rapporte que le lépreux a trouvé le Seigneur. Il l'a cherché, car il a reconnu en Jésus la personne capable de le purifier, une purification qui lui manquait pour être réintégré dans la société. Dieu se laisse trouver pour ceux et celles qui désirent être purifiés et qui s'engagent à Le trouver. Sans notre initiative, même si le Seigneur se présente devant nous, nous risquons de ne pas Le trouver.

 

La foi nous aide à percevoir la présence divine et les moyens que Dieu met à notre disposition pour notre salut. Elle ouvre notre intelligence à discerner la voix du Seigneur. À travers nos engagements positifs, par la grâce de Dieu, nous pouvons entendre le Seigneur dire : "Je le veux, sois purifié". Cela demande du temps, de l'espace, et surtout la liberté.

 

Cependant, l'Évangile ne se termine pas avec la purification. Le Seigneur demande au lépreux de ne rien dire à personne, car sa guérison doit être un témoignage pour les autres. Bien que cette interdiction puisse sembler étrange, avec Marc, nous pouvons comprendre que le message profond réside dans les détails. L'homme, une fois guéri, a commencé à proclamer la nouvelle partout, rendant difficile à Jésus d'entrer ouvertement dans les villes. Jésus ne voulait pas être vu simplement comme un thaumaturge, mais plutôt comme celui qui se donne à la croix.

 

Le Seigneur invite l'homme à vivre pleinement sa vie, à ne pas perdre de temps en faisant une publicité excessive. Vivre la purification pleinement signifie une réintégration totale dans la société, une vie fidèle aux commandements d'amour et de miséricorde. Tout doit être fait pour le Seigneur, par le Seigneur et dans le Seigneur. Cette réintégration elle-même devient un puissant témoignage.

 

Aujourd'hui, le Seigneur nous invite à incarner une vie de témoignage, en exprimant notre gratitude envers Dieu par nos actions. Ne nous contentons pas de nos paroles et de nos actes ; faisons en sorte que notre existence même, vécue pleinement en Dieu, serve de témoignage de notre foi chrétienne. Prions, que par notre amour et notre compassion, que les autres puissent découvrir notre identité chrétienne. Amen.

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Publié le 9 Février 2024

Texte de l'Évangile (Mc 8,1-10): 

 

En ces jours-là, comme il y avait de nouveau une grande foule de gens, et qu'ils n'avaient pas de quoi manger, Jésus appelle à lui ses disciples et leur dit: «J'ai pitié de cette foule, car depuis trois jours déjà ils sont avec moi, et n'ont rien à manger. Si je les renvoie chez eux à jeun, ils vont défaillir en route; or, quelques-uns d'entre eux sont venus de loin». Ses disciples lui répondirent: «Où donc pourra-t-on trouver du pain pour qu'ils en mangent à leur faim, dans ce désert?». Il leur demanda: «Combien de pains avez-vous?». Ils lui dirent: «Sept».


Alors il ordonna à la foule de s'asseoir par terre. Puis, prenant les sept pains et rendant grâce, il les rompit, et il les donnait à ses disciples pour que ceux-ci les distribuent; et ils les distribuèrent à la foule. On avait aussi quelques petits poissons. Il les bénit et les fit distribuer aussi. Ils mangèrent à leur faim, et, des morceaux qui restaient, on ramassa sept corbeilles. Or, ils étaient environ quatre mille. Puis Jésus les renvoya. Aussitôt, montant dans la barque avec ses disciples, il alla dans la région de Dalmanoutha.

 

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Le cœur divin aspire à fournir la subsistance à l'humanité. Dans ce désir, il y a une élévation transcendante vers le ciel, qui relie chacun d'entre nous au Père par la prière. Cette connexion implique un sacrifice de soi, une division de soi en morceaux qui peuvent être partagés, résultant en une nourriture abondante pour tous.

 

Même après avoir nourri l'humanité, Dieu poursuit son œuvre sans aucune attente, souhaitant que chacun recueille les fragments de grâces divines éparpillés dans les différents moments de la vie.

 

Certains, les disciples intimes, poursuivent leur chemin avec Jésus, tandis que d'autres reprennent le rythme normal de la vie. Les deux voies sont acceptées par Dieu. Cependant, un sentiment de plénitude est attendu de chacun d'entre nous, quelles que soient les circonstances de notre vie.

 

 

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Publié le 8 Février 2024

Texte de l'Évangile (Mc 7,31-37): 

 

Jésus quitta la région de Tyr; passant par Sidon, il prit la direction du lac de Galilée et alla en plein territoire de la Décapole. On lui amène un sourd-muet, et on le prie de poser la main sur lui. Jésus l'emmena à l'écart, loin de la foule, lui mit les doigts dans les oreilles, et, prenant de la salive, lui toucha la langue. Puis, les yeux levés au ciel, il soupira et lui dit: «Effata!», c'est-à-dire: «Ouvre-toi!».


Ses oreilles s'ouvrirent; aussitôt sa langue se délia, et il parlait correctement. Alors Jésus leur recommanda de n'en rien dire à personne; mais plus il le leur recommandait, plus ils le proclamaient. Très vivement frappés, ils disaient: «Tout ce qu'il fait est admirable: il fait entendre les sourds et parler les muets».

 

Application

 

L'acte de Jésus séparant cet individu de la foule revêt une signification profonde pour moi; il représente une révélation divine de la manière dont Dieu interagit avec nous. Cette séparation sert de métaphore à la communication personnelle de Dieu avec chacun de nous, nous éloignant des distractions mondaines pour plonger au plus profond de notre être intérieur. Établir une connexion personnelle avec Dieu et les autres est essentiel, favorisant un environnement d'authenticité et d'ouverture.

 

Dans la solitude du désert, bien que difficile, se trouve l'opportunité d'une expérience transformative. Depuis le vide du désert, une plénitude profonde est découverte et chérie. Jésus guide intentionnellement cette personne vers une rencontre dans le désert, offrant une occasion unique de rencontrer Dieu non pas au milieu de la foule, mais dans un cadre individuel. Cette relation intime est proposée comme fondement d'une connexion authentique et personnelle : une rencontre entre "moi et mon Dieu seul". Cette intimité avec Dieu est ensuite étendue pour englober le monde dans une relation divine partagée.

 

Dans la relation divine élargie avec les autres, chaque personne que nous rencontrons devient spéciale pour nous. Reconnaissant la présence de Dieu en eux, nous cultivons une connexion profonde et considérons chaque individu comme unique et précieux. À travers notre service envers les autres, nous étendons notre connexion à Dieu, réalisant que nous-mêmes et la personne que nous servons sont spéciales pour Dieu, en qui une confiance divine est placée.

 

Cette compréhension forme la base du concept d'"Ephphatha!" pour devenir une réalité dans le monde, marquant le début d'une véritable libération. En reconnaissant l'unicité de chaque individu et en embrassant une relation intime avec Dieu, nous contribuons à une expérience transformative et libératrice pour nous-mêmes et les autres.

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Publié le 7 Février 2024

Texte de l'Évangile (Mc 7,24-30): 

 

 

En partant de là, Jésus se rendit dans la région de Tyr. Il était entré dans une maison, et il voulait que personne ne sache qu'il était là; mais il ne réussit pas à se cacher. En effet, la mère d'une petite fille possédée par un esprit mauvais avait appris sa présence, et aussitôt elle vint se jeter à ses pieds. Cette femme était païenne, de nationalité syro-phénicienne, et elle lui demandait d'expulser le démon hors de sa fille. Il lui dit: «Laisse d'abord les enfants manger à leur faim, car il n'est pas bien de prendre le pain des enfants pour le donner aux petits chiens». Mais elle lui répliqua: «C'est vrai, Seigneur, mais les petits chiens, sous la table, mangent les miettes des petits enfants». Alors il lui dit: «A cause de cette parole, va: le démon est sorti de ta fille». Elle rentra à la maison, et elle trouva l'enfant étendue sur le lit: le démon était sorti d'elle.

 

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Lorsque nous observons Jésus et ses préoccupations, nous rencontrons une image de Dieu qui connaît intimement les souffrances et les douleurs humaines. En particulier dans les moments les plus sombres de notre vie, la confiance en Dieu nous permet d'être témoins des œuvres de Dieu. Le silence divin, malgré notre désir d'une action immédiate de la part d'un Dieu miséricordieux et juste, peut être incompréhensible, mais il est acceptable, car rien n'échappe au contrôle de Dieu. Dans son silence sacré, Dieu fait naître en nous quelque chose de remarquable, comme la foi profonde dont a fait preuve cette mère. Bien que ce processus soit souvent douloureux et parfois misérable, comme un passage dans la fournaise, le résultat est une merveille à contempler.

 

Cette mère découvrira le fruit de la générosité divine, suscitée par sa foi fervente. Lorsqu'elle reprendra le rythme normal de la maternité, elle retrouvera sa fille en bonne santé, libérée et fortifiée. À l'inverse, certains d'entre nous, en particulier les dirigeants, résistent au retour à leur rythme de vie habituel, évitant les croix quotidiennes du progrès et choisissant de rester stagnants. Ce refus entrave non seulement notre propre croissance, mais déçoit également la foi de la communauté, qui attend de nous soutien et courage. Ne devrions-nous pas imiter cette mère, en exprimant notre foi avec espérance ?

 

 

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Publié le 6 Février 2024

Texte de l'Évangile (Mc 7,14-23): 

 

Il appela de nouveau la foule et lui dit: «Écoutez-moi tous, et comprenez bien. Rien de ce qui est extérieur à l'homme et qui pénètre en lui ne peut le rendre impur. Mais ce qui sort de l'homme, voilà ce qui rend l'homme impur».

Quand il eut quitté la foule pour rentrer à la maison, ses disciples l'interrogeaient sur cette parole énigmatique. Alors il leur dit: «Ainsi, vous aussi, vous êtes incapables de comprendre? Ne voyez-vous pas que tout ce qui entre dans l'homme, en venant du dehors, ne peut pas le rendre impur, parce que cela n'entre pas dans son cœur, mais dans son ventre, pour être éliminé?». C'est ainsi que Jésus déclarait purs tous les aliments. Il leur dit encore: «Ce qui sort de l'homme, c'est cela qui le rend impur. Car c'est du dedans, du cœur de l'homme, que sortent les pensées perverses: inconduite, vols, meurtres, adultères, cupidités, méchancetés, fraude, débauche, envie, diffamation, orgueil et démesure. Tout ce mal vient du dedans, et rend l'homme impur».

 

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Ce qui est assez préoccupant dans notre société moderne, c'est que de nombreuses personnes adoptent souvent une approche similaire à celle d'Ève dans leur raisonnement, déplaçant fréquemment les responsabilités sur les autres. Bien que les influences externes puissent être tentantes, la décision ultime, que ce soit de dire oui ou non, réside en nous. Par conséquent, les facteurs externes, aussi influents soient-ils, portent moins de responsabilité que notre propre raisonnement et les actions qui en découlent. Bien que Jésus fasse référence à des éléments externes, l'essence du message d'aujourd'hui réside dans la vigilance à l'égard de nos schémas de pensée. C'est un appel à l'introspection, nous incitant à analyser les raisons derrière nos choix, le processus de discernement et la manière dont nous parvenons à des conclusions spécifiques. Ce qui est visible extérieurement et ce qui pénètre en nous n'est pas le principal focus ; c'est plutôt ce qui est digéré, intériorisé et traité par la réflexion et le discernement qui façonne notre volonté.

 

Considérons, par exemple, notre incapacité à voir Dieu directement. Malgré cela, nous pouvons percevoir la présence divine à travers des éléments externes, les reliant à notre histoire de salut. En attribuant du sens à ces observations, nous pouvons affirmer avec certitude que Dieu a été présent avec nous, en nous et parmi nous. Une fois que nous reconnaissons cette présence divine, combattre et éliminer les pensées négatives devient plus réalisable, à condition qu'il y ait une volonté personnelle. Cette 'volonté' est à la fois la source du péché et le résultat de notre raisonnement et de notre réflexion, qui lui assignent certaines priorités.

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