Publié le 19 Mars 2018

Texte de l'Évangile

(Jn 8,21-30): 

Jésus leur dit encore: «Je m'en vais; vous me chercherez, et vous mourrez dans votre péché. Là où moi je m'en vais, vous ne pouvez pas y aller». Les Juifs disaient: «Veut-il donc se suicider, puisqu'il dit: ‘Là où moi je m'en vais, vous ne pouvez pas y aller’?». Il leur répondit: «Vous, vous êtes d'en bas; moi, je suis d'en haut. Vous êtes de ce monde; moi, je ne suis pas de ce monde. C'est pourquoi je vous ai dit que vous mourrez dans vos péchés. Si, en effet, vous ne croyez pas que moi, je suis, vous mourrez dans vos péchés». 

Ils lui demandaient: «Qui es-tu donc?». Jésus leur répondit: «Je n'ai pas cessé de vous le dire. J'ai beaucoup à dire sur vous, et beaucoup à condamner. D'ailleurs celui qui m'a envoyé dit la vérité, et c'est de lui que j'ai entendu ce que je dis pour le monde». Ils ne comprirent pas qu'il leur parlait du Père. Jésus leur déclara: «Quand vous aurez élevé le Fils de l'homme, alors vous comprendrez que moi, je suis, et que je ne fais rien par moi-même, mais tout ce que je dis, c'est le Père qui me l'a enseigné. Celui qui m'a envoyé est avec moi; il ne m'a pas laissé seul parce que je fais toujours ce qui lui plaît». Sur ces paroles de Jésus, beaucoup crurent en lui.

 

L’application

 

Croire en Jésus Christ ! La foi est un cadeau offert à tous ceux et celles qui la désirent. Cette foi est née non pas par une intelligence humaine, mais par la révélation divine. L’intelligence nous aide pourtant à découvrir, à percevoir et à comprendre ces révélations de Dieu. Pour mieux comprendre les fruits de cette foi, et les approprier, il faut avoir la patience, savoir appliquer cette intelligence avec un engagement de cœur, rempli d’amour et de pardon.

L’histoire de salut nous aide à comprendre la miséricorde et elle nous pousse dans nos faiblesses, à faire confiance, avec la certitude de pardon, si nous nous convertissions. Jésus sur la Croix n’a pas hésité d’accorder le pardon et ce pardon qu’Il a accordé à ses persécuteurs nous assure cette vérité de la miséricorde divine.

En ce temps de Carême, il faut nous demander, qui est Jésus pour nous et notre réponse sera de facto une expression ou la profession  de notre foi.

«Quand vous aurez élevé le Fils de l'homme, alors vous comprendrez que moi, je suis»

Abbé Josep Mª MANRESA Lamarca 
(Valldoreix, Barcelona, Espagne)

Aujourd'hui, cinquième mardi du Carême, à une semaine de la contemplation de la Passion du Seigneur, Celui-ci nous invite à le regarder lorsqu'Il nous rachète et nous libère d'abord sur la Croix: «Jésus Christ est notre pontife, son corps précieux est notre sacrifice qu'il a immolé sur l'autel de la Croix pour le salut de tous les hommes» (Saint John Fisher).

«Quand vous aurez élevé le Fils de l'homme...» (Jn 8,28). En effet, le Christ Crucifié —le Christ “élevé”!— c'est le signe grand et définitif de l'amour du Père pour l'Humanité abattue. Ses bras ouverts entre le ciel et la terre, tracent le signe indélébile de son amitié avec nous, les hommes. En le voyant, ainsi, élevé devant notre regard pécheur, nous comprendrons que Lui, il est (cf. Jn 8,28). Et alors, comme ces juifs qui l'écoutaient, nous aussi croirons en Lui. 

Seule l'amitié de celui qui est familiarisé avec la Croix peut nous rendre connaturel l'approfondissement du Cœur du Rédempteur. Prétendre à un Évangile sans Croix, dépourvu du sentiment chrétien de la mortification, ou contaminé par le milieu païen et naturaliste qui nous empêche de comprendre la valeur rédemptrice de la souffrance, nous placerait devant la terrible éventualité d'entendre des lèvres du Christ: «Après tout, pourquoi continuer à nous parler?».

Que notre regard vers la Croix, regard détendu et contemplative, soit une question adressée au Crucifié. Sans bruit de paroles, nous pouvons lui demander: «Qui es-tu donc?» (Jn 8,25). Il nous répondra «Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie» (Jn 14,6), la Vigne, sans laquelle, nous, pauvres sarments, ne pouvons donner de fruits, car Lui seul a les paroles de vie éternelle. Si nous ne croyons pas que Lui, il est, nous mourrons dans nos péchés. Mais nous vivrons, et vivrons déjà sur cette terre la vie du ciel, si nous apprenons de Lui la joyeuse certitude que le Père est parmi nous, et qu'Il ne nous abandonne pas. C'est ainsi que nous imiterons le Fils en faisant toujours ce qui plait au Père.

 

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Publié le 18 Mars 2018

Texte de l'Évangile (Mt 1,16.18-21.24a): 

Jacob engendra Joseph, l'époux de Marie, de laquelle fut engendré Jésus, que l'on appelle Christ (ou Messie). Voici quelle fut l'origine de Jésus Christ. Marie, la mère de Jésus, avait été accordée en mariage à Joseph; or, avant qu'ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l'action de l'Esprit Saint. Joseph, son époux, qui était un homme juste, ne voulait pas la dénoncer publiquement; il décida de la répudier en secret. 

Il avait formé ce projet, lorsque l'ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit: «Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse: l'enfant qui est engendré en elle vient de l'Esprit Saint; elle mettra au monde un fils, auquel tu donneras le nom de Jésus (c'est-à-dire: Le-Seigneur-sauve), car c'est lui qui sauvera son peuple de ses péchés». Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l'ange du Seigneur lui avait prescrit: il prit chez lui son épouse.

«Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse»

+ Mgr. Ramon MALLA i Call Evêque Emérite de Lérida 
(Lleida, Espagne)

Aujourd'hui l'Église célèbre la solennité de Saint Joseph, époux de Marie. C'est comme une parenthèse dans l'austérité du Carême. Mais dans la joie de cette fête, rien ne nous empêche de pouvoir continuer à avancer dans le chemin de la conversion, propre des jours du Carême.

Joseph est bien celui qui, élevant son regard, s'efforce pour s'adapter au plan de Dieu. Et Joseph est bien aussi celui qui, regardant les autres, essaie toujours d'interpréter dans le bon sens toutes leurs actions afin de sauvegarder leur bonne renommée. C'est dans ces deux aspects de la bonté que Saint Joseph nous apparaît dans l'Évangile d'aujourd'hui.

Sur chacun de nous Dieu a un plan d'amour, car «Dieu est amour» (1Jn 4,8). Mais les difficultés de notre vie font que, parfois, nous ne sachions pas le découvrir. Et, en bonne logique, nous nous plaignons et nous refusons les croix que le Seigneur nous tend.

Il a dû être difficile pour Saint Joseph de voir que Marie «avant qu'ils aient habité ensemble, fut enceinte par l'action de l'Esprit Saint» (Mt 1,18). Il avait décidé de la répudier, mais «en secret» (Mt 1,19). Mais, en même temps, «lorsque l'ange du Seigneur lui apparut en songe» (Mt 1,20), lui dévoilant qu'il devait devenir le père légal de l'Enfant, il accepta immédiatement «et il prit chez lui son épouse» (Mt 1,24).

Le Carême est une bonne occasion pour découvrir ce que Dieu attend de nous, et renforcer notre désir de le mener à bien. Demandons au bon Dieu, comme nous le dirons dans la collecte de la Messe, «que les mérites de l'Époux de votre très sainte Mère soient notre secours, nous vous en prions, Seigneur». Qu'Il nous fasse avancer dans notre chemin de conversion tout en imitant Saint Joseph dans l'acceptation de la volonté de Dieu et l'exercice de la charité envers notre prochain. Et, en même temps, rappelons-nous que «toute la sainte Église est débitrice avec la Mère Vierge, car c'est à travers Elle que l'Église a reçu le Christ, mais, ensuite, Saint Joseph est celui qui mérite le plus notre remerciement et notre révérence» (Saint Bernardin de Sienne).

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Publié le 18 Mars 2018

Dieu continue à faire alliance après alliance avec son peuple qu’Il aime et aujourd’hui, Il nous propose encore une autre, tout autre, exceptionnelle qu’elle ne sera jamais renouveler ou répéter. Il nous a donné la meilleur, transmis par les apôtres que nous la faisons mémoire dans l’Eucharistie. Jusqu’aujourd’hui le monde n’a pas encore compris la grandeur de cette alliance.

Pour cela, nous avons besoin d’un cœur pur pour dignement accueillir ce cadeau de la vie. ‘Purifie-moi mon Dieu’, prions aussi qu’Il nous donne son intelligence  pour creuser et connaitre cette vérité, la volonté divine, pour le salut du monde.  Dans cet acte de salut nous découvrirons le chemin de Dieu jusqu’à nous. Si nous suivons les pas de Jésus,  avons le courage de monter avec Lui vers la montagne où se passait la transfiguration, nous serons devant cette merveille de Dieu. L’histoire de salut, les écritures sacrées nous aide à comprendre la démarche divine et son générosité. Par l’incarnation, mort et la résurrection, Il nous a rendu non seulement capables de découvrir l’importance de cet engagement divin, mais aussi nous a fait participer à cette histoire de salut. Notre réponse positive à cet appel de Dieu, pour construire un monde nouveau, sera une participation de facto à la volonté divine. Dans cet engagement, nous serons guidés et accompagnés par l’Esprit Saint.

Grâce à la disponibilité et l’accessibilité des personnes comme Philippe, nous pouvons oser dire, « Nous voudrions voir Jésus. » Ces hommes, comme les GPS nous guiderons vers Jésus et Jésus vers ce Dieu qui nous aime. Dans cette rencontre avec Jésus, une rencontre tante attendue, nous entendrons l’heure du Seigneur.

Voici l’heure, l’heure de Dieu, pour le salut du monde. L’heure pour faire mourir tout ce qui nous détourne de l’amour divin. L’heure de conversion et de réconciliation. Cette réconciliation avec Dieu nous réconciliera avec nos frères et sœurs. Nous ferons un seul corps et un seul esprit en Dieu.

Un monde qui vit pour le Seigneur, par le Seigneur et dans le Seigneur, vivra dans la paix et dans la joie, dont nous cherchons encore. Tout homme qui s’associe à ce monde sera, un homme libre. Cet homme libre devant Dieu fera la gloire de Dieu et en lui Dieu sera glorifier. Dieu était glorifié en Jésus et Jésus était glorifié par Dieu.  Prions que nous puissions par nos paroles et nos actes glorifier ce Dieu qui nous aime. Comme le grain qui meure pour donner la vie, nous aussi, imitant le Christ par excellence, donnons notre vie charnelle, pour faire naître en nous une vie nouvelle, une vie en Dieu. Que ce temps de Carême nous aide à faire naître en nous le Christ ressuscité. Amen.

 

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Publié le 17 Mars 2018

Last Sunday we meditated, how much God loves us and the way God expressed to us in Christ. We were also searching the best way to respond to this divine love. We are still around the same theme, particularly the way God made this love visible through covenant after covenant promising His love, expressed in the pardon. Today through the prophet Jeremiah He is once again promising a new covenant. However, there is a big difference between the others we have known for centuries and what He will do in Jesus Christ. Personally, I would say to you, the Eucharist that we celebrate today, resembles this covenant, which will never be renewed or replaced, expect with the second coming, the last judgement day, when everything will come to an end. All that we do today is simply remembering this everlasting covenant made in the Eucharist, made once for all. In truth we do not understand all the meanings of this covenant and what exactly God has done to us in this sacrament.

To perceive and understand this mystery in its perfection, we need a pure heart to receive this in a dignified way as a gift of life. Let us pray at the same time, supplicating for a divine intelligence to decode this truth. This truth of the divine will, for the salvation of the world, will itself be an openness for us towards the Trinitarian approach to this salvific mystery.  In this act of salvation we will discover the way God has shown to us. If we follow in the footsteps of Jesus, have the courage to ascend with Him to the mountain where the transfiguration happened, we will be surprised to be in front of this marvel of God,  where God prepares Himself, to make an alliance with His only begotten Son, through his incarnation, death and resurrection, by accomplishing in Jesus all the prophecies of the prophets. Here God will enable us to discover the importance of this divine commitment. Our positive response to this call from God, (to discover His divinity in the humanity of Jesus and ) to build a new world with Him, for us, will be a de facto participation in the accomplishment of the divine will. In this commitment, we will be guided and accompanied by the Holy Spirit, and so that in the end this God abides in us.

Certainly, people like Philip, who are the disciples of the Lord, are happily around  us. We have to dare. "We would like to see Jesus. These men of good will and strong faith are like GPS, will guide us to Jesus and Jesus to this God who loves us. For Jesus, this is the expected hour of the Father, promised to the humanity, the right time for us to raise and look at the Father. Here is the hour, the hour of God, for the salvation of the world. For us personally, it is the hour to put to death all that turns us away from divine love. The time of conversion and reconciliation. Though painful it may appear, but will give us the eternal healing. This reconciliation with God will reconcile us with our brothers and sisters. We will be transformed into one body and one spirit in God. Like the hand that does not live for oneself, we too will live for the Lord. Like the grain that dies to give life, we too, imitating Christ par excellence, will give up our carnal life, to give birth in us a new life in God.

A world that lives for the Lord, by the Lord and in the Lord, will live in peace and joy. Every man who associates himself with this world will be a free man, a free man before God will make the glory of God and in him God will be glorified. Jesus was this free man before God. God was glorified in Jesus and Jesus was glorified by God. Pray that we may be, by our words and our acts glorify this God who loves us. In this last week of the Lent, before entering in to the Hoy Week, shall we learn to die with Christ, to be resurrected with Him? Amen.

 

 

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Publié le 16 Mars 2018

Texte de l'Évangile (Jn 7,40-53): 

Dans la foule, on avait entendu ses paroles, et les uns disaient: «C'est vraiment lui, le grand Prophète!». D'autres disaient: «C'est lui le Messie!». Mais d'autres encore demandaient: «Est-ce que le Messie peut venir de Galilée? L'Écriture dit pourtant qu'il doit venir de la descendance de David et de Bethléem, le village où habitait David!». 

C'est ainsi que la foule se divisa à son sujet. Quelques-uns d'entre eux voulaient l'arrêter, mais personne ne mit la main sur lui. Voyant revenir les gardes qu'ils avaient envoyés arrêter Jésus, les chefs des prêtres et les pharisiens leur demandèrent: «Pourquoi ne l'avez-vous pas ramené?». Les gardes répondirent: «Jamais un homme n'a parlé comme cet homme!». Les pharisiens leur répliquèrent: «Alors, vous aussi, vous vous êtes laissé égarer? Parmi les chefs du peuple et les pharisiens, y en a-t-il un seul qui ait cru en lui? Quant à cette foule qui ne sait rien de la Loi, ce sont des maudits!». 

Parmi les pharisiens, il y avait Nicodème, qui était allé précédemment trouver Jésus; il leur dit: «Est-ce que notre Loi permet de condamner un homme sans l'entendre d'abord pour savoir ce qu'il a fait?». Ils lui répondirent: «Alors, toi aussi, tu es de Galilée? Cherche bien, et tu verras que jamais aucun prophète ne surgit de Galilée!». Puis ils rentrèrent chacun chez soi.

«Jamais un homme n'a parlé comme cet homme!»

Abbé Fernand ARÉVALO 
(Bruxelles, Belgique)

Aujourd'hui, l'Évangile nous présente les différentes réactions qui produisaient les paroles de notre Seigneur. Ce texte dans l'Évangile de Jean ne nous propose aucune parole de Jésus, mais nous parle au contraire des conséquences de ce qu'Il disait. Certains pensaient qu'Il était prophète, d'autres disaient «C'est lui le Messie!» (Jn 7,41).

En vérité Jésus est le signe de la contradiction que Siméon avait annoncé à Marie (cf. Lc 2,34). Jésus ne laisse pas indifférents ceux qui l'entendaient, au point qu'à cette occasion comme dans beaucoup d'autres «c'est ainsi que la foule se divisa à son sujet» (Jn 7,43). La réponse des gardes qui prétendaient le détenir, encadre nettement la question et nous montre la force des paroles du Christ: «Jamais un homme n'a parlé comme cet homme» (Jn 7,46). Ce qui veut dire: ses paroles sont différentes, ce ne sont pas des paroles creuses, remplies d'orgueil et de mensonges. Il est la “Vérité” et sa façon de parler reflète cela.

Et si cela se produisait chez ses auditeurs, avec plus grande raison ses œuvres provoquaient l'étonnement, l'admiration ainsi que la critique, les bavardages, la haine… Jésus parlait le “langage de la charité”, ses œuvres et ses paroles manifestaient l'amour profond qu'Il avait pour tous les hommes, surtout ceux qui étaient le plus dans le besoin.

Aujourd'hui comme au temps du Christ, nous les chrétiens sommes —ou nous devons être— “signe de discorde”, car nous ne devons pas parler et agir comme les autres. En imitant et suivant le Christ, nous devons, nous aussi employer le “langage de la charité et de l'amour”, un langage universel que tous les hommes sont capables de comprendre. Comme le dit le Pape Benoît XVI dans son encyclique Deus caritas est, «L'amour —caritas— sera toujours nécessaire, même dans la société la plus juste (…). Celui qui veut s'affranchir de l'amour se prépare à s'affranchir de l'homme en tant qu'homme».

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Publié le 16 Mars 2018

Texte de l'Évangile (Jn 7,1-2.10.14.25-30): 

La fête juive des Tentes approchait. Lorsque les frères de Jésus furent montés à Jérusalem pour la fête, il y monta lui aussi, non pas ostensiblement, mais en secret. 

La semaine de la fête était déjà à moitié passée quand Jésus monta au Temple et se mit à enseigner. Quelques habitants de Jérusalem disaient alors: «N'est-ce pas lui qu'on cherche à faire mourir? Le voilà qui parle ouvertement, et personne ne lui dit rien! Les chefs du peuple auraient-ils vraiment reconnu que c'est lui le Messie?. Cependant celui-ci, nous savons d'où il est; mais le Christ, quand il viendra, personne ne saura d'où il est». Et Jésus, enseignant dans le temple, s'écria: «Vous me connaissez, et vous savez d'où je suis! Je ne suis pas venu de moi-même: mais celui qui m'a envoyé est vrai, et vous ne le connaissez pas. Moi, je le connais; car je viens de lui, et c'est lui qui m'a envoyé. Ils cherchaient donc à se saisir de lui, et personne ne mit la main sur lui, parce que son heure n'était pas encore venue».

«Personne ne mit la main sur lui, parce que son heure n'était pas encore venue»

Abbé Matthew J. ALBRIGHT 
(Andover, Ohio, Etats-Unis)

Aujourd'hui, l'Évangile nous permet de contempler la confusion qui a surgi sur l'identité et la mission de Jésus-Christ. Quand les gens sont mis en face à face devant Jésus, il y a des malentendus et des présomptions à propos de qui est- Il, comment ils s'accomplissent dans Lui ou non les prophéties de l'Ancien Testament et sur ce qu'Il réalisera. Les suppositions et les préjugés conduisent à la frustration et à la colère. Cela a été toujours ainsi: la confusion autour de Christ et de l'enseignement de l'Église éveille une controverse et une division religieuse. Le troupeau se disperse si les brebis ne reconnaissent pas son berger!

Les gens disent : "Celui-ci nous savons d'où il est, alors que, quand le Christ viendra, personne ne saura d'où il est" (Jn 7,27), et ils concluent que Jésus ne peut pas être le Messie parce qu'Il ne répond pas à l'image du "Messie" dans laquelle ils avaient été instruits. Par ailleurs, ils savent que les Princes des Prêtres veulent le tuer, mais en même temps ils voient qu'Il se meut librement sans être arrêté. De façon à ce qu'ils se demandent si peut-être les autorités "auront vraiment reconnu que c'est le Christ" (Jn 7,26).

Jésus coupe la confusion en s'identifiant Lui même comme l'envoyé par celui qui est "véridique" (cf. Jn 7,28). Christ comprend la situation, tel que Jean le décrit, et personne ne mit la main sur Lui parce qu'il ne lui est pas encore arrivé, l'heure de révéler pleinement son identité et mission. Jésus défie les attentes après s'être montré, non comme un leader conquérant pour démolir l'oppression romaine, mais comme le "Serf Patient" d'Isaïe.

Le Pape François a écrit : "La joie de l'Évangile remplit le cœur et toute la vie de ceux qui se trouvent avec Jésus". Il est urgent que nous aidions chacun à aller au-delà des suppositions et des préjugés sur qui c'est Jésus et ce qui est l'Église, et à la fois leur faciliter la rencontre avec Jésus. Quand une personne arrive à savoir qui est réellement Jésus, alors la joie et la paix abondent.
 

«Personne ne mit la main sur lui, parce que son heure n'était pas encore venue»

+ Abbé Josep VALL i Mundó 
(Barcelona, Espagne)

Aujourd'hui, Jean l'évangéliste nous dit de Jésus que «son heure n'était pas encore venue» (Jn 7,30). Il parle de l'heure de la Croix, du moment précis et beau où Jésus se livrera pour les péchés de toute l'Humanité. Cette heure n'était pas encore venue, mais elle était toute proche à présent. Le Vendredi Saint, le Seigneur accomplira jusqu'au bout la volonté de son Père céleste et sentira —comme l'écrivait le Cardinal Wojtyla— tout «le poids de cette heure où le serviteur de Yahvé doit accomplir la prophétie d'Isaïe en prononçant son “oui”».

Le Christ —dans son constant élan sacerdotal— revient souvent sur cette heure définitive et décisive (Mt 26,45; Mc 14,35; Lc 22,53; Jn 7,30; 12,27; 17,1). Toute la vie du Seigneur est dominée par cette heure suprême; il la désire de tout son cœur: «Je dois recevoir un baptême, et comme il m'en coûte d'attendre qu'il soit accompli!» (Lc 12,50); «Avant la fête de la Pâque, sachant que l'heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père, Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu'au bout» (Jn 13,1). Ce vendredi-là, notre Rédempteur remettra son esprit entre les mains du Père et, dès cet instant, sa mission, déjà remplie, deviendra la mission de l'Église et de tous ses membres, guidés par le Saint Esprit.

À partir de l'heure de Gethsémani, de la mort sur la Croix et de la Résurrection, la vie commencée par Jésus «oriente toute l'Histoire» (Catéchisme de l’Église Catholique n. 1165). La vie, le travail, la prière, le don du Christ s'actualise aujourd'hui dans son Église: c'est aussi l'heure du Corps du Seigneur; son heure devient notre heure, celle de l'accompagner dans la prière de Gethsémani: «Jésus sera en agonie jusqu'à la fin du monde: il ne faut pas dormir pendant ce temps-là», disait Pascal. C'est pourquoi, «tout comme la Pâque de Jésus, survenue “une fois pour toutes”, demeure actuelle pour toujours, de même la prière de l'Heure de Jésus s'actualise dans la Liturgie de l'Église» (Catéchisme de l’Église Catholique n. 2746).

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Publié le 16 Mars 2018

Gospel text

(Jn 7,1-2.10.14.25-30): 

Jesus went around Galilee; He would not go about in Judea because the Jews wanted to kill him. Now the Jewish feast of the Tents was at hand. But after his brothers had gone to the festival, He also went up, not publicly but in secret. 

Some of the people of Jerusalem said, «Is this not the man they want to kill? And here He is speaking freely, and they don't say a word to him? Can it be that the rulers know that this is really the Christ? Yet we know where this man comes from; but when the Christ appears, no one will know where he comes from». So Jesus announced in a loud voice in the Temple court where He was teaching, «You say that you know me and know where I come from! I have not come of myself; I was sent by the One who is true, and you don't know him. I know him for I come from him and he sent me». They would have arrested him, but no one laid hands on him because his time had not yet come.

 

The Application

 

In every healthy human relationship we desire the good of others. Even in our just remark negative we will be charitable and in positive remark we will be generous. This charity and generosity doesn’t come from the external force or energy, nor conditioned by others or events. It is the perfect revelation of ourselves and our own goodness.

In the gospel of the day we have many such commentaries, and some of them are justly neutral. All that Jesus observes from these commentaries is, their ignorance and certitude. At the same time, the author of the gospel does indicates that there were people of good will and God has His own way of doing. Do we have the patience to listen and observe by connecting ourselves with the divine programming and His goodness?

«His time had not yet come»

Fr. Matthew J. ALBRIGHT 
(Andover, Ohio, United States)

Today’s Gospel allows us to contemplate the confusion that arose over the identity and mission of Jesus Christ. As the people come face to face with Jesus, there are misunderstandings and presumptions about who He is, how He will or will not fulfill the Old Testament prophecies and what He will accomplish. Assumptions and judgments lead to frustration and anger. So it is in every age: confusion over faith in Christ and Church teaching sparks controversy and religious disintegration. The flock is scattered if the sheep do not know their shepherd. 

The people say: «We know where this man comes from; but when the Christ appears, no one will know where He comes from» (Jn 7:27) and conclude that Jesus cannot be the Messiah because He does not fit the description of “Messiah” that they have been taught. On the other hand, they know that the Chief Priests want Him dead but can see that He is walking about freely without being arrested, so that wonder «Can it be that the rulers know that this is really the Christ?» (Jn 7:26). 

Jesus cuts through the confusion by identifying Himself as “sent by the One who is true” (cf. Jn 7:28). He is in charge of the situation, as He is portrayed by John, and no one touches Him because the time has not yet come for Him to fully reveal His identity and mission. Jesus defies expectations by showing Himself to be, not a conquering leader overthrowing Roman oppression but the Suffering Servant of Isaiah.

Pope Francis wrote in “Evangelii Gaudium”: «The joy of the gospel fills the hearts and lives of all who encounter Jesus». It is critical that we help everyone we meet to get beyond presumptions and judgments about who Jesus is and what the Church is and facilitate for them an encounter with Jesus. When a person comes to know who Jesus really is, joy and peace abound.

«His time had not yet come»

+ Fr. Josep VALL i Mundó 
(Barcelona, Spain)

Today, evangelist John tells us that Jesus' time «had not yet come» (Jn 7:30). He is referring to the hour of the Cross, to the precise and precious time of his submission for the sins of the entire Humankind. His time has not yet come, but it is getting very close. It will be Good Friday when our Lord will bring to its end his Celestial Father's will, while feeling —as Cardinal Wojtyla wrote— all «the burden of that hour, when the Servant of Yahweh must accomplish Isaiah's prophecy, by pronouncing his “Yes”».

Christ —in his continuous priestly longing— spoke many times about this definite and determining hour (Mt 26:45; Mk 14:35; Lk 22:53; Jn 7:30; 12:27; 17:1). The Lord's life will be completely dominated by the supreme hour and He will long for it with all his heart: «But, there is a baptism with which I must be baptized, and how great is my anguish until it is accomplished» (Lk 12:50). And «before the feast of Passover, Jesus knew that his hour had come to pass from this world to the Father. He loved his own in the world and he loved them to the end» (Jn 13:1). That Friday, our Redeemer shall hand over into the Father's hands his spirit and, as of that moment, his mission already completed shall become the mission of the Church and of all its members, pushed by the Holy Spirit.

After Gethsemane, after his death on the Cross and his Resurrection, the life initiated by Jesus «underlies all history» (Catechism of the Church, n. 1165). Life, work, prayer, Christ's submission is being now made present in his Church: it is also the hour of the Lord's Body; his hour becomes our hour, the time to join him in the prayer of Gethsemane, «always awake —as Pascal asserted— by his side, in his agony, till the end of time». It is the hour to act as living members of Christ. This is why «The prayer of the Hour of Jesus always remains his own, just as his Passion “once for all” remains ever present in the liturgy of his Church» (Catechism of the Church, n. 2746).

 

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Publié le 14 Mars 2018

Texte de l'Évangile (Jn 5,31-47): 

«Si je me rendais ce témoignage à moi-même, mon témoignage ne serait pas vrai; il y a quelqu'un d'autre qui me rend témoignage, et je sais que le témoignage qu'il me rend est vrai. Vous avez envoyé une délégation auprès de Jean Baptiste, et il a rendu témoignage à la vérité. Moi, je n'ai pas à recevoir le témoignage d'un homme, mais je parle ainsi pour que vous soyez sauvés. Jean était la lampe qui brûle et qui éclaire, et vous avez accepté de vous réjouir un moment à sa lumière. Mais j'ai pour moi un témoignage plus grand que celui de Jean: ce sont les oeuvres que le Père m'a données à accomplir; ces oeuvres, je les fais, et elles témoignent que le Père m'a envoyé. Et le Père qui m'a envoyé, c'est lui qui m'a rendu témoignage. Vous n'avez jamais écouté sa voix, vous n'avez jamais vu sa face, et sa parole ne demeure pas en vous, puisque vous ne croyez pas en moi, l'envoyé du Père. 

»Vous scrutez les Écritures parce que vous pensez trouver en elles la vie éternelle; or, ce sont elles qui me rendent témoignage, et vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie! La gloire, je ne la reçois pas des hommes; d'ailleurs je vous connais: vous n'avez pas en vous l'amour de Dieu. 

»Moi, je suis venu au nom de mon Père, et vous ne me recevez pas; si un autre vient en son propre nom, celui-là, vous le recevrez! Comment pourriez-vous croire, vous qui recevez votre gloire les uns des autres, et qui ne cherchez pas la gloire qui vient du Dieu unique! Ne pensez pas que c'est moi qui vous accuserai devant le Père. Votre accusateur, c'est Moïse, en qui vous avez mis votre espérance. Si vous croyiez en Moïse, vous croiriez aussi en moi, car c'est de moi qu'il a parlé dans l'Écriture. Mais si vous ne croyez pas ce qu'il a écrit, comment croirez-vous ce que je dis?».

«Si je me rendais ce témoignage à moi-même, mon témoignage ne serait pas vrai»

Abbé Miquel MASATS i Roca 
(Girona, Espagne)

Aujourd'hui l'Évangile nous montre comment Jésus répond à l'objection suivante: selon le Deutéronome (19,15), pour la validité d'un témoignage, deux ou trois témoins sont requis. Jésus allègue en sa faveur le témoignage de Jean-Baptiste, le témoignage du Père —qui se manifeste dans les miracles qu'Il réalise— et, enfin, le témoignage des Écritures.

Jésus reproche à ceux qui l'écoutent trois raisons qui les empêchent de voir en lui le Messie Fils de Dieu: le manque d'amour de Dieu; l'absence de droiture d'intention —ils cherchent seulement la gloire humaine— et une interprétation des Écritures selon leurs propres intérêts.

Le Saint Père Jean-Paul II nous écrivait: «On ne parvient à la contemplation du visage du Christ qu'en écoutant dans l'Esprit la voix du Père, car nul ne connaît le Fils hors du Père (cf. Mt 11,27). Aussi, la révélation du Très-haut est-elle nécessaire. Mais, pour l'accueillir, il est indispensable de se mettre en attitude d'écoute».

C'est pourquoi, pour confesser Jésus-Christ comme vrai Fils de Dieu, les preuves externes qu'on nous présente ne suffisent pas; la droiture de la volonté, c'est-à-dire les bonnes dispositions, s'avère nécessaire.

En ce temps de Carême, en intensifiant les œuvres de pénitence qui facilitent le renouvellement intérieur, nous améliorerons nos dispositions pour contempler le véritable visage du Christ. Voilà pourquoi saint Josemaría nous dit: «Ce Christ que tu imagines n'est pas Jésus, mais la triste image que forment tes yeux troubles… Purifie-toi. Clarifie ton regard par l'humilité et la pénitence. Alors… les claires lumières de l'Amour ne te manqueront pas. Et tu auras une vision parfaite. Ton image sera réellement la sienne: Lui!».

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Publié le 14 Mars 2018

Gospel text

(Jn 5,17-30): 

Jesus said to the Jews, «My Father goes on working and so do I». And the Jews tried all the harder to kill him, for Jesus not only broke the Sabbath observance, but also made himself equal with God, calling him his own Father.

Jesus said to them, «Truly, I assure you, the Son cannot do anything by himself, but only what he sees the Father do. And whatever He does, the Son also does. The Father loves the Son and shows him everything He does; and He will show him even greater things than these, so that you will be amazed. As the Father raises the dead and gives them life, so the Son gives life to whom He wills. In the same way the Father judges no one, for He has entrusted all judgment to the Son, and He wants all to honor the Son as they honor the Father. Whoever ignores the Son, ignores as well the Father who sent him. Truly, I say to you, anyone who hears my word and believes him who sent me, has eternal life; and there is no judgment for him because he has passed from death to life. 

»Truly, the hour is coming and has indeed come, when the dead will hear the voice of the Son of God and, on hearing it, will live. For the Father has life in himself and He has given to the Son also to have life in himself. And He has empowered him as well to carry out Judgment, for He is a son of man. Do not be surprised at this: the hour is coming when all those lying in tombs will hear my voice and come out; those who have done good shall rise to live, and those who have done evil will rise to be con­demn­­ed. I can do nothing of myself, and I need to hear Another One to judge; and my judgment is just, be­cause I seek not my own will, but the will of him who sent me».

 

The Application

 

In every human relationship, we should be able to associate everything to the source of all the existence, God. If we fail to associate to the source, anything which is from us, will be disassociated with source, thus losing all the credibility. Just like, Jesus who is associating Himself with the Father, and He desires that we too, associate ourselves, with all that we have, to the Father, through Jesus.

This association is a fruit of our configuration to Christ and the consequence of this configuration shall be a good and healthy interpersonal relationship with our brothers and sisters. A good and heathy relationship will certainly produce good fruit and this fruit in itself carries the seeds or the fermentation, which will help the multiplication. This multiplication will certainly, will be associated to the Father, and thus we become co-operators in the construction of the Kingdom of God, participating directly in the mission of Jesus, the salvation of the humanity.

Everything has its own time. We need patience to know the right time, the right place and the right way. The configuration to Christ will help us to have a good discernment and this discernment will lead us to a good decision.

«Truly, I say to you, anyone who hears my word and believes him who sent me, has eternal life»

Fr. Francesc PERARNAU i Cañellas 
(Girona, Spain)

Today, the Gospel speaks of the reply Jesus gives to those who do not look at Him with good eyes when He chooses to cure the disabled man on Saturday. Jesus Christ takes advantage of this criticism to emphasize his condition as God's Son, and therefore, Lord of Saturday. Words that will be used against him the day of his trial at the High Priest Caiphas' house, when Jesus receives his condemnatory sentence. Indeed, when Jesus declares himself to be God's Son, the High Priest cries out: «He has blasphemed! What further need do we have of witnesses? Behold, now you have heard the blasphemy; what is your opinion?» (Mt 26:65).

Quite often, Jesus had referred to the Father, but in every case by establishing a distinction: God's Paternity is different whether it refers to Christ or to the other men. And the Jews who were listening to him did understand him very well: He was not a Son of God like the others, but the relationship He claimed for himself is a natural filiation. Jesus affirms that his nature and his Father's are the same, despite their being different persons. He states in this way his divinity. This is a very interesting fragment of the Gospel in connection with the revelation of the mystery of the Holy Trinity. 

Among the things our Lord tell us today, there are a few referring to all those that, through History, will believe in him: to hear and to believe Jesus, is having already eternal life (cf. Jn 5:24). Certainly, it is not yet the definitive life, but we can begin sharing the promise. It is convenient for us to keep it well in mind, while we make an effort to listen to Jesus' word: The Word of God that will save us. Reading and meditation of the Gospel must become a part of our everyday religious practices. In the revealed pages we shall hear Jesus' words, immortal words that open the doors of eternal life. In short, as Saint Ephrem taught, the Word of God is an inexhaustible source of life.

 

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Publié le 12 Mars 2018

Texte de l'Évangile (Jn 5,1-3.5-16): 

Après cela, à l'occasion d'une fête des Juifs, Jésus monta à Jérusalem. Or, à Jérusalem, près de la Porte des Brebis, il existe une piscine qu'on appelle en hébreu Bézatha. Elle a cinq colonnades, sous lesquelles étaient couchés une foule de malades: aveugles, boiteux et paralysés. Il y en avait un qui était malade depuis trente-huit ans. Jésus, le voyant couché là, et apprenant qu'il était dans cet état depuis longtemps, lui dit: «Est-ce que tu veux retrouver la santé?». Le malade lui répondit: «Seigneur, je n'ai personne pour me plonger dans la piscine au moment où l'eau bouillonne; et pendant que j'y vais, un autre descend avant moi». Jésus lui dit: «Lève-toi, prends ton brancard, et marche». Et aussitôt l'homme retrouva la santé. Il prit son brancard: il marchait! 

Or, ce jour-là était un jour de sabbat. Les Juifs dirent à cet homme que Jésus avait guéri: «C'est le sabbat! Tu n'as pas le droit de porter ton brancard». Il leur répliqua: «Celui qui m'a rendu la santé, c'est lui qui m'a dit: ‘Prends ton brancard, et marche!’». Ils l'interrogèrent: «Quel est l'homme qui t'a dit: ‘Prends-le, et marche’?». Mais celui qui avait été guéri ne le savait pas; en effet, Jésus s'était éloigné, car il y avait foule à cet endroit. Plus tard, Jésus le retrouva dans le Temple et lui dit: «Te voilà en bonne santé. Ne pèche plus, il pourrait t'arriver pire encore». L'homme partit annoncer aux Juifs que c'était Jésus qui lui avait rendu la santé. Et les Juifs se mirent à poursuivre Jésus parce qu'il avait fait cela le jour du sabbat.

«Jésus, le voyant couché là: ‘Est-ce que tu veux retrouver la santé?’»

Abbé Àngel CALDAS i Bosch 
(Salt, Girona, Espagne)

Aujourd'hui saint Jean nous parle de la scène de la piscine de Bézhata. Elle ressemblait, plutôt, à la salle d'attente d'un hôpital pour traumatisés: «Une foule de malades étaient couchés: aveugles, boiteux et paralysés» (Jn 5,3). Et Jésus s'y rendit.

Comme c'est étonnant! L'on trouve toujours Jésus au beau milieu des problèmes. Là où il existe une possibilité de “libérer”, de rendre quelqu'un heureux, le voici. Les pharisiens, par contre, ne songeaient qu'au Sabbat. Leur mauvaise foi tuait l'esprit. La colère du péché dégoulinait de leurs yeux. Il n'est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre!

Le protagoniste du miracle était malade depuis trente-huit ans. «Est-ce que tu veux retrouver la santé?» (Jn 5,6), lui dit Jésus. Depuis longtemps qu'il luttait dans le vide, faute d'avoir rencontré Jésus. Mais, maintenant, il avait trouvé l'Homme. Les cinq colonnades de la piscine de Bézhata retentirent lorsqu'on entendit la voix du Maître: «Lève-toi, prends ton brancard, et marche» (Jn 5,8). Ce fut l'affaire d'un instant.

La voix du Christ est la voix de Dieu. Tout était neuf dans ce vieux paralysé, usé par le découragement. Plus tard, saint Jean Chrysostome nous dira que dans la piscine de Bézhata les maladies du corps étaient guéries, et qu'avec le Baptême ce sont les maladies de l'âme qu'on guérit. Là, c'était de temps en temps et pour un seul malade à la fois. Dans le Baptême, c'est pour toujours et pour tous. Dans le deux cas, le pouvoir de Dieu est manifesté par l'eau.

Le paralytique impuissant au bord de l'eau, ne te fait-il pas songer à l'expérience de notre propre impuissance à faire le bien? Comment essayons–nous de résoudre, tout seul, ce qui relève d'un pouvoir surnaturel? Te rends-tu compte que chaque jour, autour de toi, il a une foule de paralytiques qui “se remuent” beaucoup, mais n'arrivent pas à échapper de leur manque de liberté? Le péché paralyse, vieillit, tue. Il nous faut regarder Jésus. Il est nécessaire qu'Il —sa Grâce— nous plonge dans les eaux de la prière, de la confession, de l'ouverture de le esprit. Toi et moi, nous pouvons être de sempiternels paralytiques, ou des porteurs et des instruments de lumière.

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